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Critiques de Paul Féval


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    • Livres 2.00/5
    Par Ellane92, le 29/05/2015


    La Fée des Grèves La Fée des Grèves de Paul Féval

    En l'an de grâce 1450, à la veille de la Saint-Jean, une procession traverse le Mont Saint-Michel pour porter en terre un noble gentilhomme. A sa tête, le duc François de Bretagne, et dans le cercueil, son frère Gilles. Au moment le plus tragique, l'un des moines de l’abbaye soulève la capuche qui lui cachait le visage. Il s'agit de l'écuyer du moribond, Hue de Maurever, qui profite de l'effet de surprise pour annoncer à la noble assemblée que son maitre est mort de faim, condamné par son propre frère. Le duc François donne l'ordre de rattraper le seigneur enfui, mais le chevalier Aubry de Kergariou, dont est secrètement épris Reine de Maurever, la fille du fuyard, accorde quelques crédits aux propos de l'écuyer et se trouve ainsi emprisonné. C'est son cousin Méloir, bien décidé, qu'elle le veuille ou pas, à épouser Reine, qui se lance à sa poursuite ! L'homme qui capturera le traitre recevra 50 louis d'or et la bienveillance du Duc.

    A Saint-Jean-des-Grèves, Jeanin le coquetier rêve lui aussi de ces 50 écus, avec lesquels il pourrait bien demander la main de Simonnette, la fille du tavernier. Mais il n'est pas le seul à faire les yeux doux à la fille de Simon Le Priol : maître Gueffès, un normand près de ses sous, épouserai bien la belle et sa dot !



    Publié en 1850, La fée des grèves est un petit roman historique de Paul Féval destiné à la publication sous forme de feuilleton. Avec son intrigue cousue de fil blanc (avec de très grosses coutures apparentes) et ses personnages manichéens, l'histoire est très prévisible.

    Féval n'épargne ni les stéréotypes sur les Normands (près de leurs sous), ni sur les Bretons (superstitieux en diable). Il reprend les grands codes du roman de capes et d'épées : un gentil trahi qui va être vengé, des méchants vilains et pas beaux qui seront punis, la belle jeune noble objet de toutes les convoitises, le beau chevalier fougueux et vertueux qui rétablira l'ordre, les petites gens qui se mettent d'un côté ou de l'autre... Bref, rien de nouveau sous la brume du Mont Saint-Michel ! Reste le talent certain de conteur de Féval, qui prend manifestement plaisir à toutes les digressions dont il affuble son histoire. Il y a également Frère Bruno, un personnage original qui arrivera sur le tard et apportera une bouffée de surprises et d'actions au récit (qui s'enlise un peu dans les sables mouvants de la baie...), un zeste de fantastique auquel seul le petit coquetier croit, et la nostalgie d'une époque révolue où l'honneur était la plus haute vertu.

    Et surtout, il y a la Bretagne, avec ses mille visages ! Ne lisez pas La fée des grèves pour satisfaire l'envie d'un roman de cape et d'épées. Lisez-le pour tomber amoureux des paysages de la Bretagne, de ses mystères, de ses traitrises, de ses villages et de ses grandes villes, de ses habitants, de ses contes et légendes, de sa lumière et de ses brumes...

    Critique de qualité ? (31 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 25/10/2012


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Au vu des longues années d’adulation exclusive que je vous ai vouées et de toute l’affection que je vous porte encore, vous me pardonnerez cette petite infidélité, m’sieur Dumas, si j’admets que le jour où j’ai tourné la dernière page du « Bossu » de Paul Féval, vous avez brutalement perdu à mes yeux le statut de meilleur auteur de cape et d’épée de tous les temps. Et oui, coiffé au poteau par un petit écrivaillon, un petit auteur de rien du tout dont presque toute l’œuvre a sombré dans l’oubli… Mais vous m'excuserez surement, m’sieur Dumas, car j’ai une très bonne excuse : « Le Bossu » ce n’est pas un roman de cape et d’épée parmi d’autres, c’est LE roman de cape et d’épée par excellence ! Jugez vous-même, il y a tout : des mercenaires aux épées aiguisées et aux cœurs de bronze, de belles jeunes filles enlevées en plein galop sur des chevaux écumants, des coups de lame dans le noir, des duels à un contre six, des vengeurs masqués, des gitans, des traitres, des bals costumés… Tout, je vous dis !

    L’histoire débute en France à la fin du règne de Louis XIV par un assassinat. Philippe, duc de Nevers, possède tout : la beauté, l’esprit, la noblesse, la richesse, un talent d’épéiste hors-pair – toute la France ne parle plus que de la célèbre « botte de Nevers » capable d’expédier ad patres n’importe quel escrimeur d’élite en le touchant entre les deux yeux. Il a surtout l’amour d’une adorable demoiselle – la belle Aurore de Caylus. Mais, comme on pourrait s’en douter, tous ces privilèges attirent forcément la jalousie des envieux et particulièrement celle du cousin et meilleur ami du duc, le prince de Gonzague (moins riche, moins beau, moins noble, mais considérablement plus malin et dépourvu de scrupules…). Une nuit, le drame survient. Dans les fossés du château de Caylus, alors qu’il rendait visite à sa belle et la petite fille qu’ils ont eu tous deux en secret, Philippe de Nevers tombe dans un guet-apens et succombe sous les coups de ses assaillants après un combat héroïque. De cette sinistre tragédie, un seul témoin survit : Henri de Lagardère, jeune chevalier de dix-huit ans à la tête folle mais au cœur d’or, qui, faute de pouvoir sauver le duc, parvient à protéger sa petite fille des poignards des agresseurs et s’enfuit avec elle.

    Vingt ans après, Louis XIV est mort, la régence bat son plein et tout le monde a oublié le drame des fossés de Caylus. Gonzague a prospéré, devenant l’homme le plus riche de Paris et épousant au passage la veuve éplorée de son défunt cousin, Aurore de Caylus. Quant au chevalier de Lagardère et à l’enfant enlevée, plus personne n’en a entendus parler depuis des dizaines d’années. Tout va donc à merveille dans le meilleur des mondes ? Peut-être pas… Car, un peu partout en Europe, des hommes sont retrouvés morts, le front transpercé d’un coup de lame entre les deux yeux. Et – comme c’est curieux – ces braves gens s’avèrent ceux qui avaient participé au guet-apens contre Nevers des dizaines d’années plus tôt. Le fantôme du duc assassiné hanterait-il l’Europe en quête de vengeance ? Tremblez, traitres et meurtriers ! Car la justice est en marche, et si elle est tardive, elle n’en sera pas moins meurtrière, sans pitié et diablement ingénieuse.

    Avis à tous les amateurs de cape et d’épée, ne manquez pas le passionnant chef-d’œuvre de Paul Féval ! Vous y trouverez tout pour vous plaire : une intrigue trépidante alternant tragédie et comédie, un style vif et plein d’esprit, de la baston, de la romance… Contrairement à Alexandre Dumas (qui, malgré tout le respect que je lui dois, souffre d’une fâcheuse tendance aux digressions plus ou moins oiseuses), Féval mène son récit sans temps morts, entraînant son lecteur des bouges parisiens les plus immondes aux palais les plus prestigieux avec un dynamisme joyeux et contagieux. Le style très souvent ironique et les dialogues enlevés ajoutent énormément à l’attrait de l’intrigue. Les personnages secondaires, un peu stéréotypés comme c’est généralement le cas dans ce type de roman, sont solidement campés et attirent aisément la sympathie ou l’antipathie : qui ne pourrait pas adorer les inénarrables maîtres Cocardasse et Passepoil, l’hilarant petit marquis de Chaverny ou l’immonde et grotesque Peyrolles ? Mais, parce que l’on ne se refait pas, j’avoue que c’est pour l’ignoble et manipulateur prince de Gonzague que mon petit cœur sensible bat très fort : un « magnificent bastard » dans toute sa splendeur que l’on adore haïr, tout en se retenant d’applaudir des deux mains aux succès de ses brillantes manigances. Rooooh, qu’est-ce que j’aime les méchants intelligents…

    Hélas, il faut terminer sur un petit bémol, pas sur le roman lui-même mais sur les suites que lui a donné Paul Féval Fils (« la jeunesse du bossu », etc…). Honnêtement, ça vaut à peine le papier sur lequel c’est imprimé, donc ne gâchez pas votre plaisir : dévorez l’œuvre original et tenez-vous en là. (Par contre, n’hésitez pas à mettre la main sur la très divertissante adaptation en mini-série de 1967 : c’est excellent et Jean Piat a une façon incroyablement sexy de hausser le sourcil gauche).

    Critique de qualité ? (26 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 30/01/2013


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    "Et, quand il sera temps, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !"
    C'est dans la pièce adaptée du roman pour le théâtre de la Porte-Saint-Martin que claque, en 1862, cette apostrophe, lancée comme un coups de fouet au visage de Philippe de Gonzague, l'assassin du père de la belle Aurore.
    Et du Théâtre au cinéma, il n'y a qu'un pas. Qu'ont franchi pour nous plusieurs cinéastes dont François Hunebelle, en 1959, avec une adaptation dans laquelle Jean Marais et Bourvil rivalisaient de talent avec une pléiade de seconds rôles remarquables tel Jean le Poulain et Paulette Dubost.
    Cependant, c'est en 1857, l'année de la mort d'Eugène Sue et de la parution de "Madame Bovary", à l'apogée du feuilleton, que triomphe "Le bossu" dans les pages du journal "Le siècle".
    Lagardère, chevalier de vie légère et frivole, se fait soudain, par loyauté et amitié, le protecteur de la fille du duc de Nevers. Il jure de la protéger et de, lorsque l'heure en sera venue, lui rendre sa véritable identité, son titre et la place qu'elle devrait occuper dans la haute noblesse.
    Usant d'une extrême souplesse, il se transforme en vieux bossu difforme pour mieux assouvir la terrible œuvre de justice et de vengeance dont il s'est chargé.
    Paul Henry Corentin Féval, né à Rennes, a écrit ce roman "Le bossu". Son fils, Paul Auguste Jean Nicolas Féval lui donnera une abondante progéniture dont les trois volumes que reprend ce recueil paru chez "Omnibus" - "La jeunesse du bossu", "Les chevauchées de Lagardère" et "Cocardasse et Passepoil" -.
    Et même si par curiosité, vous vouliez savoir si la botte de Nevers est vraiment efficace, alors il vous suffirait de suivre les aventures du chevalier Lagardère dans ce superbe volume.

    Critique de qualité ? (25 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 06/04/2015


    Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel : . Nouvelle édition Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel : . Nouvelle édition de Paul Féval

    Le légendaire du Mont Saint-Michel est source d'une importante bibliographie.
    Sa fondation, l'histoire de son abbaye, de sa forteresse et de ses prisons ont été contées à maintes reprises.
    En 1920, Étienne Dupont, le grand historien du Mont, le comparaît à une bastille des mers.
    Il nous offrait, en 1924, de nouvelles historiettes et anecdotes sur son abbaye et ses prisons.
    En 1941, Jean de la Varende, l'immense écrivain normand, nous restituait le vrai visage de ce vaisseau amiral échoué dans son décor mouvant.
    Mais avant eux, un autre grand nom de la littérature française s'était déjà penché sur l'histoire de cette grande forteresse.
    Paul Henry Corentin Féval, en 1879, nous offre "les merveilles du mont Saint-Michel".
    Le livre est passionnant.
    Pourtant que l'on ne soit pas déçu de ne pas trouver, dans cet ouvrage, le fracassant roman épique que promet la signature de son auteur.
    Car ce récit est plutôt une chronique historique dont le rythme est parfois ralenti par de nombreuses références et de fréquents renvois.
    Pendant plus d'un siècle, on crût que la marée de mars 709, véritable conjonction de plusieurs cataclysme naturels, détruisit et noya la forêt qui entourait le Mont.
    Mais dans les textes anciens, qui remontent au moins du dixième siècle, un terme revient sans cesse et finit par s'imposer aux esprits : "paulatim" - peu à peu -.
    Il ouvre la voie à une théorie plus favorable aux assauts moins grandioses mais plus nombreux d'une mer plus tenace que déchaînée...
    A l'heure du sacre de Clovis, où sur les ruines de l'empire romain d'occident, naissait la France catholique, la garde et la protection du royaume est attribuée à l'archange Michel.
    C'est lui qui fournit l'ampoule pleine d'huile au baptême du premier roi de France...
    Un jour, comme le pontife Aubert, douzième évêque d'Avranches, se trouvait plongé dans un profond sommeil, il fut averti par une révélation céleste de construire, sur le sommet du Mont-Tombe, un édifice en l'honneur de l'archange qui voulait que sa commémoration fut célébrée "en péril de mer"....
    Ce vénérable récit, issu d'une plume illustre, est un pur plaisir de lecture.
    Son style, dont le temps a patiné les élégantes moulures, en fait un magnifique texte à la croisée de la Littérature et de l'Histoire.

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par PiertyM, le 29/09/2014


    La fabrique de crimes La fabrique de crimes de Paul Féval

    Une drôle d'histoire où les crimes se fabriquent comme les pains, sous un sombre aux nuages pourpres, sur le point de fournir à la terre une pluie de sang , l'absurde et le fantasque nous conduisent dans un monde où les personnages sont criminels depuis leur racine généalogique que le crime devient une chose bien normale, un acte d'accomplissement pour désaltérer une âme assoiffée du sang, un véritable monde des psychopathes...

    Critique de qualité ? (21 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par PiertyM, le 28/09/2014


    Le Médecin bleu Le Médecin bleu de Paul Féval

    Une histoire bien sainte, paisible comme le nom de son héroïne Sainte qui, elle aussi s'engage à répandre des œuvres saintes sur sa route allant jusqu'à faire écrouler à ses pieds les récidivistes de la haine qui sont victimes des idéaux politiques tout en sachant que la politique a le pouvoir de diviser des meilleurs amis, les membres d'une même famille.... Sainte est là pour ramener l'amour aux cœurs perdus, réconcilier les âmes déchirées...

    Critique de qualité ? (19 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par raton-liseur, le 27/06/2012


    La Fée des Grèves La Fée des Grèves de Paul Féval

    Ma foi de Dieu ! (puisqu’il paraît que c’est le juron préféré des Bas-Bretons, p. 182, Chapitre 27, “Le siège”), voici un livre de capes et d’épées tout ce qu’il y a de plus réjouissant ! Certes, on sait bien qui payera cher ses mauvais choix, qui épousera qui, le suspens n’est pas bien grand, mais l’histoire est si bien menée que l’on reste suspendu à la plume de l’auteur, tournant les pages les unes après les autres sans pouvoir s’arrêter.
    Nous sommes en l’an 1450, alors que la Bretagne est encore pour quelques années « un rude et vaillant pays qui gard[e] son indépendance entre deux empires ennemis» (p. 230, Epilogue, “Le repentir”), dans la grande baie du Mont Saint-Michel, de part et d’autre de la frontière facétieuse du Couesnon. Une terre aux milles légendes rêvées et vécues (comme en attestent la myriade d’histoires toujours commencées et jamais finie de Frère Bruno, un Frère Tuck qui préfère le cidre à la bière), entre sables traitres et brume aveuglante, la terre de la Fée des Grèves, qui vient de réapparaître alors qu’une malédiction plane sur le duc de Bretagne et qu’un de ses chevaliers les plus valeureux est en fuite.
    Si les personnages m’ont parfois rappelé les histoires de la Comtesse de Ségur, qui aime à nouer des amitiés fortes et sans barrières entre ses personnages mais prend toujours bien garde de laisser chacun à sa place dans l’échelle sociale (comme dans Pauvre Blaise, que je n’avais pas aimé parce que trompée dans mon attente de voir les deux amis d’enfance tomber amoureux, avant de comprendre que Madame née Rostopchine n’aspirait pas à être la Louise Michel des contes pour enfants. Mais, ma foi de Dieu, j’en veux toujours à Madame la Comtesse pour cette lecture funeste !), ce serait faire offense à Paul Féval que de s’arrêter à cela. Le plaisir de la lecture n’est pas dans l’histoire, même si elle tient en haleine, il est dans les belles descriptions d’un pays et de paysages qui tout à coup me manquent, entremêlés, car il ne faut pas tomber dans le pathos, d’une très agréable ironie qui croque Bretons et Normands avec les travers dont ils sont les plus fiers. Les Bretons sont courageux, fidèles, mais d’une superstition indécrottable (« On ne riait plus qu’à demi, parce qu’il ne faut pas parler longtemps de choses surnaturelles, quand on veut que les vrais Bretons restent gaillards. », p. 117, Chapitre 18, “Jeannin et Simonette”) ; les Normands sont ceux que seul l’or intéresse et dont les chevaux sont toujours pies, car même pour cela un Normand ne saurait trancher entre blanc ou noir…
    Certes on peut voir dans cette ironie la condescendance dont la capitale fait alors preuve envers ces régions considérées comme arriérées (comme Gauguin qui quelques années plus tard ira en Bretagne chercher les sauvages, car c’est tout de même plus près que les Marquises !), mais on peut aussi y voir la fascination pour cette culture perdue (comme le montrent l’engouement pour les premiers folkloristes tels que Anatole le Braz ou de la Villemarqué).
    Qu’importe ce que pensait alors Paul Féval, qui, né à Rennes se revendiquait breton (mais ça je ne l’ai vu qu’après avoir lu ce livre), intéressante posture pour l’époque. Qu’importe disais-je, car en tant que lectrice plus d’un siècle et demi après que ce livre ait été écrit, je sais que je me suis régalée de sa description de la terre à légende qu’est mon beau pays, ce pays où « les brouillards salés de l’Armorique détendraient vite les cordes de la vieille guitare d’Apollon. Le biniou seul, avec sa poche de cuir et sa nasillarde embouchure, supporte le rhume chronique de ces contrées » (p. 151, Chapitre 23, “Comment Joson Drelin but la rivière de Rance”). Je sais que je me suis régalée de ses petites piques qui rendent le chauvinisme ridicule et qui pourtant semblent le renforcer, allez savoir pourquoi… Un livre à lire pour un Breton qui veut rire de lui-même ou qui veut se gorger de noms et se souvenir, un livre tel une madeleine trempée dans l’eau salée, et un livre pour les non-Bretons qui voudront soit se moquer de cette gente à la tête bien dure, soit faire connaissance avec ces gens étranges, qui ont « de la gaieté, mais de la gaieté bretonne, qui donne aux noces même une bonne couleur d’enterrement » (p. 158, Chapitre 24, “Dits et gestes de frère Bruno”).
    Couesnon, folle rivière, tu peux laisser le Mont en Normandie, nous gardons pour notre part la baie enchanteresse et les coquetiers* courageux et rêveurs, ils nous font plus riches que les ors de Saint-Michel.

    * Pêcheurs de coques : les coques (palourdes) sont une sorte de diminutif des coquilles de Saint-Jacques. Elles abondent dans la baie de Cancale et autour du Mont. (Note de l’auteur ou de l’éditeur).

    Critique de qualité ? (16 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Ellane92, le 02/01/2015


    La Vampire La Vampire de Paul Féval

    "La vampire existait, voilà le point de départ et la chose certaine : que ce fût un monstre fantastique comme certains le croyaient fermement, ou une audacieuse bande de malfaiteurs réunis sous cette raison sociale, comme les gens plus éclairés le pensaient, la vampire existait." Peut-être est-ce sa présence, et le relief de ses repas, qui créent la pêche miraculeuse du côté de l'île Saint Louis ? Peut-être fomente-t-elle le retour de l'Empereur, ou sa mort, qui sait ce qu'il peut se passer sous ses boucles brunes, ou blondes, on ne sait ?
    En tout cas, dans le Paris de 1804, Jean-Pierre Séverin, dit Gâteloup, part sur ses traces. D'abord, parce qu'ayant toujours défendu la veuve et l'orphelin, il souhaite protéger Paris d'un monstre éventuel. Ensuite, parce que le mystère, c'est intriguant. Mais surtout parce que sa fille, la belle et pure Angèle, a perdu le sommeil et l'appétit à quelques jours de son mariage avec le beau René de Kervoz, neveu d'un Chouan recherché dans tout Paris. Et que ce dernier donne rendez-vous dans des églises à la femme la plus belle et la plus attirante, parfois brune et parfois blonde, la Vampire sans doute, ou sa sœur peut-être.
    Regardez-les au tout début du livre : René marche vite, impatient, brulant d'une passion incontrôlable, littéralement subjugué par une femme, et portant le poids du remord vis-à-vis d'Angèle. Angèle, elle, peine à suivre son promis qui court en rejoindre une autre, avec son souffle court et la peur de le perdre qui lui coupe les jambes. Et Gâteloup derrière, le pied sûr et la démarche guerrière, et le cœur brisé du malheur de sa fille, bien décidé à découvrir le fin mot de l'histoire.

    Pour moi, Paul Féval, c'est "Le bossu", le roman de cape et d'épées par excellence, au même titre que les fameux mousquetaires de Dumas (qui étaient 4 si je ne m'abuse, mais c'est un autre débat). Je n'imaginais absolument pas que cet auteur avait réalisé des incursions dans le monde du fantastique, et que c'était une réussite ! La Vampire, c'est un roman d'aventures, un roman historique, un roman fantastique, et un roman "policier" également, avec de l'action, de la passion débordante, de l'amour pur et désintéressé, des trahisons, des complots, de la politique, une société secrète et une meneuse charismatique. C'est aussi la description de la vie au début des années 1800, un amour immodéré pour la ville de Paris (qui est traité comme un personnage à part entière, qui vit, frémit et ressent des émotions !), et une critique hilarante de l'administration policière de l'époque, avec des fonctionnaires dont l'incompétence semble proportionnelle avec leur place dans la hiérarchie (et pourtant, le simple troufion en tient déjà une sacrée couche).

    C'est vrai que le début est un peu laborieux. Pour ma part, je n'ai pas eu de difficulté avec l'écriture de Féval, qui, bien qu'un peu ampoulée, me parait toujours élégante et parfois même poétique. Ce qui m'a gêné, un peu, est plus la chronologie des évènements, qui nous est relatée de façon un peu aléatoire, avec pas mal d'explications et de flashbacks dans les premiers chapitres, pour installer le contexte historique et politique de l'époque, ainsi que les personnages.
    J'ai été en revanche charmée par le renouveau du mythe du Vampire (Bram Stoker n'avait pas encore écrit son Dracula lorsque La Vampire a été publiée) qui ne vit ou ne revit qu'en revêtant le scalp sanglant de jeunes filles assassinées (d'où la couleur changeante de sa chevelure !). La vampire apparait tour à tour comme un chef de guerre, une espionne, une amoureuse ou un monstre. Elle a ses propres buts qui ne seront dévoilés qu'à la toute fin, et malgré son pouvoir de séduction, est amenée à suivre sa propre loi.
    J'ai été également très étonnée par l'imaginaire évoqué autour de la Hongrie, pays supposé originaire de la Dame, avec des personnalités exotiques, du folklore, et même des légendes, notamment celle d'Adhema. Et puis, je suis toujours amusée de ces écrivains du passé qui s'émerveillent pour les découvertes "des sciences nouvelles". Dans la Vampire, on semble croire que le salut de la santé passera par une nouvelle médecine décriée mais très efficace : l'homéopathie !

    En bref, La Vampire, c'est un livre qui se situe avec bonheur au carrefour de plusieurs types de littératures, passionnant, plein de suspense et d'actions, et fantastiquement romantique ! A lire !

    Critique de qualité ? (15 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par raton-liseur, le 04/09/2012


    Contes de Bretagne Contes de Bretagne de Paul Féval

    Cet ouvrage regroupe trois longues nouvelles publiées en 1878 et que Paul Féval aurait entendues conter au coin de quelque feu de veillée par Job-misère, qui payait ainsi son gîte et son couvert comme beaucoup de vagabonds de cette époque.
    Comme une grande part de l’œuvre de Paul Féval (pas la plus connue il est vrai), ces nouvelles sont frappées au coin du folklorisme breton. Si la première m’a paru un peu plate (probablement pas assez bretonne…), les deux autres, sans être de la grande littérature sont très agréables à lire. La deuxième, Anne des Iles, certainement celle que j’ai préférée, se passe au milieu des rochers acérés de l’île de Sen (ancienne graphie de l’île de Sein) et aborde un sujet curieusement (je suis ironique ici…) tu dans le folklore breton d’aujourd’hui, celui des naufrageurs. Rien que pour cela, et pour sa fin loin du traditionnel « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », elle vaut quelques instants de lecture.

    Publiées quelques années après le virage religieux de Paul Féval, ces nouvelles n’en ont pas trop souffert, même s’il faut bien noter que dans l’une il est question de la victoire du christianisme sur le paganisme et dans une autre de guerre de religion (une nouveauté pour moi, en Bretagne), et les bons sont bien sûr toujours du bon côté de la religion aussi.
    Plus une réminiscence des légendes que je connaissais déjà qu’un livre qui m’a fait découvrir de nouveaux pans de la culture bretonne. C’est comme une petite madeleine pour ceux qui ont eux-mêmes entendu des légendes similaires, les autres risquent de s’ennuyer un peu et je conseillerais de commencer par La Fée des Grèves, dont le style caustique est bien plus amusant.

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 21/09/2014


    Le Médecin bleu Le Médecin bleu de Paul Féval

    A Saint Yon, dans la Bretagne profonde et traditionnelle, les derniers Chouans livrent leurs tout derniers combats. Une terrible guerre civile dans laquelle se retrouvent face à face connaissances, voisins et même amis ou famille est sur le point de s'achever sur la victoire écrasante des « Bleus ». Sainte est la fille de Saulnier, un médecin républicain surnommé « le médecin bleu » car il a toujours été volontaire pour traquer impitoyablement les Chouans et participer l'arme à la main aux « pacifications révolutionnaires ». Pour tous les braves gens du village, sa fille apparaît comme une sorte d'ange de miséricorde descendue du ciel. Partout, elle porte aide et protection aux pauvres et aux malades des deux camps. Sa meilleure amie, Marie Brand, fille du bedeau du village et meneur des insurgés, bon coeur mais mauvaise tête est aussi royaliste que son père. Tout comme René, le frère de Sainte, qui quitte la maison le fusil à la main pour rejoindre les maquisards par dégoût des exactions de la Convention et pour échapper à la conscription qui le ferait basculer dans un camp qu'il abhorre. Une situation aussi dramatique qu'explosive qui risque de déboucher sur un ultime massacre.
    « Le médecin bleu » est un court roman historique illustrant une des périodes les moins glorieuses de l'histoire de France, celle où des Français se livrèrent à un véritable génocide de Français, une guerre civile longtemps cachée et qui commence seulement à être reconnue comme telle. Si l'on devine aisément de quel côté penche le coeur de l'auteur, celui-ci a l'intelligence de se cantonner à une description clinique de faits peu reluisants qui renvoient dos à dos les deux camps. L'absurdité de la situation, l'affrontement des individus et l'enchainement des évènements amènent très vite cette histoire au niveau du drame cornélien qui tourne rapidement en machine infernale quasiment impossible à désamorcer. Inutile de préciser quelle est la morale de cette sinistre affaire car ce serait déflorer la fin qui est magnifique. Un très beau texte plein de personnages positifs (le martyre consenti de Jean Brand, le bedeau rebelle, a quelque chose d'héroïque et de christique) et de bons sentiments, un classique à cent mille lieues des tendances actuelles. Certains pourront trouver cela édifiant voire pontifiant cet ouvrage magnifiquement écrit. D'autres apprécieront à sa juste valeur la beauté de ce classique un peu oublié.


    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Corinne31, le 12/05/2014


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Après avoir vu les versions cinématographiques si différentes à certains égards, j'avais souhaité lire le livre pour avoir la version originale...qui me proposait finalement une troisième histoire pour les éléments qui m’intriguaient !

    Finalement un bon roman de cape et d'épée, plein d'aventures qui se laisse lire avec plaisir même si la fin est un peu longue à venir !

    Critique de qualité ? (8 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Xian, le 11/06/2015


    La Fée des Grèves La Fée des Grèves de Paul Féval

    J’ai découvert ce vieux livre dans le rayon fantastique. C’est d’ailleurs ce qui m’a intrigué et ce pourquoi j’ai voulu le lire. Mais au final, qu’y a-t-il de fantastique dans ce roman ? Rien, ou si peu. La Fée n’en est pas une, même si la légende la porte au-delà de la raison. Seuls le dépérissement et la mort du Duc François, accusé de fratricide, ont un goût étrange. Car la prédiction du jour de son trépas, ou plutôt la malédiction, lancée par son accusateur, s’avérera exacte.
    Toujours est-il, je ne regrette pas de l’avoir lu. Ce roman écrit il y a plus de 150 ans n’a pas pris une ride, à l’instar des contes qui fleurent bon le Moyen Âge, les légendes bretonnes, les combats d’épée.
    L’intrigue, bien qu’elle n’ait rien de fondamentalement originale, n’est pas avare de péripéties et est écrite avec humour. Ambiance rustique, imaginez un conteur au coin du feu… Imaginez le Mont-Saint-Michel, ses sables mouvants… Vous y êtes ! Et pour ne rien gâcher, les personnages sont attachants, même les « méchants » ont leur qualité qui empêche de vraiment les détester.
    Vous voulez connaître la fin de l’histoire ? D’accord, je vais vous la dévoiler et je ne prendrai pas un grand risque, car elle finit comme tous les contes : les méchants sont morts, le beau chevalier épouse sa Reine. Et les Bretons sont contents !
    Et malgré tout, Ô miracle, le lecteur aussi.

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Philamante, le 28/08/2014


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Voici le roman de cape et d'épée par excellence. Et puis l'aventure sentimentale très oedipienne !!! Non, mais, vraiment! Il pourrait être son père! Un Oedipe non intériorisé, quel toupet??!!
    Mais quel roman! Et quel art du rebondissement, de la quête de l'amour et de le vengeance, du défi, de la bravade! Ce roman éblouissant n'offre aucune halte à son lecteur intrépide et comme embarqué dans cette légitime réhabilitation des De Nevers et des De Caylus. Et l'infâme doit être puni pour sa monstruosité et son acharnement criminel. Quel héros tragique cependant qui ne fait que différer un châtiment dont le lecteur frémit tout autant qu'il le souhaite.
    Un des plus beaux romans de ma jeunesse. Et chapeau bas à Jean Marais qui vole la vedette à Auteuil (mais on n'est pas sur le même tableau). Dommage que Luchini était trop jeune encore.
    Voilà un beau pavé sur lequel nos pas doivent s'appuyer.

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Ys, le 25/04/2012


    Les Mystères de Londres Les Mystères de Londres de Paul Féval

    Le roman-feuilleton du XIXe siècle dans toute sa splendeur. C'est kitsch. Très kitsch. Ca nécessite de savoir traiter avec humour les pures, chastes et belles jeunes filles qui ne savent rien faire de leurs dix doigts, encore moins de leur cerveau, et passent leur temps à roucouler, soupirer, s'évanouir et se faire enlever par des affreux méchants pas beaux.
    Mais dans son genre, c'est assez réjouissant, et diablement entraînant. De l'action, plein d'action, des rebondissements à tous les chapitres, des affreux méchants pas beaux infâmes à souhait, des bas-fonds londonniens délicieusement sordides, un personnage principal assez complexe et intéressant, qui entretient de plus une relation pour le moins ambigüe avec un romantique et charmant jeune homme...
    Bref, un très bon moment de lecture !

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par selena_974, le 19/08/2014


    La Vampire La Vampire de Paul Féval

    La Vampire est un roman fantastique écrit par Paul Féval en 1865. La lecture d'un auteur du XIXe siècle n'est malheureusement pas toujours chose aisée pour nous, pour moi en tous cas, et j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Les 100 premières pages ont été fastidieuses, et il y avait même des phrases auxquelles je ne trouvais aucun sens, des divagations politiques et autres qui me laissaient de marbre. L'ennui m'a souvent prise et j'ai été maintes fois tentée d'abandonner.

    Mais cela valait la peine de s'accrocher. Passé ce délai d'adaptation, la complexité de l'intrigue se révèle, puissante et passionnante, et cette écriture qui était si indigeste au départ devient indissociable de l'histoire. J'ai même fini par la trouver belle et par apprécier toutes ces figures de style et ce vocabulaire désuet. Paul Féval mêle très habilement l'historique au fantastique et aux croyances populaires dans ce récit, qui nous relate l'histoire de cette vampire qui ne garde sa beauté et sa jeunesse qu'en se recouvrant de la chevelure sanguinolente de jeunes filles, mais également une histoire d'amour inconditionnel entre une femme et un homme, entre un père et son enfant, et également entre un jeune homme et la médecine, entre un auteur et les acteurs politiques de son temps...

    Au final, mon seul regret restera ma méconnaissance du contexte politique, très présent dans ce livre, qui m'a très certainement fait passer à côté de petites subtilités qui l'auraient rendu bien plus intéressant encore.

    Je le recommande, mais ne vous laissez pas piéger par ces premières pages si fastidieuses...

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Xian_Moriarty, le 13/03/2013


    La Vampire La Vampire de Paul Féval

    « La vampire » est un livre assez difficile à lire, mais ô combien super ! Paul Féval a merveilleusement su mélanger fantastique, Histoire et croyance populaire.

    Je vais me répéter, mais la prise en main n’est vraiment pas facile. Bien que le vocabulaire soir normal, la tournure des phrases sont parfois lourdes. L’agencement des phrases aussi, et même des idées, n’est pas non plus évident à saisir. Mais une fois qu’on a pris l’habitude de l’écriture de l’auteur, la lecture devient plus simple. Cependant, il faut bien vingtaine de pages, voir plus, pour réussir à « se mettre à niveau ».


    On se voit à Paris, en 1804 ! Paul Féval, qui est le narrateur, nous offre des éléments, des anecdotes ou des descriptions de la ville comme jamais encore je n’en avais lu ! Je me suis même dit qu’il était possible à un historien d’utiliser des éléments de ce livre pour faire des recherches tant qu’on s’y croit !

    Toujours sur l’Histoire, je dirai que ce livre est loin d’être le roman fantastique auquel je m’attendais ! Il est plus lié, selon moi, à de l’historico-fantastique, puisque des personnages historiques y jouent un rôle et les intrigues sont « vraies ».

    Le contexte historique montre une parfaite connaissance de l’auteur sur ce sujet. Rien d’étonnement à ce que les Chouanneries soient aussi mises en avant : Féval est rennais.

    Les diverses intrigues sont absolument géniales et rudement bien menées par leurs protagonistes. Je suis désolée, mais je n’ai dirai pas trop à ce sujet de peur de gâcher votre lecture future. Mais c’est vraiment digne des meilleurs polars ! Je dirai que je suis même étonnée que le cinéma ne se soit pas encore emparé de ce scénario ! Quoiqu’une série serait bien mieux !

    Le récit se compose de plusieurs récits selon les personnages. Je dirai presque que ça part un peu dans tous les sens, mais comme on ne s’y perd pas, l’expression est un peu abusive. On découvre la fortune d’Ezéchiel (d’ailleurs, on en vient à se demander, au début du roman, ce que l’histoire de la chevalière vient faire là-dedans), l’espionnage de Jean-Pierre, les joies et les misères d’Angnèle et René, les sombres occupations de la comtesse Marcian Gregoryi… Certaines scènes sont même décrites depuis des points de vue différents…

    Pour les personnages, fort nombreux, c’est Angèle et René que j’ai le moins aimés (tiens donc), car ils illustrent vraiment le couple amoureux niais par excellence. Les « je n’aime que vous, vous êtes ma raison de vivre » c’est super lassant, sans compter que René à bon dos de faire « Angèle, mon amour » quand il comprend qu’il s’est fait avoir… D’autres ont parfois des traits de caractère un peu caricaturaux, mais rien qui ne plaisent vraiment au final.


    Aussi con que cela va paraitre, mais la figure du vampire est traité avec originalité ! Le, ou la, vampire est une sorte de tout. À la fois humain et réel comme des personnages avides de sang, et d’or, mais aussi intouchables et fantastiques à l’image de l’Amour (qui est pour moi un vampire dans ce livre) ou de la « rumeur ». La manière dont est traité le thème est vraiment pluriel !


    Dans l’édition de Mille Saisons, il y a quelque coquille. Rien de méchant. Par contre, je pense que la quatrième de couverture représente mal le livre.

    Ce livre est un vrai coup de cœur ! Je ne peux que remercier Mille Saisons d’avoir éditer de livre, qui est juste introuvable dans d’autres formats ou édition, même à Rennes, la ville de naissance de Féval. D’ailleurs, impossible de mettre la main sur « Le Bossu »…que j'ai hâte de lire ! (dès que je l'aurai trouvé, évidement)

    Une lecture assez difficile sur ses débuts, des personnages sympathiques (hormis les amoureux transits), des intrigues mêlant fantastiques et histoire, pour un tout vraiment plaisant.


    Lien : http://xian-moriarty.over-blog.com/article-la-vampire-99983251.html

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Clelie22, le 11/07/2012


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    L'un des romans de cape et d'épée les plus connus et le plus célèbre de Paul Féval. On y retrouve les ingrédients habituels avec un héros trop beau pour être vrai, une héroïne belle comme un coeur mais à peu près inutile à l'histoire (si ce n'est pour jouer la demoiselle en détresse) et un méchant prêt à tout qui est, finalement, puni comme il le mérite (et le héros épouse la princesse et tout est bien qui finit bien). Ceci posé, le Bossu est un roman très agréable à lire. Féval sait ne pas abuser des descriptions. Son style est vif, presque oral, par moments, avec des passages pleins d'une ironie fine. Il sait redonner de la dynamique à son récit en variant les situations et les personnages. Certains de ces personnages ont surtout pour rôle d'apporter une touche comique à l'histoire, notamment Cocardasse et Passepoil, les deux maîtres d'armes, ivrognes et ridicules à souhait, qui sont de véritables personnages de farce.

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par metraux73, le 06/04/2015


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Les romans historiques constituent mes lectures principales et c'est donc pleine d'entrain que j'ai tourné la première page du Bossu. Malheureusement, parvenue au tiers de l'ouvrage j'ai abandonné. Si l'écriture de Paul Féval est intéressante, je me suis terriblement ennuyée... Peut-être parce que j'ai vu l'adaptation à la télé ? Quoiqu'il en soit, je pensais avoir trouvé un rival pour Alexandre Dumas mais il n'en est rien... la déception et l'ennui l'ont emporté malgré ce brave Lagardère.

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par PATACIDE, le 25/03/2015


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Voici une histoire de cap et d'épée écrit pendant le second empire et qui relate une vengeance déguisée. Nous voilà dans cette époque près révolutionnaire, auprès de la population noble. Un mariage prévu attise les convoitises et motive un complot pour s'emparer d'une petite fortune, ainsi que l'amour. Mais tout ne se passe pas comme prévu grâce à ce cher Henri Lagardère qui va à son tour vengeance.
    Ce pavé (c'est la sensation que ça m'a fait quand j'ai du le lire pour faire la présentation auprès ma ma classe de quatrième) il m'avait parut compliqué. Mais ma deuxième lecture m'a fait changé d'avis, surtout après avoir lu le comte de Monte Cristo.

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Phinette, le 19/12/2014


    Le Bossu Le Bossu de Paul Féval

    Jamais auberge aux abords du château de Caylus n'aura accueilli tant de fines lames : dix-huit d'entre elles sont louées par un prince et son serviteur pour tendre une embuscade au duc de Nevers, la vingt-et-unième appartient au chevalier de Lagardère. Lui veut apprendre la botte dudit Nevers, un infaillible et mortel enchaînement à l’épée, secret du duc, qui se termine invariablement l'adversaire terrassé d'un dernier coup fatal entre les deux yeux. Apprenant les plans de la funeste troupe, Lagardère va au-devant du malheureux duc, apprend la fameuse botte et défend son ami d’une heure contre les spadassins. Quand Nevers est tué d’un traître coup dans le dos, Lagardère marque la main de l’assassin avec son épée, jure de venger son ami et emmène la fille de celui-ci, fruit d’un mariage clandestin avec Aurore de Caylus.

    "Lagardère, en haut des degrés, montrant son beau visage en pleine lumière, leva l'enfant qui, à sa vue, s'était prise à sourire.
    - Oui, s'écria-t-il, voici la fille de Nevers ! Viens donc la chercher derrière mon épée, assassin ! toi qui as commandé le meurtre, toi qui l'as achevé lâchement par-derrière ! Qui que tu sois, ta main gardera ma marque. Je te reconnaîtrai. Et quand il sera temps, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !"

    Du Bossu, j'adore tout !
    Tout d’abord la forme. Le roman a été publié dans la revue le Siècle sous forme de feuilleton. Chaque chapitre existe en lui-même et presque indépendamment des autres. Féval maîtrise ses chutes avec brio, tenant le lecteur en haleine. Les rebondissements et les coups de théâtre sont nombreux et maîtrisés. Chaque rebondissement est calculé, chaque détail est bien amené et sera réutilisé par la suite. La trame est cohérente, aucun personnage ne ressuscite, presque aucun événement n’est invraisemblable…
    Et puis c’est un beau roman historique : écrit au milieu du XIXe siècle, l’action se passe en 1699 et 1717. Des personnages historiques permettent de raccrocher la fiction à la réalité, par exemple le régent Philippe d’Orléans ou John Law (« véritable précurseur de la banque contemporaine » grâce, selon Féval, à l’invention des agios !). Avec ce dernier, c’est aussi tout le monde de la finance et de la spéculation qui est décrit puis fustigé. Le mécanisme des actions, les fortunes qui se font et se défont à grands coups de rumeurs, fondées ou pas, le mirage du Mississippi sont autant de sujets brûlants qui déchaînent les passions. "Veuillez réfléchir : un louis vaut francs aujourd'hui; demain, il vaudra encore francs, tandis qu'une petite-fille de mille livres, qui ce matin ne vaut que cent pistoles, peut valoir deux mille écus demain soir. A bas la monnaie, lourde, vieille, immobile ! Vive le papier, léger comme l'air, le papier précieux, le papier magique, qui accomplit au fond même des portefeuilles je ne sais quel travail d'alchimiste ! Une statue à ce bon M. Law, une statue haute comme le colosse de Rhodes !"
    En bref, j’ai adoré me mettre à la place d’un contemporain de l’auteur qui trépignerait en attendant chaque semaine de recevoir ses 15 pages d’aventure du Grand Siècle !

    Seul regret : les personnages ont un unique trait de caractère et s’y tiennent. Ainsi, malgré l’abondance de rebondissements et de perturbations, leurs réactions sont prévisibles du début de l’histoire dans les fossés de Caylus à la fin 18 ans plus tard. Il faut aussi reconnaître à Féval le talent de faire accepter à son lecteur un héros qui, certes pour la bonne cause mais tout de même, a à la fin du livre une vingtaine de morts à son actif…


    Lien : http://leclubdesnatifsdupremieravril.blogspot.com/2014/10/le-bossu-paul-feval...

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)




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