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Par ballad, le 21/01/2012
Le Contraire de la Mort de
Roberto Saviano
Des regards qui n’entendent pas séduire ni même susciter la curiosité : regarder constitue une forme de défoulement, on se contente de passer l’autre au crible, car on sait qu’on peut le faire impunément.
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Par Ecureuil, le 12/11/2009
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
De fait, le nombre de balles qu'on reçoit indique quel traitement on mérite. Si on prend une balle dans la tête ou dans le ventre, c'est un meurtre délicat, un geste nécessaire, chirurgical, sans rancune. Mais si le véhicule qu'on conduit est la cible de deux cents projectiles et qu'on est criblé de quarante balles, cela indique la volonté farouche d'effacer quelqu'un de la surface du globe.
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Par Ecureuil, le 12/11/2009
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
Choisir de sauver la vie à celui qui doit mourir, c'est vouloir partager son sort, car ici la volonté ne fait pas bouger les choses. Aucune décision ne permet de résoudre un problème, aucune prise de conscience, aucune idée ni aucun choix ne peut donner la sensation d'agir de la meilleure des façons. Quoiqu'on fasse, ce sera une erreur, pour une raison ou pour une autre. C'est ça, la vraie solitude.
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Par chartel, le 18/12/2010
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
Je m’apprêtais à quitter le lieu du meurtre de Carmela Attrice quand j’ai entendu un gamin dire à son voisin, d’un ton très sérieux : « je veux mourir comme la dame. Une balle dans la tête, boum, et c’est fini. »
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Par lependu, le 07/01/2010
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
(Saviano cite une lettre d'un jeune détenu)
Tous ceux que je connais sont soit morts, soit en prison. Moi, je veux devenir un parrain. Je veux avoir des centres commerciaux, des boutiques et des usines, je veux avoir des femmes. Je veux trois voitures, je veux que les gens me respectent quand je rentre quelque part, je veux des magasins dans le monde entier. Et puis je veux mourir. Mais comme meurent les vrais, ceux qui commandent pour de bon. Je veux mourir assassiné.
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Par IzaBzh, le 29/06/2010
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
Connaître n'est donc pas un engagement moral : savoir, comprendre, est une nécessité. La seule chose qui permet de sentir qu'on est encore un homme digne de respirer.
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Le combat continue de
Roberto Saviano
"Avec 1000 euros, en général, un "chef d'immeuble" de Campanie procure 50 voix. Le "chef d'immeuble" est un individu qui arrive à convaincre les gens qui, habituellement, ne votent pas, d'accorder leur suffrage à tel homme politique. Pour preuve du vote, il faut montrer la photo de la carte d'électeur, prise par un téléphone portable."
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Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
"Tout ce qui a été fabriqué passe par le port de Naples."
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Par Vienlivre, le 18/10/2011
Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
L'éthique est le frein des perdants, la protection des vaincus, la justification morale de ceux qui n'ont pas su tout miser et tout rafler. La loi existe, sur le papier, mais la justice est autre chose. C'est un principe abstrait, qui implique chaque homme et permet de condamner ou d'innocenter en fonction du sens qu'on lui donne. Les ministres sont coupables, les papes sont coupables, les saints et les hérétiques sont coupables, les révolutionnaires sont coupables, et les réactionnaires sont coupables. Tous coupables d'avoir trahi, tué, commis des erreurs. Coupables d'avoir vieillis et d'être morts. Coupables d'avoir été dépassés et défaits. Tous coupables devant le tribunal universel de la morale historique, tous innocentés par celui de la nécessité. Justice et injustice n'ont de valeur que dans un cadre concret, victoire ou défaite, actions commises ou subies. Celui qui nous insulte ou qui nous maltraite commet un acte injuste.
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Gomorra : Dans l'empire de la Camorra de
Roberto Saviano
Si l'on fait la somme de tous les chiffres résultant des enquêtes du parquet de Naples et de celui de Santa Maria de Capua Vetere depuis la fin des années quatre-vingt-dix, on peut estimer à environ cinq cent millions d'euros le bénéfice économique obtenu par les entreprises qui se sont adressées aux clans. Je savais bien que les enquêtes n'avaient révélé qu'une partie des infractions, et c'est pourquoi ces chiffres me donnaient le vertige. De nombreuses entreprises du Nord avaient pu se développer et recruter du personnel, elles avaient contribué à rendre le tissu industriel du pays assez compétitif pour que l'Italie passe à l'euro, une fois débarrassée du poids que représentait le traitement des déchets par les clans de Naples et de Caserte.
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