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Citations de Ryûnosuke Akutagawa (14)


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  • Par Austral, le 19/05/2012

    La vie d'un idiot : Précédé de Engrenage de Ryûnosuke Akutagawa

    Il sentit les ailes du papillon effleurer ses lèvres sèches une infime seconde. Mais le velours des ailes qui les avaient un jour caressées en passant brillait encore sur ses lèvres tant d’années plus tard.

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  • Par Austral, le 17/05/2012

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    Peut-être une invisible vertu dont s'auréolait la tête de cet homme frappait-elle jusqu'aux yeux des oiseaux sans âme ?

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  • Par Myrtle, le 30/03/2012

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    Aux dires du disciple déjà mentionné, une fois plongé dans le travail, cet homme fut comme possédé par l'esprit d'un "renard". Selon des rumeurs du temps, sa réussite en peinture était due à un serment qu'il avait fait devant le Grand Dieu du Bonheur. Certains affirmaient que si on l'épiait lorsqu'il peignait, on voyait de sinistres ombres de renards rôder autour de lui. Ainsi, le pinceau à la main, il oubliait tout, sauf l'achèvement de la toile à laquelle il se consacrait. Nuit et jour enfermé dans une chambre, c'est à peine s'il voyait la lumière du soleil. En particulier, lors de la composition du "Paravent des Figures infernales", son acharnement parut exceptionnel.

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  • Par BleuCobalt, le 07/12/2011

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    Mais c'était un homme qui, tel que nous le connaissions déjà , aimait à provoquer des esclandres ; aussi tirait-il plutôt orgueil de toutes ces critiques. Un jour, le Seigneur le plaisanta :
    - On dirait que tu aimes trop ce qui est laid.
    Il répondit insolemment , avec un sourire sinistre de ses lèvres si rouges malgré son âge :
    - Votre seigneurie a raison. Décidément la beauté de la laideur échappe aux peintres qui ne savent que barbouiller.

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    [...] ... CONFESSION D'UNE FEMME VENUE AU TEMPLE DE KIYOMIZU

    Après m'avoir violentée, cet homme à la robe de chasse bleu foncé ricana sous les yeux de mon époux qui était ligoté. Oh ! comme mon mari a dû lui en vouloir ! Mais ses contorsions ne faisaient qu'enfoncer encore dans sa chair la corde qui le retenait. Instinctivement, j'ai couru, non, j'ai voulu courir de toutes mes forces vers mon mari. Le brigand, sans me laisser le temps de le faire, m'a donné un coup de pied et je suis tombée. A cet instant même, j'ai vu un étrange éclair passer dans les yeux de mon mari. Vraiment étrange ... Ce regard, maintenant encore, chaque fois que je me le rappelle, me fait tressaillir. Ne pouvant me dire le moindre mot, mon mari a enfermé dans son bref regard tout ce qu'il ressentait. Ce qui étincelait dans ses yeux, ce n'était ni de la colère, ni de la tristesse. Etait-ce autre chose qu'une lueur glaciale de mépris ? Frappée plus fortement par ce regard que par le coup de pied du malfaiteur, j'ai inconsciemment crié quelque chose et je me suis évanouie. ... [...]

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  • Par Austral, le 19/05/2012

    La vie d'un idiot : Précédé de Engrenage de Ryûnosuke Akutagawa

    - Aujourd’hui, j’ai passé la moitié de la journée en voiture.
    - Vous aviez des affaires à régler ?
    Le menton appuyé dans le creux de la main, son interlocuteur lui répondit avec la plus grande nonchalance du monde :
    - Pas du tout. J’en avais envie, c’est tout.
    Ces paroles lui ouvrirent les portes d’un royaume inconnu – le royaume de l’ego si proche de celui des dieux.

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  • Par ZiziMuleATresse, le 30/09/2010

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    Après cet incident, la fille de Yoshihidé et ce petit singe devinrent bons amis. Elle accrocha au cou de l’animal un petit grelot d’or suspendu à un très beau ruban que la jeune princesse lui avait donné. Le singe, de son côté, quittait rarement la jeune fille. Lorsqu’il arrivait que, légèrement enrhumée, elle gardât le lit, son petit compagnon, le visage attristé, semblait-il, assis demeure au chevet de la malade, s’occupait à ronger ses ongles.

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    [...] ... Ainsi qu'il [le héros de la nouvelle, toujours dénommé soit "l'homme", soit "il"] l'avait entendu dire, les cadavres négligemment jetés jonchaient le sol. Mais, le champ de la lumière étant plus étroit qu'il ne l'avait imaginé, il n'arriva pas à en préciser le nombre. Il pouvait seulement distinguer, sous la faible lumière, des corps nus et d'autres encore vêtus. Il y avait des hommes et des femmes, semblait-il. Tous ces cadavres, sans exception, gisaient sur le plancher, à la manière de poupées en terre, bouches bées, bras allongés. Qui y reconnaîtrait des êtres vivants d'hier ! Certaines parties proéminentes de ces corps, comme les épaules ou la poitrine, éclairées par de vagues lueurs, rendaient le reste plus sombre encore. Ils étaient ainsi comme figés dans un mutisme implacable.

    A l'odeur de pourriture, l'homme se boucha instinctivement le nez de sa main, qu'il laissa vite retomber. Car une sensation plus forte vint presque abolir son odorat.

    C'est qu'à cet instant ses yeux venaient de discerner une forme accroupie au milieu des cadavres. ... [...]

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    [...] ... A ces mots de Paravent des Figures Infernales, il me semble que l'aspect terrifiant de cette peinture s'impose immédiatement. Des scènes de l'Enfer, il en est d'autres. Mais les toiles de Yoshihidé différaient par leur composition de celles de ses collègues. Les Dix Rois et leur suites étaient relégués, rapetissés, dans un coin du Paravent, et dans tout l'espace libre tourbillonnaient des flammes puissantes au point de roussir le Mont des Glaives et les Arbres hérissés de sabres. De sorte que, hormis les robes jaunes et bleues à la chinoise des suppôts de l'Enfer çà et là dispersés, les langues de feu impétueuses remplissaient tout l'espace dans lequel dansaient avec furie, en forme de swastika, des fumées noires tracées en éclaboussures d'encre et des étincelles de feu projetées en poudre dorée.

    Cela seul, par sa puissance évocatrice, aurait suffi à frapper les yeux. Enfin, il n'y avait pas un damné à se contorsionner dans cette géhenne qui eût rien de commun avec ceux des habituelles Figures Infernales. La raison en est qu'en ces multitudes de damnés, Yoshihidé avait représenté des hommes de toutes conditions depuis les courtisans jusqu'aux mendiants, jusqu'aux réprouvés : grands officiers de la Cour, dans leurs impeccables robes de cérémonie, séduisantes dames d'honneur dans leurs robes à cinq plis, récitants avec leurs chapelets au cou, jeunes guerriers à hautes chaussures en bois, fillettes minces dans leur longue robe, devins portant la bandelette sacrée à la main ... il n'est pas possible de les énumérer tous. ... [...]

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  • Par le_Bison, le 28/01/2012

    Une vague inquiétude de Ryûnosuke Akutagawa

    C’était alors que le grand tremblement de terre s’est produit – c’était le 28 octobre, vers sept heures du matin, comment pourrais-je oublier ? J’étais près du puits à me curer les dents, et ma femme en train de verser le riz d’une marmite dans la cuisine… La maison s’est écroulée sur elle. En à peine une ou deux minutes, un grondement formidable, digne d’un typhon, a retenti dans la terre, la maison s’est mise à pencher sous mes yeux, puis je n’ai plus vu que des tuiles voler. En un clin d’œil, je me suis retrouvé plaqué au sol sous l’auvent effondré, complètement abasourdi, et secoué par les vagues du séisme qui déferlaient de toutes parts. J’ai rampé au milieu de la fumée de poussière et, lorsque j’ai enfin réussi à m’extraire de sous l’auvent, le toit de ma maison était par terre, je voyais même des brins d’herbes entre les tuiles.

    A ce moment-là, je ne saurais dire si j’étais ahuri ou en proie à la panique. J’étais comme absent à moi-même, pétrifié sur place, et c’est alors que, tandis que je jetai un œil à l’aspect de mer déchainée que présentaient les toits effondrés partout aux alentours, j’ai entendu un brouhaha considérable mêlant bruits et voix indistinctement – grondement de la terre, poutres qui tombent, arbres qui se brisent [...]

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  • Par Myrtle, le 29/07/2011

    La vie d'un idiot : Précédé de Engrenage de Ryûnosuke Akutagawa

    Je vis à présent dans le plus malheureux des bonheurs. Mais, aussi étrange qu'il puisse paraître, je ne regrette rien. Je plains seulement ceux qui ont eu le mauvais mari, le mauvais fils, le mauvais père que je suis. Alors adieu. Dans ce manuscrit, je ne pense pas avoir, du moins consciemment, plaidé ma cause.

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  • Par Myrtle, le 29/07/2011

    La vie d'un idiot : Précédé de Engrenage de Ryûnosuke Akutagawa

    - Qu'est-ce qui se passe?
    - Non, rien du tout.
    Relevant enfin son visage, elle poursuivit avec un sourire forcé :
    - Vraiment, rien du tout. Mais comme ça, tout d'un coup, j'ai eu comme le pressentiment que tu allais mourir...
    Ce fut le moment le plus terrifiant de ma vie. - Je n'ai plus la force de continuer à écrire. Vivre dans ces conditions m'est devenu une souffrance intolérable. Ah! Si quelqu'un pouvait avoir le geste de m'étrangler tout doucement pendant mon sommeil...

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  • Par Myrtle, le 29/07/2011

    La vie d'un idiot : Précédé de Engrenage de Ryûnosuke Akutagawa

    - Mais comment cela va-t-il ces temps-ci?
    - Toujours les nerfs à vif, comme d'habitude.
    - Aucun médicament ne pourra vous aider. Vous n'éprouvez pas l'envie de vous convertir?
    - Si cela m'était au moins possible...
    - Cela n'a vraiment rien de difficile. Il suffit seulement de croire en Dieu, de croire en Christ le Fils de Dieu, de croire dans les miracles qu'Il a accomplis...
    - Ce que je peux, c'est croire au Diable!
    - Alors, pourquoi ne croyez-vous pas en Dieu? Si vous croyez en l'ombre, comment vous défendre de croire en la lumière?
    - Mais il existe aussi des ténèbres sans lumière.

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa

    [...] ... La recette [pour réduire le nez de l'Aumônier] était d'ailleurs très simple : elle consistait à faire bouillir le nez dans de l'eau chaude et à le faire piétiner.

    Dans les bains du temple, l'eau était toujours à chauffer sur le feu. Le disciple rapporta sur le champ, dans un seau, de l'eau chaude si brûlante qu'on pouvait à peine y tremper un doigt. Aussi, en plongeant son nez, Zenchi risquait-il d'avoir la face brûlée par la vapeur. On mit donc sur le seau un couvercle de bois au milieu duquel était percé un trou pour le passage du nez. Le nez de l'Aumônier était d'ailleurs tout-à-fait insensible à la chaleur. Au bout d'un certain temps, le disciple demanda :

    - "Il doit être bien bouilli, maintenant ?"

    Zenchi eut un rire forcé.

    - "En entendant ces paroles, qui eût pu se douter qu'il s'agissait du nez d'un homme ?" pensa-t-il.

    Le nez plongé dans l'eau chaude lui donnait un prurit semblable à celui que cause la piqûre d'une puce.

    Lorsque le moine eut tiré du trou son nez fumant, le disciple se mit à le piétiner de toutes ses forces. Zenchi, étendu sur le côté, le nez posé à plat sur le plancher, regardait les pieds de son disciple le marteler. ... [...]

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