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Par Trissotin, le 25/02/2012
Sur la télévision de
Pierre Bourdieu
Il y aurait à réfléchir sur le moralisme des gens de télévision : souvent cyniques, ils tiennent des propos d’un conformisme moral absolument prodigieux. Nos présentateurs de journaux télévisés, nos animateurs de débats, nos commentateurs sportifs sont devenus des petits directeurs de conscience qui se font, sans trop avoir à se forcer, les porte-parole d’une morale typiquement petite-bourgeoise, qui disent "ce qu’il faut penser" de ce qu’ils appellent "les problèmes de société", les agressions dans les banlieues ou la violence à l’école. La même chose est vraie dans le domaine de l’art et de la littérature : les émissions dites littéraires les plus connues servent - et de manière de plus en plus servile - les valeurs établies, le conformisme et l'académisme, ou les valeurs du marché.
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Par Walktapus, le 17/01/2011
Sur la télévision de
Pierre Bourdieu
il est de plus en plus fréquent que, quoi qui ait pu se passer dans le monde, l'ouverture du journal télévisé soit donnée aux résultats du championnat de France de football ou à tel ou tel autre événement sportif, programmé pour faire irruption dans le journal de vingt heures, ou à l'aspect le plus anecdotique et le plus ritualisé de la vie politique (visite de chefs d'Etat étranger, ou visites du chef de l'Etat à l'étranger, etc.) sans parler des catastrophes naturelles, des accidents, des incendies, bref de tout ce qui peut susciter un intérêt de simple curiosité, et qui ne demande aucune compétence spécifique préalable, politique notamment. Les faits divers, je l'ai dit, on pour effet de faire le vide politique, de dépolitiser et de réduire la vie du monde à l'anecdote et au ragot (qui peut être national ou planétaire avec la vie des stars ou des familles royales), en fixant et retenant l'attention sur des événements sans conséquences politiques, que l'on dramatise pour en "tirer des leçons" ou pour les transformer en "problèmes de société" : c'est là, bien souvent, que les philosophes de la télévision sont appelés à la rescousse, pour redonner sens à l'insignifiant, à l'anecdotique et à l'accidentel, que l'on a artificiellement porté sur le devant de la scène et constitué en événement, port d'un fichu à l'école, agression d'un professeur ou tout autre "fait de société", bien fait pour susciter des indignations pathétiquesà la Finkielkraut, ou des considérations moralisantes à la Comte-Sponville.
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Par Musikant, le 23/11/2009
Les règles de l'art de
Pierre Bourdieu
Il n'est sans doute pas facile, même pour le créateur lui-même dans l'intimité de son expérience, de discerner ce qui sépare l'artiste raté, bohème qui prolonge sa révolte adolescente au-delà de la limite socialement assignée, de l'"artiste maudit", victime provisoire de la réaction suscitée par la révolution symbolique qu'il opère.
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Par Luniver, le 06/10/2011
La Domination masculine de
Pierre Bourdieu
«Plus j'étais traitée comme une femme, plus je devenais femme. Je m'adaptais bon gré mal gré. Si j'étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d'ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. Si l'on pensait qu'une valise était trop lourde pour moi, inexplicablement, je la jugeais comme telle, moi aussi.»
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Par Walktapus, le 17/01/2011
Sur la télévision de
Pierre Bourdieu
Je pourrais évoquer le moralisme de la télévision, le côté téléthon qu'il faudrait analyser dans cette logique. "Avec de bons sentiments, disait Gide, on fait de la mauvaise littérature. Mais avec de bons sentiments, on "fait de l'audimat". Il y aurait à réfléchir sur le moralisme de gens de télévision. Souvent cyniques, ils tiennent des propos d'un conformisme moral absolument prodigieux. Nos présentateurs de journaux télévisés, nos animateurs de débats, nos commentateurs sportifs, sont devenus des petits directeurs de conscience qui se font, sans trop avoir à se forcer, les porte-paroles d'une morale typiquement petite bourgeoise, qui disent, "ce qu'il faut penser" de ce qu'ils apellent "les problèmes de société", les agressions dans les banlieues ou la violence à l'école.
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Par Trissotin, le 16/02/2012
Sur la télévision de
Pierre Bourdieu
Pour certains de nos philosophes (et de nos écrivains), être, c’est être perçu à la télévision, c’est-à-dire, en définitive, être perçu par les journalistes, être, comme on dit, ''bien vu'' des journalistes (ce qui implique bien des compromis et des compromissions) - et il est vrai que ne pouvant guère compter sur leur œuvre pour exister dans la continuité, ils n’ont pas d’autre recours que d’apparaître aussi fréquemment que possible à l’écran, donc d’écrire à intervalles réguliers, et aussi brefs que possible, des ouvrages qui, comme l’observait Gilles Deleuze, ont pour fonction principale de leur assurer des invitations à la télévision. C’est ainsi que l’écran de télévision est devenu aujourd’hui une sorte de miroir de Narcisse, un lieu d’exhibition narcissique.
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Par Musikant, le 11/09/2009
Les règles de l'art de
Pierre Bourdieu
Ainsi s'explique que, comme le remarque Marcel Duchamp, les retours à des styles passés n'aient jamais été aussi fréquents : "La caractéristique du siècle qui se termine est d'être comme un "double barelled gun" : Kandinsky, Kupka ont inventé l'abstraction. Puis l'abstraction est morte. On n'en parlerait plus. Elle est ressortie trente-cinq ans après avec les expressionnistes abstraits américains. On peut dire que le cubisme est réapparu sous une forme appauvrie avec l'école de Paris d'après-guerre. Dada est pareillement ressorti. Double feu, second souffle. Cela n'existait pas au XVIII ou XIXe. Après le romantisme, ce fut Courbet. Et le romantisme n'est jamais revenu. Même les préraphaélites ne sont pas une nouvelle mouture des romantiques."
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Par Trissotin, le 03/03/2012
Sur la télévision de
Pierre Bourdieu
L'audimat, c’est la sanction du marché, de l'économie, c’est-à-dire d’une légalité externe et purement commerciale, et la soumission aux exigences de cet instrument de marketing est l'exact équivalent en matière de culture de ce qu’est la démagogie orientée par les sondages d'opinion en matière de politique. La télévision régie par l’audimat contribue à faire peser sur le consommateur supposé libre et éclairé les contraintes du marché, qui n'ont rien de l’expression démocratique d’une opinion collective éclairée, rationnelle, d’une raison publique, comme veulent le faire croire les démagogues cyniques.
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Par Musikant, le 23/11/2009
Les règles de l'art de
Pierre Bourdieu
C'est ainsi par exemple que, quand Hugo lui écrit qu'il n'a "jamais dit, l'Art pour l'Art", mais "l'Art pour le Progrès", Baudelaire qui, dans une lettre à sa mère, parle des "Misérables" comme d'un "livre immonde et inepte", redouble dans son mépris pour le sacerdoce politique du mage romantique. Après la période militante de 1848, il rejoint Flaubert dans un désenchantement conduisant au refus de toute insertion dans le monde social et à la condamnation indifférenciée de tous ceux qui sacrifient au culte des bonnes causes, comme George Sand, sa bête noire.
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Par Musikant, le 23/11/2009
Les règles de l'art de
Pierre Bourdieu
Tout incline au contraire à penser que l'on perd l'essentiel de ce qui fait la singularité et la grandeur même des survivants lorsque l'on ignore l'univers des contemporains avec lesquels et contre lesquels ils se sont construits.