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Par Zebra, le 23/08/2012
La caverne céleste de
Patrick Grainville
[...] Et lui revient à des ahans, des chuintements de guerre ... "Retourne-toi !" Et, matelot de sa nuque, il la gouverne et mord encore dans les boucles, le mou, la couenne et les tendons au sommet du cou. Il attrape ce dernier de côté ferme entre ses mâchoires. Doux totem étranglé. Alors elle dit : "Fais-moi mal, fais-moi très mal." Il la blesse. et les fesses s'arquent, énormes et fuselées, courbes de jument. Fesses conques et forge d'obsidienne, braquées de muscles, relâchées, tendues. L'immense dos noir, môle de mazout, ondule. Les fesses gloutonnes comme ventre de grands poissons émergeant du flot, plongeant, nageoires d'ébène, bosses des dauphins, des cachalots, fesses noires, vernies ... oh oui ton cul ! et répétant oui ton cul ! gonflant, nourrissant le mot, le galbant, enflant ce beau cul de licorne et de carène. Je te pilonne ! te pilonne, t'éperonne et te fends ... te bourrant, te bourrant ! Et elle : oui tringle-moi ! tringle-moi fort ... enfile à fond, enfile tout fort. Je sens tes couilles ! Je sens tes couilles ! tes couilles fourmillent, bourses, monnaie d'or ... Gicle ! Ah oui gicle ! [...]
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Par Zebra, le 21/07/2012
L'atelier du peintre de
Patrick Grainville
[...] Une peur violente m'envahit, la peur de rater, de louper la création. [...]. Je retravaille, je précise. [...]. Reprendre, capter plus loin. [...]. Je choisis le sein droit de Ruth, je le cerne, l'épaissis à la gouache, le remplis. Il s'enfle sous ma main, mal arrondi, pas trop parfait, un peu louche, un peu gourd, un peu bestial. Je peaufine un gros grain de beauté très brun, très grumeleux, coagulé dans l'épiderme blanc. Cela prend, vient. La chair ... la vie dessous, l'ourlet de la chair, son aspect lippu, sensible, qu'un rien irrité. Le pli entre deux versants charnus, avec un contraste d'ombre et de lumière. Noircir l'intime du pli, mais d'un noir profond, d'un noir qui pénètre. [...]. La pulpe doit émerger lentement, être sensible à l’œil. [...]
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Par lecassin, le 22/02/2013
La diane rousse de
Patrick Grainville
Maintenant, du fond de la nuit, je vois tout avec précision. Cela me fut interdit au temps de la lumière. Alors je vivais, j’étais aveugle. D’abord, le souvenir de cette journée, bloqué dans ma mémoire : lancinant, rouge, immobile. C’était le second dimanche du mois d’août sur la plage. Une fulgurante brèche : l’aube, immense mouette. Déjà une ardeur peu commune rivait ses premiers rayons. Les goélands refluèrent ensanglantés.
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Par zorazur, le 23/12/2011
Le corps immense du président Mao de
Patrick Grainville
Enfilade d'immeubles, de cinq, six étages : éternels carrelages sales, bouches d'aération noires, climatiseurs acccrochés dehors quand il y en a, essaims de fils électriques, rues saturées de camionnettes, de semi-remorques. Dortoirs où les jeunes filles s'empilent, dix par chambre, pour travailler dix, onze heures par jour, dans la chaussure, le vêtement, l'électro-ménager voués à l'exportation. Leur linge pend aux fenêtres, avec, çà et là , de la volaille et des poissons sêchés. Rues coupées d'impasses au fond desquelles les chômeurs jouent au billard ou au mah-jong, parmi les cireurs de chaussures, les chiens errants qui dévorent dans le caniveau des têtes de carpe ou des pattes de poulet. Un marchand ambulant vend son tofu dans un wok assorti d'un réchaud, un petit vieux assis sur une chaise s'incline devant un bol de nouilles, une femme lave son linge dans une bassine, au milieu d'un bataclan d'ordures, d'enseignes déglinguées, de bâches, de pièces détachées, de câbles, de paperasses à la dérive et de mioches gigotant sur le macadam maculé, huileux, troué. Odeurs de graillon, friture, fumée, charbon, gasoil...
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Par zazy, le 13/12/2011
Le baiser de la pieuvre de
Patrick Grainville
Les lobes se frayaient des sillons le long de ses seins, entre ses fesses, entre ses cuisses.... Et cela se glissait , entrait, la caressait, la prenait, la vrillait, l'élançait, faisait danser ses membres sur la roue d'une torture sans nom. Haruo ne pouvait plus distinguer le corps lunaire de la veuve de la fleur vorace et tentaculaire qui l'envahissait. Alors, ce fut un chant qu monta du magma de la couche, celui de la jeune veuve Tô tordue de délices.
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Par zazy, le 13/12/2011
Le baiser de la pieuvre de
Patrick Grainville
Mais le volcan secrètement suintait, respirait, vivait. C'est pourquoi d'en bas, il gardait toute sa puissance de sidération, tout bombé de ses forces plutoniennes.
La marmite flamboyait. Le sexe béant et chauve de sorcière incinérée cachait l'autre : la vierge éjaculation des fonds l'effervescence jeune et rousse du sperme infini.
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Par zorazur, le 23/12/2011
Le corps immense du président Mao de
Patrick Grainville
Les intellos, les marchands, les étudiants, les as de la pétrochimie, les milliardaires de la puce, du jouet, de la chaussette, de la pharmaceutique, les misérables, les migrants, les maçons, les putains, les mendiants, les belles bourgeoises en tailleur de marque.
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Patrick Grainville
Pendant plus de trente ans les mots étaient venus, vivants, réchauffant, et les livres m’avaient construit une façon de barque, d’arche, des manières de Noé toujours sauvé, rescapé, entouré de tous les animaux de la Terre. Je n’étais plus jamais seul.
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Patrick Grainville
Mes doigts n’étaient que le relais de ma pensée qui passait, sans entrave, coulait sur le papier.