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Par Orphea, le 27/04/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Amour me tue, & si je ne veus dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur qu'on veuille secourir
Le mal par qui doucement je soupire.
Il est bien vrai que ma langueur désire,
Qu'avec le tans je me puisse guerir :
Mais je ne veus ma dame requerir
Pour ma santé : tant me plaist mon martire.
Tai toi langueur : je sen venir le jour
Que ma maistresse, apres si long sejour,
Voiant le soin qui ronge ma pensée,
Toute une nuit, folatrement m'aiant
Entre ses bras, prodigue, ira paiant
Les interés de ma peine avancée.
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Par Orphea, le 12/02/2012
Odes de
Pierre de Ronsard
A Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
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Par Couperine, le 17/06/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Si je trépasse entre tes bras, Madame,
Il me suffit, car je ne veux avoir
Plus grand honneur, sinon que de me voir
En te baisant, dans ton sein rendre l'âme.
Celui que Mars horriblement enflamme
Aille à la guerre, et manque de pouvoir,
Et jeune d'ans, s'ébatte à recevoir
En sa poitrine une Espagnole lame ;
Mais moi, plus froid, je ne requiers, sinon
Après cent ans, sans gloire, et sans renom,
Mourir oisif en ton giron, Cassandre.
Car je me trompe, ou c'est plus de bonheur,
Mourir ainsi, que d'avoir tout l'honneur,
Pour vivre peu, d'un guerrier Alexandre.
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Par Orphea, le 27/04/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Je veus mourir pour tes beautés, Maistresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce dous ris, pour ce baiser tout plein
D'ambre & de musq, baiser d'une Deesse.
Je veus mourir pour cette blonde tresse,
Pour l'embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d'un coup me guerit & me blesse.
Je veus mourir pour le brun de ce teint,
Pour ce maintien, qui, divin, me contreint
De trop aimer : mais par sus toute chose,
Je veus mourir es amoureus combas,
Souflant l'amour qu'au coeur je porte enclose,
Toute une nuit, au milieu de tes bras.
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Par Orphea, le 08/04/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Qui voudra voir comme un Dieu me surmonte,
Comme il m'assaut, comme il se fait veinqueur,
Comme il renflame & renglace mon cœur,
Comme il reçoit un honeur de ma honte :
Qui voudra voir une jeunesse pronte
A suivre en vain l'objet de son malheur,
Me viene voir : il verra ma douleur,
Et la rigueur de l'Archer qui me donte.
Il conoitra combien la raison peut
Contre son arc, quand une fois il veut
Que nôtre cœur son esclave demeure :
Et si verra que je sui' trop heureus
D'avoir au flanc l'eguillon amoureus
Plein du venin, dont il faut que je meure.
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Par Orphea, le 08/04/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Je voudroi bien richement jaunissant
En pluïe d'or goute à goute descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.
Je voudroi bien en toreau blandissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quant elle va par l'herbe la plus tendre
Seule à l'escart mile fleurs ravissant.
Je voudroi bien, affin d'aiser ma peine
Estre un Narcisse, & elle une fontaine
Pour m'i plonger une nuit à séjour :
Et voudroi bien que cette nuit encore
Durât tousjours sans que jamais l'Aurore
D'un front nouveau nous r'allumât le jour.
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Par zazimuth, le 07/02/2011
Pierre de Ronsard
On a le droit de faire des erreurs. Mais on a le devoir de les corriger.
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Par Orphea, le 08/04/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Ces liens d'or, cette bouche vermeille,
Pleine de lis, de roses, & d 'oeuillets,
Et ces couraus chastement vermeillets,
Et cette joüe à l'Aurore pareille :
Ces mains, ce col, ce front, & cette oreille,
Et de ce sein les boutons verdelets,
Et de ces yeux les astres jumelets,
Qui font trembler les ames de merveille :
Firent nicher Amour dedans mon sein,
Qui gros de germe avoit le ventre plein
D'œufs non formés & et de glaires nouvelles.
Et lui couvrant (qui de mon coeur joüit
Neuf mois entiers) en un jour m'ecloüit
Mille Amoureaus chargés de traits & d'aelles.
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Par Orphea, le 02/05/2010
Les Amours de
Pierre de Ronsard
Je ne suis point, ma Guerriere Cassandre,
Ne Myrmidon, ne Dolope soudart,
Ne cet Archer, dont l'homicide dart
Occit ton frere, & mit ta ville en cendre.
En ma faveur pour esclave te rendre
Un camp armé d'Aulide ne depart,
Et tu ne vois au pié de ton rempart
Pour t'enlever mille barques descendre.
Mais bien je suis ce Corébe insensé,
Qui pour t'amour ai le coeur offensé,
Non de la main du Gregeois Penelée :
Mais de cent trais qu'un Archerot veinqueur,
Par une voie en mes yeux recelée,
Sans i penser me ficha dans le coeur.
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Par hesperie, le 16/08/2011
Les Amours de
Pierre de Ronsard
II, XLIII "Quand vous serez bien vieille"
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.
Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.
Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'huy les roses de la vie.
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