Par Nanne, le 11/08/2009
Le dernier kabbaliste de Lisbonne de
Richard Zimler
Nous regardions passer une procession de flagellants, porteurs de cierges, qui se mortifiaient à coups de discipline. Les lanières de cuir étaient garnies de boules de cire hérissées de limaille d'étain et d'éclats de verre coloré. Venait ensuite une délégation de moines des couvents de Lisbonne qui brandissaient des banderoles jaune et bleu, brodées d'images du Nazaréen mis en crois. Fermant la marche, des membres de confréries à la mine fière, parés de soieries flottantes, levaient haut des litières portant des effigies des saints. Une foule s'était rassemblée pour assister à la procession, formant de part et d'autre de la rue, jusqu'aux abords de la cathédrale, deux haies désordonnées contre le blanc poussiéreux des façades, implorant alternativement la pluie et la miséricorde avec des cris qui sonnaient comme une antienne.