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Par Outis, le 24/09/2007
Chien : Confession à midi de
Paul Nizon
Je ne voyais pas pourquoi il me fallait peiner à l’école, tout comme plus tard je n’eus pas la concentration nécessaire pour faire des études et obéir à une discipline de vie et de travail. Il y avait toujours quelque chose qui me retenait. Je déviais toujours. En fait je n’ai pas fui les mariages et les emplois, j’ai simplement dévié. Je ne pouvais vivre qu’en transit, ou bien entre deux chaises, comme on dit. Dès que j’étais installé dans un appartement ou un emploi, les choses perdaient leur saveur. Je connaissais tout d’avance, et ce monde connu s’étendait devant moi comme un désert. Comme je m’ennuyais !
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Chien : Confession à midi de
Paul Nizon
Il [le chien] est parfaitement capable d'alliances et d'attachements, mais la terre natale, il la crée au fur et à mesure autour du groupe auquel il se sent appartenir. Contrairement à ce que prétendent certaines mauvaises langues, il n'est pas lié à un endroit, le chien de ferme attaché à une chaîne est une perversion du chien. Grâce à sa capacité d'amour il n'est lié qu'aux individus. Il est d'ailleurs l'incarnation du désir de liberté.
Il est la curiosité à l'état brut, toujours à flairer. Il est comme le fil du télégraphe vibrant de tous ces messages inconnus. Quand il court, il invente de petits paysages, des choses jamais vues qu'il me met sous les yeux. J'ai l'impression que je vivais à travers lui, que je me laissais contaminer et pouvais moi-même devenir le conquérant de l'instant. Il était mon avant-garde. Notre passion était le présent. Quand je suis de plain-pied avec le présent, je suis en vie ou bien sur terre, à quoi bon une terre natale - pensais-je à cette époque.
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Par Norlane, le 04/05/2010
L'année de l'amour de
Paul Nizon
je n'aurai jamais cru que la liberté put être une sorte de prison, la liberté, ça peut être une forêt vierge ou un océan, il peut t'arriver de t'y noyer ou de t'y perdre sans jamais plus retrouver le chemin du retour. [...] Il va me falloir la morceler, la planter, la cultiver, la reconvertir au moins partiellement en occupation [...]
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Par brigetoun, le 02/02/2009
Stolz de
Paul Nizon
"Mais ce qui lui plaisait le plus dans cette île, c'était le soir, lorsque le chevrier, avec son maigre troupeau, s'avançait vers les femmes,debout devant leur maison, et trayait dans une jatte le lait qu'elles avaient demandé ; lorsque, dans la lumière doucement déclinante, montaient tous les parfums de la terre et que, se mêlant aux senteurs de varech, la fumée des feux et des cuisines flottaient dans l'air. Sur les bateaux, à l'ancre; on préparait le dîner et, sur la place déserte, le vieillard unijambiste clopinait en martelant le pavé de sa jambe de bois. Le phare s'allumait, fantôme errant dans la pénombre, tandis que les façades bariolées des maisons autour de la place pâlissaient imperceptiblement et que la mer enflait sa voix...."
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Par Outis, le 24/09/2007
Chien : Confession à midi de
Paul Nizon
Dès que j’avais un emploi, je le jouais plus que je l’exerçais. Je ne pouvais jamais m’y donner vraiment, j’avais d’emblée l’impression d’être dans des vêtements d’emprunt et de circuler avec de faux papiers. Est-ce bien moi ? Ou est-ce que je me donne simplement un rôle ? La peur d’être démasqué me taraudait, me rongeait, tant et si bien que je me faisais l’impression d’être un escroc, même si je faisais mon travail au mieux comme tout un chacun. Escroc ? pire encore : comme si non seulement je n’avais aucun droit au travail, aucune légitimité, mais aucun droit à l’existence.
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Chien : Confession à midi de
Paul Nizon
Le chien vient au monde, et quelques semaines plus tard il appartient à un maître, il devient son attente impatiente. Il connaît le code du bien et du mal qui lui a été inculqué, et par conséquent la mauvaise conscience, il peut être accablé. Sa joie, ce sont les louanges du maître. Il n'en est jamais assez rassasié. Il veut tout partager avec son maître, même la nourriture, même le restaurant enfumé, ses amis, ses ennemis. Il jouit d'une confiance aveugle. Devant son chien, le maître se montre complétement nu.
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Chien : Confession à midi de
Paul Nizon
Il faut que je me mette en route. Partir. Si je savais où. N'importe où. Je suis un vagabond. Suis-je devenu un vagabond par prétention ? Par mépris des hommes et de la vie.
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Par Norlane, le 16/05/2010
L'année de l'amour de
Paul Nizon
Ce n'est pas vraiment après la vie que je cours, tout au plus après les mots, je suis pour le moment un chercheur de mots, mais où est la vie, me disais-je
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La Fourrure de la Truite de
Paul Nizon
Pourquoi avoir acheté cette lithographie ? Pour l’avoir ? Ou plutôt pour ne plus l’avoir – sous les yeux, dans la vitrine ? En tout cas il n’était pas question que je l’aie près de moi. J’allais la donner à Carmen. Alors un grand abattement s’empara de mon être, au moment où, dans la pénombre de l’appartement, mes yeux tombèrent sur l’arrière-cour vide de pigeons.