Par ChezLo, le 08/11/2009
L'invisible de
Pascal Janovjak
"Mes sens étaient constamment en alerte, plus affûtés peut-être, comme pour compenser mon manque d'opacité. Jamais je n'avais prêté tant d'attention aux parfums, que je pouvais dorénavant respirer à même les nuques. Il y en avait qui m'enivraient comme des alcools trop forts, d'autres qui excitaient mon désir, des chauds, des mielleux, des écoeurants, des alchimies complexes, subtilement mêlées à la peau, d'autres posés comme à la truelle. Des femmes qui sentent l'animal, d'autres qui ne sentent rien, les pires. Un soir je fus surpris par l'odeur de ma propre sueur, aigre, répugnante. Mon corps était bien là, je pouvais le toucher. Il fallait juste que j'y pense, parfois, que je n'oublie pas de me laver, de me brosser les dents, de me curer les oreilles, en faisant confiance à mon toucher. C'était peu cher payé pour les plaisirs qui m'attendaient."
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