Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

Critiques de Pearl Buck


Classer par:       Titrecroissant     Datecroissant     Les plus appréciéescroissant
    • Livres 3.00/5
    Par KATE92, le 27/05/2012


    La Mère La Mère de Pearl Buck

    Magnifique roman. Difficile de faire un résumé tant j’ai été émue. Une histoire touchante dont la mère est le pilier : paysanne chinoise, ni belle ni laide, au corps vigoureux et qui aime enfanter. Pour elle, donner la vie, il n'y a rien de plus beau au monde. Cependant son jeune mari est trop beau et trop avide des belles choses de la ville pour rester prisonnier de cette existence morne. Il choisit donc de fuir sa famille. Elle reste seule et doit travailler la terre et se charger de tous les travaux que son mari accomplissait.

    Je ne révélerai pas toute l'histoire mais les thèmes tournent autour de la vie paysanne, de l'ignorance, la superstition, l’avènement du communisme et la joie de mettre au monde une nouvelle vie qui vient réconforter de la perte d'êtres chers.

    Critique de qualité ? (63 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par KATE92, le 18/05/2012


    Pivoine Pivoine de Pearl Buck

    Une jeune esclave chinoise est l'héroïne de ce livre centré sur la vie d'une famille juive dans la Chine d'avant Mao. Elle combattit sa vie durant contre l'amour qu'elle ressent à l’égard de son jeune maître.
    Magnifique, intelligente et instruite, elle a attiré l'attention d'un puissant eunuque, l'intendant en chef à la cour impériale.
    Elle est contrainte de "s’exiler " chez les nonnes, malgré le tendre sentiment que lui portait le fils de la maison.
    Une lecture très agréable qui nous en apprend beaucoup sur les coutumes chinoises et sur la communauté juive installée en Chine.
    Incontestablement très enrichissant.

    Critique de qualité ? (32 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 17/03/2013


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    Challenge NOBEL 2013/2014
    2/15

    Comme il est stupéfiant de trouver dans un roman aussi court autant d'intensité ! Et pourtant... ce roman de l'américaine Pearl Buck, prix Nobel de littérature, à la sensibilité plus chinoise que celle d'une fille de Han, est un petit bijou de contrastes et offre un tableau sans concession de la rupture morale et sociale entre la Chine des traditions ancestrales et la Chine rattrapée par la course du Temps, de moins en moins imperméable aux influences extérieures venues d'autres civilisations.

    Haut en couleur mais aussi corseté que les pieds d'une noble dame chinoise, le récit se déroule exclusivement en deux lieux : la maison des Vénérés (les parents) des héros, nobles Chinois occupant une place privilégiée dans la société de l'Empire du Milieu, et dont la famille perpétue point par point le mode de vie traditionnel de l'élite ; et la maison de leur gendre, médecin ayant fait ses études à l'étranger et ayant épousé leur fille, comme convenu bien avant leur naissance à tous les deux.

    La plongée abrupte dans le monde traditionnel chinois est absolument délectable. Avec des mots simples, évidents, l'auteur transporte son lecteur dans une autre époque, dans un décor irréel, suranné et pourtant parfaitement concret pour toute une population, riche de son passé, de sa brillante civilisation et forte de son esprit hégémonique.

    Roman de la tradition dans ce qu'elle a à la fois de beau et de passéiste, roman de la xénophobie, roman de l'intolérance menant à l'inévitable rupture, roman-fresque inoubliable.

    ***ALERT SPOILER***
    Nous sommes dans les années 20, en Chine.

    Comme l'annonce le titre, nous suivons deux histoires, liées entre elles par les liens familiaux et par la quête de l'amour et du bonheur commune aux protagonistes. Tout le récit est un long monologue, celui de la jeune Kwei-Lan qui écrit à sa soeur (bien que je n'ai pas réussi à pleinement saisir qui était son interlocutrice, sans que cela nuise à ma compréhension de l'oeuvre).

    Kwei-Lan est la très jeune fille de son père et de sa Première Epouse. Son père est un grand fonctionnaire de l'Empire, il est nanti, s'occupe le plus souvent de ses affaires depuis sa maison (comprendre un vaste domaine urbain, ville dans la ville, où vivent sa famille, ses concubines, ses servantes et ses esclaves, divisé en cours intérieures et en appartements et constituant le seul horizon des femmes qui, à l'image de l'oikos grec, du harem oriental ou du zenana indien, y sont cloîtrées).

    Selon la tradition des Ancêtres, le mariage de Kwei-Lan a été convenu bien avant sa naissance, au moment même où son père songeait à prendre une première femme, c'est-à-dire se mettait en quête d'un ventre fécond pour engendrer un héritier. Plus gracile qu'une tige de fleur de lotus, musicienne accomplie, habile dans l'art de cuisiner les mets les plus délicats comme dans celui de se vêtir de soie, de se parer, de se coiffer pour le plus grand plaisir de son "Seigneur et maître", les pieds bandés dès le plus jeune âge comme il sied aux dames de condition, Kwei-Lan est prête au mariage. Le seul petit hic, c'est que son cher et tendre revient de l'Est (comprendre les Etats-Unis, ben oui, quand on se situe à Pékin, l'Est, ce n'est pas l'Asie !) où il a appris un... métier ! Aussi énorme et incompréhensible que cela paraisse, il a obtenu de ses Honorables Vénérés de partir à l'étranger, à titre de loisir mais le voilà bien imprégné des étranges coutumes américaines et bien décidé à rompre avec le mode de vie traditionnel que son nouveau regard de scientifique juge archaïque voire dangereux.

    Le mariage a lieu, le choc des cultures aussi ; l'incompréhension et le rejet sont les premières attitudes du couple. Un dur apprentissage va devoir commencer entre les jeunes gens pour espérer aboutir à... (je ne vous le dirai pas).

    La deuxième histoire, toujours narrée par Kwei-Lan, retrace le parcours de son frère aîné, l'héritier de son Honorable Vénéré. Lui aussi, comme son beau-frère, a obtenu l'autorisation d'aller "s'amuser" en continent inconnu, sa fiancée, la fille de Li, patientant sagement dans la maison de ses propres parents, attendant fébrilement son union comme Kwei-Lan avait attendu la sienne. Sauf que, nouveau couac, le frère de Kwei-Lan a profité de son voyage initiatique pour tomber amoureux d'une Américaine, Mary, et il l'a épousée !

    Il l'a bel et bien épousée selon les lois américaines, sans l'autorisation de ses Vénérés, sans la bénédiction du clan et des Ancêtres, sans tenir compte de son rang, de sa fiancée, de la Tradition. La bombe atomique tombant sur Nagasaki ne fera pas plus de dégâts que le retour au bercail du frère de Kwei-Lan. Dans une grande tempête à la force dévastatrice, le vent d'Est soufflant du Nouveau Monde entre en collision frontale avec les vents d'Ouest ancestraux, provoquant en son épicentre un séisme profond et consommant les zones de fracture.

    Un très beau récit charnière qui donne le pouls mourant d'une Chine empêtrée dans son avancée vers l'avenir et laisse percevoir la poussée culturelle et intellectuelle venue d'ailleurs que même la Grande Muraille et l'océan Pacifique ne peuvent contrer.

    Critique de qualité ? (31 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Aline1102, le 26/04/2013


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    Avant sa naissance, Kwei-Lan a été promise au fils d'un ami de son père. Si la jeune fille a été élevée dans la plus pure tradition chinoise, ce n'est pas le cas de son fiancé. Le jeune homme est parti étudier la médecine en Occident et en est revenu avec des idées extrêmement modernes, oubliant progressivement les traditions de ses ancêtres.
    Après son mariage, Kwei-Lan applique les enseignements de sa mère et ne parvient pas à séduire son mari. Elle en souffre beaucoup et commence à se poser beaucoup de questions sur les différences culturelles entre elle et son mari.
    Le frère de Kwei-Lan, de son côté, a passé quelques années aux Etats-Unis. Il y a rencontré Mary, une jeune femme américaine, et l'a épousé là-bas, selon les traditions occidentales. Lorsqu'il ramène sa jeune épouse chez lui, cela provoque un véritable choc dans la famille. Sa mère le prie de répudier son épouse et de se marier, comme il était convenu depuis de nombreuses années, avec la jeune Chinoise que ses parents ont choisi pour lui.


    Raffinement, douceur et délicatesse sont les premiers mots qui viennent à l'esprit lorsque l'on ouvre Vent d'Est, vent d'Ouest. La plume de Pearl Buck est particulièrement élégante et convient parfaitement à la voix de Kwei-Lan, qui nous raconte son histoire, et que l'on imagine douce et calme.

    Kwei-Lan est une héroïne particulièrement discrète. Elevée dans la cour des femmes, elle doit se conformer, dès son plus jeune âge, aux ordres de sa mère, qui ne l'élève qu'en vue de son mariage, une fois qu'elle aura atteint l'âge requis.
    Kwei-Lan a appris des traditions centenaires, selon lesquelles une femme ne peut séduire un homme que par des sous-entendus. On ne dévoile pas ses sentiments, on ne montre aucun signe d'affection et, surtout, on ne tente pas d'imiter les Occidentaux, ces gens vulgaires et barbares. La séduction Chinoise est toute en retenue et très pudique.
    Tout cela se révèle malheureusement inutile. Le mari de Kwei-Lan est revenu d'Occident avec de nombreux préjugés sur les traditions de ses ancêtres et il ne parvient plus à comprendre les femmes Chinoises. Il remet en question les coutumes de son pays et souhaite que sa jeune épouse rejette les principes qu'elle tient de sa mère. Le jeune homme choque Kwei-Lan le jour où il lui affirme que ses pieds bandés sont vilains et mauvais pour sa santé. La jeune fille est si fière de ses petits pieds ! Elle a tant souffert avant de pouvoir supporter les bandes sans pleurer !

    La pauvre Kwei-Lan va donc devoir choisir entre la tradition et l'amour de son mari. Si elle souhaite intéresser et séduire ce dernier, elle doit oublier tout ce qu'elle a appris dans la cour des femmes de la maison de ses parents. Peut-on oublier aussi facilement dix-sept années de sa vie ?

    Petit à petit, la jeune fille s'ouvre aux idées de son mari et leur couple atteint enfin une certaine forme d'harmonie, celle que Kwei-Lan espérait tant. Mais malgré tout l'amour qu'elle porte à son époux, Kwei-Lan ne parvient pas à se détacher tout à fait des coutumes de son pays : elle se rend plusieurs fois en cachette au temple, pour brûler de l'encens devant les dieux ; habille son enfant comme un vrai petit Chinois ; révère les anciens, ses parents comme ses beaux-parents.

    A peine le ménage de Kwei-Lan a-t-il atteint un certain équilibre que celui-ci se retrouve menacé par l'arrivée du frère de la jeune fille et de celle que tout le monde appelle " l'étrangère " (la femme américaine du frère de notre héroïne). Kwei-Lan et son mari acceptant d'héberger le jeune couple, la mère de Kwei-Lan ne va-t-elle pas penser que sa fille prend parti contre elle et soutient son frère qui n'a pas respecté ses obligations filiales ?

    Kwei-Lan a plutôt tendance à partager l'avis de sa mère et ne comprend tout d'abord pas pourquoi son frère s'obstine à refuser le mariage prévu avec une jeune Chinoise. Elle est également choquée de la tendresse que l'étrangère manifeste à son frère en public. Mais, en y réfléchissant, Kwei-Lan se rend compte que l'amour de l'étrangère pour son frère n'est pas très différent du sentiment qu'elle-même éprouve pour son mari. Les deux jeunes femmes se rapprochent petit à petit, mais sans vraiment devenir intimes.

    J'ai trouvé Kwei-Lan particulièrement touchante. La peine qu'elle éprouve lorsque, au début de son mariage, son mari ne semble pas la remarquer, est tellement profonde que l'on ne peut que ressentir de la sympathie pour cette toute jeune fille perdue au milieu de courants contraires. D'un côté, le vent d'est, celui de son pays et de ses ancêtres ; de l'autre le vent d'ouest, celui de son mari, de son frère et de l'épouse de celui-ci. Ces deux influences s'opposent dans le coeur de Kwei-Lan qui ne sait laquelle choisir. Bien souvent, elle choisit de suivre les coutumes occidentales, pour plaire à son mari. Mais dans son coeur, Kwei-Lan reste fidèle à ce que sa mère lui a appris.

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 16/08/2012


    La Mère La Mère de Pearl Buck

    Dans un village de Chine, une femme est heureuse. Elle est mère de deux enfants, son mari est beau et la vie, bien que rude, lui offre un grand contentement. Les grossesses ajoutent un surcroît de peine aux journées de travail. « Cependant elle était heureuse, plus heureuse que jamais, lorsqu’elle se trouvait enceinte et débordante de vie. » (p. 20) La mère est efficace, vaillante, vigoureuse, tendre avec sa belle-mère, affectueuse avec ses enfants et son époux. Elle incarne l’alma mater épanouie et radieuse. Dans une existence immuable, la mère vit un labeur heureux.

    Mais la douce sérénité et l’apaisante continuité des jours ne suffisent pas à contenter l’époux qui quitte la maison pour ne plus y revenir, abandonnant enfants et femme. « Elle restait là avec les trois enfants et la vieille femme et lui était parti ! » (p. 64) L’espoir du retour de l’époux diminue chaque jour, mais la mère maintient les apparences tant qu’elle le peut. « Je suis une pauvre femme bien malheureuse, car je n’ai, en fait d’homme, que celui que je me forge avec des mots et des tromperies. » (p. 102) Désormais seule pour assumer la charge de la famille, elle endure sans se plaindre un labeur bien plus grand. Mais cette femme faite pour être mère souffre de la solitude et de ne plus pouvoir concevoir. À mesure que les années passent, la mère reporte sur ses enfants toute l’attention dont elle dispose, elle sacrifie sa propre vie pour expier. Derrière cette mère de douleur se cache une faute qu’elle mettra toute une vie à effacer.

    J’ai aimé ce roman sans prénom où chacun n’est représenté que par sa place dans la famille. Pearl Buck sublime la femme : elle peut être beaucoup de choses, mais elle n’est accomplie que si elle est mère. C’est un discours très dépassé pour aujourd’hui, mais qui porte une certaine part de vérité immuable. Face à son homme ou à la richesse, la mère fait toujours passer ses enfants. Plus qu’un sacrifice, c’est un choix serein qui comprend sa part de peine.

    Ce récit très lent et mélancolique est le premier texte de Pearl Buck que je découvre. Ce ne sera certainement pas le dernier. La plume de cette auteure est belle, très tendre pour une Chine qu’elle aime en dépit de ses défauts.

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Myrtle, le 15/01/2012


    La Mère La Mère de Pearl Buck

    Un magnifique livre qui nous dévoile le quotidien d'une paysanne chinoise juste avant la Révolution qui doit, tout au long de sa vie, surmonter la misère, les deuils et toujours garder la tête haute face à son entourage. Difficile d'en dire plus, il faut lire "La Mère" (jamais nommée, comme si son rôle avait dévoré son individualité de femme) pour se rendre compte de l'ampleur de son courage face à l'ingratitude du sort. Un classique qui va me rester en tête longtemps. J'ai hâte de lire les autres ouvrages de Pearl Buck.

    Critique de qualité ? (21 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Under_The_Moon, le 09/01/2013


    La Mère La Mère de Pearl Buck

    Je suis assez mitigée sur ce roman.

    La mère raconte l'histoire d'une paysanne chinoise au début du 20ème siècle. On découvre assez vite une femme besogneuse et en mal de reconnaissance qui sera vite dépossédée de tous ceux qu'elle aime.
    C'est en à croire parfois que le destin s'acharne contre elle !

    Sa vie pourrait se résumer à deux, qui sont peut-être souvent synonyme : maternité et lutte. La lutte pour la survie, pour nourrir sa famille, pour ne pas perdre la face devant les habitants du hameau, etc.
    La mère, c'est l'histoire d'une femme qui n'existe qu'à travers ses enfants. Elle vit pour et à travers eux ; avec une fille infirme, un aîné qui grandit (trop) vite et prend la place de l'homme mais pour qui elle n'a pas d'estime. Et enfin, le petit dernier, son préféré !

    Son rôle de femme, elle ne l'a tenu que pour être mère, et lorsque son mari l'abandonne, elle est amenée à y penser. Et quand une nouvelle occasion d'être femme se présente... c'est une catastrophe et le début d'une longue série de tragédies quotidiennes...

    Dans ce roman, il n'y a pas tellement d'action, c'est une longue description d'un quotidien ordinaire de paysan. La mère et les personnages qui l'entourent sont si dépersonnalisés qu'ils ne sont désigné que par leur "rôle" (mère, fils aîné, cousin, commère,...). Difficile de rester de marbre face à des destins si pathétique (au sens propre) mais cette distance m'a empêchée de vraiment m'attacher ou de sentir de l'empathie pour ces personnages.

    C'était mon 2ème Pearl Buck, et même si je n'ai pas été transportée par ce livre, je continuerai "l'aventure Pearl Buck" sans hésiter, car c'est tout un monde que l'auteur ressuscite : celui de millions de personnes, au quotidien banal, mis en lumière grâce à des personnages de "mots".

    Critique de qualité ? (20 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par kuroineko, le 16/12/2012


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    Ce roman marque l'opposition entre une Chine forte de ses traditions pluriséculaires et une Chine en pleine mutation avec l'influence de l'Occident.
    L'héroïne Kwei-Lan est agitée par ces deux vents. En tant que fille de la famille Yang, elle a été élevée dans la plus stricte observance des us et coutumes. Son destin est de devenir l'épouse docile et soumise d'un parfait inconnu, choisi par ses parents. Jolie poupée de porcelaine vêtue de soie et de satin dont l'unique choix est de donner un fils à sa belle-famille afin de perpétrer le nom. L'individu ne s'appartient pas mais doit agir pour le bien de la famille et, surtout des ancêtres. Cette Chine apparaît immuable et enracinée dans les sagesses d'antan, sans possibilité d'évolution.

    Au final, Kwei-Lan arrive au mariage comme l'archétype que rejette son mari. Celui-ci, Chinois moderne parti étudier la médecine occidentale en Amérique, souhaite une épouse qui soit son égale. Pour lui, Kwei-Lan va découvrir d'autres modes de vie et de pensée, en un mot l'Autre, rejetant les pesantes traditions et autres superstitions. La jeune femme subit, avec son époux et son frère ramenant des Etats-Unis une épouse américaine, une véritable révolution mentale, certes balbutiante et hésitante souvent.

    Pearl Buck dresse ainsi le portrait d'une nouvelle génération chinoise désireuse de se libérer du joug de l'autorité parentale, de s'affranchir du passé et de disposer de sa propre personne.

    L'auteur présente également un témoignage de la vie des femmes dans cette Chine des années 20. Traditionnelement rabaissée et méprisée, vouée à la réclusion dans les cours de la maison. Aisément remplacée par de plus fraîches concubines au bon vouloir du seigneur et maître de céans. Ses descriptions évoquent très souvent le film "Epouses et concubines": la Première Epouse hiératique et fière, les concubines désoeuvrées et médisantes, ...

    Critique de qualité ? (16 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 18/06/2012


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    Un bon Pearl Buck !

    On a ici la confrontation entre 2 monde : la tradition et la modernité, les superstitions et la science.

    Des oppositions de points de vue en miroir très intéressant et décrits dans un style fluide.

    Une bonne introduction à l'écrivain et au monde qu'elle décrit.

    Critique de qualité ? (16 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par KATE92, le 18/04/2012


    La Terre chinoise La Terre chinoise de Pearl Buck

    Un magnifique roman sur la destinée décousue d’un paysan chinois et de sa famille au 19ème siècle.Je me suis "transportée" avec délectation au sein de cette histoire tout en ne souhaitant pas la vivre personnellement .

    Critique de qualité ? (15 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par AliceFee, le 31/05/2013


    Pivoine Pivoine de Pearl Buck

    Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Pivoine?

    "Adolescente, j'avais lu toute l'oeuvre de Pearl Buck après que l'on ait étudié "Vent d'Est, Vent d'Ouest" à l'école, et "Pivoine" m'avait particulièrement marqué. C'est donc l'un des livres que j'avais proposé pour la Sélection Blogueurs du Livre de Poche et ils m'ont demandé de le chroniquer."

    Dites-nous en un peu plus sur son histoire...


    "Pivoine est une jeune esclave chinoise qui travaille pour une famille juive et qui est amoureuse de son jeune maître, David. Toute sa vie durant, elle va le servir avec fidélité en espérant qu'un jour, peut-être..."

    Mais que s'est-il exactement passé entre vous?


    "Je me souvenais surtout de l’histoire d’amour et de sacrifice qui me parlait à l'époque mais aujourd’hui après l’avoir relu, je me rends compte à quel point c’est bien plus que ça. Tout d’abord, on plonge dans la Chine et ses traditions avec délice, un monde bien loin du notre et que l’auteur nous fait découvrir de telle façon que l’on s’y sent transporté. Puis l’on apprend à connaître la jeune Pivoine. C’est un personnage que l’on ne peut qu’aimer et qui nous charme par sa douceur, sa bonté et son abnégation. Et ces sentiments se teintent alors d’enjeux bien plus importants et de l’opposition de deux cultures différentes. David va-t-il choisir de respecter les traditions de sa famille et de sa religion ou celles de son pays. A travers lui, on ne peut que s’interroger sur ce que l’on se doit à soi-même et ce que l’on doit à sa famille et à ses ancêtres. Pearl Buck nous dépeint tout cela subtilement, sans jamais juger l'un ou l’autre."


    Et comment cela s'est-il fini?


    "Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, je ne peux pas dire que j'ai adoré la fin, bien qu'elle soit en harmonie avec le reste. Mais pour ce qui est de la leçon de vie et de la reflexion, c'est sans conteste un livre magnifique."


    Lien : http://booksaremywonderland.hautetfort.com/archive/2013/02/19/pivoine-de-pear...

    Critique de qualité ? (11 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par le-mange-livres, le 06/05/2013


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    "Quant à moi, je veux suivre les voies nouvelles."

    Une vision intime du choc Occident -Orient dans la Chine des années 1920 : voilà le propos de Vent d'Est, vent d'Ouest.

    D'un côté, Kwei-Lan, jeune fille pudique et modeste, aux pieds bandés, élevée dans une famille chinoise traditionnaliste. Son destin est tout tracé depuis sa naissance : vivre dans la cour des femmes, faire un mariage digne de sa famille, et devenir une bonne épouse et la mère d'un fils pour son mari qu'elle ne connaît pas.

    De l'autre, ledit futur mari, un jeune médecin qui a fait ses études aux Etats-Unis, et ne supporte plus le poids étouffant des conventions sociales et familiales de son pays qu'il juge sclérosées.

    Si les deux jeunes gens acceptent ce mariage forcé - elle par devoir, lui par respect pour elle - la cohabitation de ces deux mondes s'organise difficilement, entre incompréhension, pédagogie et désir de plaire qui écartèlent la jeune Kwei-Lan, dont les efforts désespérés et courageux. finissent par séduire son mari. Ses dilemmes se compliquent lorsque son propre frère décide de braver le choix de ses parents en épousant une étrangère.

    "Le raffinement de la beauté du corps ne lui suffit pas. Il faut que je m'étudie à lui plaire par d'autres moyens. Je me souvenais de ma mère, le visage tourné au mur et qui disait, de sa voix lasse : "les temps sont changés".

    Ecrit au début des années 1930, ce roman de l'étonnante Pearl Buck (une des premières femmes Prix Nobel de littérature, après la pionnière Selma Lagerlöf) représente autant un témoignage historique sur son temps qu'une oeuvre touchante sur l'éveil d'une conscience. Avec un sens consommé du détail, Pearl Buck mène, plus finement qu'il n'y paraît, ce joli roman d'apprentissage et d'émancipation.

    "Quant à leur enfant, je suis perplexe. Il devra se créer lui-même sa voie. L'Est et l'Ouest, fondus en lui, le méconnaîtront et le répudieront l'un et l'autre. Je crois cependant que s'il hérite l'énergie de ses parents, il saura comprendre ces deux mondes et triomphera."


    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2013/05/vent-dest-vent-douest-pearl-buck.html

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par camilledupont, le 04/01/2013


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    L'écriture et l’ambiance un brin désuètes ajoutent au charme de cet ouvrage mythique. Un livre hors du temps qui nous rappelle que nous sommes des sauvages pour les "sauvages". On en vient à douter de ses valeurs et à se demander avec effroi où localiser l'obscurantisme !

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Rhodopsine, le 26/11/2012


    Pivoine Pivoine de Pearl Buck

    Pivoine a été mon premier contact avec la Chine, mais aussi avec la difficulté de concilier deux cultures, deux religions... Et si longtemps après sa lecture, le souvenir est vivace et le plaisir intact. Pivoine est un récit vivant, poignant, un vrai bon roman. Je viens de replonger le nez dedans, sous prétexte de le ranger: il ne vieillit pas!

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Marcellina, le 11/06/2013


    L'exilée L'exilée de Pearl Buck

    J'ai découvert Pearl Buck à l'adolescence et j'ai alors dévoré ses livres sans pour autant y revenir par après ; par manque de temps, par attrait pour d'autres écrits qui chaque jour viennent agrandir ma PAL. Je suis donc bien contente dans le cadre du challenge Nobel de replonger dans l'oeuvre de l'auteure, pour redécouvrir cette Chine du début du vingtième siècle, pour découvrir un roman biographique que je n'avais jamais lu.
    Ce n'est pas vraiment un roman, ce n'est pas non plus une biographie classique, c'est juste la vie de la mère de l'auteure racontée avec beaucoup d'humilité et d'amour. Des souvenirs d'enfance aux écrits retrouvés, Consolation ou plutôt Pearl Comfort nous décrit la vie de sa maman dans cette Chine où les femmes sont des esclaves, dans cette Amérique presbytérienne où les femmes, finalement, ne comptent pas vraiment.
    L'auteure nous chante une femme forte, instruite, pleine de joie et de beauté qui donne son amour sans compter. Une femme qui souffre pour ses enfants, une femme qui pleure pour les miséreux, une femme qui se bat contre l'injustice et enfin, une femme seule et déchirée par son impuissance à trouver Dieu alors qu'il est manifestement présent, à chaque instant, en « Elle ».
    C'est une écriture riche en émotions où l'on perçoit, à travers les différentes épreuves de la mère, l'amour de sa fille. C'est un ouvrage de réflexion où l'auteure met clairement en parallèle le Dieu des âmes, froid et droit, de son saint « père » et l'engagement chrétien, le don de vie et d'amour, de sa « Sainte » mère. C'est un livre bien écrit qui m'a beaucoup émue et fait pleurer aussi...

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Rhodopsine, le 26/11/2012


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    La confrontation, ou la juxtaposition, entre deux cultures, entre l'Orient et l'Occident, et surtout, les liens qui vont se créer, les influences réciproques. Un beau récit facile à lire, une découverte de l'adolescence et un plaisir renouvelé aujourd'hui. J'avais oublié que Pearl Buck avait obtenu le Nobel, elle a véritablement restitué une époque et un pays méconnus en Occident.

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Alexielle63, le 19/10/2011


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    Plus qu’une histoire, l’auteur nous offre matière à réfléchir en opposant deux visions des choses. D’un côté, nous avons la narratrice, Kwei-Lan, élevée dans la cour des femmes, dont elle n’est jamais sortie depuis sa naissance, par sa mère en vue de se marier et de donner un fils à son mari et à sa belle-famille à laquelle elle appartiendra désormais. Toute en retenue et en pudeur, elle accepte son sort sans jamais se rebeller. Malheureusement, celui à qui on l’a mariée a étudié en Europe et en est revenu avec des idées nouvelles, en opposition avec les anciennes coutumes. Il lui fait clairement comprendre que lui non plus n’a pas eu son mot à dire pour ce mariage et qu’il l’a accepté de mauvais gré. Elle va donc tout faire pour le conquérir et honorer ses ancêtres. Je l’ai trouvée très touchante dans ses tentatives désespérées pour plaire à son mari. Elle va tout tenter pour que cela fonctionne et petit à petit, va faire des compromis qui ouvriront le cœur de son bien-aimé. On la voit évoluer. Elle va apprendre à composer, garder le meilleur de la civilisation chinoise comme le culte des Anciens, le respect des parents et s’ouvrir à la modernité en quittant le toit de ses beaux-parents pour suivre son mari dans leur maison occidentale, en débandant ses pieds ou bien encore en gardant son fils près d’elle.
    A côté de cela, une deuxième histoire se fait jour : celle de son frère. Tout comme son mari, il est parti étudier à l’étranger mais lui revient avec une femme étrangère. Nous assistons alors à un conflit ouvert entre le frère de Kwei-Lan et ses parents, notamment sa mère.
    Cette lecture m’a interrogée : doit-on systématiquement rejeter les traditions au profit de la modernité ? Plus que cela, elle montre le conflit entre les parents et les enfants, entre l'ancienne et la jeune génération. Finalement, les enfants vont s’affranchir des usages ancestraux pour grandir, devenir adultes. Ils prennent leur indépendance, suivent leur propre chemin. C’est une métaphore de la vie. C’est donc un livre qui parlera à tout le monde. C’est aussi un appel à l’ouverture, qui nous montre que tout ce qui vient de l’étranger n’est pas mauvais, un choc des cultures pour les uns (les parents) et une assimilation pour les autres (le frère et le mari). Le regard de la narratrice nous aide à voir tout cela et l’écriture de Pearl Buck le met magnifiquement en forme. Elle ne prend jamais parti, nous relate les faits à travers la voix de Kwei-Lan, soulève des questions mais ne donne pas de réponses tranchées. A chacun de se faire sa propre opinion.


    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-vent-d-est-vent-d-ouest-de-pe...

    Critique de qualité ? (8 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par LaMoun, le 13/06/2013


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    A travers l'histoire de Kwein-Lan, Pearl Buck traîte du conflit existant entre la jeune et la vieille Chine qui, attachée aux traditions, perçoit les changements comme un affront. Comme le veut la coutume, Kwein-Lan ne connaît pas son futur époux, qui a étudié aux Etats-Unis. Le soir de leurs noces, celui-ci lui déclare qu'il comprend qu'elle ne soit pas attirée par lui, car ils sont, tous les deux, contraints à ce mariage. Décidé à suivre des voies nouvelles, en la traitant comme son égale, il trouble la jeune mariée par son attitude. D'abord difficile, leur cohabitation va s'apaiser dès lors que Kwein-Lan va accepter de s'ouvrir à l'influence de son mari, en commençant par se débander les pieds.

    J'ai été bouleversé par ce livre que j'ai lu adolescente. La découverte d'une civilisation, de ses traditions, l'opposition jeunes/vieux,traditions/modernisme, la révolte, l'amour, la confiance,enfin bref tous les thèmes qui font vibrer une adolescente.

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par MaxSco, le 16/10/2012


    Vent d'Est, vent d'Ouest Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck

    J'ai dévoré presque tous les livres de Pearl Buck lorsque j'étais adolescente. Ma mère les recevait reliés et doit encore avoir la collection complète. J'avais totalement oublié ce plaisir de me plonger dans une autre culture, une autre vie que la mienne grâce à cette écrivaine que j'ai retrouvée... dans la liste des prix Nobel de littérature sur le forum ! Si je ne m'en souviens plus dans le détail, j'ai encore le parfum de ces livres et cette sensation de plonger dans un univers fascinant, de me retrancher dans un monde "étrange et pénétrant"... allez, j'ai osé ! C'est ce qui m'est venu spontanément à l'esprit ! Je ne vais pas noter tous les livres, ils sont si nombreux... Quelle richesse !

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 31/05/2008


    La Terre chinoise La Terre chinoise de Pearl Buck

    The Good Earth
    Traduction : Théo Varlet

    A vingt ans, j'étais passée, je m'en rends compte aujourd'hui, complètement à côté de ce roman qui est un grand roman, un roman fort. Son auteur s'y est en outre essayée à un style à la fois simple et rythmé, un peu lancinant parfois, plus en rapport, selon elle, avec la culture chinoise qui constitue le thème central de l'ouvrage.

    Ce livre est le premier tome d'une trilogie, communément appelée "Trilogie de la Terre chinoise" en français et destinée à retracer l'histoire d'une famille d'origine paysanne sous trois générations.

    Aux racines, ainsi qu'on le constate dès la première page, Wang Lung, le héros, n'est qu'un pauvre paysan qui, orphelin de mère, s'occupe activement de son vieux père, désormais trop peu valide pour aller cultiver avec lui le maigre champ qu'il possède près de leur maison en terre.

    Mais, pauvre ou pas, dans la Chine ancienne, un fils se doit de procréer à son tour au moins un fils, afin que le culte des ancêtres soit sauvegardé. Et Wang Sr s'est entremis auprès de la grande famille Hwang afin que son fils puisse obtenir comme épouse l'une des esclaves de cuisine de la vaste demeure. Il l'a exigée laide car, selon lui, un paysan n'a pas besoin d'une jolie femme qui ne se préoccuperait que de ses toilettes et de sa beauté là où il lui faudrait plutôt tenir la maison, faire la cuisine, etc ... enfanter, bien sûr, et même travailler la terre aux côtés de son mari. Après un court moment de révolte, Wang Lung s'est incliné et, le jour où débute le roman, il s'apprête pour aller chercher sa future femme.

    Celle-ci, O-Len, hommasse, courageuse et taciturne, constitue l'autre pilier de ce livre. En elle, Pearl Buck a amassé tous les malheurs susceptibles de s'abattre en Chine sur les femmes, surtout si elles ne pouvaient compter sur leur beauté pour s'en sortir. Pourtant, dans la première moitié du roman, Wang Lung se montre bon pour sa femme qui, il faut bien le dire, le soutient dans les épreuves telles que la misère, la famine et l'exil avec un courage exemplaire. C'est même grâce à sa connaissance des us et coutumes des riches qu'il parviendra à acquérir suffisamment d'argent pour acheter sa première terre.

    Mais avec l'opulence, vient l'oisiveté. Certes, Wang Lung, paysan avant tout, voue à la terre une passion telle qu'il ne peut s'en éloigner plus d'une demi-journée mais comme son ascension sociale le contraint à avoir désormais plus d'ouvriers agricoles qu'il n'en peut compter, il arrive qu'il soit abandonné à lui-même. Et c'est alors que, regardant pour la première fois son humble épouse comme un homme regarde une femme, il se prend de dégoût pour elle et se met en tête d'avoir une concubine.

    Cette concubine, Lotus, il va la chercher là où, à l'époque, se recrutaient en général beaucoup de "secondes épouses" : la maison de thé la plus proche. Très vite, il l'installe chez lui mais - il en loue le ciel lui-même - elle n'a pas d'enfant susceptible de créer des bisbilles avec ses enfants du premier lit et s'enfouit douillettement dans le confort de sa vie de femme mariée et honorable.

    Wang Lung ne saisira la profondeur des liens qui l'unissaient malgré tout à O-Len que lorsque celle-ci, rongée par une "maladie d'entrailles" qui fait penser au cancer, s'éteindra. Il la fera enterrer somptueusement, ainsi qu'il convient à la Première épouse d'un propriétaire foncier, en compagnie de son vieux père, décédé peu après sa belle-fille.

    Et c'est alors que l'ancien paysan pauvre et timide, devenu, par la puissance de son travail et une bonne dose de chance, le nouveau propriétaire de l'ancienne maison des Hwang, prend conscience du temps qui s'écoule, lent, inexorable ...

    Même si l'on connaît déjà l'histoire - notamment si l'on a vu le film "Visages d'Orient", avec Paul Muni et Luise Rainer - on ne décroche pas un instant de ces pages où l'action se déroule sans un seul temps mort et pourtant sur un rythme paisible n'ayant rien à voir avec nos habitudes. Au premier plan, bien sûr, l'ascension de Wang et des siens, une histoire somme toute intimiste. Mais en arrière-plan, planté de manière à nous restituer la manière qu'avait un paysan chinois de cette époque de se représenter le monde qui l'entourait, un décor social où germent et tremblent les grands bouleversements qui vont transformer la Chine à jamais.

    Signalons que "La Terre Chinoise" a obtenu le Prix Pullitzer 1932.

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)




Faire découvrir Pearl Buck par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz