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Par aleatoire, le 07/05/2011
Le hussard bleu de
Roger Nimier
Paris, voici ton fleuve et les larmes que tu versas, voilà ton visage au front penché. Paris, voici tes rues et la plaque d'identité au bras de chacune. Les hautes maisons subissent l'amertume du soir. Mes pas sonnent sur le boulevard. Désormais, je connais mon rôle sur la terre, mais je ne sais qui je suis. Voyageur, pose des yeux tristes sur les choses, elles te le rendront au centuple. Le visage barré du ciel te menace et te guide à la fois. Vivre, il me faudra vivre encore, quelque temps parmi ceux-là. Tout ce qui est humain m'est étranger.
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Le hussard bleu de
Roger Nimier
Miracle invraisemblable (...) et dont certains êtres seulement sont pleinement capables, mais qui fleurit parfois (...) dans une attitude, dans un sourire, dans une boucle de cheveux, alors le monde s'éclaire et retrouve son unité perdue (...) et ce n'est pas sans doute une des moindres propriétés de l'amour que de nous rendre semblables aux océans, nous diluant dans l'infini de chaque heure, nous étalant à la surface des choses (...) nous laissant face à face avec notre unique pensée qui donne à tous nos gestes l'allure des grands fonds.
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Histoire d'un amour de
Roger Nimier
[ Incipit ]
Les lourds chariots sortaient de la nuit, les boeufs pataugeaient et une jeune fille, pâle comme la mort, fixait les brouillards qui encombraient le ciel, comme une autre boue. Le convoi gravit la petite colline couverte d'arbres, le chemin tourna. On aperçut les eaux du Danube. C'était Nikopol.
La jeune fille sauta de son siège et, précédant la colonne, entra dans une rue endormie. Ça et là, des toiles militaires, des caisses à moitié pourries de l'aigle d'Autriche. Un soldat qui portait sur sa capote de toile l'écusson de l'infanterie de marine, apparut. Il agitait le canon de son fusil de gauche à droite. Il reconnut sans doute le fanion de la Croix-Rouge, car il s'écarta. On entendit deux coups de feu qui venait du fleuve.
Le convoi reprit sa marche et s'arrêta devant une sorte de marché, à moitié couvert d'un toit de chaume.
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Par Tibere, le 21/03/2012
Le hussard bleu de
Roger Nimier
Les villes brûlent, la civilisation s’écroule, mais les petits garçons songent frénétiquement à jouer au soldat plus tard… Décidément, la vie reste favorable. Je souhaite passionnément une nouvelle guerre dans vingt ans, faute de quoi la France et l’Allemagne se réconcilieront. Nous autres, dans l’Histoire, nous aurons le rôle des trouble-fête, un peu comme ces combattants de Crécy ou de Waterloo que les historiens de la république insultent en leur criant : « Imbéciles ! Vous retardez l’Entente cordiale ! Les Anglais ne seront pas contents de vous. »
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Le hussard bleu de
Roger Nimier
Il faut croire que l'hiver est une saison où l'on n'existe pas vraiment. Depuis si longtemps, sans doute, les hommes ont l'habitude de se laisser séparer par le froid, qu'aujourd'hui encore, janvier, février sont les seigneurs de la solitude. Un lit où l'on s'engouffre, un rêve où l'on s'enfouit, telles sont les ressources de cette époque. Quand la neige se dissipe, les choses apparaissent dans leur vérité qui est brillante et colorée. Elles font envie. On veut les toucher. Trois mois de dénuement vous ont permis d'accumuler des forces.
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Par Tibere, le 22/03/2012
Le hussard bleu de
Roger Nimier
La philo n'est pas mal non plus. Malheureusement, elle est comme la Russie : pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands.
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Le hussard bleu de
Roger Nimier
Cependant, l'amour a quelque chose pour lui. Il résume le monde en un visage.
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Par Tibere, le 15/04/2012
Les epees de
Roger Nimier
A la belle saison, les armées alliées ont débarqué sur le sol normand, l’épée de l’Archange dans une main, une paire de menottes dans l’autre.
Le peuple parisien qui avait héroïquement couvert les pissotières de croix de Lorraine à la craie pendant quatre ans, le peuple parisien bomba les muscles et songea qu’il aurait bientôt notre peau. Mais enfin, on avait eu la sienne et c’était juste.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Le hussard bleu de
Roger Nimier
Il faudrait se mettre à genoux devant chaque image du passé pour comprendre que le type allongé dans l'herbe, maintenant, est entré dans une heure sérieuse de sa vie, qu'il se nomme Berçac et qu'il n'est pas habitué, cette fois-ci, à ce qui lui arrive. A son tour, devant la mort, il est un pauvre petit nouveau. Il meurt dans le fracas du monde et la pureté du ciel.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Histoire d'un amour de
Roger Nimier
Dans son genre, pensait Michèle, la lucidité est une passion aveugle. Elle voit tout, mais elle tue ce qu'elle voit. Elle voit tout sauf la vie, qui reste importante même pour ceux qui n'en sont pas amateurs.