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Paul Virilio

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Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes) Paul Virilio

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1932

Biographie :

Paul Virilio est un urbaniste et essayiste français, né en 1932 à Paris. Il est principalement connu pour ses écrits sur la technologie et la vitesse dont l'alliance constitue à ses yeux une « dromosphère ».
Il est né d'un père communiste italien et d'une mère catholique bretonne. Enfant, il vit les bombardements de Nantes et en gardera un intérêt pour les choses de la guerre et une inquiétude pour la fragilité du monde urbain.

Après une formation de maître verrier qu'il fait tout en suivant les cours de Vladimir Jankélévitch et de Raymond Aron à la Sorbonne, il collabore avec Henri Matisse à Saint-Paul-de-Vence et avec Georges Braque à Varengeville.

En 1963, il fonde avec Claude Parent, le groupe Architecture Principe, puis publie un premier manifeste pour une architecture oblique.

Professeur avec lui à l' École spéciale d'architecture à Paris, ils ont formé dans leur atelier plusieurs grands noms de l'architecture contemporaine française, comme Jean Nouvel. Son enseignement à l'ESA évolue vers l'urbanisme et l'architecture qu'il aborde en même temps comme un vaste système de réseaux dont il s'agit de catégoriser les objets, puis pondérer la hiérarchie par leurs vitesses.

Il a su tellement bien mettre en évidence l'importance de l'espace concret dans la vie sociale, que plusieurs auteurs qui l'ont connu ont fait une œuvre remarquable sur ce sujet, comme Espèce d'espaces de Georges Perec, Énergie et équité d'Ivan Illich ou L'Art de faire de Michel de Certeau.

> lire la suite Source : Wikipédia
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Citations de Paul Virilio

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  • Par Grapheus, le 26/11/2010

    Cybermonde, la politique du pire: Entretien avec Philippe Petit (Conversations pour demain) de Paul Virilio


    À propos de cette réduction des distances, vous écrivez dans
    La Vitesse de libération : «la mesure est dans mon âme.»
    Pouvez-vous préciser votre pensée à ce sujet?

    Le monde est au-dedans de nous avant d'être au-
    dehors de nous. Mais s'il est réellement au-dehors,
    dans la géographie et dans l'espace-monde, il l'est
    aussi à travers ma conscience du monde. Cette
    conscience du monde, à moi qui me déplace, qui
    suis animé, c'est mon mouvement et la nature de
    mon mouvement. Un homme qui vit enfermé
    dans un espace d'horizon restreint, comme beau-
    coup de paysans du Moyen Age, n'a pas la même
    conscience du monde que celui qui va aux anti-
    podes en quelques heures. La mapping-mental, la
    carte mentale, évolue avec la révolution des trans-
    ports et la révolution des transmissions. Plus je vais
    vite au bout du monde, plus j'en reviens vite et plus
    ma carte mentale se réduit à rien. Aller à Tokyo
    dans le même temps qu'il faut pour descendre à
    Naples en train a réduit mon monde d'une façon
    définitive. Je ne peux plus avoir la vision mentale
    du monde que j'avais avant d'aller à Tokyo en
    quatorze heures. Quand, par la suite, j'ai fait une
    téléconférence à Tokyo avec huit heures de déca-
    lage horaire, ma carte mentale a subi une nouvelle
    contraction tout aussi définitive.

    La mesure du monde est notre liberté. Savoir que
    le monde autour de nous est vaste, en avoir
    conscience, même si on ne pratique pas ce monde,
    est un élément de la liberté et de la grandeur de
    l'homme. Howard Hughes, qui a vécu le tour du
    monde en quelques heures, est arrivé à un état
    d'inertie mentale et de perte du rapport au monde.
    Cela a d'ailleurs été pathologique chez lui. Il a été
    un homme-planète et a identifié le monde à son
    corps au point de ne plus souhaiter bouger de son
    desert-in, l'hôtel de Las Vegas, puis de mourir
    comme un malade mental...

    La menace, et c'est cela le grand renfermement,
    c'est d'avoir dans la tête une Terre réduite. Une
    Terre constamment survolée, traversée, violée
    dans sa grandeur nature et qui, par là même,
    me détruit, moi, l'homme-planète qui n'a plus
    conscience d'une étendue quelconque. Bien des
    astronautes qui ont tourné autour de la Terre en
    orbite ont éprouvé une sorte de vertige dans leur
    propre relation à eux-mêmes. La conquête de l'es-
    pace a été une expérimentation du délire de la
    perte de la Terre. Non pas de la fin de la Terre,
    mais de la perte mentale..
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  • Par lanard, le 02/09/2010

    La vitesse de libération de Paul Virilio

    p. 165 Einstein et le Big Bang :
    le présent qui s’est ainsi dilaté à la mesure de « l’espace monde », au point de dépasser l’alternance diurne/Nocturne comme mesure habituelle du temps local, c’est donc bien celui de la « lumière », plus exactement de ce temps-matière des superficies, des masses ou des lieux.
    Mais devant ce déploiement mondial du temps présent, revient soudain à l’esprit, une dimension souvent cachée de la théorie einsteinienne de la relativité, celle de l’éternel présent. Curieusement, cette notion inévitable a été oubliée ou probablement omise, bien qu’elle éclaire grandement le refus du savant d’accepter, avec Ewin Hubble et quelques autres, le principe de l’expansion universelle. En effet, si quelqu’un n’est pas « fixiste », ni adepte d’un Univers « stationnaire », c’est bien Einstein, lui qui s’écriait justement : il n’y a rien de fixe dans l’univers ! Ne pouvait comme c’est le cas si souvent, être taxé d’immobilisme mental !
    Pourquoi donc interpréter si mal, ce refus du phénomène « inflationnaire », issu du Big Bang, dans une sorte de procès d’intention post mortem, constamment relancé ?
    Pour Einstein, le présent c’est déjà « le centre du temps », le passé du Big Bang originaire n’est pas, ne peut être scientifiquement ce centre ancien. Le centre véritable est toujours nouveau, le centre est perpétuel, ou plus exactement encore, le « présent » est un éternel présent.
    Aux trois temps de la succession (chronologique), passé, présent, futur, Einstein substitue un temps d’exposition (chronoscopique ou dromoscopique), sous exposé, exposé, sur-exposé.
    Selon lui, la flèche du temps est une flèche de lumière et ne saurait être celle magique de l’archer cosmique ; d’où son approche d’une « optique cinématographique » et son anticipation des fameux mirages gravitationnels et autres aberrations astrophysiques qui organisent pour l’observateur humain, la vision, mais surtout, l’interprétation scientifique des phénomènes, à partir de cette vitesse-limite absolue, et de la lumière et de la gravitation universelle, soit 300 000 kilomètres/seconde.
    Le centre du temps, ce serait donc la lumière, ou mieux, la vitesse des ondes qui véhiculent l’information.
    Il ne s’agit donc plus de compter les années ou les siècles, à partir de l’alternance traditionaliste du jour et de la nuit, il s'’git désormais de fonder « la science du temps » surle mur de l’accélération, ce mur du temps-lumière qui organise et « l’étendue » et « la durée » des phénomènes de vieillissement du temps-matière.
    Effectivement, puisque cette vitesse finie mais cependant absolue, n’est pas un phénomène, mais la relation entre les phénomènes, le continuum spatio-temporel ne peut avoir de « centre » - et encore moins une origine – en dehors de cette relativité même, autrement dit : en dehors de cette « vitesse-lumière » d’un temps d’exposition qui s’impose au temps de la succession, historique et classique.
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  • Par lanard, le 02/09/2010

    La vitesse de libération de Paul Virilio

    p. 41-42
    « Non c’est l’artiste qui est véridique et c’est la photographie qui est menteuse, car dans la réalité, le temps ne s’arrête pas » (Rodin, L’Art, Entretiens avec Paul Gsell). Le temps dont il est question ici, c’est celui de la chronologie, le temps qui ne s’arrête pas, c’est le temps linéaire coutumier. Or, ce que les techniques de la photosensibilité apportaient de nouveau et que Rodin n’avait pas encore remarqué, c’est que la définition du temps photographique n’était plus celle du temps qui passe, mais essentiellement, celle d’un temps qui s’expose, qui « fait surface », un temps d’exposition qui succède dès lors, au temps de la succession classique. Le temps de la soudaine prise de vues, c’est donc, dès l’origine, le temps-lumière.
    (…)
    Avec le photogramme instantané qui permettra l’invention de la séquence cinématographique, le temps ne s’arrêtera plus. La bande, la bobine du film, et plus tard, la cassette vidéo en temps réel de la télésurveillance permanente illustreront cette innovation inouïe d’un temps lumière continu, autrement dit, l’invention scientifique majeure depuis celle du feu, d’une lumière indirecte, suppléant la lumière directe du soleil ou de l’électricité, comme cette dernière avait elle-même suppléé à la lumière du jour.
    Actuellement, l’écran des émissions télévisées en temps réel est un filtre non plus monochromatique, comme celui bien connu des photographes, qui ne laisse passer qu’une seule couleur du spectre, mais un filtre monochronique qui ne laisse entrevoir que le présent. Un présent intensif, fruit de la vitesse-limite des ondes électromagnétiques, qui ne s’inscrit plus dans le temps chronoscopique, passé-présent-futur, mais dans le temps chronoscopique : sous-exposé-exposé-sur-exposé.
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  • Par lanard, le 02/09/2010

    La vitesse de libération de Paul Virilio

    p. 43-44 Pour illustrer cette agrandissement soudain de la vision, consécutif à l’accroissement de la vitesse, écoutons le récit d’un parachutiste, spécialiste de la chute libre : « La chute-à-vue consiste à apprécier visuellement, à tout moment de la chute, la distance à laquelle on se trouve du sol. L’évaluation de la hauteur et l’appréciation du moment exact où il faut déclencher l’ouverture du parachute résultant d’une impression visuelle dynamique. Quand on vole en avion à 600 mètres de hauteur, on n’a pas du tout la même impression visuelle que lorsqu’on franchit cette hauteur en chute verticale, à grande vitesse. Quand on se trouve à 2000 mètres, on ne s’aperçoit pas que le sol approche. En revanche, quand on arrive aux environs de 80 à 600 mètres, on commence à le voir « venir ». La sensation devient assez rapidement effrayante car le sol fonce sur soi. Le diamètre apparent des objets croît de plus en plus vite et l’on a soudain la sensation de les voir non plus se rapprocher, mais s’écarter brusquement, comme le sol se fendait. » (M. Dufourneaux, L’attrait du vide, Calmann-Levy, 1967).
    Ce témoignage est précieux car il illustre de manière véritablement gravifique, le vertige de la perspective, sa pesanteur apparente. Avec ce « chuteur-à-vue », la géométrie perspective apparaît pour ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : une précipitation de la perception où la rapidité même de la chute libre donne à voir le caractère fractal de la vision résultant de l’accommodation oculaire à grande vitesse.
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