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Citations de Régis Jauffret (25)


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  • Par Malaura, le 05/02/2012

    Claustria de Régis Jauffret

    Les enfants de la cave :

    Le ciel il est plein d’air ? Qui lui met les nuages ?
    Qui le remplit de pluie ? Qui allume les étoiles ?
    Qui pousse le soleil ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui donne le matin des coups de pieds à la lune pour l’empêcher de cacher les rayons ?
    C’est de la fumée la nuit ? L’herbe ça pique les pieds ?
    Elles s’arrêtent où les routes ?
    On fait bouger la Terre quand on marche dessus ?

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  • Par Bibalice, le 12/01/2012

    Claustria de Régis Jauffret

    Roman essuie de sa main gantée les flocons tombés sur ses lunettes. Il aperçoit un éclat de la maison à quelques pas de lui, mais il ne s'avance pas pour le ramasser et l'installer de retour chez lui sur la cheminée de son salon comme un éclat du mur de Berlin. Pas de relique, sa mémoire en est pleine à dégueuler chaque nuit dans ses rêves.

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  • Par mustango, le 26/03/2010

    Sévère de Régis Jauffret

    Un mannequin. Un anonyme. Une bête dans sa carapace. Un insecte nuisible, énorme, grotesque et rose comme de la layette de fille.
    J'ai tiré.

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  • Par Bibalice, le 12/01/2012

    Claustria de Régis Jauffret

    L'infirmier est revenu vers nous en crachant des bouffées. Me prenant pour un confrère, il m'a salué d'un hochement de tête que je lui ai aussitôt rendu.
    - Willst du eine Zigarette ?
    Il a sorti son paquet de sa poche.
    Je lui ai répondu ja, ja.
    - Sie arbeiten in diesem Krankenhaus ?
    Je n'ai pas compris sa question, d'ailleurs je ne suis pas sûr qu'il me l'ait posée. J'ai cru m'en souvenir le soir phonétiquement et c'est le concierge de l'hôtel qui a cru reconnaître ces mots.
    - Il voulait savoir si vous travailliez à l'hôpital.
    J'avais répondu à l'infirmier d'un simple ja, mais cette fois mon accent m'avait trahi. Il s'est mis a hurler, tant et si bien que Roman a détalé. Tandis qu'il lui courait après, je me suis enfui.

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  • Par Bibalice, le 11/01/2012

    Lacrimosa de Régis Jauffret

    Chère Charlotte,

    Vous êtes morte sur un coup de tête d'une longue maladie. Le suicide a déferlé dans votre cerveau comme une marée noire, et vous vous êtes pendue. Vous habitiez Paris depuis quatorze ans, mais le 7 juin 2007 vous avez pris le TGV pour Marseille. Comme si l'espèce humaine avait une mémoire d'éléphant, et qu' elle revienne parfois creuser sa tombe près du lieu où elle s'était frayé un chemin autrefois pour quitter l'utérus de sa mère et débarquer dans l'existence.

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  • Par Seraphita, le 26/11/2010

    Sévère de Régis Jauffret

    Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c’est moi qui l’ai inventée. Si certains s’y reconnaissaient, qu’ils se fassent couler un bain. La tête sous l’eau, ils entendront leur cœur battre. Les phrases n’en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre.

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    la tentation du clitoris de Régis Jauffret

    Je veux bien m’accommoder des conditions matérielles de mon existence, mais l’orgasme n’est
    pas négociable, c’est un droit et un devoir à la fois, si je ne l’atteins pas au-delà du médiocre je serai
    coupable moi aussi et je continuerai à développer des maladies opportunistes dont mon apparence fera un jour les frais au risque de repousser les derniers amants susceptibles de me grimper comme n’importe quelle jument sauvage, n’importe quelle chatte de gouttière, n’importe quelle humaine en somme, puisque nous sommes pourvues des mêmes organes sensibles comme les boyaux tendus à l’extrême d’un Stradivarius

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  • Par brigetoun, le 29/10/2010

    Week-end familial à Clichy-sur-mer de Régis Jauffret

    Ces gens comme des exutoires, des mutants au dos immenses, qui devaient porter comme des bourriques toutes les poubelles de la Nation. Cette ville sans ville, cette architecture méprisante, cette architecture comme une insulte. Clichy, bâtie au fond d'une impasse, au fond d'un couloir

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  • Par verocel, le 31/10/2011

    Autobiographie de Régis Jauffret

    Souvent, elle était si fatiguée qu'elle préférait rester à la maison, et je partais seul en week-end. Je la retrouvais le dimanche soir encore plus triste. J'avais beau la malmener je n'obtenais d'elle aucun sursaut d'énergie, juste un surplus de larmes dont je ne savais que faire.

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  • Par trilli1411, le 11/04/2011

    Asiles de fous de Régis Jauffret

    "Sa bite qu'il prenait pour un étendard lorsqu'elle se dressait dans le lit avec la vulgarité de ces gens qui croient distingué de mettre leur petit doigt en l'air en saisissant leur tasse de thé quand ils sont en visite chez une fausse duchesse à la peau fanée, flétrie, pourrie comme le parquet de leur boudoir fait de planche de cercueils exhumé après trois siècles de caveau."

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  • Par Seraphita, le 26/11/2010

    Sévère de Régis Jauffret

    Personne n’est jamais mort dans un roman. Car personne n’existe dedans. Les personnages sont des poupées remplies de mots, d’espaces, de virgules, à la peau de syntaxe. La mort les traverse de part en part, comme de l’air.

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    Vivre encore, encore de Régis Jauffret

    Dans les sous-sols les rames du métro transportent des tonnes de chair gorgées de réflexions, de découvertes, d’inventions qui n’éclateront jamais au grand jour.

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    Vivre encore, encore de Régis Jauffret

    Tout ce que vous entendez, tout ce que vous voyez, tout ce que vous laissez passer à travers vos organes sensoriels. Vous contamine à jamais. Vous avez les guerres en vous, vous êtes un champ de bataille, une rue en flammes.

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  • Par brigetoun, le 29/10/2010

    Week-end familial à Clichy-sur-mer de Régis Jauffret

    Quand je me suis installé, Clichy n’était pas encore un lieu de villégiature, et les commissaires-priseurs bradaient la ville lors de ventes aux enchères qui attiraient artistes et publicitaires désireux d’acquérir un lieu de vie plus spacieux que leurs lofts étriqués de la Bastille. Les pauvres étaient devenus trop nombreux, et comme on était lassé de les stocker aux alentours de la capitale, on avait décidé de les exporter dans un pays du tiers monde, où fondus dans une population encore plus misérable, ils ont pu goûter de la malnutrition et du cannibalisme qui lui est conséquent.

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  • Par mustango, le 26/03/2010

    Sévère de Régis Jauffret

    Il a alors lâché cette phrase que j'ai décidé de ne jamais lui pardonner.
    -un million de dollars, c'est cher payé pour une putain.

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  • Par listesratures, le 05/09/2009

    Ce que c'est l'amour : Et autres microfictions de Régis Jauffret

    "Ma femme est une harpie. Je suis un monstre. Nous nous aimons."

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    Vivre encore, encore de Régis Jauffret

    Vous ne voulez pas m’aimer ? Je vous sens rétifs, avares de vos sentiments. Comme vous voudrez. Moi je vous ai aimés, j’ai des droits sur vous à jamais.

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    Vivre encore, encore de Régis Jauffret

    Matière, nous faisons partie de la matière de l’espèce humaine. Il n’y a aucun interstice, pas d’air, pas de lumière. Nos organismes sont accoutumés à s’en passer depuis cent mille années. Nous pensons, c’est un ingrédient qui entre dans notre composition. Nous pensons de la tête au pied, des pieds à la tête, du matin au soir, du soir au matin.

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    la tentation du clitoris de Régis Jauffret

    Apaisées, nous ne perdrions plus notre existence à chercher à nous mettre dans tous nos états pour éprouver autre chose que la joie modeste et suffisante de se sentir vivante, nous n’habiterions
    alors plus que notre cerveau, redécouvrant cet organe délaissé, en ruine, et pourtant si riche en cellules, en possibilités de connexions, nous nous adonnerions avec délices à la pensée, à la réflexion, à l’invention de mondes nouveaux si nombreux, si incalculables, que nous les oublierions au fur et à mesure de leur apparition,

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  • Par brigetoun, le 30/10/2010

    la tentation du clitoris de Régis Jauffret

    Donnez-moi l’orgasme, le mien, celui qui convient à la femme, je deviendrai alors l’égale de la grande explosion qui a mis au monde l’univers, et peu m’importera alors mon plan de carrière réduit depuis longtemps à l’encéphalogramme plat des accidentés, je m’engage à vivre de rien, me contentant d’un repas de sucres lents, de l’eau plombée d’un immeuble vétuste où j’occuperai le cagibi de l’appartement d’un vieux ménage qui me logera presque à l’œil pour agrémenter sa fin de la compagnie d’une femelle encore assez jeune pour faire retentir la jouissance comme si son corps tout entier était une sirène,

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