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Par le_Bison, le 11/05/2012
Winter de
Rick Bass
...pour ce qui est de quitter certaines choses afin de pouvoir en examiner d'autres, Jim Harrison a trouvé une excellente formule : "Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir enfin l'impression d'être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes."
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Par Olaf, le 06/07/2011
Les derniers grizzlys de
Rick Bass
C'est une journée froide et claire. Les sentes de cerfs méandrent dans la riche prairie, les hautes herbes encore couchées là où les animaux sont passés ce matin. Le vent murmure doucement. Nous sommes loin des routes, des cabanes, de tout ce qui a pu être construit par la main de l'homme. Nous sommes aussi loin qu'il est possible de l'être du présent, dans ces montagnes du sud du Colorado.
Assis à la lumière froide du soleil, nous regardons la cheminée par laquelle nous sommes descendus, le filet d'eau bleue, la prairie en pente douce et la sombre paroi à pic au-dessus de nous. La seule pensée qui puisse venir dans de telles circonstances est "qu'il est bon d'être en vie".
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Par emeralda, le 15/02/2011
Winter de
Rick Bass
C'est un pays de lenteur. Un pays d'il y a longtemps. On apprend plus facilement certaines choses quand on les regarde arriver au ralenti.
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Par vilvirt, le 16/02/2011
Winter de
Rick Bass
Cette vallée fourmille de mystère, de beauté, de secrets - et pourtant elle ne livre aucune réponse. Quelquefois, je crois que cet endroit - si haut dans les montagnes, au milieu de bois si touffus - est une sorte de marche menant au ciel, le dernier endroit par où l'on passe avant d'y arriver pour de bon.
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Par emeralda, le 15/02/2011
Winter de
Rick Bass
Une vieille femme, que tout le monde appelle Grand-Maman, a vécu ici toute sa vie. Quatre-vingts ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu'elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu'elle vu et que le reste du monde a raté. Personne ne peut tout avoir, quel que soit l'endroit où il se trouve.
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Par vilvirt, le 16/02/2011
Winter de
Rick Bass
Ce n'est pas comme si nous étions de véritables ermites; simplement, comme disait Thoreau, la plupart d'entre nous veulent examiner leur vie, en même temps que le monde qui les entoure - un monde qui, ici dans les montagnes, vous me croirez si vous voulez, n'est pas tant contrôlé par les autres que par soi-même.
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Par ursus, le 30/12/2011
Les derniers grizzlys de
Rick Bass
Ceux qui se sont aventurés au pays des grizzlis savent bien, écrit John Murray, que la présence ne serait-ce que d’un seul grizzly fait que les montagnes paraissent plus élevées, les canyons plus profonds, le vent plus glacé, les étoiles plus brillantes, la forêt plus sombre, et qu’elle fait battre plus vite le cœur de celui qui y pénètre. Et ils savent que la mort d’un ours entraine la mort d’un élément sacré, caché dans tout ce qui vit au contact de son royaume.
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Le livre de Yaak : Chronique du Montana de
Rick Bass
« Qui a en tête la vallée du Yaak, et qui l’a dans son coeur ? Cela ne revient pas toujours au même. Pour moi cette vallée est un lieu sacré, et je me soucie d’elle, je suis troublé par son histoire et m’inquiète de son avenir. Elle nous appartient encore -espace de nature sauvage comme on n’en voit plus guère -mais elle nous échappe peu à peu, toujours plus vite, au profit de ceux qui l’achètent et qui la vendent sans y vivre ni la connaître. »
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Par kathel, le 17/06/2011
Les derniers grizzlys de
Rick Bass
Grognant et jurant, Doug se lève avec l’air de quelqu’un à qui la vie vient de jouer un sale tour. Peut-être se demande-t-il pourquoi il a amené avec lui dans les bois un écrivain et un artiste, avec en prime une voiture foutue et un chien puant, alors qu’il pourrait être tranquillement en train de ramper tout seul à travers les fourrés. Groupés autour du feu, nous ressemblons à une armée en déroute avec une bouteille vide de Wild Turkey pour chacun. Après nous être sentis tellement vivants hier soir, nous avons ce matin un air sinistre sous la pluie.
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Par le_Bison, le 28/01/2012
Le guet de
Rick Bass
Jim dit qu’ici vous avez besoin de tout en double. L’hiver il fait jusque dans les -20, -30, et l’air bouge à peu près autant que le sommeil. Deux pick-ups, deux tronçonneuses, deux copines, qu’il dit Jim. Deux haches, deux treuils, deux jeux de chaînes pour les pneus. Masses, générateurs, skis de fond, surtout jamais se fier à rien, et bien sûr il a raison.
Je suis venu ici de Fort Worth il y a douze ans, et je me suis fatigué d’essayer de vivre avec une copine ou une femme. J’en ai eu trois à la file, avec des séparations jamais bien jolies, toujours dingues, en fait, et amères, que c’en est même un grand soulagement de deux cotés quand c’est fini. C’est un pays rude, et la beauté s’y plait pas bien, à moins que ce soit quelque chose de permanent, comme les montagnes ou la rivière, ou même les grandes forêts avec leurs mélèzes et leurs cèdres vieux de plus d’un siècle.
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