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Ma route d'Aquitaine de
Raymond Dumay
Balzac est le grand homme de la ville depuis qu’il la décrivit dans les Illusions perdues, ce roman trop peu connu, qu’on devrait offri à tous les jeunes gens provinciaux qui rêvent de tenter à Paris la fortune littéraire.
La ville est étouffée par son créateur. Elle est née et morte avec Lucien de Rubempré. Elle ne s’enorgueillit point du passage de Calvin qui prêcha jadis dans la chaire de plein air (...) Négligé aussi La Rochefoucauld, l’auteur des Maximes , ci livre au pessimisme réconfortant. Pour Ravaillac, autre enfant du pays, le silence est plus justifié.
Angoulême est la ville des illusions perdues.
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Ma route de Bourgogne : 1948 de
Raymond Dumay
Souvent j’ai entendu cette phrase : « Moi, non, je ne lis rien de ce qui paraît actuellement. Tout cela est si médiocre, et on a tant de mal à s’y reconnaitre. Je retourne à Pascal, à Molière, Villon... » (..) Se flatter de sa vieillesse et de son incuriosité !
Ils se prétendent cultivés, bouffonnerie ! Cultivés parce qu’ils ont acheté un jour, en bloc, les Cents chefs-d’oeuvre français et qu’ils s’en gargarisent ! Cultivés ces hommes pour lesquels Villon n’eût été qu’un bandit qu’il fallait pendre, Rimbaud un collaborateur, Mallarmé un mauvai professeur et Verlaine un ivrogne !
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Ma route de Bourgogne : 1948 de
Raymond Dumay
Romain Rolland présente une seconde particularité curieuse : son exemplaire famille. Son adolescence fut illuminée par un trait cornélien. Brillant élève du collège de Clamecy, ses professeurs lui conseillaient de continuer sa carrière à Paris, mais sa sensibilité et sa santé délicate ne permettaient pas à sa mère de songer à le mettre en pension. Le père de Romain Rolland tenait une étude. Héritier de plusieurs générations de notaires, il aimait son métier et sa ville. Cependant, il n’hésita pas : pour cet enfant qui, brillant à Clamecy, pouvait se révéler terne à Paris, il vendit son étude et accepta un petit emploi dans une banque. Romain Rolland aimait à raconter ce trait. Il prétendait que s’il avait pu se laisser aller à l’indifférence et à la paresse, le souvenir du courage souriant de son père aurait suffi à lui rendre son énergie.
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Ma route d'Aquitaine de
Raymond Dumay
Et aux succulences de la ville s’ajoutaient celles de tout mon voyage : les nuits de Nantes, l’odeur du tilleul vendéen dans la chambre de Chaissac, le silence du cloître de Nieul-sur-Autize, les sourires de Périgueux, la vallée de la Dordogne qu’enfin je songeai à admirer, le vin doré de Malagar. Merveille plus surprenante encore : dans ces provinces où le présent se trouve si étroitement mêlé au passé, il m’arrivait de confondre l’un et l’autre. Vivais-je avec Montaigne ou avec Mauriac ? Fénelon et Montesquieu m’avaient-ils reçu dans leur château ? Je me laissais aller à ces doutes délicieux. L’histoire de France me paraissait courte. Comme on remonte vite les routes du passé !
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Ma route d'Aquitaine de
Raymond Dumay
Joubert enfant de Montignac
Le recueil complet de ses pensées (...) a donné de l’homme une image non pas fausse, mais partielle, celle d’un épicurien idéaliste, nonchalant et frileux.
Joubert le frileux a été révolutionnaire, Joubert le timide a été l’ami de tous les hommes les plus chargés de vitalité de son époque : Diderot, Rétif de la Bretonne, Grimod de la Reynière, Mercier, Chateaubriand.
Joubert l’idéaliste fit un mariage d’argent, accéda aux plus grandes fonctions universitaires et traversa tous les régimes de Louis XV à la Restauration sans jamais être inquiété, ce qui n’est pas sans exemple, mais sans jamais renier ses amis, ce qui est plus rare.
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Ma route de Provence : 1954 de
Raymond Dumay
Le doux et sensible Vauvenargues, disent les manuels de littérature.
Doux et sensible, certes, mais aussi amoureux et résolu, machiavélique et ambitieux. Ce moraliste qu’on veut nous faire passer pour tiède est d’abord un conquérant. C’est le capitaine Fracasse de notre littérature.
Tandis que le mistral chantait dans les pins et que les ruisseaux murmuraient à mes pieds, j’ai ouvert au hasard le petit recueil scolaire où j’ai fini par marquer d’une croix presque toutes les maximes. (...) Il est des écrivains qui me forcent à penser, d’autres qui m’émeuvent. Sa pensée si droite, sa poésie si profonde atteignent l’âme et l’espri
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Ma route de Provence : 1954 de
Raymond Dumay
En Avignon et à Fontaine de Vaucluse
Qu’il est tentant de suivre le jeune Pétrarque dans ces ruelles qui n’ont pas changé depuis le 6 avril 1327, jour où, sur le parvis de l’église Sainte Claire, il entrevit Laure, Provençale blonde. « Des cheveux d’or flottaient sur ses épaules, son teint était d’une blancheur éclatante, sa bouche n’offrait que de perles et des roses, sa taille était fine et souple. » Elle portait une robe de soie verte semée de violettes et l’atour, sorte de béguin, encadrait son visage.
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Ma route de Bourgogne : 1948 de
Raymond Dumay
Romain Rolland avait l’art involontaire de provoquer des dévouements familiaux. Sa mère morte, sa soeur refusa de se marier pour veiller sur lui, car sa santé exigeait de constants ménagements.
Il arriva qu’un jour au fond de la Russie, une jeune fille lu Jean-Christophe. Après le dernier volume, elle se leva, boucla une valise, franchit la frontière, traversa l’Europe arriva jusqu’au lac suisse où vivait son homme de génie et l’épousa.
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Guide du vin de
Raymond Dumay
Jamais homme noble ne hait le bon vin.Rabelais.
p. 386