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Par kathel, le 14/06/2011
La Frontière de
Patrick Bard
Zambudio avait coupé à droite, par un sentier, une ruelle sans nom, comme le lui avaient indiqué les gosses, puis il était descendu vers un groupe de cabanes en contrebas. Tous le regards convergeaient vers lui. A mi-pente, il s’était arrêté, avait pénétré dans une petite allée entre deux huttes de carton. Un homme assez jeune étai occupé à fracasser à coups de marteau une vieille batterie de voiture, tandis qu’un autre, plus vieux, contemplait le crépuscule naissant dans un fauteuil à bascule qui avait connu des jours meilleurs, quelques années plus tôt. A l’extérieur de la cahute, une vieille femme s’escrimait à allumer, avec des brindilles, un four de fortune en terre séchée pour y cuire des tortillas de maïs. Toni avait lancé un timide « Bonjour ! » à la ronde. Un bébé dormait dans un berceau bricolé à l’aide de bois de caisses d’emballage. Sur le flanc de la couche de fortune, un plaisantin avait écrit : « Ne pas déranger, les mecs. Je bosse. »
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Par Stemilou, le 07/05/2011
La Frontière de
Patrick Bard
Les mexicains l’appelaient le « Mur de la honte », demandant avec ironie si le président des USA viendrait un jour de ce côté de la frontière pour déclarer : « Soy mexicano », comme Kennedy naguère à Berlin.
Les sans-papiers traversaient désormais par le désert, risquant la mort par insolation en été, par hypothermie en hiver, pour échapper aux hélicoptères, aux chiens et aux jumelles à vision nocturne de la migra.
En un peu plus de deux ans, près de quatre cents infortunés candidats avaient laissé leur peau à ce jeu sordide du chat et de la souris.
Zambudio descendit vers la berge. Des remugles écœurants montaient de l’eau noire. Une immense fresque représentant Che Guevara était peinte à même le sol en pente, narguant l’Amérique.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
Si nous persistons dans notre aveuglement, ce pourquoi les pays traversés par l'Amazone et la forêt qui l'entoure ne sauraient être considérés comme seuls responsables, à considérer nos ressources comme illimitées, à disposer comme de notre bien individuel et selon notre seule volonté des arbres, des êtres vivants, pensants, voire des peuples, alors, c'est nous-mêmes que dans notre folie nous condamnons.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
Une ultime nuit au creux du hamac. Le Negro est un fleuve de naphte. Pas une ride. Le ciel se mire dans l'eau jonchée d'étoiles, troublée par des bandes de poissons volants qui jouent à saute-pirogue. L'Amazone ouvre sur l'infini. C'est un secret bien gardé.
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Par cicou45, le 01/07/2011
L'attrapeur d'ombres de
Patrick Bard
"Le sniper doit être capable de tuer calmement et délibérément une cible qui ne représente pour lui aucune menace. Il est beaucoup plus facile de tuer en situation de légitime défense, ou de défense d'autrui, qu'il ne l'est de tuer quelqu'un sans mobile apparent. Le sniper ne doit pas être vulnérable à des émotions apparentées à l'anxiété ou à des remords. Les candidats à l'entraînement de' tireur d'élite essentiellement motivés par le prestige peuvent être inaptes à faire preuve de cette froide rationalité exigée par le métier de sniper."
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
La nuit, sur le fleuve, le concert des animaux de la forêt atteint un niveau sonore inimaginable. S'il est difficile le jour d'apercevoir quelque créature vivante hormis des papillons, par milliers, quelques lézards intrépides, des oiseaux ou un paresseux pour les plus chanceux, il suffit que la nuit tombe pour que les créatures de la forêt déclenchent leur tintamarre.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
Nous sommes à un tournant. Chacun peut agir à son propre niveau, et point n'est besoin d'être amazonien pour cela. L'Amazone offre la transversalité nécessaire à notre propos. Montrer l'atteinte est une nécessité. Mais montrer la beauté de ce monde-là qui peut encore être sauvé est une obligation. Parce que l'Amazonie est un monde en suspens.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
Souvent, nous nous posons en donneurs de leçons. Nous avons pourtant à l'égard de l'Amazonie les mêmes devoirs que nos voisins, les mêmes obligations, auxquels nous nous dérobons, comme eux, régulièrement. Il nous appartient donc de nous interroger sur la nécessité d'intervenir là où nous le pouvons, et sans doute, nous le devons.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
Las, les pauvres arbres demeurés seuls au milieu d'immenses champs de soja n'ont pas survécu. Pas un. Car la forêt n'est pas l'addition indistincte d'arbres. Elle est un gigantesque organisme où chacun joue sa partition, et dont nulle partie ne peut prospérer seule.
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Amazone : Un monde en suspens de
Patrick Bard
L'eau de l'Amazone est d'une incroyable douceur à qui s'y immerge. Elle est une caresse sur la peau.