-
Michaël Jackson de
Pierric Bailly
Le temps passe, je n'ai pas l'impression de me rapprocher de la fin. On dirait même que ça vient de commencer.
-
Par chartel, le 03/02/2011
Michaël Jackson de
Pierric Bailly
"On s’appelle, me dit le régisseur général en me faisant la bise. On boit un pot ensemble un de ces quatre". Mais je ne suis pas ce genre de type qui appelle pour boire un verre quand il connaît à peine. Je me demande s’il en existe des qui appellent. Moi, personne ne m’a jamais appelé.
-
Polichinelle de
Pierric Bailly
La fête foraine, tous les ans, à cette époque, qui s'installe au parc, avec les caravanes sur le parking de la salle des fêtes.
Pareil que la fête de la musique, les feux du 14 juillet, le genre de soirées qui donnent envie de se barrer au Mexique.
Parce que notre monde est petit.
Les mêmes manèges que l'année dernière, les mêmes têtes, sur les bancs, autour des autos tamponneuses les mêmes bandes de brutus, machin, là, qu'est toujours champion du Jura de kickboxing, qui s'éclate le poing sur le punching-ball, là, le truc de jacky avec la flèche qui indique si on est une lopette ou un mutant.
-
Polichinelle de
Pierric Bailly
Jules ce n'est pas la même chose. C'est plutôt le type dont on dit qu'il a une gueule. Il n'a pas encore sa vraie gueule, mais il en aura une, disons à quarante ou cinquante ans. Il aura une de ces gueules sur lesquelles on devine des bastons de bar, des querelles avec les femmes, toutes les horreurs qu'il aura enduré à cause de l'alcool, de tout le reste. On distingue le crayonné des rides et des crevasses, le visage taillé au burin, tout sera gravé là.
-
Polichinelle de
Pierric Bailly
La baraque de Laura c'est tout ce que je ne peux pas blairer. C'est le piano qui ne sert à rien, les affiches de lavis bleus sur fonds bruns de Rodin sur un mur crucifié de petits cadres avec une de ces cartes postales, celle avec la photo d'un grand gars et une citation signée de son nom : Il faut danser la vie, Nietzsche, ou : J'ai un projet, devenir fou, Dali.
J'ajouterais bien : J'ai un jet de pro, je vous pisse à la raie, Lionel Elpich.
-
Polichinelle de
Pierric Bailly
Dans le poste de Johannes c'est de la soul, sur la grille des merguez, et c'est marrant parce qu'on est blancs, on est dans le Jura, et on bouffe des merguez en écoutant de la soul.
Une seule explication à ça, nous sommes des gangsters.
On serait des bidons si on écoutait de la techno.
On écoute de la soul.
Il y a ça aussi. Devenir un gangster. Une famille de personnages, on peut aussi une famille de mafiosi.
-
Polichinelle de
Pierric Bailly
Et puis j'ai eu dix-huit ans et c'était déjà trop. Je me suis mis à penser que passé dix-sept ans les êtres humains étaient périmés.