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Par gill, le 20/02/2012
Pierre Véry. Goupi Mains rouges à Paris, roman de
Pierre Véry
Le magot, - Mains-Rouges s'en moquait bien !
Sa seule richesse, c'était ses souvenirs. Et Dieu sait qu'ils n'étaient pas gais !
Lison, - sa soeur...Tellement elle était jolie, on n'avait pas trouvé mieux, comme surnom, que de l'appeler Goupi-la-belle. La Loi l'avait refusée en mariage à un garçon de l'assistance, parce-que il n'y avait pas d'espoir d'héritage !
Par peine de coeur, la pauvre belle s'était jetée dans un puits. Morte, elle était encore plus belle que de son vivant ; personne n'arrivait à croire qu'elle ne respirait plus !
Au point que, pour s'habituer à l'idée qu'elle était morte, - vraiment morte - on avait dû changer son surnom, l'appeler "Goupi-la-Morte"
Dieu merci, Mains-Rouges n'était pas encore fossoyeur, dans ce temps-là. S'il avait dû creuser sa tombe...
Mais il avait creusé celle de Marie des Goupi, la vieille servante, et celle de son fils, Jean des Goupi, l'innocent...Celui-là, comme Mains-Rouges, avait aimé les choses pour elles mêmes, - par pour le plaisir égoïste de les posséder. Les bêtes, l'herbe des champs, la forêt, ses odeurs et ses voix...
(extrait du premier chapitre " la race des Tonkin")
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Par gill, le 24/01/2012
Tout doit disparaître le 5 mai de
Pierre Véry
Ce recueil de nouvelles que publient les éditions Denoël est le dernier ouvrage de Pierre Véry. Il venait de le terminer lorsque la mort l'a surpris et c'est avec autant de mélancolie que de plaisir que j'ai tourné ces dernières pages d'un ami. Nous nous connaissons depuis l'époque où nous publiions nos premiers livres chez le même éditeur, il y a maintenant plus de trente ans. Pierre Véry était déjà l'homme sensible, délicat, qu'il aura été tout au long de sa vie et dont les qualités de coeur et d'esprit se retrouvent dans son oeuvre...(extrait de la préface signée Marcel Aymé)
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Par gill, le 20/02/2012
Le pays sans étoiles de
Pierre Véry
Nuit du 23 mai 1920
A présent, je sais. J'ai la preuve.
Ce qui m'est arrivé est impossible, incroyable - mais cela est - et, bien qu'ils me demeurent inexplicables, je puis maintenant suivre avec netteté l'enchaînement de ce que, faute d'un meilleur mot, j'appelle les phénomènes, cette série de faits insolites, étranges, qui m'ont à plusieurs reprises amené à douter de ma raison et finalement conduit, à mon insu et pour ainsi dire les yeux bandés, dans ce canton qui mord sur quatre départements : la Dordogne, la Charente, la Charente inférieure et la Gironde, dans cette bourgade de Tournepique, dans cette auberge paysanne, dans cette chambre au premier étage où, depuis si longtemps, m'attendaient les "coeurs de Jeannette" du papier mural, et ces autres "coeurs de Jeannette" que je puis voir, de ma fenêtre, dans le jardin...
Impossible...Incroyable...Mais je ne puis plus douter...
(extrait du premier cahier "les phénomènes - le crime dans le sentier au bord de l'eau")
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Par gill, le 20/02/2012
Goupi-Mains rouges de
Pierre Véry
Le tortillard transportait une douzaine de voyageurs : trois paysannes à cabas, quatre paysans en blouse, autant de chasseurs entre les pieds desquels somnolaient des chiens, et, seul dans l'unique wagon des premières et secondes, un jeune homme distingué qui se faisait les ongles.
On était en 1920 ; septembre touchait à sa fin. Bien qu'il ne fût pas plus de huit heures du soir, il faisait déjà complètement nuit : le ciel était couvert.
Parfois la lune jaillissait d'un nuage comme d'un sac, pour plonger presque aussitôt dans un autre. Fugitivement, sa lueur frappait les peupliers érigeant le long de la voie ferrée leurs silhouettes élégantes et les transformait en fantômes argentés.
Le jeune frottait ses ongles à ses revers de veston. Il avait une figure ronde, un peu bouffie, le nez plat. Une mince ligne de poils ombrait la lèvre supérieure...
(extrait du premier chapitre " la maison des Goupi")
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Par Onclepaul, le 16/02/2011
Mr MALBROUGH EST MORT de
Pierre Véry
- Les affaires…
- Très, très dures !... Les gens n’ont guère envie d’acheter, et moins encore de prêter ! L’argent se cache.
- A l’étranger de préférence ! lança Odet, d’un ton agressif. Avouez qu’il n’a pas tort !...
- Avec ce gouvernement…
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Les Disparus de Saint-Agil de
Pierre Véry
"...Une musique.
Un son de piano, lent et grave.
Cela venait des étages supérieurs, de la classe de sciences, sans aucun doute, puisque
là se trouvait le seul piano qu'il eût à la pension.
- Mais voyons..., dit M.Pointis, que l'incident amusait plûtôt et qui ne pouvait rien soupçonner des sentiments de ceux qui l'entourait. La phrase musicale se développait, majestueuse de gravité et de lenteur.
- Ce motif... C'est la marche funébre de Chopin!
Oh! voilà qui est cocasse!
Dans la classe de sciences, on ne trouva personne.
Ou, plutôt, si : Martin.
Le squelette était assis au piano, ses mains sur les touches. ..."
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