Critiques de Patrick Süskind


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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 11/10/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Livre à la fragrance millésimée.
    Cueillez-le , sentez-le , humez-le à vous en étourdir .
    Ayez du flair , du nez , du tarin , ne passez pas à coté !
    J'ajouterais qu'à ce prix , un tel Parfum , dont l'arome n'a d'égal que la générosité , en est presque indécent...

    La perfection olfactive a un prix et pour ce faire , votre vie , aux yeux de Grenouille , n'en a aucun !

    Critique de qualité ? (47 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 16/01/2009


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Encore un très bon souvenir de lecture...
    dommage que Suskind ne nous donne pas d'autres romans... du moins, à ma connaissance.


    Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s'appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l'emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité.

    C'est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier.

    Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique.

    Dans ce voyage jusqu'aux confins de l'imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l'ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique.

    Critique de qualité ? (26 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 25/07/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Inclassable, ce livre est devenu… un classique ! Inclassable car d’une grande originalité : pour la première et peut-être unique fois dans un roman, la description des lieux, des objets, des personnes, est d’abord rendue par les odeurs. Le personnage principal, Jean-Baptiste Grenouille, est doté d’un odorat d’exception qui fait de lui un quasi surhomme (un super-héros dirait-on aujourd’hui, si l’action n’était pas située au XVIIIème siècle). Son fabuleux odorat lui permet en effet de se diriger dans l’obscurité et de « voir » à travers les murs et les placards, il pourrait presque être aveugle, tant ses autres sens lui sont devenus inutiles. Mais cet étrange héros a bien entendu plusieurs défauts dans la cuirasse. Son intelligence est mise au service exclusif de son besoin d’accaparer et de mémoriser de nouvelles odeurs, et il passe donc auprès de ses semblables pour un parfait idiot, même doué de ce talent unique. Grenouille s’accommode parfaitement de cette situation (rien ne l’intéresse en dehors des odeurs). Rien ne peut l’émouvoir, tout lui est indifférent y compris la beauté et la vie humaine, et il ira donc jusqu’à devenir un tueur en série pour capturer l’odeur des jeunes femmes qu’il cherche à collectionner.
    Ce roman est inclassable, car il est à la fois un roman historique, un roman fantastique, un polar et un conte philosophique. Le héros est un monstre mais on finit par l’accompagner dans sa folie meurtrière et à comprendre sa quête qui correspond à la construction d’un idéal. L’auteur mène son idée très loin en opérant à notre insu une inversion des systèmes de valeurs, il nous entraîne vers l’acceptation de l’ignominie, la chosification des victimes et la transformation inattendue de son antihéros en personnage quasi-divin, finalement capable après une condamnation et une résurrection spectaculaire de prendre le pouvoir absolu sur ses congénères et de choisir lui-même l’heure de sa disparition.
    Il va sans dire que certaines scènes du roman et son épilogue procureront un sentiment de malaise à certains, car malgré son édifiant parcours olfactif, Jean-Baptiste Grenouille n’est certes pas un personnage en odeur de sainteté !

    Critique de qualité ? (25 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par florencemullot, le 17/04/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    J'ai lu le livre lorsque j'étais en seconde (oui, ça remonte !) et j'en garde encore un souvenir mitigé. Je ne me souviens plus de tous les détails de l'histoire, mais la première chose qui me vient à l'esprit lorsqu'on me parle de ce livre c'est le mot "dégoutant". Je m'explique. Patrick Süskind arrive à vous décrire des scènes, des odeurs avec un réalisme et une minutie incroyable, dérangeante même... J'avoue que certains passages m'ont écœurée mais dans un bon sens. Je ne connais pas beaucoup d'auteur capable de faire cela, d'être aussi réaliste, aussi pointilleux. Il est même fascinant de voir comment Patrick Süskind a su entrer dans l'esprit de Grenouille, car l'auteur devait vraiment être "proche" de son personnage pour pousser autant la complexité de sa psychologie.

    Parlons un peu de l'histoire. Je dois avouer que je n'ai sûrement pas dû apprécier le livre comme il se le doit. 15/16 ans, je ne dirais pas que ce soit le bon âge pour lire un tel livre. Mais dans l'ensemble, l'histoire est incroyable. La psychologie de Grenouille est terrifiante, malsaine, effrayant, abjecte même. Qui aurait cru qu'un tueur en série pourrait utiliser un don comme l'odorat pour tuer. Cela n'est pas forcément très crédible et pourtant ça fonctionne très bien, cela en est même effrayant à souhait. Grenouille passe à la fois pour un anti-héros incompris et aussi comme un monstre sans âme. Est-ce dû à son enfance malheureuse, ou bien est-ce qu'il est juste un psychopathe. Sa complexité est absolument intrigante et passionnante à la fois.

    Tout le long du roman, je me souviens avoir ressenti du malêtre car je n'arrivais pas à comprendre comment un tel monstre pouvait exister. J'étais encore jeune, et il faut bien l'avouer très loin de croire que les Hommes pouvaient être aussi cruel envers leurs semblables. Avec le recul, ses actes me paraissent moins insensés, dans le sens où je sais parfaitement que l'horreur se profile à tous les coins de rues. Mais je n'arrive pas à comprendre comment on ne peut pas ressentir un amour vrai, pas morbide ou obsessionnel. Comment est-ce qu'on ne peut pas ressentir juste une once de compassion ? Comment quelqu'un peut être le mal incarné. Et pourtant Grenouille a un don extraordinaire qu'il "salit" du début à la fin.

    La fin est d'ailleurs épouvantable, écœurante. Elle rappelle bien sûr le tout début du roman, la naissance de Grenouille, mais elle a quelque chose de risible en soit. L'homme qui n'avait pas d'odeur et qui cherchait à en trouver une parfaite (pour avoir enfin une identité, et donc exister - voire être parfait selon ses idées), se retrouve dépecé par les criminels des alentours et disparaît complètement... Une fin tragique mais qui a des airs de "tout ça pour ça".

    Je n'ai mis que trois étoiles car je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai aimé ou pas le livre. J'en garde un souvenir dérangeant et en même temps une curiosité morbide. Mais en tout cas, je conseille ce livre.

    Critique de qualité ? (23 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Nepenthes, le 13/01/2012


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Captivant et surprenant ; ce roman m'a totalement fasciné lorsque je l'ai lu. J'ai particulièrement apprécié que l'auteur choisisse de nous faire suivre le point de vue de Grenouille. Ce personnage est extraordinaire de par son absence apparente de conception de bien ou de mal. Le monde existe autour de lui seulement en termes d'odeurs et de parfums. La vision qui nous est donnée est tout à fait inédite, le postulat du livre l'est tout autant (sans odeur, point d'existence !). Peut-être certains passages sont un peu plus longuets mais ce n'est que bagatelle à côté du reste du roman. L'auteur n'essaye pas de nous faire une apologie du bien contre le mal, et Grenouille ira jusqu'au bout de son forfait. Ce n'est pas là la moralité ni la finalité du roman, de toute façon. Au lieu de ça, c'est une nouvelle perception sensorielle de notre monde qui nous est dépeinte. J'ai fini par beaucoup m'attacher à Grenouille et à le trouver totalement fascinant.

    Critique de qualité ? (20 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par philo15, le 17/03/2010


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Un livre profond, merveilleusement écrit qui nous plonge dans un monde où l'on appréhende les choses, les gens, les sentiments par les odeurs. Une plume fluide et fine pour des mots qui changent irrémédiablement notre vision du monde.
    Magnifique ! Ce, malgré la cruauté, visitée dans toutes ses facettes qui ressort de tout le texte.
    Un ouvrage que je qualifierai d'indispensable dans une bibliothèque.


    Lien : http://philo-au-fil-des-mots.over-blog.com

    Critique de qualité ? (17 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par bleuettediot, le 12/12/2010


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Diificile de parler de mon ressenti à propos de ce roman atypique, à la fois poétique et macabre, sensuel et profondément dérangeant.
    Ce livre est si riche de mots, pour évoquer les senteurs et les sensations qu'elles font naître à notre insu, que l'on ne peut être que subjugué, intrigué même par notre propre façon d'appréhender le monde olfactif qui nous entoure. L'amour a-t-il une odeur ?
    Jean-Baptiste Grenouille, le personnage central du livre, né totalement dépourvu d'odeur ce qui en fait aux yeux des gens un être transparent et sans consistance. Orphelin, Grenouille grandira dans la misère des quartiers nauséabonds de Paris et, dans ce contexte abominable, finira par devenir un homme vide de tout sentiment. Un misanthrope que rien n'afflige, rien n'étreint à part les fragrances des parfums et les effluves de toutes choses. Seules les odeurs éveillent en lui des émotions fortes dont la quête désespérée le conduira à commettre des meurtres en série.
    Au fil des pages, Süskind nous entraîne peu à peu dans les méandres de la folie. L'obsession de Grenouille, sa personnalité troublante et malsaine, les rituels macabres des vierges enveloppées de graisses finissent par rendre l'atmosphère du livre angoissante, presque suffocante pour une âme aussi sensible que la mienne.
    En tout cas, une chose est sûre, ce roman restera à tout jamais gravé dans ma mémoire. Inoubliable !


    Lien : http://bleuette-diot.over-blog.org

    Critique de qualité ? (16 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 16/01/2009


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Le Parfum est un roman de l'écrivain allemand Patrick Süskind (1985).

    Son titre complet est Le Parfum, histoire d'un meurtrier (en allemand Das Parfum, die Geschichte eines Mörders).

    Dès sa publication, il a connu un très grand succès et a aussitôt été traduit dans de nombreuses langues.

    En 20 ans, ce best-seller a été traduit en 45 langues et vendu à 150 millions d'exemplaires. Le livre a été traduit de l'allemand au français par Bernard Lortholary.

    L'action se situe au XVIIIe siècle, à Paris, puis en Auvergne, à Montpellier, à Grasse et enfin à nouveau à Paris.

    Le roman raconte la vie de Jean-Baptiste Grenouille qui est décrit dès la première page du livre comme : « [un des] personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque » un être dont le « génie et [l']unique ambition se bornèrent à un domaine qui ne laisse point de traces dans l'histoire : au royaume évanescent des odeurs ».

    En effet, Jean-Baptiste Grenouille, possède trois caractéristiques :

    Jean-Baptiste Grenouille est un garçon (homme) dépourvu de tout sentiment et/ou de notion du bien et du mal. Il est habité par une âme limpide, vide de toute émotion. Il ne vit que par l'odeur, les phéromones, les arômes. Sans cette dimension, il ne serait rien.

    Il n'a aucune odeur qui lui est propre, ce qui effraie les gens qui le rencontrent et le côtoient tout au long du roman. Cette absence d'arôme lui permet de passer totalement inaperçu auprès des gens. Par la suite, cette absence d'odeur, dont il ne se rend compte lui-même que très tardivement, sera compensée par la création de parfums créés à partir d'odeurs humaines plus qu'attrayantes, qui lui permettront d'être remarqué par les autres.

    Il a un odorat excessivement développé qui lui permet de reconnaître les odeurs les plus imperceptibles et ainsi décortiquer chaque odeur en segments d'arômes. Dès le moment où Grenouille voit le jour, il perçoit et découvre le monde avec son nez, ce qui représente sa seule source de jouissance. Il a aussi une excellente mémoire olfactive : il est capable de se souvenir de toutes les odeurs qu'il a senties. De plus, il peut assembler mentalement des odeurs pour ensuite créer des parfums.

    Critique de qualité ? (15 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par janemar, le 31/01/2012


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Il y a très longtemps que j'ai lu ce livre. Mais il reste en moi un sentiment de "bonheur", d'étonnement, d'admiration, car j'ai toujours de l'admiration pour l'originalité dont font preuve les écrivains. Comme Suskind qui trouve dans l'olfactil, le moyen de nous entraîner dans des situations policières, étrangeté, originalité, et nous respirons d'une façon différente, humons l'air et le reste en essayant d'y voir d'autre signification et autre sensation... Je le relirai volontiers

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par nanet, le 15/01/2012


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Comment raconter en quelques mots cette histoire, et vous faire ressentir le millier d'odeurs qui parsème les mots de l'auteur ? Exercice difficile que de réaliser une chronique sur ce sujet... car outre d'être un thriller, ce livre est aussi un recueil sur les senteurs, sur tout le travail des parfumeurs, un magnifique condensé de savoir avec un apport sur l'histoire, et une balade dans le temps, dans les sens.

    Dès le départ, sur ce marché, avec cette naissance sordide, sous un étal à poisson, les odeurs nous envahissent ! L'enfant subit le pire : l'abandon... mais sa destinée était de vivre. De survivre, plutôt, car l'auteur n'y a pas été de main morte. Nous suivons le petit Jean-Baptiste Grenouille dans cette enfance peuplée d'odeurs, mais dénuée de contacts (autres que les coups), dénuée d'amour tout simplement.

    La suite sur le blog :


    Lien : http://lesmotsdenanet.blogspot.com/2012/01/le-parfum-de-patrick-suskind.html

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par myriampele, le 29/01/2012


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Un des plus beaux livres écrits sur les sens. .. C'est incroyable, épouvantable mais ça ne peut pas nous laisser indifférents...

    Critique de qualité ? (12 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par eifel, le 23/08/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Envoutée par l'odeur des mots dès les premières pages... A lire absolument

    Critique de qualité ? (12 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par nekomusume, le 04/08/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    un OVNI, voilà le mot exact. l'histoire d'un meurtrier de sa naissance à sa mort, de sa vie horrible de la première à la dernière seconde mais sans jamais être une lecture horrible. au contraire c'est un livre magnifique qui nous porte du début à la fin dans une histoire pleine d'odeurs. la découverte d'un siècle par les odeurs, d'une façon de vivre tellement différente de la notre et de cet être (je n'arrive pas à dire homme car jamais il n'est décrit comme tel) qui même une vie à part. un don ou une malédiction, élevé sans chaleur humaine, sans morale non plus avec seulement les soins du corps lui permettant de survivre. et cette aura de parasite qui horrifie et fascine tout à la fois. car c'est bien ce qu'est Jean Baptiste Grenouille, un parasite, une tique comme le décrit son auteur. il s'attache à une personne tant qu'elle lui est nécessaire pour survivre et dès qu'une meilleur opportunité se présente, il s'accroche au nouveau et l'ancien hôte va mourir de façon tellement, non pas naturelle, mais commune pour l'époque que l'on ne peut y voir que la main du destin. et pourtant c'est bien d'avoir rencontré et côtoyé Grenouille qu'ils vont mourir. dans la 3ème partie du livre, le parasite devient prédateur, un prédateur d'une intelligence rare et tels les animaux, il se laisse porter par son flair. il sera passé par tous les stades animaux: larvaire, parasite, chrysalide, puis prédateur et en même temps sont intelligence odorante se sera développée et il aura atteint le but qu'il s'est fixé.
    un livre riche en odeur, en horreur, je suis incapable de lui rendre justice, génial est le mot qui me vient le plus facilement.

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par LaForceduTemps, le 30/07/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    A vue de nez, un chef-d'oeuvre
    Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu'aux confins de l'imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l'ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Ansault, le 06/01/2009


    Le Pigeon Le Pigeon de Patrick Süskind

    L'enfance de Jonathan Noël est parcourue d'événements tragiques. Ses parents ont été déportés et lui-même a dû fuir et se cacher pour échapper à son funeste destin.
    Envoyé faire la guerre en Indochine, trahi par une femme partie convoler avec un Tunisien, autant de traumatismes qui pousseront Jonathan Noël à s'exiler du monde. "De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu’on ne pouvait se fier aux humains et qu’on ne saurait vivre en paix qu’en les tenant à l’écart."
    Ainsi il prit la décision de tout quitter et partit pour Paris où il eut la chance de trouver un travail de vigile dans une banque et loua une minuscule chambre de bonne dans les combles d'un immeuble bourgeois.
    Sa vie ainsi réglée ne laissa désormais plus de place à l'imprévu. Les jours se suivaient identiques à eux-mêmes et Jonathan Noël put enfin jouir du bonheur d'être seul, à l'abri du monde, à l'abri de l'autre.
    Jusqu'au jour où... il se retrouva nez à nez avec un pigeon, un matin, alors qu'il sortait de sa chambre pour se rendre aux commodités. Et cet événement, ce non-événement, va être le grain de sable qui enrayera une machine huilée depuis plus d'une vingtaine d'années.

    Le pigeon est un conte philosophique, une parabole. Le texte est court, sa lecture est facile, le récit fluide. Néanmoins au travers d'événements d'une absurdité confondante il soulève des questionnements d'une grande complexité.

    En premier lieu le livre démarre sur un paradoxe, une énigme, Jonathan Noël et sa famille sont victimes de la persécution nazie, mais à aucun moment il n'est donné de détails sur ses origines ni sur les raisons de cette déportation. Il est donc naturel de penser que Jonathan Noël est juif, Jonathan est un nom hébreu signifiant "don de Dieu", mais pourtant Noël n'est en aucun cas un nom à connotation juive. Bien au contraire, Noël est indubitablement lié au Christ et au christianisme ! Ce paradoxe de départ est un mystère, en tout cas il a pour intérêt de situer le récit dans le domaine de la fable et du conte et oriente d'emblée le lecteur sur la thématique du sacré, ou tout du moins d'une certaine a-sacralité. La chambre de bonne dans laquelle il vit pourrait s'apparenter à une cellule monacale, c'est un espace sécuritaire, et c'est aussi la métaphore de son enveloppe corporelle.
    Thématique du sacré que l'on retrouve à travers l'évocation qui est faite du pigeon. Jonathan Noël le perçoit comme un monstre. Cet animal est à ses yeux la personnification du mal, du démon qu'il faut fuir et combattre, c'est la synthèse de toutes les ignominies humaines. Le pigeon n'est pas ce nuisible urbain, mais c'est le dragon de l'apocalypse.
    "Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées dans le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: le pigeon. Il avait penché sa tête de côté et fixait Jonathan de son oeil gauche. Cet oeil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert; mais en même temps il y avait là, dans cet œil, une sorte de sournoiserie retenue; et, en même temps encore, il ne semblait être ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute la lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet oeil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un œil sans regard. Et il fixait Jonathan."
    La seconde thématique récurrente de ce conte est l'œil et Süskind, alors qu'il avait traité le sens de l'odorat dans "Le Parfum" s'attelle ici à celui de la vue. En effet quand vous vous êtes à ce point retiré du monde et des autres et que vous avez passé votre vie à vous soustraire à leur influence, il est difficile de se soustraire à leur image. A plusieurs endroits du conte est donc fait référence à l'œil, l'œil du pigeon, petit (l'œil de la bête, l'œil sournois, l'œil de la perversion), l'œil de la couturière grossie par ses lunettes (l'œil sécuritaire, l'œil charitable, l'œil de la bonté), l'œil, les yeux de Jonathan Noël (mince paroi entre lui et le monde extérieur, une ouverture sur les autres, objets de sa souffrance).
    La troisième thématique notable est celle de l'excrément. Voyez la scène très imagée du clochard déféquant entre deux voitures. A plusieurs endroits du conte l'auteur montre les angoisses issues de la relation de Jonathan Noël avec ses propres déjections et les productions de son corps. Sa relation avec l'urine, la matière fécale, le vomi, ce sont ce qui le rattache avec le monde réel et ce à quoi il ne peut se soustraire. C'est ce qui est identique à l'animal, à la bête, au monstre, au mal, ce qui fait que jamais il ne pourra être cette évanescence qu'il convoite, cet individu vierge de toutes souillures.

    Ainsi ce petit recueil qui n'a l'air de rien est riche, très riche et en le lisant il m'a rappelé le travail et les écrits de George Bataille. Notamment "Histoire de l'oeil", où il est raconté les pérégrinations pornographiques de trois personnages. Dans cet ouvrage, où les perversions et les violences sexuelles s'égrainent comme on égrainerait un chapelet de ses prières, se développe les même thèmes à savoir le sacré par la voie du blasphème ; l'œil, les yeux et par extrapolation l'œuf ; les déjections corporelles, l'urine, la matière fécale, le lait, le sperme.
    D'un côté nous avons Süskind et Jonathan Noël qui considère la vie comme une aventure risquée à laquelle il faut se soustraire, qui est terrorisé par la violence et qui n'aspire qu'à la protection et à la sécurité, et de l'autre nous avons George Bataille et ses anti-héros qui face au même constat ont choisit le cheminement inverse celui de la transgression et de la perversion.
    L'un et autre sont complémentaires. L'un se nourrit de l'autre et ils ne sont pas si étrangers...


    Lien : http://www.michel-danzo.com

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 07/08/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Livre passionnant, lu depuis longtemps. Pas du tout aimé le film allemand qui en a été tiré. En fait, une atmosphère indescriptible en dehors du côté onirique et volontairement irréaliste, voire surréaliste de l'oeuvre. A recommander à tous les amoureux des polars et de l'histoire.


    Lien : http://www.bigmammy.fr

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 11/06/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Ce roman "olfactif" nous plonge dans le Paris du 18ème siècle avec sa puanteur et ses parfums. Grenouille, héros pouilleux sans odeur mais à l'odorat hors du commun, prend sa revanche sur ce monde cruel et glauque qui l'a vu voir le jour.

    Süskind nous entraîne dans un voyage horrible et fascinant au coeur des bas-fonds parisiens de l'époque. Nous tenons là le tueur en série le plus génial et le plus étonnant de tous les temps. Quoi donc de plus normal qu’on ait voulu l’adapter au cinéma? Erreur!!! Horreur!!! Mais pourquoi faut-il toujours que les bons livres soient cinématogrotesquement plagiés? Pour qui a lu ce livre, le scénario proposé est une hérésie. Et c’est bien dômmage car ce que la lecture peut suggérer, le cinéma ne peut que visuellement l’imposer. Le résultat? Un film aux décors réussis, tissé sur une intrigue haletante et des personnages fascinants. Malheureusement, le dénouement est bâclé et le travail d’imagination laissé au choix du lecteur laisse place dans le film à une fantaisie que j'ai particulièrement détesté. Mais encore une fois, c'est une question de point de vue. En tous cas, pour les amateurs du film qui n'auraient pas lu le livre, à découvrir absolument!


    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2009/11/le-parfum.html

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par doyoulikefrogs, le 26/12/2010


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Ce livre est un pur chef d'oeuvre. Mais attention, pas un chef d'oeuvre du style Madame Bovary où l'on admire la stylistique plutôt que le fond, dans Le Parfum, TOUT EST PARFAIT.... Je n'ai pas encore vu le film, et je n'ose pas tant le livre est génial.

    Le don de Grenouille est tellement bien décrit, les odeurs tellement présentes, les parfums aussi, l'ambiance nauséeuse, les personnages n'en deviennent que répugnants, et l'atmosphère est tendue et angoissant; tout m'a plu, même l'aspect dérangeant du livre, tout cela pour finir dans la haine et le Mal absolu... humm un délice!!!

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Colette, le 07/09/2009


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Ce roman bien construit parvient à restituer une époque à travers son langage. Les descriptions des lieux et des odeurs sont aussi sublimes qu'écœurantes. Au fil de l'histoire, on est complètement transporté par le don et la passion de Grenouille qui l'amènera à devenir un meurtrier.
    Un livre inoubliable, à lire absolument!

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par roilyre, le 13/11/2011


    Le parfum Le parfum de Patrick Süskind

    Un livre aux mille parfums des plus insoutenables aux plus agréables...Le premier livre qui sent réellement. j'ai été dégoûtée, étonnée, émue, émerveillée, révoltée et pour finir triste et soulagée pour ce grenouille hors du commun...

    Critique de qualité ? (8 votes positifs)




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