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Firmin de
Sam Savage
J’ai toujours imaginé que si, d’aventure, j’écrivais un jour l’histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante : quelque chose de lyrique à la Nobokov, «Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins» ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, «Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuse chacune à leur façon». Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d’amorce, on n’a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford : «Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ait été donnée d’entendre.» J’ai beau l’avoir lu des dizaines de fois, j’en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c’était un grand.
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Firmin de
Sam Savage
"Est-il possible que moi, malgré mon invraisemblable apparence, j'aie une Destinée? me demandais-je. Et par Destinée, j'entendais le genre d'existence que mènent les personnages d'une histoire et qui, si chahutés, bousculés par les événements d'une vie soient-ils, sont finalement chahutés et bousculés avec une certaine cohérence. Dans les histoires, la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans Des souris et des hommes, parce qu'elles s'inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d'être des Vies Stupides et Insignifiantes, la consolation d'être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n'avons même pas cela." (p.54)
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Firmin de
Sam Savage
[Le narrateur est un rat] Au début, je me contentais de manger, de mâcher joyeusement, guidé par les diktats du goût. Mais bientôt, j'ai commencé à lire ici et là, aux alentours de mes repas. Et au fil des jours, je me suis mis à lire de plus en plus et à mastiquer de moins en moins, jusqu'à ce que je passe finalement la plupart de mes heures de veille à lire, ne rognant plus que dans les marges. Et comme j'ai regretté les trous terribles que j'ai laissé dans ces oeuvres !
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Firmin de
Sam Savage
"J'avais toujours imaginé que si, d'aventure, j'écrivais un jour l'histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante: quelque chose de lyrique à la Nabokov, "Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins" ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, "Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon". Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec." (p.11)
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Par Stouph, le 04/01/2011
Firmin de
Sam Savage
Je crois toujours que tout est éternel, mais rien ne dure jamais. En fait, rien n'existe jamais plus qu'un court instant, sauf ce que nous gardons en mémoire.
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Firmin de
Sam Savage
« Dans les histoires,la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans « Des souris et des hommes », parce qu’elles s’inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d’être des Vies Stupides et Insignifiantes. La consolation d’être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n’avons même pas cela. …La seule littérature que je hais de toute mon âme est celle consacrée aux rats…Je pisse à la raie de Mickey et Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson ».
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Par gigi55, le 11/11/2009
Firmin de
Sam Savage
Des petits diamants de transpiration brillaient sur sa lèvre supérieure. Je les ai bus un par un ; ils avaient un goût salé. Mes lectures m'avaient appris que c'était aussi le goût des larmes.
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Par liliba, le 29/02/2012
Firmin de
Sam Savage
Dans les premiers temps, mon appétit était primitif, orgiaque, imprécis, goinfre – une bouchée de Faulkner ou une bouchée de Flaubert, je ne faisais pas la différence -, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour discerner quelques nuances. J’ai tout d’abord remarqué que chaque livre avait un goût propre – sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide. J’ai également constaté que chacune de ces saveurs – puis, au fur et à mesure que mes sens s’aiguisaient, que la saveur de chaque page, chaque phrase et finalement chaque mot – s’accompagnait d’une série d’images et de représentations dont je ne savais pourtant rien vu mon expérience très limitée de la prétendue réalité : gratte-ciels, ports, chevaux, cannibales, arbre en fleur, lit défait, femme noyée, garçon volant, tête tranchée, ouvriers levant les yeux aux hurlements d’un idiot, sifflet d’un train, rivière, radeau, rayons obliques du soleil dans une forêt de bouleaux, main caressant une cuisse nue, casemate dans la jungle, ou moine agonisant
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Par Mouna, le 27/04/2009
Firmin de
Sam Savage
Jerry disait toujours que les gens ne voulaient pas publier ses livres parce qu'ils avaient peur du message qu'ils véhiculaient. Moi, il me parlait vraiment et correspondait bien à ma vision de l'existence: chaque jour qui passe nous rend un peu plus faibles, un peu plus fous.
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Firmin de
Sam Savage
Quang je pense à elle aujourd’hui, rien ne me vient à l’esprit hormis certains mots. J’ai beau me torturer les méninges jusqu’à risquer l’évanouissement, je n’obtiens qu’une vague silhouette et les mots pas assez de tétons – ainsi qu’un lourd parfum de sciure et de bière comme en dégage le plancher d’un saloon.