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Critiques de Richard Morgiève


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    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 10/07/2012


    United Colors of Crime United Colors of Crime de Richard Morgiève

    Chem Chlebek est un capo de la mafia New-Yorkaise des années 50. Il fuit au Texas avec sur le siège passager un sac plein de fric qu'il a dérobé à un des lieutenants du chef de famille avant de le trouer de balles dans une rue sombre.

    Dans le désert, il tombe dans un piège et se fait tabasser. Ses assaillants le laissent pour mort, mais n'emportent pas l'argent qu'il a eu le temps de planquer. Un homme étrange, un scientifique allemand réfugié durant la guerre, le trouve et le soigne avec sa jeune femme Dallas. Une indienne qui n'a qu'un seul œil mais qui voit plus loin que tous les hommes.
    Chem est défiguré, fini le joli minois. Sa vie antérieure de bandit a aussi quitté sa peau. Il lui reste cependant les réflexes du tueur et l'envie de s'en sortir et de fuir à nouveau avec Dallas.

    Chem n'est qu'un homme en fuite. Pour cela il change de peau et d'apparence. De nom aussi. Déjà, durant la guerre, en Italie, il a quitté sa vie une première fois et son nom pollack par la même occasion pour prendre celui d'un autre, mort au combat.

    Dallas va l'aider à se transformer. Elle et un vieux sorcier indien vont l'aider à ressusciter, à renaitre de ses cendres. Pour cela, Chem va devoir "s'affranchir", briser ses adversaires et se réconcilier avec la mafia. S'affranchir aussi du pouvoir de l'argent. Se dépouiller pour sauver sa peau.

    United Color of Crime est un polar chamanique. Richard Morgiève nous parle de la possibilité de renaitre y compris de ses cendres. Qu'il faut savoir parfois se dépouiller et s'en remettre aux êtres qui nous aiment pour se dépasser. Il nous parle aussi de violence et du pouvoir des rêves. Les personnages "secondaires" jouent un grand rôle dans le roman. Un shérif malade et affectueux, un curé désabusé et brutal, un indien chaman déjanté, un truand "El magnifico" handicapé et fan de Marcel Cerdan. Aucun n'est réellement à sa place dans cette histoire mais l'ensemble joue juste.

    8 juillet 2012

    Critique de qualité ? (13 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 11/06/2012


    Mouton Mouton de Richard Morgiève

    Michel Mouton est un homme bien rangé. Il vit dans une résidence à son image. Propre, discrète, conforme à l’idéal de vie d’un célibataire de la classe moyenne qui ne veut pas faire de vague. Il consomme comme la société lui demande, c'est-à-dire qu’il est capable d’épargner 6 mois de salaire pour s’acheter une PEUGEOT au-dessus de ses moyens qu’il bichonne et à qui il parle comme s’il s’agissait de sa femme. Au travail Mouton est « thanatopracteur », il prépare les corps des défunts, avec beaucoup de respect et de professionnalisme.
    Tout est huilé dans cette vie insipide au sein de cette société bizarre. L’ambiance ressemble à ce qu’on pourrait imaginer être une fusion entre 1984 d’Orwell et la série Six feet Under. Le président décide qu’il faut abolir l’orthographe compliqué (les ique deviennent ic). Mouton parle aux morts qu’il conserve dans ses tiroirs surgelés.

    Jusqu’au jour où un double de lui-même, un homonyme complétement barré, débarque dans son appartement et met tout sens dessus dessous. Cet autre Michel Mouton est-il réel ou le personnage principal devient il fou ? Quoiqu’il en soit, le « Mouton noir » traumatise tant le « Mouton blanc » que ce dernier va sortir des gongs de sa vie plate. D’abord sous l’effet des drogues que l’autre lui file en douce, puis sous l’effet de la rage et du désir de le tuer. Son éveil sexuel explose. La belle Jessica, hôtesse d’accueil nympho qui ne le regardait pas avant sa transformation lui saute littéralement à la braguette. Son bel appartement et sa magnifique PEUGEOT n’en réchapperont pas.

    J’ai beaucoup aimé l’humour corrosif de ce roman et la griffe de l’auteur me pousse à dévorer ses autres romans. Un Tom Sharpe à la française. Plus poétique.

    8 juin 2012

    Critique de qualité ? (12 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par babounette, le 08/05/2012


    Mon petit garçon Mon petit garçon de Richard Morgiève

    La superbe histoire d'un papa divorcé qui raconte avec beaucoup de pudeur et d'amour son petit garçon dont il est séparé, son chagrin, ses espoirs, un tout petit livre de 59 pages, qui nous laisse un peu triste après sa lecture.

    Critique de qualité ? (11 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 09/07/2013


    Cueille le jour Cueille le jour de Richard Morgiève

    Emilie a vingt et un ans, le bel âge parait-il. Mais Emilie ne sait pas ce que ça veut dire. Elle n'a pas connu son père et depuis sa naissance elle vit cloîtrée dans une grande demeure des Cévennes. Sa solitude commence à lui peser sur les épaules. Mais ce qui la révolte et dont elle prend conscience de jours en jours avec acuité, c'est le despotisme imposé depuis sa naissance par celle qu'elle ne peut appeler sa mère. Des brimades qui étaient relayées par la gouvernante.
    Tonsure, punitions corporelles avilissantes, telles ont été son lot pendant des années mais aujourd'hui elle se rebiffe. Elle se libère en confiant à son journal intime sa rancœur mais aussi ses espoirs. Ainsi elle a aperçu par dessus le muret qui clôt la propriété où elle végète un homme habillé de gris conduisant un cheval boiteux. Un simple regard a suffit pour lui faire entrevoir un avenir auquel elle n'osait penser. Elle n'a de cesse de le revoir et ses oreilles sont à l'aguets des clochettes annonçant le passage de la monture et de son cavalier. Cela ne tempère pas la haine qu'elle voue à sa génitrice, mais lui insuffle l'espoir de connaître autre chose que la misère sentimentale qui l'étreint. Avec en filigrane le souvenir de ce père qu'elle n'a pas connu et qui lui manque terriblement.
    Emilie incarne en cette fin du dix-neuvième siècle la révolte de la femme sur qui pèse la tutelle matriarcale. Elle n'a pas de système de défense bien défini, mais elle veut se défaire du joug qui l'oppresse. En même temps elle découvre l'amour, sentiment jusqu'alors inconnu d'elle qui ne vivait que dans la haine et la terreur. La passion la submerge et elle se laisse dévorer.
    Richard Morgiève se révèle au fil de ses romans comme un auteur intimiste, sensible à la souffrance morale des êtres humains, pudique et tendre. Il pose sur son entourage un œil tendre mais en même temps il se cache, se voilant d'une verve flamboyante tels ces timides qui se drapent dans l'agressivité.


    Lien : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par blandine5674, le 24/09/2014


    Un petit homme de dos Un petit homme de dos de Richard Morgiève

    Deuxième lecture de ce roman.
    Dans le portrait que son éditeur dresse de lui, il est écrit que Morgiève pratique, je cite, « le hors piste littéraire ».
    J'aime la façon d'écrire de Morgiève : libre, excessif, sincère et unique. Tout le contraire du roman commercial.
    Grande passion amoureuse entre un petit Polonais et une fille-mère d'une grande beauté. Le parcours de ce trafiquant, intelligent, parlant six langues, charmeur, excessif, que l'on l'aime et déteste à la fois, est raconté par son fils. Autobiographique, je pense.

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par cecileo, le 05/04/2011


    Un petit homme de dos Un petit homme de dos de Richard Morgiève

    Au cœur de l’Ardèche, en 1942, l’ancien palace « La Cour des Miracles » a été transformée en refuge pour les réfugiés polonais. C’est ainsi que Stéphane Eugerwicz, petit homme de 1m68 débarque avec ses acolytes dans la petite ville de S. et y fait la connaissance d’Andrée. Andrée est une jeune veuve ravissante, mère d’un petit Simon, qui se languit de refaire sa vie. Stéphane est un beau parleur, polyglotte et instruit : il éblouie la jeune femme, et même si son passé est confus, ses affaires louches et son entourage trouble, il séduit la jeune femme et l’épouse. C ‘est le début d’une folle passion, d’une folle qui démarre dans l’opulence grâce au trafic du marché noir . Puis viendra le déclin par la trahison du meilleur ami.

    C’est leur fils, Mietta, qui sera le narrateur de cette magnifique histoire d’amour.

    Voilà un roman comme je les aime ! Je suis ravie d'avoir mis la main sur cette pépite aux hasards de mes déambulations de lectrice compulsive, au détour d'une allée de libraire, -acheté simplement parce qu'il était soldé !-

    Un roman curieusement construit : Mietta est spectateur de cette histoire d’amour et de famille avant même sa naissance, parle de lui à la troisième personne tout le long du roman, tout en s’attribuant le mode possessif parlant de « mon père », « mon frère »…

    « Si tu t ‘appelles Mietta, a dit un jour ma mère à son fils, c’est à cause d’un autre Mietta. Il était merveilleux, il faut que tu lui fasses honneur. Mietta a demandé à ma mère pourquoi on ne l’avait pas appelé Stéphane comme mon père. Ma mère a dit : « deux Stéphane dans la même famille ? Tu veux me tuer, petit bandit ? »

    Le narrateur ne (re)trouve sa véritable identité à la première personne que dans les trois dernières pages du livre. Comme si enfin, la boucle était bouclée, comme si le fils parvenait enfin à être plus grand que le père. Ce procédé aurait pu me gêner, mais il m’a carrément emballée, tant j’ai eu plaisir à me laisser séduire par le personnage bouillonnant et tourmenté de Stéphane, emportée par ce roman qui ne souffre d'aucun temps mort .

    Je peux même vous dire que j’ai refermé ce livre, touchée coulée, les larmes aux yeux, le vague à l’âme.

    Intriguée, en surfant sur le Net,je découvre cet auteur, Richard Morgiève, lui-même à la vie chaotique (quelle est la part d’autobiographie ?), et à l’œuvre prolifique.

    Vous trouverez ICI un dossier complet sur l’auteur et l’écriture de ce roman. Un dossier très intéressant, que vous pourrez survoler pour vous donner envie de cette lecture que je vous recommande vivement.
    Un petit homme de dos, de Richard Morgiève- Editions Joëlle Lospeld- février 2006- 248 pages


    Lien : http://lectureamoi.blogspot.com/2011/04/un-petit-homme-de-dos-de-richard.html

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par AurelieLL, le 01/02/2014


    Boy Boy de Richard Morgiève

    Ce livre trônait sur une table de la bibliothèque, au milieu de plusieurs autres. Je les ai regardés. Feuilletés. J'ai hésité. Mais aucun ne retenait vraiment mon attention. Pas même celui-ci, alors qui c'était pourtant sa couverture qui m'avait interpellée, au début.

    J'ai continué mon errance dans la bibliothèque, trouvant ce que j'étais venue chercher. Mais je continuais à hésiter. Parce que l'histoire d'une fille qui s'appelle Boy, moi, ça m'attirait. Et puis, finalement, je suis partie avec le livre. Ne sachant pas s'il allait me plaire. Pensant même qu'il ne me plairait pas. Et les premières pages m'ont donné raison. Les problèmes existentiels de cette fille, ça allait bien un moment, mais ça allait finir par m'ennuyer. Enfin, c'était ce que je croyais au début. Parce que rapidement, j'ai compris que ce livre que j'avais entre les mains, avec son écriture à la fois si dure et si poétique, allait bien plus loin que ça.

    C'est un livre rouge. Noir. Blanc. Couleurs fortes. Couleurs sombres. Couleurs de sang et couleurs d'amour. Couleurs de mort. Couleur de vie.

    La vie. A toute allure. Notre vie. Avec sa folie et sa violence. Notre vie, dont une sorte d'amplification accentue toute l'absurdité. On le voit. On le sait. La vie est absurde. Tout comme la mort. Et pourtant, on continue à vivre et on continue à mourir. Parce qu'on ne peut faire autrement. Et qu'au fond, on aime ça.

    On ressort de ce livre avec une envie de vivre. Furieusement.

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par Lhumanite, le 27/01/2014


    Boy Boy de Richard Morgiève

    Après United Colors of Crime, le romancier explore cette fois les fantasmes du Paris d’aujourd’hui.


    Lien : http://www.humanite.fr/culture/richard-morgieve-au-coeur-des-tenebres-557570

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 09/07/2013


    Fausto Fausto de Richard Morgiève

    Je vais finir par me demander si tous ceux qui veulent se faire un nom en littérature ne devraient pas commencer par l'écriture de romans policiers. Prenez les exemples de Jean Vautrin, Alain Demouzon, Jean François Vilar, Didier Daeninckx, et aujourd'hui Richard Morgiève.
    Ce n'est pas le tout d'écrire pour le plaisir d'aligner des mots les uns à la suite des autres. Le lecteur a droit à son emballage cadeau, c'est à dire une histoire. Mais une histoire qui intéresse, qui captive, qui tienne en haleine. Une histoire qui raconte quelque chose, même si celle-ci n'est pas crédible, n'en déplaise à monsieur feu Paul Bourget de l'Académie Française.
    Donc Richard Morgiève, quittant (à regret ?) sa défroque de Michel Bauman, pseudonyme sous lequel il écrivit ses premières œuvres, puis son statut d'auteur de romans noirs, se lance à corps perdu dans la littérature; de celle qui ne le fera peut-être pas manger tous les jours, mais ne laissera pas affamés tous ceux qui le dégustent, qui avalent ses ouvrages. Contrairement à ce que l'on croit, la littérature est restée, sauf rares exceptions, plus une nourriture spirituelle que terrestre.
    Fausto, qui doit son prénom à un père italien fervent admirateur de Coppi et cycliste convaincu, devient orphelin de père et de mère à cause justement de la petite reine. Vagabonder dans la nature, souvent hostile, n'est pas une vie pour un enfant. Alors Fausto se retrouve enfermé dans un pensionnat. Un orphelinat qui tient plus du bagne que de la Comédie Française. Là non plus ce n'est pas une vie pour un enfant qui a tout à apprendre, mais comme c'est légal et même imposé, que voulez vous qu'il fit ?
    Se rebeller avec dignité envers des " camarades " de chambrée trop entreprenants et avoir le dernier mot à force d'astuces, d'ingéniosité et de débrouillardise. Heureusement une bonne fée veille tendrement sur la jeunesse de Fausto et se manifeste en lui présentant tout d'abord Raymond, orphelin comme lui. Raymond le gros, le dodu, qui ne s'embarrasse pas de fioritures et lui offre son amitié sans contrepartie, lui faisant comprendre toutefois que l'amitié est une denrée à partager à deux. Ensuite la bonne fée le place chez un tailleur juif. La complicité s'établit entre le maître et l'élève. Fausto a enfin trouvé sa voie. Et ce n'est pas son passage à l'armée qui va l'en détourner. Au contraire. Il fera la connaissance d'un lieutenant à habiller et accessoirement à déshabiller.
    Richard Morgiève a écrit un roman dans lequel Fausto vit comme dans un conte de fées, avec ses heurs et ses malheurs. Le personnage déteindra-t-il sur l'auteur ? Il faut le souhaiter. Michèle Gazier, critique notamment à Télérama, écrivait lors de la parution de ce roman chez Seghers: " Il y a des injustices. Richard Morgiève mériterait à mon avis d'être beaucoup plus connu." Le tremplin de l'adaptation cinématographique de ce roman va peut-être enfin faire connaître aux lecteurs un talent caché et la parution d'un nouveau roman de Morgiève, " Andrée ", susciter un engouement profond.


    Lien : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par Lexpress, le 05/06/2012


    United Colors of Crime United Colors of Crime de Richard Morgiève

    Ecrit au couteau, baigné de gravité[…], de fraîcheur[…], et servi par un inflexible tempo, plutôt brasse papillon que nage indienne, United Colors of Crime est trempé d'une atmosphère à la Sam Peckinpah, d'images et de coups de poing à la Céline, de mises en abyme à la Duras.


    Lien : http://rss.feedsportal.com/c/568/f/480493/s/1ffd896e/l/0L0Slexpress0Bfr0Ccult...

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par mathilde50, le 26/04/2012


    Un petit homme de dos Un petit homme de dos de Richard Morgiève

    Février 1942. Andrée, une jeune veuve rencontre Stéphane, dont la petite taille est compensée par un charisme et une gouaille incroyable. C’est le coup de foudre ; le grand, le vrai amour qui fera qu’Andrée va épouser son petit Polonais, malgré ses magouilles et ses infidélités.

    Richard Morgiève raconte dans ce livre rempli de tendresse la vie de sa famille. De sa mère, femme aimante et adorée. De ses frères et sœurs, personnages à part entière de ce roman. Mais surtout de son père, homme incroyable, toujours suivi de son clan, des Polonais exilés comme lui, qui donneraient leurs vies pour Stéphane et sa famille.
    C’est une déclaration d’amour troublante qu’offre Morgiève à ses parents qu’il a si peu connu.

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 10/04/2011


    Legarçon Legarçon de Richard Morgiève

    Morgiève œuvra (sous le pseudo de Bauman) à ses débuts dans la collection Sanguine chez Phot’œil puis Albin Michel ou encore Engrenage du Fleuve Noir. Depuis Il a creusé son sillon, s’imposant avec un style, (des styles ?) particulier. Notamment avec Fausto, chez Seghers en 1990 qui déjà décrivait le parcours d’un orphelin, ou encore avec Andrée ou Cueille le jour, en marge du fantastique, chez Robert Laffont, sans parler de ses dernières productions chez Pauvert. D’ailleurs il semble que le passage 2000/2001 fut bénéfique pour cet auteur en marge puisque pas de 6 titres ont été édités durant cette période, alors qu’il publiait bon an mal an i titre par an avec une interruption de 1997 à 1999. Mais les aléas de l’édition… Donc Legarçon est l’histoire d’un enfant, battu, victime, abusé par la vie et les hommes (et les femmes) dont l’éducation laisse plus qu’à désirer, marginal en un mot, martyr à l’occasion. Ecrit à la troisième personne, mais cela n’aurait pas dérouté le lecteur que l’emploi du Je fus systématique, ce roman est comme une incursion dans la pensée du narrateur par procuration. Avec une forme d’écriture parfois déroutante, la respiration du texte étant hachée, la ponctuation volontairement décalée, comme si l’auteur recueillait les pensées de son personnage, à, chaud, sans remettre en forme ses déclarations, ses mémoires, son parcours d’enfant des rues. Un livre émouvant, poignant, touchant, dérangeant, scatologique parfois mais comme pourrait s’exprimer un gamin qui survit, n’ayant pas de gants à prendre avec la société. Un beau livre, ardu de temps en temps à la lecture, mais qui a demandé de la part de l’auteur une rigueur à laquelle on n’est plus habitué.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 31/12/2010


    Un petit homme de dos Un petit homme de dos de Richard Morgiève

    J'ai dévoré ce livre avec la même gourmandise que celle dont fait preuve le héros pour la vie.
    Le narrateur de cette histoire est le dernier fils de ce couple farfelu, de ces deux êtres qui s'aimaient d'amour fou. Il a été spectateur de la deuxième partie de leur vie, pas la plus agréable, et tente après la mort de son père de reconstituer leur histoire.
    J'ai été emportée par la truculence des personnages et ravie de me laisser embringuer dans le tourbillon de leur vie dissolue. L'émotion a pointé son nez au récit de la décadence de cet homme que l'on n'arrive pas à détester malgré sa cupidité. Les apartés du narrateur, qui observe la folie de ce père inaccessible et assiste au déclin de ce couple amoureux, ponctuent le roman.



    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/09/06/index.html

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    • Livres 4.00/5
    Par VanilleLN, le 17/04/2014


    Boy Boy de Richard Morgiève

    "Vivre pour quoi ? Pour écrire des histoires. Pour écrire des histoires tant qu'on peut."

    Le roman s'ouvre sur une scène de guerre au Tonkin, en 1951. Boy, le héros, est blessé. Il recoud lui-même sa plaie. Scène d'horreur. Deux combattants le rejoignent qui découvrent que Boy est une fille. Le lecteur, lui, se rend compte que la scène ne se déroule pas au Tonkin en 1951 mais en banlieue parisienne, aujourd'hui. Seule la blessure de Boy est bien réelle, ainsi que son auto-opération "comme une auto-fiction". Quelque chose a dérapé et Boy "est triste. Les histoires lui échappent. Elle ne parvient pas à les tenir. À les faire marcher droit."

    Boy est le nom que donnait son écrivain de père à ses personnages inaboutis. Alors qu’il est réduit à un état végétatif par un accident cérébral, sa fille tente de continuer son travail et de donner corps à ses histoires au point de les vivre. "Elle ne peut pas expliquer son rapport aux histoires. Et surtout aux histoires de son père. Elle les joue pour qu'elles existent et qu'en existant elles viennent au secours du père, que les héros du père le tirent de là. Ce sont des êtres violents et courageux. Des êtres de parole..."

    Boy joue pour sauver son père et pour exister, au risque de se perdre.

    "Boy marche, elle vit. Mais elle n'arrive pas à se dire qu'elle vit. Elle survit, s'adapte. Si elle vivait... Au fond, elle ne sait pas ce qu'elle ferait si elle vivait. Elle a peur d'être dans une histoire. D'avoir quitté la réalité. D'être le personnage d'une histoire, sans le savoir. Ça fait peur. Très peur. Ce n'est pas la première fois. Elle lutte contre la panique. Elle se récite la check-list : « Je m'appelle Boy. Je suis une fille. Je suis la fille de mon père. Mon père existe. Je m'appelle Boy.»"

    Boy ne sait pas qui elle est, ni où elle va. Elle cherche l'amour – d'un homme ? D'une femme ?... – et une raison de vivre. "Vivre sans être, ce serait une solution." Mais ce n'est pas possible. "Quand la vie est jeu, il suffit de vivre." Mais "la vie défile, bien plus complexe que les jeux."

    Et les histoires s'échappent. Elles entraînent auteur, personnages et lecteur dans un tourbillon infernal. Impossible de les faire tenir, de les faire marcher droit.

    Cette manière unique de faire marcher l'histoire de travers permet à Richard Morgiève de nous amener au cœur des pensées et de l'intime de personnes bousculées par la vie, disloquées par le violence du monde (symbolisée dans le récit par Bill, "la réincarnation du mal", "l'au-delà dans le présent"...). En transportant le lecteur dans un univers hyperréaliste quoique – parce que – baroque et fantasmagorique, en mettant en scène une symphonie fantastique pessimiste, l'auteur met en lumière, par contraste avec la noirceur du décor, les exclus magnifiques, combattants et finalement debout.

    C'est un monde en miettes qui nous est présenté, "un monde d'images où il n'y a plus de place pour les souvenirs." Où "il faut tweeter pour exister". Où les gens ne sont plus perçus pour ce qu'ils sont mais par ce qu'ils donnent à voir d'eux-mêmes. Le virtuel envahit, contamine le réel, "les images se mêlent à nos existences et les modifient." Les avatars se confondent avec leurs créateurs, le cliché devient vérité. On pourrait lire entre les lignes la métaphore critique des réseaux dits "sociaux" et qui engendrent davantage de cynisme, de cruauté et de mensonge que de relations et de partages. Les personnages sont à la fois hyper-modernes, connectés, perdus entre virtuel et réalité, et symboles, comme l'ont été en leur temps les héros de Zola ou Victor Hugo, de leur époque malade et insensée. "Les questions, on n'y répond jamais. Il n'y a pas de réponse. La vie est absurde."

    Boy porte à elle seule toutes les blessures du siècle. Elle "se sent encore plus morcelée qu'avant, elle est un patchwork." Elle "essaye de se souvenir de sa vie. Tout lui paraît non pas factice mais absurde, impossible, irréel." Elle ne sourit pas, ne sait pas comment vivre. " - Pas sûr que la vie existe. - La vie existe mais elle ment tout le temps." Flottant entre réel et virtuel, entre hommes et femmes, Boy est mouvante, protéiforme, elle "s’invente au fur et à mesure qu’elle vit". Vite. Les phrases sont acérées, tranchantes, nerveuses, habitées de peur et de désir mêlés.

    Boy ne sourit pas, est toujours sur la défensive, est hantée par des cauchemars qui "fabriquent la réalité". Sans cesse, elle tente de survivre, de s'adapter, trop occupée à soigner son père grabataire et absent, trop débordée par cette colère intérieure qu'elle s'efforce de canaliser, trop accaparée par la recherche d'un amour total, absolu, trop grand et trop fort, qu'elle espère autant qu'elle redoute, mais qui, elle en est sûre au fond d'elle, la sauverait de tout et comblerait "la joie furieuse qu'elle a de vivre".

    Car ce roman tragique et sombre aux allures de thriller, "roman épique sur décor sanglant" est avant tout un roman d'amour, déroutant, déstabilisant, incertain, éprouvant et par là même intense, passionné, incendiaire, magnifique.


    Lien : http://www.paroles-et-musique.com/2014/04/quand-la-vie-est-jeu-il-suffit-de-v...

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    • Livres 1.00/5
    Par Jacotte_Fenwick, le 03/04/2014


    Full Of Love Full Of Love de Richard Morgiève

    Pas pu lire une page. Pas de ponctuation, trop confus.

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    • Livres 5.00/5
    Par EdCDI, le 30/01/2014


    Boy Boy de Richard Morgiève

    Un livre haletant : Un roman que je n'ai pas lâché.Une héroïne attachante, une écriture qui laisse de la place au lecteur. Des accélérations et du temps, nécessaire parfois. Un monde à la fois ressemblant au nôtre, mais en "plus". Une envie folle de foncer, aller plus vite. Une envie de vivre fort.

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    • Livres 5.00/5
    Par ecompiegne, le 02/07/2013


    Cheval Cheval de Richard Morgiève

    Richard Morgiève est un grand auteur. Une écriture à découvrir, puissante et libre, remplie à ras bord d’humour, de rage et de désillusion. Cheval est un obus terriblement efficace, et la porte d’entrée idéale de son univers.

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    • Livres 5.00/5
    Par ecompiegne, le 02/07/2013


    United Colors of Crime United Colors of Crime de Richard Morgiève

    Ryszard Morgiewicz a fui l’Europe avec le nom d’un mort. Chaïm Chlebek fuit New York avec l’argent de la pègre. Le corps en miettes à la suite d’une embuscade, il est recueilli par un scientifique allemand et une Indienne irréelle. Incapable de mourir, il survit, se construit une nouvelle vie, tombe amoureux, tente de régler ses comptes… Richard Morgiève envahit les codes du roman américain pour dénoncer la victoire sans fin d’un monde contemporain absurde et désespérant, qui foudroie les oiseaux en plein vol, mais aussi pour nous rappeler l’étincelle de désir qui pousse les hommes à rester en vie malgré tout. Son écriture est vive et ne se refuse rien. C’est très beau.

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    • Livres 5.00/5
    Par musehic, le 19/02/2013


    United Colors of Crime United Colors of Crime de Richard Morgiève

    Une écriture à la fois dure et poétique. Des personnages à la fois durs et attachants.
    Une belle histoire d'amour, sur fond d'Histoire de la mafia américaine... l'Histoire dans la fiction.
    Bref, un livre dur et merveilleux... Un chef d'oeuvre disait François Busnel dans l'émission La Grande Librairie. Je confirme!

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    • Livres 0.00/5
    Par Lexpress, le 31/05/2012


    United Colors of Crime United Colors of Crime de Richard Morgiève

    Richard Morgiève vient de publier son meilleur roman depuis bien longtemps. On y retrouve toutes ses obsessions -la mort, l'absence, la solitude, le sexe...- avec, en plus, enfin, un style halluciné et magnifique qui le hisse au rang des grands écrivains qu'il admire tant.


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