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La première main de
Rosetta Loy
Nous nous aventurons nous aussi quelquefois dans les allées et je reste en extase devant l'horloge à eau qui égoutte ses heures mystérieuses dans l'ombre verte de la mousse:mouvement éternel des aiguilles qui donne au Temps une âme végétale tandis que les petites étoiles de soleil descendent entre les fougères se perdre dans les friselis légers de l'eau.Toujours pareille,toujours la même.
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Par Yuko, le 15/05/2012
Ay, Paloma de
Rosetta Loy
A présent, je cours vers Augusto, le poing fermé : "J'en ai attrapé un, crié-je triomphante, j'ai attrapé un grillon !" (...) Augusto est toujours penché, les jambes de part et d'autre du ruisseau : il se relève et le regarde, il regarde mes doigts serrés. "Donne-le-moi", dit-il en tendant une paume grise de boue. Sur cette paume, je pose ma main au poing serré, je la lui abandonne en même temps que mon coeur, et un serment de fidélité éternelle pour le meilleur et pour le pire. Ses doigts se referment avec force autour des miens. J'ai la bouche sèche. (...) mes doigts immobilisés par l'émotion, sont paralysés à l'intérieur des siens.
Jusqu'au moment où sa voix m'arrive comme un coup de fouet : "Tu vas l'ouvrir oui ou non cette main ?" La voix agressive, énervée, et le regard vert-bleu qui me fait me sentir comme une idiote, pire, comme la plus stupide des naïves.
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La première main de
Rosetta Loy
La famille comme des produits isolés faits de la même matière.Une matière qui peut donner des résultats différents,réussis,lisses et denses,ou au contraire tout hérissés d'aspérités,voire d'aspect douteux.Quelquefois,mais c'est rare,très rare même,le résultat est un produit imprévisible et merveilleux.
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Par Yuko, le 23/04/2012
Ay, Paloma de
Rosetta Loy
Le malheur s'appelait Augusto. Tout a commencé la fois où il descendait le long de la route du tennis avec sa chemise bleu ciel et son short en toile marine. Il marchait vite, ses jambes longues et robustes indifférentes aux aspérités du sentier, et les petits cailloux jaillissaient de sous ses semelles. Ses socquettes entre le gris et le beige retombaient en plis mous autour de son talon, avalées à chaque pas par les grandes sandales poussiéreuses. Ses boucles noires,désordonnées, se soulevaient dans la descente et ses yeux se découpaient en fentes minces entre les cils, d'un bleu-vert intense, brillants comme deux petites lames. J'avais l'impression de sentir son odeur d'herbe et de toile sale. Il descendait du tennis et une balle jalousement conservée gonflait encore une de ses poches tandis qu'à sa main droite pendait sa Slazenger, enfermée dans son étui écossais. Sa manche gauche en revanche se balançait, vide, comme le petit drapeau d'un pays englouti par une antique catastrophe."
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Madame Della Seta aussi est juive de
Rosetta Loy
Ce n'est pas une citation,mais une critique de Franck Mannoni
" Ce livre absolument indispensable dresse un portrait sans concession de l'Italie de cette époque,mais aussi des Italiens.
Il démontre d'une manière implacable comment se construit le fascisme d'Etat et comment les citoyens d'alors le répercutent et l'entretiennent dans leur vie de tous les jours."
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Par line70, le 23/03/2011
Un chocolat chez Hanselmann de
Rosetta Loy
[...] l'histoire c'est comme un poisson dans un aquarium, ça va ça vient sous ton nez sans que tu puisses jamais l'attraper. Tu peux juste rêver sur ce qu'étaient les choses autrefois, mais c'est tout, c'est tout...
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Par horline, le 21/04/2011
La Bicyclette de
Rosetta Loy
Les cloches qui appellent aux vêpres agitent l’air immobile de l’après-midi, les filles assises sur une marche écrasent la centième noix et les tantes qui viennent en visite remontent l’allée des asters d’automne. L’ennui recouvre la mère d’un voile de sueur, elle soulève sa poitrine pour respirer profondément, mais les tantes ont des syllabes implacables, sèches et retentissantes comme une parole de perroquet.
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