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Rue Farfadet de
Raphaël Albert
Sylvo est en planque à la terrasse d'un café lorsque celui-ci est la cible d'un attentat.
Le moins que je puisse dire, c'est que j'ai eu de la chance.
Une sacrée chance.
La première bourrasque me projeta au loin, me mettant hors d'atteinte des coups de boutoir suivants. Je m'en sortis avec pour toute blessure une belle ecchymose, la table d'où je guettais le retour du nain m'ayant heurté au menton en s'envolant.
[…]
Je me redressai lentement, jambes flageolantes, et mon regard se porta sur la terrasse dévastée. Le verre pilé fragmentait les lumières de la rue en milliers d'étincelles, tables et chaises brisées se confondaient, partout ce n'était que pierres et planches et pans entiers arrachés à la bâtisse. Le café n'était plus que gravats.
C'était bel et bien un attentat, aucun doute possible. Aucune tornade ne pouvait se comparer à cette folie. Seul un sylphe était capable d'une telle furie.
A cet instant, un mouvement inattendu se produisit au cœur du champ de ruines. Un peu hébété, je ne compris pas tout de suite ce que je voyais. Lentement une silhouette massive s'extirpait des décombres.
A côté de moi, quelqu'un cria qu'il y avait des survivants là-dessous. Je me rappelle m'être dit que c'était impossible, que personne n'avait pu réchapper à ce déferlement de violence brute, puis titubant et vacillant, le faux Mudzin émergea du nuage de poussière. De sa robe, seuls des lambeaux subsistaient, ses colliers lui avaient été arrachés et il allait tête nue.
L'illusion avait vécu. Tout prenait sens, désormais.
Blessé, saignant horriblement, un troll se tenait devant nous.
Un troll !
Il y eut une ou deux secondes de totale stupéfaction, puis un enfant demanda : "C'est quoi, ça ?", et ce fut le délire. Les hurlements d'épouvante redoublèrent d'intensité et la panique mua la rue en pandémonium.
Je fus le seul à ne pas fuir. Paralysé par une vague de terreur ancestrale, je restais sur place. Seul. Tout seul face au monstre.
Le troll s'ébranla, fit trois pas dans ma direction. Souffrant visiblement mille morts, il gesticula un peu, émettant un bruit de gorge noyée de sang, puis, malgré ses plaies béantes, quitta le boulevard d'un pas étonnamment rapide.
Ce n'est que lorsqu'il eut disparu que mon corps se remit à fonctionner normalement. Un grand cri de terreur silencieuse envahit mon crâne, genre : AAAAAAAAHHH ! UN TROOOOLL ! Ma vessie faillit me lâcher, et mes jambes, avec un peu de retard, voulurent m'emporter au loin, mais ne réussirent qu'à s'entrechoquer violemment. Roulant en tous sens, mes yeux révulsés tombèrent par hasard sur le corps de Costume Gris, étendu dans le caniveau, abandonné là par ses gardes du corps aux gueules de tueurs.
Par tous les dieux ! pensai-je, plus abasourdi encore que par la vision du monstre. Sa coiffure n'a pas bougé !
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Par Plumeline, le 12/08/2011
Rue Farfadet de
Raphaël Albert
« L’illusion avait vécu. Tout prenait sens, désormais.
Blessé, saignant horriblement, un troll se tenait devant nous.
Un troll !
Il y eut une ou deux secondes de totale stupéfaction, puis un enfant demanda : « C’est quoi, ça ? », et ce fut le délire. Les hurlements d’épouvante redoublèrent d’intensité et la panique mua la rue en pandémonium.
Je fus le seul à ne pas fuir. Paralysé par une vague de terreur ancestrale, je restait sur place. Seul. Tout seul face à ce monstre.
Le troll s’ébranla, fit trois pas dans ma direction. Souffrant visiblement mille morts, il gesticula un peu, émettant un bruit de gorge noyée de sang, puis, malgré ses plaies béantes, quitta le boulevard d’un pas étonnamment rapide.
Ce n’est que lorsqu’il eut disparu que mon corps se remit à fonctionner normalement. Un grand cri de terreur silencieuse envahit mon crâne, genre : AAAAAAAAHHH ! UN TROOOOLL ! Ma vessie faillit me lâcher, et mes jambes, avec un peu de retard, voulurent m’emporter au loin, mais ne réussirent qu’à s’entrechoquer violemment. Roulant en tous sens, mes yeux révulsés tombèrent sur le corps de Costume Gris, étendu dans le caniveau, abandonné là par les gardes du corps aux gueules de tueurs.
Par tous les dieux ! pensais-je, plus abasourdi encore que par la vision du monstre. Sa coiffure n’a pas bougé ! »
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Par cyrz, le 19/01/2011
Rue Farfadet de
Raphaël Albert
Roman - Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées... Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames...
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?
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Par Plumeline, le 12/08/2011
Rue Farfadet de
Raphaël Albert
« Martin. C’était son nom.
Martin le nain.
Il vivait en banlieue, à Saltrouville, dans une zone pavillonnaire de second ordre. Sa rue était un triste chapelet de maisons bâties sur le même moule, un cube posé sur un carré de pelouse. C’est simple, on se serait cru dans le catalogue des Maisons Bigre. Lui habitait page 23, le modèle « Harmonie », une mocheté dont il était, tenez-vous bien, le pro-pri-é-tai-re ! Un aboutissement, en quelque sorte.
Martin le nain.
Marié, sans enfant, une vie réglée comme du papier à musique.
Un pauvre type s’il en fût. »
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Par Lyra, le 01/07/2011
Rue Farfadet de
Raphaël Albert
- Saperlipopette ! fit Pixel en soulevant mon melon. Tu sais que tu m'épates ! Tu as été gentil avec elle !
- Moi ? Penses-tu !
- Si ! Si ! Tu as été attentionné, désintéressé, soucieux de son devenir ! Je t'ai entendu !
- Ne dis pas n'importe quoi. J'ai fait mon boulot, c'est tout.
- Pas de ça avec moi, l'ami ! Tu as baissé ta garde, montré un peu de ta vraie nature, je le sais ! jubila Pixel, moqueur. Inutile de nier davantage : tu as bon fond !
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Par Lyra, le 01/07/2011
Rue Farfadet de
Raphaël Albert
-Allez-y sans moi, les mecs. Il a besoin qu'on l'aide. Comment qu'il va rentrer sinon ? Prime Pluie va pas tarder, en plus.
- Putain Broons... T'es pas sa mère, merde !
-Allez-y sans moi, j'vous dis ! J'vous r'trouve là-bas.
-C... C'est vrai, ça, balbutiai-je. T'es pas ma mère ! Je peux trrrès bien me débrouiller tout seul...