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Par pei, le 20/06/2011
Histoire d'enfant de
Peter Handke
Lorsque l'enfant était enfant,
il marchait les bras ballants,
voulait que le ruisseau soit rivière
et la rivière fleuve,
que cette flaque soit la mer
Lorsque l'enfant était enfant,
il ne savait pas qu'il était enfant,
tout pour lui avait une âme
et toutes les âmes étaient une
Lorsque l'enfant était enfant,
il n'avait d'opinion sur rien,
il n'avait pas d'habitudes,
il s'asseyait en tailleur,
démarrait en courant,
avait une mèche rebelle
et ne faisait pas de mines quand on le photographiait..
Lorsque l'enfant était enfant,
ce fut le temps des questions suivantes:
pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas moi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l'espace ?
La vie sous le soleil n'est-elle pas un rêve ?
Ce que je vois, entend, sens, n'est-ce pas simplement
l'apparence d'un monde devant le monde ?
Le mal existe-t-il vraiment et des gens
qui sont vraiment les mauvais ?
comment se fait-il que moi, qui suis moi,
avant de devenir, je n'étais pas,
et qu'un jour moi, qui suis moi,
je ne serai plus ce moi que je suis.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.
Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.
Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.
Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours.
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Par horline, le 21/08/2011
La Nuit Morave de
Peter Handke
Écrire ? Qu’est-ce que cela signifiait pour lui autrefois ? Bien une échappatoire avant tout. Mais pour échapper à quoi ? A la "réalité" ? A la contrainte de la réalité ? Au monde ? Aux exigences du monde ? Non. Ou si, plutôt : si le fait d’ouvrir la bouche, d’être contraint de parler, ce "Allez, vas-y ! Raconte !" était une de ces exigences du monde, alors il se sentait poussé à s’y soustraire, et pas par le biais du silence par exemple, mais justement de l’écriture. Lui qui, alors, dans la Nuit Morave, ne faisait que parler et parler, il avait recherché l’écriture voilà des décennies pour éviter cette maudite oralité.
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Par horline, le 21/08/2011
La Nuit Morave de
Peter Handke
Si c’était un rêve, alors le sentiment qui l’avait pénétré était d’une force, d’une rémanence particulièrement rare à l’état de veille. Et il observa en passant que la joie, grande et continue, la reconnaissance, l’inclination, le bonheur de vivre, de plus en plus, il ne les ressentait presque plus que dans les rêves.
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Par Zazette97, le 13/10/2009
La Femme gauchère de
Peter Handke
L'éditeur demanda lentement : "C'était lequel votre verre?"
Elle le montra et il le prit : "J'aimerais maintenant boire dans votre verre, Marianne." Puis il renifla ses cheveux : "Ca me plaît que vos cheveux ne sentent que le cheveu. Ce n'est pas une odeur, cela devient aussitôt un sentiment. Et comme vous marchez, cela me plaît aussi; ce n'est pas une façon particulière de marcher comme d'habitude chez les femmes. Vous marchez, tout simplement, et ça c'est beau. p.44
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Par zazimuth, le 09/01/2011
La Femme gauchère de
Peter Handke
Etre seul produit la souffrance la plus glacée, la plus dégoûtante qui soit: on devient inconsistant. Alors on a besoin de gens qui vous apprennent qu’on n’est tout de même pas aussi détérioré que cela. (p107)
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Peter Handke
Même quand les phrases ont l’apparence d’une citation, elles ne doivent à aucun moment faire oublier qu’elles s’appliquent à quelqu’un de particulier.
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Par zazimuth, le 09/01/2011
La Femme gauchère de
Peter Handke
Mon mari dit de moi: “Michèle est forte.” En réalité il veut que je sois forte pour ce qui ne l’intéresse pas: les enfants, le ménage, les impôts. Mais il me détruit dans mon travail, tel que je me l’imagine. Il dit: “Ma femme est une rêveuse. “Si rêver veut dire, être ce qu’on est, alors je veux être une rêveuse. (p52)
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Par Zazette97, le 13/10/2009
La Femme gauchère de
Peter Handke
La femme revint, elle resta debout devant lui. Il leva les yeux vers elle. Elle lui posa la main sur le front; puis s'assit en face de lui. Elle avait mis sa main sur la table, il la prit et la baisa. Ils se turent longtemps. p.46
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Par brigetoun, le 29/11/2009
Le malheur indifférent de
Peter Handke
Écrire n'était pas ... me souvenir d'une période close de ma vie, ce n'était constamment que prendre cette attitude dans des phrases dont la distance n'était qu'arbitraire
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Par zazimuth, le 09/01/2011
La Femme gauchère de
Peter Handke
Jamais encore je n’ai suivi une femme. Voilà des jours que je vous cherche. Votre visage est si doux -- comme si vous aviez sans cesse conscience de ce qu’il nous faut mourir. Pardonnez-moi si je dis des bêtises.” Il secoua la tête. “Toujours, je veux retirer ce que je viens de dire! (p100)