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Par brigetoun, le 04/05/2010
en avant marge de
Pierre Ménard
Moins que zéro
Je descends, je crois. Tout le monde dort. Rien ne bouge. Prends une orange. Je mange l'orange, je n'ai pas le temps. Retrouver mon père à cet instant précis, lui aussi coincé. Je détourne les yeux, ça ne marche pas. Je regarde les gens, démarre lentement.
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Par brigetoun, le 04/05/2010
en avant marge de
Pierre Ménard
Dans le vent
La poussière dans le vent, ce sont les envies, un goût vraiment délicieux. Les doigts dans la bouche. Les meilleurs morceaux. Une mince armature osseuse faite d'os écrasés. Si on ne flanche pas, du côté de la tête, une assez vive douleur. Notre peau sèche et salée.
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Par brigetoun, le 22/07/2010
Deux temps, trois mouvements de
Pierre Ménard
Remonter le quai à contresens. J’ai toujours avancé comme ça, ça a toujours été moi, rien que moi qui avançait comme ça. Contredanse. Lumières comme n’en dispensent que les quais de gare à peine surgis de l’aube. A contrario. Je m’en contrefiche. Je danse contre. A leur rencontre. Ils avancent toujours, ils ont toujours un truc à avancer et moi j’ai un train de retard, j’avance avec mon train de retard, je le regarde, ils me regardent, on se regarde, on voit le train partir, tout le monde s’est avancé vers moi, je ne suis pas le train, je ne suis rien, j’avance, j’avance avec mon train de retard.
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Quand tu t'endors... : Coffret naissance de
Pierre Ménard
Quand tu vois le vol d'un papillon bleu,
le linge blanc étendu dans le jardin,
les nuages roses,
tu sais que chaque jour
c'est une nouvelle histoire
sur une page blanche.
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Par brigetoun, le 06/08/2010
Deux temps, trois mouvements de
Pierre Ménard
Je l’ouvre en marchant sous le soleil, le vent frissonne dans les feuilles des arbres de la Place de la République, fébrile en même temps. Un sentiment de proximité avec l’auteur, en dehors même de ses écrits que je connais assez mal. Confirmation. Ce que j’attendais. « La fiction, en tuant la réalité, crée une fiction à partir de la réalité qu’elle a tuée. »
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Par brigetoun, le 04/05/2010
en avant marge de
Pierre Ménard
Tourbillons de lumière
Vers la jetée, tourbillons de lumière. Les courants de l'écume soulèvent et battent les piliers dont les proues filent, immenses, et les ornières d'argent, les souches d'acier et de cuivre circulairement. L'angle du reflux est heurté vers l'est. La lande et la forêt.
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Par brigetoun, le 04/05/2010
en avant marge de
Pierre Ménard
Ailleurs
Pénombre d'inquiétude, tambour, la poudre avec la nuit qui tombe. Le soir, chaque soir inquiète à la gorge, fatigue. L'accabler un instant, son oeil. On ne peut la regarder sans être touché par-là.
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Par brigetoun, le 18/07/2010
Deux temps, trois mouvements de
Pierre Ménard
on se met à comprendre l’objet du livre qu’on tient dans ses mains, qu’on observe un peu médusé, encore un, son odeur, son poids, le grain de son papier, sa blancheur, un de plus. L’effet fantôme. Le titre décidément, cette trouvaille qu’on envie. Lire, c’est encore trop tôt, dans l’excès de lumière. Et c’est la certitude fugace d’un bonheur à venir. Faut-il attendre ? Comment faire ? Nos occupations quotidiennes viennent heureusement nous éloigner de cette ambivalente question, mystérieux reflet de lumière inondé de lumière une vibration une lumière
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Par brigetoun, le 07/01/2013
D'ici là - n°9 - vienne la nuit, sonne l'heure de
Pierre Ménard
Dehors la nuit se déchire à couper les cordes à linge en deux et faire s’envoler les draps blancs comme des nébuleuses en décor des avions de lignes étoiles filantes made in china c’est sûr qui ponctuent la nuit de leurs trajectoires précalculées et autorisées de couloirs aériens pour lesquels il existe des cartes au format papier façon grand drap à déplier sur fond de nuit dehors... - Joachim Séné
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Par brigetoun, le 18/07/2010
Deux temps, trois mouvements de
Pierre Ménard
Mais regardez donc devant vous. Quand vous marchez. La rue pleine de fenêtres et de visages. Par morceaux. Par miettes. Entremêlés. Ceux dans lesquels on se cogne et qu’on n’avait pas vus. Quand on regarde ses pieds. Attention. Réponse à rien. Contours et alentours. Immense. Comme les eaux que roule un Océan. Implacable..