-
Par Nanne, le 15/06/2010
Les Dieux habitent toujours à l'adresse indiquée de
Patrick Reumaux
Les dieux me regardent de leurs yeux de braise. Le mensonge, dans leurs yeux, est une vrille d'un noir de citerne et, quand débarque un étranger sur cette rive, les vrilles percent l'iris et décrivent, invisibles griffes, des cercles de plus en plus étroits autour de la tête du visiteur avec la force du lierre ou des liserons. Méditerranée. Le rien se mêle au rien, aux vauriens, la mer est si bleue qu'elle en paraît noire sous le soleil qui tape, avec des fonds où la lumière, d'une sourde transparence, gris-bleu ou gris-vert, ou presque rose, ne cesse de changer comme la gorge du pigeon.
-
Les Dieux habitent toujours à l'adresse indiquée de
Patrick Reumaux
Les dieux sont toujours là, je veux dire ceux des Enfers. Je me demande laquelle des trois Furies je vois. Car il n’y a plus ni salle de restaurant, ni serviteur, ni coups de poings, ni querelle. […] devant moi Mégère gesticule, la vociférante, et ses petits cheveux coupés ras se gonflent, et son corps de truie se hérisse de soies ; alors j’entends siffler les vipères tout à l’heure invisibles dans ses cheveux. (p.35)
-
Par Nanne, le 15/06/2010
Les Dieux habitent toujours à l'adresse indiquée de
Patrick Reumaux
La Méditerranée n'est qu'un rêve. Une peinture de peinture. Une culture de culture. Le royaume d'Haroun-Al-Rachid.
-
Les Dieux habitent toujours à l'adresse indiquée de
Patrick Reumaux
La parole, mule obstinée, en noir et blanc, dit que les dieux sont là. Que seuls les dieux sont là. Tout le reste n’est que fumée, vains bavardages, attrape-nigauds, circuit pour les touristes. Les dieux brûlent dans l’air immobile. Qui ne les voit pas ne voit rien, car il n’y a rien à voir. (p.85)