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Par pyrouette, le 25/05/2013
Charleston sud de
Pat Conroy
Un sourire, ça commence dans les orteils. Plante tes pieds fermement dans le sol, qu'il puisse monter le long de tes jambes. Puis escalader ton aine et foncer dans ta colonne vertébrale comme un train. Qu'il explose dans ta bouche tel un feu follet et ébranle tes dents.
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Par pyrouette, le 24/05/2013
Charleston sud de
Pat Conroy
Je dois combattre au milieu des barricades, des impasses et des culs-de-sac que j'ai érigés comme autant de défenses face à la solitude accablante qui nourrit ma vie quotidienne. Une solitude que j'ai acceptée.
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Par pyrouette, le 23/05/2013
Charleston sud de
Pat Conroy
Une femme parfois besoin de fleurs. Parfois aussi d'un massage ou d'une main tendue, ou d'un câlin. Parfois, elle a besoin d'appeler un vieil ami à qui elle n'a pas parlé depuis des années, ou de lire un livre nul rempli d'obscénités. Parfois une femme a besoin de baiser. Ou bien ce courir un mile, ou de jouer trois sets au tennis. Et puis, il y a aussi des nuits comme celle-ci, des nuits au cours desquelles une femme a envie de se soûler.
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Par pyrouette, le 22/05/2013
Charleston sud de
Pat Conroy
Parce que nous sommes humains. Comme tout le monde. Et plus on vieillit, plus on le devient. Et plus on le devient, plus nous souffrons.
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Par pyrouette, le 21/05/2013
Charleston sud de
Pat Conroy
Bien que persuadé d'avoir toujours choisi le chemin le plus sûr, je me trouvais dans l'impossibilité d'éviter les petites traîtrises du destin.
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Par Owly, le 13/04/2010
Le Prince des Marées de
Pat Conroy
J’ai grandi en Caroline du Sud où je suis devenu un homme, un Blanc sudiste, et je vivais avec brio la haine que j’avais consciencieusement appris à nourrir contre les Noirs lorsque le mouvement en faveur des droits civiques m’est tombé dessus sans crier gare, au détour d’une barricade, me démontrant à la fois mon ignominie et mon erreur. Comme j’étais un garçon réfléchi, sensible et épris de justice, j’ai fait mon possible pour me réformer et jouer un petit rôle insignifiant dans ce mouvement, ce dont je me suis empressé de tirer un orgueil plus qu’excessif. Puis je me suis retrouvé à l’université où je suivais la préparation militaire des Officiers de Réserve composé exclusivement de jeunes mâles de race blanche, et je me suis fait craché dessus par des militants pacifistes que mon uniforme dérangeait. J’ai fini par rejoindre les rangs de ces manifestations, mais je n’ai jamais craché sur quiconque ne partageait pas mes opinions. Je pensais passer tranquillement le cap de la trentaine, en brave contemplatif à l’humanisme irréfutable, lorsque le mouvement de libération de la femme m’a coincé au détour d’une avenue et, une fois de plus, je me suis retrouvé du mauvais côté de la barricade. Apparemment, j’incarne tout ce que le XXe siècle compte de turpitudes.
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Par Kalliope, le 21/01/2011
Charleston sud de
Pat Conroy
Sur ma porte, j'ai une affichette imprimée suspendue à un crochet qui dit ceci: "Léo King est plongé dans la rédaction d'une rubrique qui l'a rendu célèbre à Charleston pendant que le reste de ses collègues triment dans une obscurité bien méritée. En d'autres termes, je suis en train d'écrire un morceau d'anthologie qui ne disparaîtra jamais tant que les hommes et les femmes apprécieront l'esprit humain. Prière de tenir éloignés vos lamentables cerveaux tant que je n'aurai pas terminé".
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Par Iboo, le 05/09/2012
Le Prince des Marées de
Pat Conroy
"Hé, où allez-vous ? demanda-t-il ?
- Je rentre chez moi", dis-je sans me retourner. Je l'entendis courir derrière moi.
"Pourquoi ?
- Parce que tu es trop nul, mon petit gars. Va donc faire du violon, ça fera plaisir à tes parents. En plus, je ne supporte pas ton attitude. Et si moi je ne la supporte pas, je vois mal comment tu pourrais un jour t'imposer comme meneur dans une équipe. Bouger un peu ton cul de pleurnichard pour devenir un quarterback."
"(...) Mais tu es un sale petit con et j'aimerais t'aider à comprendre pourquoi tu es comme ça."
Il respira un grand coup, tremblant, désemparé.
"Va te faire enculer, mon pote, dit-il d'une voix qui annonçait les larmes.
- C'est déjà fait. Je me suis fait enculer en acceptant de te rencontrer.
- Je n'ai rien à voir là-dedans, dit-il, contrôlant sa voix avec difficulté.
- C'est là que tu te trompes, Bernard, dis-je, prêt à porter le coup de grâce mais la mort dans l'âme tandis que ma voix se faisait plus froide et plus cinglante. J'ai rarement vu de gosse aussi mal dans sa peau de toute mon existence. Et je sais déjà une chose, à ton sujet, alors que je ne te connais que depuis cinq minutes. C'est que tu n'as aucun ami dans ce foutu monde. On doit se sentir seul pendant l'hiver, là-bas, à Phillips Exeter, non, Bernard ? Est-ce qu'ils te cherchent ? Je sais que tu es rejeté, mais est-ce qu'en plus tu leur sers de tête de Turc, Bernard ? Est-ce que ta vie là-bas ressemble à un cauchemar ? Est-ce qu'ils te molestent, Bernard ? Vois-tu, je connais bien les garçons et je sais comment ils traitent les inadaptés. Comment s'appelle ton copain, Bernard ? Dis-moi son nom."
Il se mit à pleurer, tenta de ravaler ses larmes, mais elles jaillirent de ses yeux comme le flot trop puissant par-dessus la digue.
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Par Iboo, le 09/08/2012
Le Prince des Marées de
Pat Conroy
Toi et moi, on n'est pas fous, Tom. On est normaux. Surtout moi. Tu fais un peu dans le vague à l'âme de temps en temps, moi je crois que c'est parce que tu aimes lire. Les gens qui aiment lire sont toujours un peu barjots.
Demain on n'a qu'à la tirer de là et la ramener à Colleton. Je la ferai travailler sur le bateau. L'air salé lui nettoiera la tête. Le boulot aussi. C'est dur d'être zinzin quand tu te casses le cul à cavaler après les crevettes. Tu n'as pas le temps. Savannah est la preuve vivante qu'écrire de la poésie et lire des bouquins, ça démolit le cerveau.
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Par Iboo, le 21/08/2012
Le Prince des Marées de
Pat Conroy
- Sans vouloir vous choquer, Tom, la première fois que je l'ai vue, elle était en train de se couvrir de ses propres excréments.
- Je ne suis pas choqué.
- Pourquoi ?
- Je l'ai déjà vue se couvrir de merde. Ça choque la première fois. Eventuellement la deuxième. Ensuite on s'habitue et cela devient une composante du décor.
- Où l'avez-vous vue la première fois ?
- A San Francisco. Elle faisait une tournée de lectures. Elle s'est retrouvée dans un authentique asile de fous. L'endroit le plus sinistre que j'aie jamais vu. J'étais incapable de dire si se tartiner de merde relevait de l'expression de la haine de soi ou d'une façon personnelle de repeindre sa chambre.
- Vous faites de l'humour sur la psychose de votre soeur. Vous êtes vraiment quelqu'un de bizarre !
- C'est la manière sudiste, docteur.
- La manière sudiste ? dit-elle.
- L'immortelle expression chère à ma mère. Nous rions quand la douleur se fait trop forte. Nous rions quand la pitié de l'humaine condition devient trop pitoyable. Nous rions quand il n'y a rien d'autre à faire.
- Quand pleurez-vous ?
- Après avoir ri, docteur. Toujours. Toujours après avoir ri.
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