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Par Spilett, le 18/05/2012
Carbone modifié de
Richard K. Morgan
Dix chargeurs représentaient beaucoup de munitions... mais j'ai découvert que, certaines fois, mieux valait remplir l'air de balles que toucher sa cible.
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Par Spilett, le 15/05/2012
Carbone modifié de
Richard K. Morgan
L’œil humain est un instrument merveilleux. Avec un petit effort, il peut même échouer à voir les pires injustices.
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Par Dude76, le 12/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
- Le Comité de morale publique n'a jamais dépendu de Kaad pour trouver son venin. Il existe une haine générale dans le coeur des hommes. Tu as fait la guerre, Gil, tu devrais le savoir mieux que personne. C'est comme la chaleur du soleil. Des hommes comme Kaad sont simplement des personnalités locales, comme des lentilles pour concentrer les rayons du soleil sur des brindilles. On peut briser une lentille, mais cela n'éteint pas le soleil.
- Non, mais ce sera plus difficile de déclencher un incendie.
- Pendant un temps, oui. Jusqu'à la prochaine lentille, ou le prochain été caniculaire, et les feux reprennent.
- Tu deviens un peu fataliste sur tes vieux jours, mon con. (Ringil désigna les lumières des autres maisons.) À moins que ce soit lié à tes nouveaux quartiers de résidence?
- Non, c'est l'âge. Quand on vit assez longtemps, on apprécie davantage la valeur du temps qui reste. Assez longtemps pour reconnaître la fausseté d'une croisade quand on est appelé pour la mener. Par les dents d'Hoiran, Gil, tu es la dernière personne à qui je devrais avoir besoin de le dire. Tu as oublié ce qu'on a fait de ta victoire ?
Ringil sourit, sentit l'expression couler sur son visage comme du sang versé. Un réflexe, pour se barricader contre cette vieille douleur.
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Par Dude76, le 12/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
- Tu ne comprends pas, Gil. (Grâce-du-Ciel afficha un nouveau sourire incertain.) Je n'ai pas dit étaient morts, j'ai dit que seule leur tête est revenue. Chacune vivante, greffée à une souche d'arbre de vingt centimètres de haut. (Ringil le regarda sans répondre.) Vas-y. Explique-moi ça.
- Tu l'as vu ? De tes propres yeux ?
Un hochement de tête tendu.
- À une réunion de loge. Ils ont sorti une des têtes, placé les racines dans un bol d'eau, et, environ deux minutes après, ce putain de truc ouvre les yeux et reconnaît le maître de loge. Ça se voyait à son expression. Il ouvre la bouche, essaie de parler, mais il n'a pas de gorge, pas de cordes vocales, alors on n'entends qu'un cliquetis et les lèvres qui bougent, la langue qui sort, puis ça commence à pleurer, les larmes coulent sur ses joues. Milacar déglutit péniblement.) Après cinq minutes comme ça, ils sortent le machin de l'eau, et ça s'arrête. D'abord les larmes, comme si elles s'asséchaient, puis toute la tête arrête de bouger, ralentit comme un vieux qui meurt dans son lit. À part que la tête n'est pas morte. Dès qu'on remet de l'eau... (Il eut un geste impuissant de la main?) Ça recommence, pareil.
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Par Dude76, le 09/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
La Chambre des Confidences était un radeau couvert d'une tente, fait de bois rares et de soie, ancré au centre d'un bassin fermé de cinquante mètres de diamètre, dont les seules fenêtres se situaient dans le toit. L'eau tombait en cascade le long des murs de marbre soigneusement sculptés de la pièce, rendant toute écoute impossible, et les eaux du bassin étaient peuplées de pieuvres particulièrement intelligentes qu'on nourrissait souvent de criminels condamnés. Ce qui se disait dans la Chambre des Confidences n'était destiné qu'aux oreilles auxquelles l'empereur faisait toute confiance, ou à celles qui n'en sortiraient pas. Et, en ces temps incertains, il n'était pas toujours facile de savoir à quel groupe l'on appartenait.
Archeth observa avec une indifférence droguée les coups d'œil furtifs que lançaient au bassin les deux courtisans supérieurs qui avaient entrepris de l'amener jusque-là. Sous les vaguelettes, il était impossible de distinguer quoi que ce soit avec certitude. Une tache tremblante de couleur pouvait être une pieuvre ou simplement une pierre. Une ligne sous l'eau était un tentacule, ou juste une algue. L'expression des courtisans reflétait chacune de ces incertitudes comme s'ils souffraient de quelque désordre intestinal, et la lumière pâle et ondulante de la pièce conspirait à souligner encore leur teint maladif.
Le visage de l'esclave qui servait de passeur révélait quant à lui aussi peu d'émotions qu'une pierre. Il se savait nécessaire pour ramener l'empereur, et était de toute façon sourd-muet, choisi avec soin, peut-être même mutilé spécialement pour sa charge. Il ne risquait ni d'entendre ni de révéler un secret.
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Par Dude76, le 09/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
Sa magnificence Jhiral Khimran II, fils aîné d'Akal Khimran, dit "le Grand", et à présent par succession royale châtelain d'Yhelteth, moniteur des sept tributs saintes, maître lecteur de la Prophétie, commandant en cher des forces armées impériales, seigneur protecteur des hautes mers et juste empereur de toutes les terres, ne leva pas tout de suite le regard du corps alangui de la jeune femme avec laquelle il jouait.
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Par Dude76, le 07/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
Commentaire d'introduction du traité sur les tactiques de tirailleurs que l'Académie militaire de Tirelayne avait poliment refusé de publier sous son nom : " Si vous ne connaissez pas les hommes sous vos ordres par leur nom, ne vous étonnez pas s'ils ne vous suivent pas au combat. Mais ne vous étonnez pas non plus s'ils vous suivent, car d'innombrables facteurs entrent en ligne de compte. Le commandement est une ressource fuyante, difficile à tenir ou à comprendre. " C'était la vérité, pure et simple, acquise à l'avant-garde sanglante de certains des plus âpres combats que les ville libres avaient connus de mémoire d'homme. Mais c'était, avait gentiment écrit le lieutenant éditeur de Trelayne, "trop vague pour que l'Académie considère cela comme une base d'entraînement. C'est l'ambivalence, plus qu'autre chose, qui nous conduit à décliner votre proposition. " En voyant cette dernière phrase sur le parchemin, Ringil s'était dit qu'une âme sœur l'avait rédigée.
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Par fnitter, le 19/04/2012
Black man de
Richard K. Morgan
Le complexe Haag ravage le système de Sevgi comme le vide sidéral qui s'infiltre par la coque déchirée d'un vaisseau. Les cellules se brisent, déversent leurs fluides vitaux. Les débris dérivent, son système immunitaire chancelle, se vidange désespérément, se cramponne aux renforts antiviraux que Standford lui a injectés, et pourtant il n'est pas de taille. Ses poumons commencent à se remplir. Ses fonctions rénales ralentissent, et il faut les stimuler de manière artificielle pour que ses reins n'explosent pas. Des tubes qui entrent et qui sortent. L'écoulement des déjections de son corps commence à la faire souffrir.
Elle a de plus en plus de mal à penser clairement sur le long terme.
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Par Dude76, le 12/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
- Avec un plafond pareil, tu vas te faire arrêter, Grâce, dit-il d'un ton distant.
- Pas dans ce quartier. (Milacar le rejoignit à la balustrade et inspira l'air des Clairières comme un parfum.) Le Comité ne fait pas de visites à domicile par ici. Tu devrais le savoir.
- Tout n'a pas changé, alors.
- Non, les inégalités demeurent.
- Oui, j'ai vu les cages en arrivant.
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Par Dude76, le 15/11/2010
Terre de héros, Tome 1 : Rien que l'acier de
Richard K. Morgan
Mais il y avait les autres.
Les faibles et les imbéciles, par dizaines, blottis à présent parmi leurs égaux, effrayés par la nuit froide au-delà de leur feu de camp et de tout ce qu'elle contenait. Effrayés presque autant par tout ce qui pourrait perturber une vision bordée de vastes ciels vides et de l'horizon inchangé de la steppe. Egar vit leur visage, les reconnut grâce à ceux qui se détournaient quand il croisait leur regard.
Et derrière ces visages, se nourrissant et jouant de ces peurs, les avides, les installés, ceux dont la haine du changement émanait d'un souci plus prosaïque : ce qui perturbaient l'ordre ancien mettrait en péril leur propre position privilégiée dans le clan. Ceux pour qui le retour héroïque du Tueur de Dragons avait été salué non avec joie, mais avec une méfiance froide et une vive inquiétude pour la propriété des troupeaux et la hiérarchie du clan. Et dans leur nombre, constata-t-il avec honte, figuraient au moins quelques-uns de ses frères.
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