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Par Nadael, le 01/03/2012
Les Vitamines du bonheur de
Raymond Carver
Alors je sors les Grant de la caisse. Je les y remets, puis je les en ressors. Ces billets viennent du Minnesota. Qui sait où ils seront la semaine prochaine ? Ils pourraient être à Las Vegas. Tout ce que je sais sur Las Vegas, c'est ce que je vois à la télé – trois fois rien. J'imagine un de mes Grant atterrissant à Waikiki Beach, ou ailleurs. A Miami, New York, ou la Nouvelle Orléans. Je pense à un de ces billets passant de main en main pour Mardi Gras. Ils peuvent aller partout, et tout peut arriver à cause d'eux. J'écris mon nom à l'encre en travers du grand front de Grant : MARGE. En lettres d'imprimerie. Juste au-dessus de ses gros sourcils. Les gens s'arrêteront au milieu de leurs dépenses pour se demander : qui c'est cette Marge?
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Par zazimuth, le 04/03/2011
Raymond Carver
Les mots, c'est finalement tout ce que nous avons, alors il vaut mieux que ce soit ceux qu'il faut et que la ponctuation soit là où il faut pour qu'ils puissent dire le mieux possible ce qu'on veut leur faire dire.
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Par Nadael, le 01/03/2012
Les Vitamines du bonheur de
Raymond Carver
– Jack London avait une grande maison de l'autre côté de cette vallée. Juste derrière cette colline verte que vous regardez en ce moment. Mais l'alcool l'a tué. Que ça vous serve de leçon. Il valait mieux que n'importe lequel d'entre nous. Mais il n'arrivait pas à se maîtriser non plus.(...) Les gars, si vous avez envie de lire quelque chose pendant votre séjour ici, lisez donc son bouquin L'appel de la forêt. (…)
J.P secoue la tête, puis dit :
Jack London. Quel nom ! Je voudrais avoir un nom comme ça, à la place du mien.
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Par Nadael, le 01/03/2012
Les Vitamines du bonheur de
Raymond Carver
Après le départ d'Eileen pour la Californie, Carlyle avait passé toutes les minutes du premier mois avec ses enfants. Il pensait que c'était le choc du départ d'Eileen qui le faisait réagir comme ça, mais il ne voulait pas les perdre de vue une minute. Ça ne l'intéressait pas de sortir avec d'autres femmes, et pendant un moment, il pensa que ça ne l'intéresserait plus jamais. Il avait l'impression d'être en deuil. Il passait ses jours et ses nuits en compagnie de ses enfants.
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Par Nadael, le 01/03/2012
Les Vitamines du bonheur de
Raymond Carver
J'étais content de la tournure que prenaient les choses, dit-il. J'avais tout ce que je désirais. J'avais une femme et des gosses que j'aimais, et je faisais un métier qui me plaisait. Mais pour une raison quelconque – qui sait pourquoi nous faisons ce que nous faisons ? – voilà qu'il se mit à boire de plus en plus.
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Parlez-moi d'amour de
Raymond Carver
Un homme peut obéir à toutes les règles, et puis soudain il s'en fiche.
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Parlez-moi d'amour de
Raymond Carver
Le plus drôle, c'était ce sentiment que n'importe quoi pouvait nous arriver maintenant que nous nous rendions compte que tout nous était arrivé.
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Les Vitamines du bonheur de
Raymond Carver
Pendant l’été, Eileen avait envoyé aux enfants quelques cartes, lettres et photos d’elle, et quelques dessins au crayon et à la plume qu’elle avait faits depuis son départ. Elle avait aussi adressé à Carlyle une longue lettre pleine de divagations, dans laquelle elle lui demandait de la comprendre en cette matière – cette matière – mais elle affirmait qu’elle était heureuse. Heureuse. Comme si, pensa Carlyle, le bonheur était tout dans la vie. Elle ajoutait que s’il l’aimait vraiment comme il le prétendait et comme elle le croyait – elle l’aimait, elle aussi, qu’il ne l’oublie pas ! – alors il comprendrait et accepterait la situation. Elle écrivait : « Ce qui est lié ne peut jamais être délié ». Carlyle ne savait pas si elle parlait de leurs rapports ou de sa vie actuelle en Californie. Il détestait le mot « lié ». Qu’est-ce que ça avait à voir avec eux ? Il se dit qu’Eileen devait être en train de perdre l’esprit, pour parler comme ça. Il relut ce passage puis froissa la lettre
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Parlez-moi d'amour de
Raymond Carver
[ Incipit ]
Pourquoi ne dansez-vous pas ?
Dans la cuisine, il se versa un autre verre et regarda le mobilier de la chambre à coucher qui se trouvait dans le jardin, devant la maison. Le matelas était nu et les draps aux rayures multicolores plies sur le chiffonnier, à côté des deux oreillers. À ce détail près, les choses avaient vraiment la même allure que dans la chambre - une table de chevet, une lampe pour lire de son côté à lui, un autre chevet, une autre lampe, de son côté à elle.
Son côté à lui, son côté à elle.
Il y réfléchissait tout en sirotant son whisky.
Le chiffonnier se dressait à un mètre du pied du lit. Ce matin, l'homme en avait vidé les tiroirs dont il avait rangé le contenu dans des cartons entassés au salon. Près du chiffonnier, on voyait un radiateur d'appoint. Au pied du lit, il y avait une chaise en osier avec un coussin de tapisserie. Toute la batterie de cuisine étalait son aluminium sur une partie de l'allée. Une nappe de mousseline jaune beaucoup trop grande, c'était un cadeau, recouvrait la table et en cachait les côtés. Sur la table s'alignaient une fougère en pot, une boîte contenant de l'argenterie et un tourne-disque - des cadeaux, eux aussi.
Une grande télévision était posée sur une table basse, à proximité d'un canapé, d'un fauteuil et d'un lampadaire. Il avait poussé le bureau contre la porte du garage. Il y avait quelques ustensiles sur le bureau, une horloge murale et deux gravures encadrées. On remarquait encore dans l'allée un carton de tasses, de verres et d'assiettes, chaque objet enveloppé dans du papier journal. Ce matin, l'homme avait vidé les armoires et, à l'exception des trois cartons du salon, tout se trouvait à l'extérieur. Il avait branché une rallonge et les appareils fonctionnaient comme s'ils étaient dans la maison.
De temps à autre, une voiture ralentissait et les passagers jetaient un coup d'oeil. Mais personne ne s'arrêtait.