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Par wictoria, le 13/09/2010
Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
De la mi-octobre à la mi-juin, j’allais être responsable de deux millions et demi d’oeufs de saumon implantés dans un bras entre deux rivières. La route la plus proche se trouvait à quarante miles, l’être humain le plus proche à soixante miles. Si j’étais intéressé, précisa-t-il, je n’aurais que deux semaines pour me préparer.
J’entendais de moins en moins ce qu’il disait. Tout me semblait parfait. J’allais enfin découvrir le monde sauvage. Film ou réalité ? Galère ou liberté sans limite ? Mais, de toute manière, peu importe ce que j’allais découvrir, j’aurais une histoire à raconter plus tard, mon histoire.
Je dis au garde que tout cela me semblait très intéressant. Si j’avais été plus attentif, j’aurais sans doute pu l’entendre secouer la tête.
— Et le salaire, ça ne vous intéresse pas ? demanda-t-il.
Je lui répondis que si, bien sûr, même si je n’y avais pas songé.
— Deux cents dollars par mois, lança-t-il.
— D’accord, répondis-je.
C’était trop beau pour être vrai. Être payé, en plus. Il me conseilla d’y réfléchir et de le rappeler le lendemain.
— Entendu, fis-je.
Une formalité. Ma décision était prise.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
- Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important je me lançai :
- Heu... C'est quoi, une corde de bois ?
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
Je songeai de nouveau à ce que représenterait un tel parcours fait en rampant le long de la rivière sombre et humide après m'être amputé le pied avec une hache. Personne n'avait été témoin de ce qu'avait rapporté Hugh Glass dans son livre et, tout à coup, il me sembla qu'il était au moins aussi menteur que Jim Beckworth.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
C'était ça, mon boulot. Rien de plus. S'il y avait de la glace, c'était l'affaire de quinze minutes par jour, en comptant le trajet. J'avais tout le reste du temps pour moi, mais je devais passer chaque jour à cet endroit de la rivière.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
Je crois qu'ils essayaient de ne pas s'attacher à moi, comme des soldats aguerris avec une jeune recrue qui, de toute façon, ne leur survivra pas.
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Chinook de
Pete Fromm
On a perdu tant de temps qu'on n'a plus le temps de passer du temps à s'inquiéter de savoir si le moment est bien choisi.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
En acceptant de venir ici, j’avais dans la tête une vague idée de liberté : n’obéir à personne, ne faire que ce que je voulais. Il me semblait maintenant avoir négligé le fait tout simple que, même si je pouvais faire tout ce qui me chantait, et à n’importe quel moment, il n’y avait rien à faire
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Chinook de
Pete Fromm
Les choses étaient décidées, enveloppées, comme un cadeau qu'elle voulait m'offrir.Ensuite son sourire s'est accentué, et elle s'est tournée vers moi.
-Un bébé?
C'était la seule chose que je trouvais à dire.Elle ne m'avait jamais fait de proposition aussi fantasque.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
Pendant tout ce temps passé à regretter ce que je manquais dans l'autre monde, jamais je ne m'étais rendu compte de ce que je manquerais en quittant Indian Creek. [...] Il me restait toute une vie à vivre dans la civilisation, mais à peine quelques mois à vivre ici.
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Indian Creek : Un hiver au coeur des Rocheuses de
Pete Fromm
Je me demandais qui pourrait être assez stupide pour se couper le pied avec une hache.