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Par Hahasiah, le 10/12/2012
Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
Il y a des nuits où vous frisez la trentaine et où la vie semble terminée. Où il vous semble que vous n'arriverez jamais à rien et que personne n'embrassera plus jamais vos lèvres.
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Par dflasse, le 15/01/2009
Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
Le problème avec le mensonge, c’est que si on vous croit, vous méprisez l’autre. Si on ne vous croit pas, vous vous méprisez.
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Par carre, le 28/05/2012
La douleur de Manfred de
Robert McLiam Wilson
Pour celui qui a souffert toute la nuit, l’aube est toujours décevante.
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Par mariech, le 24/11/2011
La douleur de Manfred de
Robert McLiam Wilson
Il ne désirait pas vraiment la mort , il mourrait d'envie d'être débarrassé de la vie .
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Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
L’histoire de Robert cessa d’intéresser quiconque. Il perdit son emploi. Il perdit ses amis. Il se mit à boire pour se rappeler, pas pour oublier. Et il se mit à pleuvoir dans son cœur pour le restant de ses jours.
Ainsi, en bref, un mélange complexe d’histoire, de politique, de circonstances et de trajets aboutit à la détonation d’une bombe de cinquante kilos dans l’espace restreint et donnant sur la rue d’une petite boutique de sandwiches mesurant sept mètres sur quatre. Cet espace confiné et la puissance du dispositif créèrent une explosion d’une telle ampleur qu’une grande partie du premier étage du bâtiment s’effondra en se déversant dans la rue. Il y avait quatorze personnes dans la boutique de sandwiches. Il y avait cinq personnes dans le salon de beauté situé à l’étage lorsqu’il s’écroula, et douze dans la rue au voisinage immédiat des éclats de verre et de métal et du salon de beauté explosé. Trente et une personnes en tout, dont dix-sept cessèrent d’exister sur-le-champ ou plus tard, et don onze furent blessées au point de perdre un membre ou un organe vital. (…) Beaucoup de gens souffrirent de coupures et d’entailles. Beaucoup de gens furent terrorisés. Quelques infirmiers et infirmières improvisés, qui avaient pénétré dans la boutique une fois que la fumée et la poussière se furent dissipées, découvrirent des visions atroces et émétiques qui devaient rester comme une pellicule posée sur tout ce qu’ils verraient ensuite au cours de leur vie.
Dans le silence déchirant, assourdissant, qui suivit l’explosion, s’immisça une chose grotesque ressemblant à la paix. Les morts étaient morts, beaucoup de mourants étaient inconscients ou incapables de parler, la plupart des blessés ou des victimes terrifiées étaient en état de choc ou simplement très très surpris. (…)
[La liste des noms des victimes…] Cette liste est absurde. Cette liste s’oublie facilement.
Identifiés, anonymes. Présents à la mémoire, oubliés. Ils ont tous fait le grand saut, spécialité des morts. Qu’ils aient décédé aussitôt, presque aussitôt ou plus tard, tous on fait le grand saut. Quitter le monde des vivants pour se transformer en cadavre : la transition la plus rapide du monde.
Egrener leur liste est absurde et impossible. Tous avaient leur histoire. Mais ce n’étaient pas des histoires courtes, des nouvelles. Ce n’aurait pas dû être des nouvelles. C’aurait dû être des romans, de profonds, de délicieux romans longs de huit cent pages ou plus. Et pas seulement la vie des victimes, mais toutes ces existences qu’elles côtoyaient, les réseaux d’amitié, d’intimité et de relation qui les liaient à ceux qu’ils aimaient et qui les aimaient, à ceux qu’ils connaissaient et qui les connaissaient. Quelle complexité… Quelle richesse.
Qu’était-il arrivé ? Un événement très simple. Le cours de l’histoire et celui de la politique s’étaient télescopé. Un ou plusieurs individus avaient décidé qu’il fallait réagir. Quelques histoires individuelles avaient été raccourcies. Quelques histoires individuelles avaient pris fin. On avait décidé de trancher dans le vif.
C’avait été facile.
Les pages qui suivent s’allègent de leur perte. Le texte est moins dense, la ville plus petite
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Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
J'ai passé deux ans chez Mamie et Matt. Au nombre de visiteurs masculins, reconnaissants et d'âge divers qui venaient les voir, j'ai bientôt deviné que Matt et Mamie avaient déjà joué les parents adoptifs. J'avais raison. Ils n'avaient jamais eu d'enfant et ils avaient compensé ce manque en accueillant des gamins que personne ne voulait approcher. Ils avaient connus des durs à cuire. [...] Un seul avait mal tourné.Il était déjà mort, abattu par son propre camp...[...]
Nous autres les gamins, on les volait, on les arnaquait, on leur tapait dessus[...] mais Matt et Mamie avaient continué à les aimer tous, absolument et inconditionnellement; [...] A partir de 1964, dix-sept gosses leur étaient passés entre les mains . Mamie disait toujours avec fierté qu'elle avait la plus grande famille de toute la ville. Certains de ses "enfants" avaient plus de quarante ans. Ils étaient avocats, médecins, entrepreneurs ; ils étaient maris et pères.
Matt et Mamie avait adopté des générations de vauriens pour en faire, avec obstination et sans la moindre récompense, des êtres humains.
Matt et Mamie étaient bizarres.
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Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
Tandis que Jenny gâchait son été en tentatives inutiles pour rencontrer Chaplin, le jeune Flynn essayait de son côté des démarches désespérées, toujours déçues. Il passa son été en vains efforts pour serrer dans ses bras le jeune corps odorant de Jenny. Et à l'automne, il quitta l'Irlande, amoureux évincé et malheureux. IL alla en Amérique, adopta le prénom de Errol et, en quelques années, devint une vedette de cinéma. Jenny en conçut ensuite une amertume durable.
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Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
Oui, ai-je répondu à voix basse. J'ai un vrai problème avec la politique. J'ai étudié ce truc-là. La politique, c'est comme les antibiotiques : un agent susceptible de tuer ou de blesser des organismes vivants.
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Par juliem, le 20/12/2011
Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
A la maison, j'ai pris une douche, ignoré mon chat, mis mon costume et filé droit vers le supermarché. La fille qui avait le béguin pour moi y serait peut-être et je ne trouvais pas mieux. Je savais que j'étais triste, prêt à faire des courses dont je n'avais pas besoin pour retrouver une adolescente que je n'allais même pas draguer. J'étais triste, mais heureux ainsi.
J'ai racheté des champignons. Je n'arrivais pas à trouver autre chose. La fille qui avait le béguin pour moi n'était pas là. Mais je suis tombé amoureux. J'ai été servi par un gamin de dix-sept ans à l'ahurissante tignasse rousse et à l'acné invraisemblable, inégalable. C'était évidemment sa première semaine de boulot. Et il ne faisait rien correctement. Il marmonnait des paroles inaudibles et tout son visage rougissait au-dessus de son col de chemise. Il rougissait à la caisse, il rougissait devant les bananes, les baguettes et le fromage frais. Il rougissait infiniment plus que ma petite serveuse. Je ne crois pas qu'il rougissait à cause d'une quelconque passion pour moi. Quand il a tourné sa tête de rouquin, j'ai aperçu le sonotone niché juste derrière l'oreille, juste sous les cheveux. Ce gamin rougissait tout bonnement parce qu'il se considérait comme une mauvaise idée, une erreur colossale. Ça m'a donné envie d'embrasser son gros cou. Ça m’a donné envie de mourir d'amour.
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Eureka Street de
Robert McLiam Wilson
Le but de l'opération consistait à rénover les cuisines de l'Europa, le plus gros hôtel de Belfast. Et le plus célèbre - celui qu'ils faisaient toujours sauter . (L'emploi de l'imparfait est hasardeux à Belfast : celui qu'ils font toujours sauter, celui qu'ils feront toujours sauter.) Ouais, celui qui n'a pas de fenêtres, celui aux rideaux en bois. Ce fut autrefois l'hôtel le plus plastiqué d'Europe, mais aujourd'hui les établissements de Sarajevo raflent tous les records.
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