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Par cicou45, le 17/09/2011
Aden-arabie
de
Paul Nizan
Il est difficile de donner une étiquette précise à cet ouvrage puisqu'il est à la fois pamphlet, récit de voyages et récit autobiographiques. J'ai découvert Paul Nizan tout à fait par hasard lorsque j'étais à l'université et qu'en cours, nous étudions Jean-Paul Sartre. C'est donc l'un de mes professeurs de littérature qui m'a poussé à aller découvrir cet auteur, qu'il m'a décrit comme un grand ami de Sartre.
Lors de ma lecture à l'époque, je n'ai pas compris toute la puissance de cet ouvrage et ce n'est que des années plus tard, en me remémorant cette lecture et, au vu de ce qui se passe en ce moment dans le monde, que j'en comprends la signification. L'auteur a énormément voyagé, d'où le titre du livre mais pour se rendre finalement compte que le monde n'est pas forcément meilleur ailleurs. Dans cet ouvrage, Paul Nizan ne cache pas ses mots en émettant une virulente critique contre la bourgeoisie avec tout son confort et plus que tout, l'aliénation de l'homme par l'homme. Ce livre a été publié en 1931, à vous de voir si vous trouvez que le monde a beaucoup changé depuis ...En tous cas, moi, je ne le pense malheureusement pas !
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Par monito, le 16/09/2009
La conspiration
de
Paul Nizan
Ce roman de Paul NIZAN se décompose en trois parties. Le dépit peut en être un des fils conducteurs.
De jeunes étudiants de la rue d’Ulm, issus de la bourgeoisie, voire de la grande bourgeoisie hésitent… Ils rejettent ce monde, veulent se révolter, sont attirés par le communisme, nous sommes fin des années vingt. Ils imaginent la « conscience de leur importance » et le rôle qui pourrait être le leur dans cette entreprise révolutionnaire.
Comment faire ? Adhérer au Parti…trop simple, trop compliqué, pas encore, trop discret…
Conspirer, mener une action d’envergure. Ecrire, penser, philosopher sur le monde…
Bien assis dans le confort bourgeois qu’ils dénoncent, ils vont fomenter…mais ne savent trop quoi. Dépit d’une jeunesse bourgeoise intellectuelle à la recherche d’un Idéal, comme toutes les jeunesses, ils l’imaginent dans la révolution, comme encore beaucoup de jeunesses. Mais ne se décrète pas révolutionnaire qui veut ! Le principe de réalité, la vie quotidienne, et même les sentiments amoureux apparaissent et rendent caduc ce projet, oublié par le héros trop pris par un amour contre les convenances.
Rosen succombe aux charmes de sa belle-sœur. Il s’emballe. De belles pages sur l’amour toujours un peu teinté de mépris pour la femme aimée. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cette jeunesse qui veut tout ne veut rien, qui sait tout ne sait rien. Elle pêche par excès et par manque. Elle subit de plein fouet le sentiment de l’échec, du dépit, bien morbide celui là puisqu’il conduit notre héros à sa perte.
Enfin, personne n’est à l’abri et la troisième partie est sans doute la plus forte. Celle du dépit d’un homme jeune que ses origines, son sentiment d’échec général, conduisent à la trahison, à la délation, à la collaboration et au final à l’exclusion d’un monde qui ne veut pas de lui, du monde aussi qui n’en voudra plus.
La langue de NIZAN est belle et précise. Quelques phrases font mouche, « on ne sauve l’amour qu’en l’accueillant les yeux fermés », des ambiances estudiantines et parisiennes qui transportent, une scène mémorable de la conduite de Jaurès au Panthéon…
Il y a dans NIZAN cette force du désespoir, cette rancœur qui peut être parfois motrice, mais dans la conspiration pas assez pour faire de l’ombre à Aden Arabie.
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Par Uzbek, le 20/07/2011
Aden-arabie
de
Paul Nizan
Voilà un livre à machouiller, à tarabiscutailler, à revenir, à poser, à s'agacer, à revenir.
Un vrai livre en somme, où, pour une fois, l'autobiographie n'est pas un boulet coulant ( je ne dis cela que parce que c'est devenu une plaie mortelle de ce qui se dit littéraire de nos jours ), mais justel un mode d'écriture pour un esprit qui se confronte au monde, celui des bourgeois, celui de l'aventure de Rimbaud, celui de cet étranger anglais qui croupit et rougit au soleil.
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Par JPB, le 28/06/2011
La conspiration
de
Paul Nizan
La Conspiration raconte finalement l'ennui de cette jeunesse d'avant la guerre, plutôt aisée, intelligente, brillante (Normale sup, rue d'Ulm) et en quête de sens. L'avenir tout tracé lié à l'appartenance à un certain milieu, à une famille comme on n'en fait plus, ou si peu, l'incline à une forme de rebellion qui trouve sa rélaisation dans des formes d'engagement illégaux qui ne conduisent à rien, sauf parfois au suicide. Beau texte, sans illusion.
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Par chocobogirl, le 05/04/2011
Aden-arabie
de
Paul Nizan
"J'avais vingt ans. Je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "
Vous avez déjà surement entendu cette citation célèbre : il s'agit de l'incipit du texte de Paul Nizan, Aden Arabie, paru en 1931 et beaucoup moins connu.
Paul Nizan est né en 1905 et fait la connaissance de Sartre au lycée Henri IV. En 1926, il part à Aden, au Yémen pour devenir précepteur. A son retour, en 1927, il adhère au parti communiste. En 1939, à la suite du pacte germano-soviétique qu'il voit comme une alliance entre nazis et communistes, il rompt avec le parti. C'est en 1940 qu'il tombera à la guerre.
Si je vous raconte tout ça, c'est parce que, suite à sa rupture avec le PCF, s'est ensuivit une campagne discriminatoire sur sa personne et qu'il fut peu à peu oublié. C'est la réédition de l'ouvrage en 1960, préfacé par Sartre, qui permettra de le réhabiliter aux yeux du grand public. Et c'est cette même édition qu'on trouve encore aujourd'hui.
La préface de Sartre fait quand même une cinquantaine de pages que j'ai allègrement sauté après les premières !
Je dois dire qu'il va m'être très difficile de parler de ce livre que je n'ai pas complètement compris...
Nizan y relate son voyage à Aden mais on ne se trouve pas face à un récit de voyage...
Il commence tout d'abord par dresser un portrait particulièrement dur sur ses contemporains occidentaux et n'hésite à donner des sentences sans appel sur la fameuse Ecole Normale.
" Il ne resta plus que l'Ecole Normale, objet comique et plus souvent odieux, présidée par un petit vieillard patriote, hypocrite et puissant qui respectait les militaires."
" On y dresse une partie de cette troupe orgueilleuse de magiciens que ceux qui apeint pour la former nomment l'Elite et qui a pour mission de maintenir le peuple dans le chemin de la complaisance et du respect, vertus qui sont le Bien. "
Il décide de partir pour Aden pour fuir la petite bourgeoisie, son confort et son conformisme qu'il abhore au plus haut point. Une fuite qui peu à peu se changera en révolte contre le devoir et la patrie. Nizan fait partie de la génération de l'après-première guerre mondiale qui reprochera à ses ainés de n'avoir pu empêcher une telle guerre. Une époque faite de vide qui verra les débuts d'une industrialisation galopante. Nizan rêve aux voyages de ses prédécesseurs, Rimbaud, Gauguin et autres artistes. Il attend de l'aventure.
Mais sa désillusion va être grande : Aden est sous protectorat britannique et
Il y retrouvera les vendeurs de pétrole et de café et les hommes d'affaires qu'il exècre. Comme en Europe, c'est la loi du profit qui règne. Le portrait d'un certain Mr C. est, à ce titre, édifiant :
" Le passé dont il tirait une excessive fierté se réduisait au nombre de lakhs de roupies dont pouvait le créditer la National Bank of India "
L'argent fait la loi et conditionne la vie des locaux qui vivent sous l'influence coloniale
C'est écoeuré qu'il rentre à Paris et complètement désabusé sur l'utilité des voyages.
" Avais-je besoin d’aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris ".
Il conclut en déclarant qu'il faut combattre le capitalisme et l'esprit petit-bourgeois, à sa source même.
Il oppose le monde des producteurs et des ouvriers à celui des capitalistes et condammne " l'Homo Economicus".
Vu comme ça, le texte parait facile. Sachez qu'il n'en est rien !
Nizan part dans de grandes envolées philosophiques et utilise de nombreuses métaphores qui perde complètement le lecteur non préparé à un tel texte et au contexte historique dans lequel il a été écrit.
On y trouvera aussi de très beaux passages pleins de poésie mais parfaitement obscurs.
On ne s'étonnera pas non plus d'y trouver une ou deux remarques, quelque peu antisémite, époque oblige.
" Mais les bourgeois produisent et possèdent abstraitement. Comme il y a beau temps qu’ils ont hérité d’Israël, ils passent la vie à prêter à intérêt . "
Je dois dire que ma lecture a été très très pénible et que j'ai failli abandonner en cours de route.
Mal préparée et ne m'attendant pas à un tel pamphlet, je n'ai absolument pas adhéré à son écriture que j'ai trouvé confuse, décousue et très abstraite.
Malgré tout, il faut reconnaitre que c'est un livre fort pour l'époque et dans lequel on pourrait tirer certaines sentences encore valables aujourd'hui. Pourtant le texte a vieilli et est devenu difficile d'accès pour les lecteurs d'aujourd'hui.
Aden Arabie reste pourtant le cri d'un homme révolté contre un monde dans lequel il ne se reconnait pas, un monde dirigé par les enjeux économiques et les intérêts coloniaux. Symbole d'une jeunesse désanchanté, Nizan déteste le monde sur lequel il porte un regard très pessimiste.
" Il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien. Celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée. "
On pourra constater qu'il se rapproche un tant soit peu de Rimbaud dont le parccours offre quelques similitudes.
Contente de l'avoir lu mais je ne le recommande pas tant sa lecture est laborieuse...
Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-eden-arabie-paul-nizan-1931-196...
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Par monito, le 18/09/2009
Antoine Bloyé
de
Paul Nizan
Antoine Bloyé est le premier roman de Paul Nizan. A la mort du héros, son fils, Pierre, repense à qui était son père et, sous forme de flash-back, nous vivons au fil des 300 pages de cet ouvrage, la vie d’Antoine.
L’écriture est épurée, sobre et précise. Le style est construit, bien qu’assez neutre, il donne de la puissance à cette vie qui n’en a pas.
Antoine Bloyé, fils d’un ouvrier et d’une femme de ménage, gravira les échelons de la hiérarchie sociale pour finir cadre, petit bourgeois, au sein d’une compagnie de chemin de fer dans la France des années folles.
Paul Nizan touche. Il touche en tous cas ceux qui ont une « revanche sociale » à prendre. Il parle à tous ceux qui veulent, ont voulu ou voudront s’élever socialement: faire mieux, faire plus que son milieu d’origine, s’en sortir.
Il touche aussi tous ceux qui donnent à l’effort, au travail, à la volonté, la force d’être la clé d’une réussite.
Il ébranle tous ceux qui, comme Antoine, bien que réussissant, ne se sentent pas intégrés dans leur nouvel environnement et traîtres à leur monde originel.
Il bouleverse enfin par une description cruelle de vérité sur la vacuité des vies construites de la sorte, sur l’habitude, sur la peur des choix vrais, sur le renoncement à vivre pleinement pour, au mieux, vivre petitement.
Antoine Bloyé est un miroir et au final, plus qu’un plaidoyer, une invitation à mesurer ce que nous sommes et à ne pas nous tourner le dos.
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Par edm2905, le 19/12/2011
La conspiration
de
Paul Nizan
Paul Nizan, enfant de la première guerre mondiale, nous dépeint la jeunesse des années 1920-1930 comme une jeunesse de révolte qui crée un magazine engagé, "La guerre civile", souhaite à tout prix faire une nouvelle Révolution et conspire contre la politique actuelle en donnant des informations au parti communiste.
Le sujet est intéressant et Nizan arrive finalement à nous décrire les 20 ans de tout individu, qu'importe sa génération ou sa condition sociale.
Cependant nous tournons les pages de ce roman avec difficulté car il n'y a pas d'intrigue qui nous pousse à vouloir connaître la fin, ce qui est regrettable.