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Par Luniver, le 05/05/2012
101 expériences de philosophie quotidienne de
Roger-Pol Droit
Mais la concurrence [entre les livres] est rude. Parmi ces milliers de volumes, lesquels allez-vous suivre ? Vous percevez, de proche en proche, les murmures de tous ces titres en train de racoler. «Tu me lis, mon chou ?», «Emmènes-moi, tu ne le regretteras pas...», «Si tu m'entrouvres, c'est sûr que tu ne le regretteras plus !», «Je n'attends que toi ! Prends-moi ! Prends-moi !» Vous passez vite et de loin d'un chuchotement à l'autre. Vous entendez les voix basses, vous respirez les haleines tièdes des textes qui s'offrent.
Alors vous percevez directement cette vérité : la littérature est prostitution. Au moins en un sens. Chaque histoire imprimée est une pute qui tente de se faire remarquer, de capter un moment l'esprit qui passe, de se prolonger dans une attention prêtée. L'ensemble des arts est d'ailleurs ainsi : les œuvres chuchotent toutes des obscénités à voix basse, et le regard passe en glissant de l'une à l'autre.
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101 expériences de philosophie quotidienne de
Roger-Pol Droit
l'Amitié se noue ailleurs, en dehors,
dans un espace qui ne se soucie
ni des années, ni des mois, ni des jours.
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Par Aela, le 19/01/2012
101 expériences de philosophie quotidienne de
Roger-Pol Droit
L'Amitié se noue ailleurs, en dehors, dans un espace qui ne se soucie ni des années, ni des mois, ni des jours.
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Par lanard, le 13/06/2010
Les silences du Bouddha : Et autres questions indiennes de
Roger-Pol Droit
Ce qu'on ne sait pas, il n'y a pas à se le demander. les silence est bien, ici, un jeûne thérapeuthique. En se taisant (...), le médecin-Bouddha prescrit, par son mutisme, l'abstinence du tourment métaphysique...
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Par lanard, le 13/06/2010
Les silences du Bouddha : Et autres questions indiennes de
Roger-Pol Droit
Le bouddhisme (...) est avant tout une thérapeutique, une "doctrine-médecine" qui conduit à la délivrance, cessation de la souffrance. Cette cessation résulte de l'extinction de la "soif", c'est-à-dire du désir, provoquée par l'ignorance. (...) Faire silence face aux interrogations angoissées et angoissantes constitue donc un geste cathartique. En s'abstenant de répondre, le Bouddha tend à ôter le questionnement.
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Par lanard, le 13/06/2010
Les silences du Bouddha : Et autres questions indiennes de
Roger-Pol Droit
Le Bouddha (...) a beaucoup parlé, il a prêché plus de quarante années, parcourant en tous sens le bassin moyen du Gange, s'adressant à des interlocuteurs innombrables et divers(...)
Pourtant, le Bouddha s'est beaucoup tu. L'un de ses surnoms et Cakyamuni, l'ascète silencieux (muni) du clan des Cakya. Cependant, son silence ne se réduit pas au mutisme de celui qui est absorbé par la méditation. C'est fréquemment une "réponse" à des questions. Ce silence est essentiel à son enseignement.
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Par plotin, le 18/08/2011
Vivre aujourd de
Roger-Pol Droit
Dans la continuité de nos rapports aux Anciens, quelque chose s'est rompu. Depuis deux ou trois générations, tout ce qui avait été transmis, vaille que vaille, pendant deux mille cinq cents ans se trouve laissé en friche, déserté par l'école. Dans les années 60, on enseignait encore ce qui l'avait été - sous des formes différentes, certes, mais avec un résultat à peu près semblable - aux jeunes Grecs de l'Antiquité, aux jeunes Romains de l'Empire, aux étudiants du Moyen Age comme à ceux des Lumières.
Car, comme chacun sait, Grecs et Romains ont constamment nourri l'imaginaire de la culture européenne. Tournez-vous vers l'Histoire, regardez où vous voulez... ils sont partout ! De la peinture jusqu'au cinéma, de Shakespeare jusqu'à Cocteau ou Giraudoux, en passant par Racine, Hugo et cent autres, vous les retrouverez constamment. Que ce soit chez Montesquieu ou Robespierre, chez Marx ou même chez Hitler, Grecs et Romains sont éternellement recomposés, tirés en des sens contraires, mais toujours reconnaissables.
Qu'on n'aille pas s'imaginer qu'ils survivent uniquement dans la peinture, le théâtre ou la philosophie. La présence des Anciens imprègne les mots de la langue, les plans des rues, les coutumes nationales, les systèmes juridiques, les noms de lieux, les toits des maisons, l'agencement des chemins et des cultures, les institutions, les fêtes et les contes populaires. Entre autres..
Mais cela se sait de moins en moins. La fréquentation permanente des œuvres antiques n'est plus l'affaire que de spécialistes en voie de disparition. Ces experts sont compétents, ils sont novateurs - la question est entendue. Aujourd'hui, les voilà même capables de découvertes que les siècles passés ne pouvaient pas envisager. Dans ce domaine aussi, la recherche progresse. La question est ailleurs : dans l'écart vertigineux désormais creusé entre les trésors des Anciens et le commun des mortels.
(...) Or il n'est pas du tout vrai que seules mathématiques et formations scientifiques soient utiles dans le monde d'aujourd'hui et de demain. (...) Ma conviction : les Anciens peuvent nous être, à chaque instant, du plus grand secours, dans des circonstances très diverses et très concrètes du quotidien. On en trouvera, dans ce livre, une foule d'exemples. Chaque lecteur qui s'y appliquera en trouvera, de lui-même, cent autres ou plus. La seule chose qui compte : changer de regard, ne plus voir l'Antiquité comme une chose morte, respectable et ennuyeuse, vaguement décorative mais inutile pour vivre dans le monde réel. C'est l'inverse. Je crois, pour ma part, à une Antiquité colorée."
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Par plotin, le 20/03/2011
Vivre aujourd de
Roger-Pol Droit
Tirée des quelques pages consacrées à Socrate (page 159)
Car la philosophie ne consiste pas à avoir des idées (tout le monde en a), ni à savoir les défendre (tout le monde est capable de dire pour quelles raisons il possède tel ou tel avis). La philosophie commence quand on examine les idées qu'on prétend avoir, quand on les teste pour voir si elles sont solides. Le travail de Socrate est toujours de voir si les idées tiennent le coup ou non