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Par mustango, le 05/10/2010
Refus de témoigner : Une jeunesse de
Ruth Klüger
Le nom d'Auschwitz a aujourd'hui un rayonnement, même négatif, tel qu'il détermine dans une large mesure la réflexion sur une personne, à partir du moment où l'on sait qu'elle y a été.
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Par NotaBene, le 27/03/2012
Perdu en chemin de
Ruth Klüger
Et c'est ainsi que j'en suis venue à penser que je n'étais plus obligée de conserver mon matricule (...). Je l'ai porté un demi-siècle sur la peau de mon bras gauche et puis j'ai perdu patience. Dans une clinique de Californie où des spécialistes gagnent des fortunes à effacer les rides de femmes vieillissantes et les tatouages de jeunes regrettant d'avoir dégradé leur apparence soignée juste pour s'amuser un soir de beuverie, une jeune dermatologue a mis plusieurs mois à faire disparaître au laser ce morceau de "monument". J'ai alors enfin su ce numéro par cœur; auparavant j'avais toujours eu du mal à m'en souvenir : A-3537. Cette suite de chiffres ne signifiait rien de plus qu'un tatouage de chien, elle n'avait jamais représenté pour moi une unité, comme une adresse ou un numéro de téléphone, alors pourquoi essayer de le retenir?
Pour la comptabilité d'Auschwitz, si l'on peut nommer ainsi cette précision macabre, le matricule était inutile : marqués ou non, les Juifs étaient exterminés. On ne m'a jamais appelée par ce numéro, il ne servait même pas à cela.
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Par mustango, le 05/10/2010
Refus de témoigner : Une jeunesse de
Ruth Klüger
la conscience de l'absurdité de l'ensemble, son aberration, le non-sens absolu de ces meurtres et de ces déportations que nous appelons la solution finale, l'holocauste, la catastrophe juive et depuis peu la shoah, toujours des appellations nouvelles, parce que les noms pour désigner tout cela se putréfient très vite dans la bouche.