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Par joedi, le 28/03/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
S'engager dans la voie du haïku, explique Bashô, c'est suivre le cours du monde en faisant des quatre saisons ses compagnes. Alors, il n'est rien que l'on regarde qui ne soit fleur, rien que l'on conçoive qui ne soit lune.
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Par joedi, le 08/04/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Voyager, c'est se déplacer, se mouvoir. Ce seul fait modifie l'équilibre des perceptions et des représentations. Quand on chemine sur de longues distances, on finit par faire abstraction du but à atteindre, par se dégager mentalement de l'intention initiale. Les repères bougent, se dérobent, se métamorphosent. Le corps prend le pas sur l'esprit. L'appréhension des choses insensiblement change. L'intellect cesse de conditionner, d'encapsuler les sensations. La conscience s'aère, la médiation de la volonté s'estompe, on devient comme absent de soi-même à mesure que le monde se fait plus présent. Les sensations prennent une acuité nouvelle. Le temps s'étire, se distend. Dans le temps interminable peut advenir l'instant.
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Par joedi, le 03/04/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Faut-il ne contempler de fleurs qu'épanouies et la lune seulement quand le ciel n'est pas obscurci ? Regardant la pluie qui tombe aimer la lune, être claquemuré et ne pas voir le printemps qui passe sont choses bien plus émouvantes. Les branches d'un arbre qui n'a point encore fleuri, un jardin jonché de pétales flétris sont à maints égards dignes d'admiration.
Dans ce même passage, Kenkô ajoute : Faut-il absolument que nous contemplions les fleurs et la lune de nos propres yeux ? Qu'au printemps sans quitter la maison nous imaginions, dans notre chambre, la nuit éclairée par la lune, voilà qui est plaisant, voilà qui est charmant.
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Par joedi, le 08/04/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Le voyageur, pour Bashô, est celui qui s'est engagé sur le chemin de la vérité, autrement dit celui qui ne craint pas de s'exposer aux "premières pluies d'hiver", qui se porte au-devant des intempéries, du froid, des rigueurs de la saison inclémente qui s'annonce. Le poète n'est pas un promeneur qui se repâît du spectacles paisible de la nature. Il ne se contente pas, pour nourrir son inspiration, pour éprouver des sentiments, d'aller contempler les phénomènes saisonniers, il se met littéralement à leur épreuve, il se met à l'épreuve de la nature afin que la nature et lui-même ne fassent qu'un.
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Par joedi, le 28/03/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
La pratique du haïku n'est pas cheminement solitaire sur la crête du poème ni exercice de style à l'équilibre précaire ... Il est dialogue avec autrui et soi-même, participation attentive et solidaire au monde.
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Par joedi, le 08/04/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Les distances se dilatent et se contractent. Le microscopique et le cosmique, le vaste et l'infime sont des notions relatives et réversibles. Selon le bouddhisme, chaque grain de poussière contient le cosmos tout entier. L'infiniment petit et l'infiniment grand l'un dans l'autre s'abîment. Issa :
Des montagnes au loin
le reflet sur la prunelle
d'une libellule
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Par joedi, le 28/03/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Ainsi n'est -il pas forcément besoin de s'en tenir à la forme pour atteindre l'esprit du haïku. Issa, notamment, a insisté sur ce point :
La voie de la poésie est la même que celle du Bouddha ou de Confucius. Mais ceux qui oublient le véritable sens de cette voie et qui, en vain, n'en retiennent que la forme, en sont les profanateurs.
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Par joedi, le 03/04/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Le cours du fleuve qui va jamais ne cesse et pourtant ce n'est pas la même eau qui revient. L'écume qui flotte sur les eaux stagnantes, ou bien elle se dissipe ou bien elle s'amasse, mais il n'est pas d'exemple qu'elle se soit longtemps arrêtée. Il en advient de même des hommes et des demeures qui sont en ce monde.
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Par joedi, le 28/03/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
De même qu'une pierre peut faire naître à elle seule plusieurs ricochets, l'impact du haïku résonne en plusieurs échos. Tentez l'exercice : la vraie force d'un haïku se fait souvent sentir quand il a été lu une fois à haute voix, puis deux, et vibre encore dans le silence qui suit sa lecture. Rien de plus.
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Par joedi, le 28/03/2011
L'art du Haiku de
Pascale Senk
Tout ce qui n'est pas réellement présent dans le coeur ne relève pas du haïku, disait le poète japonais Santoka.