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Journal intime d'un marchand de canons de
Philippe Vasset
Extrait de Le petit commerce (1955) de Boris Vian (1920-1959)
Je roule en Cadillac dans les rues de Paris
Depuis que j'ai compris la vie
J'ai un petit hôtel, trois domestiques et un chauffeur
Et les flics me saluent comme un des leurs
Je vends des canons
Des courts et des longs
Des grands et des petits
J'en ai à tous les prix
Y a toujours amateur pour ces délicats instruments
Je suis marchand d'canons venez me voir pour vos enfants
Canons à vendre !
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Au bout de deux mois, j'avais complètement abandonnée l'idée de faire apparaître la moindre parcelle de merveilleux : les blancs des cartes masquaient, c'était clair, non pas l'étrange, mais le honteux, l'inacceptable, l'à peine croyable : des familles campant dans la boue en pleine ville et des hommes qui, comme à la Courneuve, sous l'A1, devaient aller arracher aux obstacles des parcours de santé avoisinant des rondins pour alimenter leur feu l'hiver.
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Explorant mes terrains vagues, zones vouées à la pure potentialité, lieux de l'inconfort extrême où rien ni personne n'a de place assignée, j'avais le secret espoir que les notes désordonnées et contradictoires finissent par aboutir à un texte qui ressemble à cette terre mille fois retournée et mêlée de débris, à ces toiles d'araignée qui s'accrochaient aux oreilles et aux cheveux et à ces fruits poussant sans arrosage ni jardinier.
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Par brigetoun, le 03/02/2009
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
« A peine entamée, mon expédition s’éloignait du chemin tracé : en lieu et place des mystères espérés, je ne trouvais qu’une misère odieuse et anachronique, un bidonville caché aux portes de Paris. »
« .. d’abord je ne voyais rien, j’avançais dans les ronces et les hautes herbes, puis, d’un coup, je me tenais devant l’entrée d’une tente ou butais contre une cloison de tôle (les abris paraissaient toujours vides) »
« J’écrivais comme on shoote dans des boites de conserve, lançant des phrases contre tout ce qui apparaissait. Je notais les trajectoires (glissement à gauche/craquement à droite) et ce qui fuyait à l’extrême limite de la vision (éclats, ombre, couleur) »
« C’était dans des endroits où la réalité excéderait le texte que je voulais me tenir le plus longtemps possible, regardant les phrases gigoter en tous sens comme des poissons fraîchement capturés »
« .. il fallait sans cesse rabattre le texte sur l’espace nu, sans direction, et empêcher la chaîne du récit de se refermer, la laissant battre contre le flanc des choses. Mon texte devait rester incomplet, parcellaire… »
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Journal intime d'un marchand de canons de
Philippe Vasset
“Décrire le fonctionnement d’un pan de l’économie mondialisée habituellement soustraite aux regards. Rien n’y est inventé.”
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Les scènes les plus bizarres apparaissent lorsqu'on parvient à déjouer les complexes mises en scènes des urbanistes. Pour y arriver, la simple déambulation curieuse et opiniâtre (la fameuse dérive des situationnistes) ne suffit plus : les périmètres sont maintenant sécurisés, les surfaces vernies et les portes condamnées.
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Mais, lorsque j'ai voulu synthétiser toutes les informations rassemblées, les phrases ont refusé de s'agencer en argumentaire : mes textes n'expliquaient rien, ne racontaient aucune histoire, et laissaient même transparaître par endroits une fascination difficile à assumer pour ces existences portées jusqu'à l'extrême public, ces patientes appropriations d'un coin de rue, d'un trottoir, et ces vies dissolues dans le mouvement et le passage. J'ai vite compris que jamais je n'arriverais à dénoncer quoi que ce soit, préférant la confusion à la clarté, m'y prélassant même, et retardant le plus possible le moment où il faudrait choisir son camp et cesser d'être transparent, sans poids ni place.
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Plutôt que de surcharger le dessin et d'en rompre les proportions avec des symboles compliqués, les cartographes laissent parfois certaines zones vierges. C'est particulièrement frappant sur les cartes de villes : l'espace y apparaît irrégulièrement perforé de trous bien nets, comme une boîte de chocolats vidée de ses meilleures pièces.
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
Malgré la couverture satellite permanente et le maillage des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde.
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Par Orphea, le 11/11/2010
Un livre blanc : Récit avec cartes de
Philippe Vasset
J'ai commencé à m'intéresser aux cartes quand j'ai compris qu'elles n'entretenaient que des rapports très lointains avec le réel. Séchés, découpés, compressés, coloriés, annotés, les lieux y sont comme des ailes de papillons dans un album : des trophées à manipuler avec précaution.