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Par medsine, le 10/07/2012
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Chem Chlebek est un capo de la mafia New-Yorkaise des années 50. Il fuit au Texas avec sur le siège passager un sac plein de fric qu'il a dérobé à un des lieutenants du chef de famille avant de le trouer de balles dans une rue sombre.
Dans le désert, il tombe dans un piège et se fait tabasser. Ses assaillants le laissent pour mort, mais n'emportent pas l'argent qu'il a eu le temps de planquer. Un homme étrange, un scientifique allemand réfugié durant la guerre, le trouve et le soigne avec sa jeune femme Dallas. Une indienne qui n'a qu'un seul œil mais qui voit plus loin que tous les hommes.
Chem est défiguré, fini le joli minois. Sa vie antérieure de bandit a aussi quitté sa peau. Il lui reste cependant les réflexes du tueur et l'envie de s'en sortir et de fuir à nouveau avec Dallas.
Chem n'est qu'un homme en fuite. Pour cela il change de peau et d'apparence. De nom aussi. Déjà, durant la guerre, en Italie, il a quitté sa vie une première fois et son nom pollack par la même occasion pour prendre celui d'un autre, mort au combat.
Dallas va l'aider à se transformer. Elle et un vieux sorcier indien vont l'aider à ressusciter, à renaitre de ses cendres. Pour cela, Chem va devoir "s'affranchir", briser ses adversaires et se réconcilier avec la mafia. S'affranchir aussi du pouvoir de l'argent. Se dépouiller pour sauver sa peau.
United Color of Crime est un polar chamanique. Richard Morgiève nous parle de la possibilité de renaitre y compris de ses cendres. Qu'il faut savoir parfois se dépouiller et s'en remettre aux êtres qui nous aiment pour se dépasser. Il nous parle aussi de violence et du pouvoir des rêves. Les personnages "secondaires" jouent un grand rôle dans le roman. Un shérif malade et affectueux, un curé désabusé et brutal, un indien chaman déjanté, un truand "El magnifico" handicapé et fan de Marcel Cerdan. Aucun n'est réellement à sa place dans cette histoire mais l'ensemble joue juste.
8 juillet 2012
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Par medsine, le 11/06/2012
Mouton
de
Richard Morgiève
Michel Mouton est un homme bien rangé. Il vit dans une résidence à son image. Propre, discrète, conforme à l’idéal de vie d’un célibataire de la classe moyenne qui ne veut pas faire de vague. Il consomme comme la société lui demande, c'est-à-dire qu’il est capable d’épargner 6 mois de salaire pour s’acheter une PEUGEOT au-dessus de ses moyens qu’il bichonne et à qui il parle comme s’il s’agissait de sa femme. Au travail Mouton est « thanatopracteur », il prépare les corps des défunts, avec beaucoup de respect et de professionnalisme.
Tout est huilé dans cette vie insipide au sein de cette société bizarre. L’ambiance ressemble à ce qu’on pourrait imaginer être une fusion entre 1984 d’Orwell et la série Six feet Under. Le président décide qu’il faut abolir l’orthographe compliqué (les ique deviennent ic). Mouton parle aux morts qu’il conserve dans ses tiroirs surgelés.
Jusqu’au jour où un double de lui-même, un homonyme complétement barré, débarque dans son appartement et met tout sens dessus dessous. Cet autre Michel Mouton est-il réel ou le personnage principal devient il fou ? Quoiqu’il en soit, le « Mouton noir » traumatise tant le « Mouton blanc » que ce dernier va sortir des gongs de sa vie plate. D’abord sous l’effet des drogues que l’autre lui file en douce, puis sous l’effet de la rage et du désir de le tuer. Son éveil sexuel explose. La belle Jessica, hôtesse d’accueil nympho qui ne le regardait pas avant sa transformation lui saute littéralement à la braguette. Son bel appartement et sa magnifique PEUGEOT n’en réchapperont pas.
J’ai beaucoup aimé l’humour corrosif de ce roman et la griffe de l’auteur me pousse à dévorer ses autres romans. Un Tom Sharpe à la française. Plus poétique.
8 juin 2012
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Par babounette, le 08/05/2012
Mon petit garçon
de
Richard Morgiève
La superbe histoire d'un papa divorcé qui raconte avec beaucoup de pudeur et d'amour son petit garçon dont il est séparé, son chagrin, ses espoirs, un tout petit livre de 59 pages, qui nous laisse un peu triste après sa lecture.
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Par Lexpress, le 05/06/2012
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Ecrit au couteau, baigné de gravité[…], de fraîcheur[…], et servi par un inflexible tempo, plutôt brasse papillon que nage indienne, United Colors of Crime est trempé d'une atmosphère à la Sam Peckinpah, d'images et de coups de poing à la Céline, de mises en abyme à la Duras.
Lien : http://rss.feedsportal.com/c/568/f/480493/s/1ffd896e/l/0L0Slexpress0Bfr0Ccult...
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Par InColdBlog, le 14/12/2011
Cheval
de
Richard Morgiève
Un cheval, des chevaux.
Un Cheval, des Cheval. Plus exactement deux Cheval.
Car chez les Cheval, il n’y a plus que le père et le fils. La mère est partie il y a des années de ça.
Chez les Cheval, on est forains de génération en génération, depuis 1897.
Sur le manège des Cheval, il n’y en a pas… de chevaux. Le père les a troqués contre des soucoupes volantes, plus modernes et plus futuristes.
Quand ils ne sont pas sur les routes à la recherche d’un coin où installer leur manège, les Cheval restent à Saint-Ambert, dans ce qui tient plus de la ruine que de la maison (à tel point, qu’ils couchent dans une caravane !), à côté de la décharge communale et pas loin du campement gitan.
« On a rien on est pauvre pas de mère pas de femme pas de fric pas de douche pas de lit, je sais bien qu’on arnaque qu’on vole, je sais qu’on est assez bêtes je sais tout ça mais j’ai le droit de demander de l’aide, de demander le coup de bol (…) »
C’est que le manège, ça nourrit pas son homme, ma bonne dame. Alors on se débrouille ; le père Cheval vivote de la revente de métaux, récupérés le plus souvent frauduleusement, et de la gruge aux aides sociales en faisant passer son fils pour plus jeune qu’il est, de façon à toucher les allocs.
D’ailleurs, quand on lui pose la question, Cheval fils est bien en mal de dire l’âge qu’il a exactement. C’est comme les cours de la bourse, ça fluctue selon les circonstances.
« On vit comme on peut, faut se débrouiller ici à Saint-Ambert j’ai quatorze ans à cause de l’école et des aides de la mairie pour les adolescents scolarisés, à la Préfecture qui balance un gros pactole pour les attardés mentaux j’ai douze ou treize ans je sais plus et sur la route j’en ai dix-huit à cause du permis, il y aurait une aide pour les barbus culs-de-jatte de vingt-cinq ans je serais barbu et j’aurais des béquilles. »"
Avec ces Cheval-là, on est plus dans la bête de somme que dans le pur-sang.
C’est une drôle d’équipe que ce père et ce fils , le premier aussi taciturne que l’autre est gouailleur ; deux êtres un peu frustes, poursuivis par la guigne, vivant à la marge du village qui voit d’un mauvais œil ces deux magouilleurs à la sale réputation. Qui plus est, dans cette France des années 60, le fils Cheval, avec son teint basané, est plutôt en délicatesse avec les partisans de l’Algérie française.
Ils forment un duo quasi fusionnel (jusque sur leur vélo… qui est en fait un tandem !) mais s’ils sont inséparables, c’est par la force des choses, pas par choix. Et le fils Cheval, il n’en peut plus de ce père toujours collé à ses basques. Il rêve de prendre son indépendance, fuir cette vie de m** et vivre sa vie comme un grand, comme il l’entend, espérant qu’une fois au moins la vie lui sourie.
« (…) si j’avais pas de père j’aurais du bol. Les orphelins je les envie, ils gagnent le tiercé à tous les coups. Moi avec mon père je fais quoi ? »
« Pour vivre tout son content faudrait pas avoir de père, le père a été inventé en même temps que Dieu pour que jamais le fils n’ait de répit et qu’on le recloue sans cesse au manège. »
Et plus que tout, le jeune Cheval fougueux veut coucher ! Car il a beau ne pas connaître exactement son âge, ses hormones le travaillent. C’est tout juste s’il ne pense plus qu’à ça.
Mais s’émanciper, couper le cordon, tuer le père n’est pas aussi facile qu’il le voudrait.
« (…) je peux plus voir mon père vivant et je veux pas le voir mort, je veux plus de nous deux et au fond je ne suis rien sans lui, c’est comme des mathématiques sans solution. On est les deux jambes les deux têtes du dernier Cheval, le dernier Cheval à deux corps mais un seul destin, péricliter. C’est pas que j’en ai assez, c’est que j’en ai trop (…) »"
Dans un style tout à la fois poétique et prosaïque, qui joue avec l’oralité, la ponctuation et la typographie, Cheval de Richard Morgiève dépeint les relations ambiguës d’un père qui ne s’est jamais remis du départ de sa femme et de son fils en route pour l’âge adulte.
Un portrait tendre et trivial, un brin mélancolique, de deux cabossés de la vie, qui ne sont pas de si mauvais bougres et savent se montrer touchants.
Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/12/12/%C2%AB-Juste-un-mauvais-moment-%C3%...
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Par Onclepaul, le 10/04/2011
Legarçon
de
Richard Morgiève
Morgiève œuvra (sous le pseudo de Bauman) à ses débuts dans la collection Sanguine chez Phot’œil puis Albin Michel ou encore Engrenage du Fleuve Noir. Depuis Il a creusé son sillon, s’imposant avec un style, (des styles ?) particulier. Notamment avec Fausto, chez Seghers en 1990 qui déjà décrivait le parcours d’un orphelin, ou encore avec Andrée ou Cueille le jour, en marge du fantastique, chez Robert Laffont, sans parler de ses dernières productions chez Pauvert. D’ailleurs il semble que le passage 2000/2001 fut bénéfique pour cet auteur en marge puisque pas de 6 titres ont été édités durant cette période, alors qu’il publiait bon an mal an i titre par an avec une interruption de 1997 à 1999. Mais les aléas de l’édition… Donc Legarçon est l’histoire d’un enfant, battu, victime, abusé par la vie et les hommes (et les femmes) dont l’éducation laisse plus qu’à désirer, marginal en un mot, martyr à l’occasion. Ecrit à la troisième personne, mais cela n’aurait pas dérouté le lecteur que l’emploi du Je fus systématique, ce roman est comme une incursion dans la pensée du narrateur par procuration. Avec une forme d’écriture parfois déroutante, la respiration du texte étant hachée, la ponctuation volontairement décalée, comme si l’auteur recueillait les pensées de son personnage, à, chaud, sans remettre en forme ses déclarations, ses mémoires, son parcours d’enfant des rues. Un livre émouvant, poignant, touchant, dérangeant, scatologique parfois mais comme pourrait s’exprimer un gamin qui survit, n’ayant pas de gants à prendre avec la société. Un beau livre, ardu de temps en temps à la lecture, mais qui a demandé de la part de l’auteur une rigueur à laquelle on n’est plus habitué.
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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Par cecileo, le 05/04/2011
Un petit homme de dos
de
Richard Morgiève
Au cœur de l’Ardèche, en 1942, l’ancien palace « La Cour des Miracles » a été transformée en refuge pour les réfugiés polonais. C’est ainsi que Stéphane Eugerwicz, petit homme de 1m68 débarque avec ses acolytes dans la petite ville de S. et y fait la connaissance d’Andrée. Andrée est une jeune veuve ravissante, mère d’un petit Simon, qui se languit de refaire sa vie. Stéphane est un beau parleur, polyglotte et instruit : il éblouie la jeune femme, et même si son passé est confus, ses affaires louches et son entourage trouble, il séduit la jeune femme et l’épouse. C ‘est le début d’une folle passion, d’une folle qui démarre dans l’opulence grâce au trafic du marché noir . Puis viendra le déclin par la trahison du meilleur ami.
C’est leur fils, Mietta, qui sera le narrateur de cette magnifique histoire d’amour.
Voilà un roman comme je les aime ! Je suis ravie d'avoir mis la main sur cette pépite aux hasards de mes déambulations de lectrice compulsive, au détour d'une allée de libraire, -acheté simplement parce qu'il était soldé !-
Un roman curieusement construit : Mietta est spectateur de cette histoire d’amour et de famille avant même sa naissance, parle de lui à la troisième personne tout le long du roman, tout en s’attribuant le mode possessif parlant de « mon père », « mon frère »…
« Si tu t ‘appelles Mietta, a dit un jour ma mère à son fils, c’est à cause d’un autre Mietta. Il était merveilleux, il faut que tu lui fasses honneur. Mietta a demandé à ma mère pourquoi on ne l’avait pas appelé Stéphane comme mon père. Ma mère a dit : « deux Stéphane dans la même famille ? Tu veux me tuer, petit bandit ? »
Le narrateur ne (re)trouve sa véritable identité à la première personne que dans les trois dernières pages du livre. Comme si enfin, la boucle était bouclée, comme si le fils parvenait enfin à être plus grand que le père. Ce procédé aurait pu me gêner, mais il m’a carrément emballée, tant j’ai eu plaisir à me laisser séduire par le personnage bouillonnant et tourmenté de Stéphane, emportée par ce roman qui ne souffre d'aucun temps mort .
Je peux même vous dire que j’ai refermé ce livre, touchée coulée, les larmes aux yeux, le vague à l’âme.
Intriguée, en surfant sur le Net,je découvre cet auteur, Richard Morgiève, lui-même à la vie chaotique (quelle est la part d’autobiographie ?), et à l’œuvre prolifique.
Vous trouverez ICI un dossier complet sur l’auteur et l’écriture de ce roman. Un dossier très intéressant, que vous pourrez survoler pour vous donner envie de cette lecture que je vous recommande vivement.
Un petit homme de dos, de Richard Morgiève- Editions Joëlle Lospeld- février 2006- 248 pages
Lien : http://lectureamoi.blogspot.com/2011/04/un-petit-homme-de-dos-de-richard.html
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Par musehic, le 19/02/2013
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Une écriture à la fois dure et poétique. Des personnages à la fois durs et attachants.
Une belle histoire d'amour, sur fond d'Histoire de la mafia américaine... l'Histoire dans la fiction.
Bref, un livre dur et merveilleux... Un chef d'oeuvre disait François Busnel dans l'émission La Grande Librairie. Je confirme!
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Par Lexpress, le 31/05/2012
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Richard Morgiève vient de publier son meilleur roman depuis bien longtemps. On y retrouve toutes ses obsessions -la mort, l'absence, la solitude, le sexe...- avec, en plus, enfin, un style halluciné et magnifique qui le hisse au rang des grands écrivains qu'il admire tant.
Lien : http://rss.feedsportal.com/c/568/f/480493/s/1fd7d290/l/0L0Slexpress0Bfr0Ccult...
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Par mathilde50, le 26/04/2012
Un petit homme de dos
de
Richard Morgiève
Février 1942. Andrée, une jeune veuve rencontre Stéphane, dont la petite taille est compensée par un charisme et une gouaille incroyable. C’est le coup de foudre ; le grand, le vrai amour qui fera qu’Andrée va épouser son petit Polonais, malgré ses magouilles et ses infidélités.
Richard Morgiève raconte dans ce livre rempli de tendresse la vie de sa famille. De sa mère, femme aimante et adorée. De ses frères et sœurs, personnages à part entière de ce roman. Mais surtout de son père, homme incroyable, toujours suivi de son clan, des Polonais exilés comme lui, qui donneraient leurs vies pour Stéphane et sa famille.
C’est une déclaration d’amour troublante qu’offre Morgiève à ses parents qu’il a si peu connu.
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Par LeMonde, le 27/01/2012
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Cela se lit sans pause. United Colors of Crime est comme un comic strip : des images, des séquences et le plein d'émotions. On sent, on sait même, à quel point pour l'écrire, Richard Morgiève est allé fouiller loin dans l'intime.
Lien : http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/01/26/united-colors-of-crime-de-ric...
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Par Bibliobs, le 17/01/2012
United Colors of Crime
de
Richard Morgiève
Richard Morgiève s'y montre assez impérial. Dans un style sec et magnétique comme le désert texan, il fait le procès d'une Amérique sûre de son bon droit, où la société de consommation transforme les hommes en choses, où un jeune J. F. Kennedy mange dans la main des truands, et où le sort des Indiens rappelle celui fait aux juifs par Hitler.
Lien : http://rss.nouvelobs.com/c/32262/f/547962/s/1bda5ec2/l/0Lbibliobs0Bnouvelobs0...
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Par Onclepaul, le 10/04/2011
Legarçon
de
Richard Morgiève
Richard Morgiève œuvra (sous le pseudo de Bauman) à ses débuts dans la collection Sanguine chez Phot’œil puis Albin Michel ou encore Engrenage du Fleuve Noir. Depuis Il a creusé son sillon, s’imposant avec un style, (des styles ?) particulier. Notamment avec Fausto, chez Seghers en 1990 qui déjà décrivait le parcours d’un orphelin, ou encore avec Andrée ou Cueille le jour, en marge du fantastique, chez Robert Laffont, sans parler de ses dernières productions chez Pauvert. D’ailleurs il semble que le passage 2000/2001 fut bénéfique pour cet auteur en marge puisque pas de 6 titres ont été édités durant cette période, alors qu’il publiait bon an mal an i titre par an avec une interruption de 1997 à 1999. Mais les aléas de l’édition… Donc Legarçon est l’histoire d’un enfant, battu, victime, abusé par la vie et les hommes (et les femmes) dont l’éducation laisse plus qu’à désirer, marginal en un mot, martyr à l’occasion. Ecrit à la troisième personne, mais cela n’aurait pas dérouté le lecteur que l’emploi du Je fus systématique, ce roman est comme une incursion dans la pensée du narrateur par procuration. Avec une forme d’écriture parfois déroutante, la respiration du texte étant hachée, la ponctuation volontairement décalée, comme si l’auteur recueillait les pensées de son personnage, à, chaud, sans remettre en forme ses déclarations, ses mémoires, son parcours d’enfant des rues. Un livre émouvant, poignant, touchant, dérangeant, scatologique parfois mais comme pourrait s’exprimer un gamin qui survit, n’ayant pas de gants à prendre avec la société. Un beau livre, ardu de temps en temps à la lecture, mais qui a demandé de la part de l’auteur une rigueur à laquelle on n’est plus habitué.
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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Par moustafette, le 31/12/2010
Un petit homme de dos
de
Richard Morgiève
J'ai dévoré ce livre avec la même gourmandise que celle dont fait preuve le héros pour la vie.
Le narrateur de cette histoire est le dernier fils de ce couple farfelu, de ces deux êtres qui s'aimaient d'amour fou. Il a été spectateur de la deuxième partie de leur vie, pas la plus agréable, et tente après la mort de son père de reconstituer leur histoire.
J'ai été emportée par la truculence des personnages et ravie de me laisser embringuer dans le tourbillon de leur vie dissolue. L'émotion a pointé son nez au récit de la décadence de cet homme que l'on n'arrive pas à détester malgré sa cupidité. Les apartés du narrateur, qui observe la folie de ce père inaccessible et assiste au déclin de ce couple amoureux, ponctuent le roman.
Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/09/06/index.html
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Par yv1, le 26/11/2010
Cheval
de
Richard Morgiève
Roman à l'écriture oralisée -encore un, c'est un peu la mode- qui met en scène ces deux hommes pauvres, provocateurs et bagarreurs, considérés par les autres comme la lie du village. L'histoire, les personnages et l'écriture me plaisent bien. Mis à part une misogynie évidente : les rares personnages de femmes ne sont pas à leur avantage (la pute, la femme qui laisse son mari avec un enfant en bas âge, les femmes objets des fantasmes de jeune Cheval), quelques longueurs et des propos dévoilant justement ces fantasmes, les inquiétudes du jeune Cheval quant à sa virilité et autres considérations sexuelles, parfois un peu trop fréquentes, j'ai bien aimé ce roman. Tout au lond du livre, je n'ai pu m'empêcher d'avoir en tête les images du film Les démons de Jésus, de Bernie Bonvoisin.
L'atmosphère décrite par Richard Morgiève, son écriture parfois légère, parfois lourde, toujours à la limite de la vulgarité -d'aucuns jugeront même qu'il a passé cette limite- et sa manière de mener ses héros, eux-mêmes tout à la fois légers, lourds et vulgaires, mais finalement malgré leurs défauts, assez attachants et touchants, valent qu'on s'arrête un moment pour un tour de manège.
Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-30390493.html
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Par Wolland, le 03/09/2010
Un petit homme de dos
de
Richard Morgiève
Bien sûr il y a trop d'adjectifs, trop d'adverbes, trop de virgules, trop de verve, trop d'amour, trop de notes ; bien sûr ce n'est pas comme ça qu'on fait naître des orgasmes mentaux chez Josyane Savigneau ; bien sûr il y a la Vraie Littérature et Patrick Modiano ; bien sûr il y a les guerres d'Irlande, mais c'est la vie, vous comprenez, la vie. Ça vit, et même, ça palpite, ça gigote, ça crisse, ça lutte, ça picole, ça rigole et ça chiale. Et puis il y a ces petites choses qui plongent dans un ravissement très Dirk Bogarde dans "Mort à Venise" : "Ce soir-là, c'était le grand tralala slave."
Ou bien : "La rue ne mérite pas de nom : il est mauvais de donner un nom au malheur." On finira tous dans une boîte ou un cendrier de toute façon. Voilà comment on fait revivre ses parents.