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Samuel N. Rosenberg

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Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Samuel N. Rosenberg

Biographie et informations

Nationalité : États-Unis

Biographie :

Samuel N. Rosenberg est Professeur émérite de la langue française à l'Université d'Indiana à Bloomington.

Il a été pendant de longues années, président de la Société de littérature courtoise qui regroupe tous les savants spécialistes en littérature courtoise médiévale du monde.

Il a été rédacteur en chef de ENCOMIA, la publication annuelle de la Société de littérature courtoise.
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Etiquettes

anthologies   poésie française   moderne   Chansons de trouvères   trouvères   langue d'oïl   chansonniers   croisades   12ème siècle   chanson   musiques et chansons   amour courtois   13ème siècle   littérature médiévale  

Citations de Samuel N. Rosenberg

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  • Par Orphea, le 08/04/2012

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Entre moi et mon amin,
    En un boix k'est leis Betune,
    Alainmes juwant mairdi
    Toute lai nuit a la lune,
    Tant k'il ajornait
    Et ke l'alowe chantait
    Ke dit : "Amins, alons an."
    Et il respont doucement :
    Il n'est mie jours,
    Saverouze au cors gent ;
    Si m'aït Amors,
    L'alowette nos mant.

    Adont se trait pres de mi,
    Et je ne fu pas anfruine ;
    Bien trois fois me baixait il,
    Ausi fix je lui plus d'une,
    K'ainz ne m'anoiait.
    Adonc vocexiens nou lai
    Ke celle neut durest sant,
    Mais ke plus n'alest dixant :
    Il n'est mie jours,
    Saverouze au cors gent ;
    Si m'aït Amors,
    L'alowette nos mant.



    (Mon ami et moi,
    en un bois près de Béthune,
    nous passâmes toute la nuit
    de mardi à jouer à la lune
    jusqu'à ce qu'il fit jour
    et chantât l'alouette
    qui dit : "Ami, allons-nous-en".
    Et il répond doucement :
    Ce n'est pas le jour,
    savoureuse au corps joli ;
    je le jure par Amour,
    l'alouette nous ment.
    Alors il s'approche de moi
    et je ne fus pas chiche ;
    Il m’embrassa plus de trois fois
    Et, de mon côté, je le fis plus d'une !
    Cela ne m'ennuya pas.
    Certes nous aurions bien voulu
    que cette nuit durât cent nuits
    et que lui n’eût plus à dire :
    Ce n'est pas le jour,
    savoureuse au corps joli ;
    je le jure par Amour,
    l'alouette nous ment.)
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  • Par Couperine, le 29/10/2010

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    J'ai connu l'heure où par son service
    un homme aurait acquis un riche bénéfice.
    Maintenant le temps est venu
    où à plus servir on est moins récompensé.
    Les méchants et les fêlons en sont cause
    qui débordent d'une telle convoitise
    que pour rien au monde
    ils ne donneront ce qu'ils ont promis
    à ceux qui les ont bien servis.

    Les grands seigneurs fort habiles
    promettent merveilles à leurs serviteurs ;
    et ils leur disent avec perfidie:
    "Mon ami, vous êtes très obligeant ;
    servez-moi comme je le désire.
    Par saint Denis, je vous donnerai
    une demeure
    telle que, quand vous la tiendrez,
    vous serez riche et puissant."

    L'autre s'en réjouit dans l'espoir
    de voir tenir la promesse de son seigneur ;
    il ne croit pas qu'on lui fasse défaut,
    le laissant sans bien ni honneur.
    Mais quand il arrivera au bout du compte,
    alors, sans raisons valables,
    à cause des mensonges d'un accusateur,
    il perdra le fruit du service qu'avec peine
    il aura fourni depuis son enfance.

    Dieu ! que fera la haute justice,
    loyale et pleine de force,
    quand viendra le jour du Jugement
    où tous les méfaits seront payés ?
    C'est en enfer qu'ils seront accueillis,
    c'est là qu'ils tiendront leur demeure.
    La convoitise les aura trahis.
    Par leur folle et mauvaise action
    ils auront perdu la joie du ciel.
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  • Par Orphea, le 15/10/2011

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Por coi me bait mes maris?
    Laisette !

    Je ne li de rienz meffis,
    Ne riens ne li ai mesdit
    Fors c'acolleir mon amin
    Soulete.

    Por coi me bait mes maris ?
    Laisette !

    Et s'il ne mi lait dureir
    Ne bone vie meneir,
    Je lou ferai cous clameir
    A certes.

    Por coi me bait mes maris ?
    Laisette !

    Or sai bien que je ferai
    Et coment m'an vengerai :
    Avec mon amin geirai
    Nüete.

    Por coi me bait mes maris ?
    Laisette !



    ( Pourquoi mon mari me bat-il,
    pauvrette ?
    Je ne lui ai fait aucun mal,
    je ne lui ai rien dit de mal,
    je n'ai fait qu'enlacer mon ami,
    seulette.
    Pourquoi mon mari me bat-il,
    pauvrette ?
    S'il ne me laisse pas continuer
    ni mener joyeuse vie,
    je le ferai traiter de cocu
    notoire.
    Pourquoi mon mari me bat-il,
    pauvrette ?
    Oui, je sais bien ce que je vais faire
    et comment j'en tirerai vengeance :
    j'irai me coucher avec mon ami,
    toute nue.
    Pourquoi mon mari me bat-il,
    pauvrette ? )
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  • Par Orphea, le 15/05/2011

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Chanson d'amour attribuée à Thibaut de Champagne

    De fine amor vient seance et bonté,
    Et amors vient de ces deus autressi.
    Tuit troi sont un, qui bien i a pensé ;
    Ja ne seront a nul jor departi.
    Par un conseil ont ensemble establi
    Lor correors, qui sont avant alé.
    De moi ont fet tout lor chemin ferré ;
    Tant l'on usé, ja n'en seront parti.

    Li correor sunt de nuit en clarté
    Et de jor sont por la gent obscurci :
    Li douz regart plaisant et savoré,
    La grant biauté et li bien que g'i vi.
    N'est merveille se ce m'a esbahi :
    De li a Deus le siecle enluminé,
    Car qui avroit le plus biau jor d'esté,
    Les li seroit obscurs de plain midi.

    En amor a paor et hardement ;
    Cil dui sont troi et dou tierz sont li dui,
    Et grant valor est a aus apendant,
    Ou tuit li bien ont retrait et refui.
    Por c'est amors li hospitaus d'autrui
    Que nus n'i faut selonc son avenant.
    J'i ai failli, dame qui valez tant,
    A vostre ostel, si ne sai ou je sui.

    Or n'i voi plus mes qu'a lui me conmant,
    Que toz pensers ai laissiez por cestui :
    Ma bele joie ou ma mort i atent,
    Ne sai le quel, des que devant li fui.
    Ne me firent lors si oeil point d'anui,
    Ainz me vindrent ferir si doucement
    Dedens le cuer d'un amoreus talent
    Qu'encor i est le cous que j'en reçui.

    Li cous fu granz, il ne fet qu'enpirier ;
    Ne mus mires ne m'en porroit saner
    Se cele non qui le dart fist lancier,
    Se de sa main i voloit adeser.
    Bien en porroit le cop mortel oster
    A tout le fust, dont j'ai tel desirrier ;
    Mes la pointe du fer n'en puet sachier,
    Qu'ele brisa dedenz au cop douner.

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  • Par Orphea, le 15/10/2011

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Deduxans suis et joliette, s'amerai.

    Ier matin me levai droit au point dou jour,
    On vergier mon peire antrai ki iert plains de flours ;
    Mon amin plus de cent fois i souhaidai.

    Deduxans suis et joliette, s'amerai.

    J'amerai mon amin, ke proiét m'an ait ;
    Il est biaus et cortois, bien deservit l'ait ;
    Mon fin cuer mal greit peire et meire li donrai.

    Deduxans suis et joliette,s'amerai.

    Chanson, je t'anvoi a toz fins loialz amans,
    Qu'il se gaircent bien des felz mavais mesdisans,
    Car j'ain tant bien sai ke covrir ne m'an porai.

    Deduxans suis et joliette, s'amerai.



    ( Je suis charmante et mignonnette, donc j'aimerai.
    Hier matin, je me suis levée au point du jour,
    je suis entrée dans le verger tout fleuri de mon père,
    plus de cent fois j'ai souhaité y voir mon ami.
    Je suis charmante et mignonnette, donc j'aimerai.
    J'aimerai mon ami qui m'en a priée ;
    il est beau, il est courtois, il l'a bien mérité.
    Je lui donnerai mon tendre cœur malgré père et mère.
    Je suis charmant et mignonnette, donc j'aimerai.
    Ma chanson, je t'envoie à tous les amants parfaits et loyaux
    qu'ils se gardent bien des hypocrites, mauvais et médisants ;
    pour moi, si fort est mon amour, je sais que je ne pourrai le cacher !
    Je suis charmante et mignonnette, donc j'aimerai. )
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  • Par Orphea, le 29/10/2010

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Chanson d'amour attribuée à Blondel de Nesle

    En tout tans que vent bise,
    Pour cele dont sui soupris,
    Qui n'est pas de moi souprise,
    Devient mes cuers noirs et bis.
    De fine amour l'ai requise,
    Qui cuer et cors m'a espris,
    Et, s'ele n'en est esprise,
    Pour mon grant mal la requis.

    Mais la doleurs me devise
    Qu'a la meilleur me sui pris
    Qui ainc fust en cest mont prise,
    Se j'estoie a son devis.
    Tort a mon cuer qui s'en prise,
    Quar ne sui pas si eslis.
    S'ele eslit, qu'ele m'eslise !
    Trop seroie de haut pris.

    Et nequedent destinee
    Doune a la gent maint pensé :
    Tost i metra sa pensee
    S'amours li a destiné.
    Je vi ja tel dame amee
    D'ome de bas parenté
    Qui mieuz ert emparentee,
    Et si l'avoit bien amé.

    Pour c'est drois, s'Amours m'agree,
    Que mon cuer li ai douné.
    Se s'amour ne m'a dounee,
    Tant la servirai a gré,
    S'il plaist a la desirree,
    Que un baisier a celé
    Avrai de li a celee,
    Que tant ai desirré.



    (En tout temps où vente la bise,
    pour celle dont l'amour m'a surpris
    mais qui n'est pas du mien surprise,
    mon cœur devient noir et bis.
    Au nom de Parafait Amour je l'ai requise,
    moi dont elle a épris cœur et corps,
    mais si elle n'est pas de son côté éprise,
    c'est pour mon malheur que je la requis.
    Mais ma douleur me raconte
    que je me suis attaché à la meilleur
    qu'on pourrait choisir en ce monde,
    si seulement j'étais à son gré.
    Mon cœur a tort de s'en estimer
    car je ne suis pas si remarquable.
    Si elle choisit, qu'elle me remarque !
    j'en serais de valeur bien plus estimable.
    Et pourtant la destinée
    donne aux gens bien des pensées.
    Elle y mettra tôt son penser
    si Amour lui a fixé ce destin.
    Jadis j'ai vu une dame aimée
    d'un homme assez bas apparenté.
    Elle avait plus haute parenté
    et néanmoins elle l'avait bien aimé.
    C'est donc justice si Amour m'agrée,
    car je lui ai donné mon cœur.
    Même si elle ne m'a pas donné son amour,
    je la servirai longtemps selon son gré
    que, s'il plaît à ma dame désirée,
    un baiser secrètement
    j'obtiendrai d'elle en secret,
    comme je l'ai tant désiré.)
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  • Par Orphea, le 29/10/2010

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Chanson d'amour attribuée à Conon de Béthune

    Chançon legiere a entendre
    Ferai, que bien m'est mestiers
    Ke chascuns le puist aprendre
    Et c'on le chant volentiers ;
    Ne par autres messaigiers
    N'iert ja ma dolors mostree
    A la millor ki soit nee.

    Tant est sa valors doblee
    C'orgeus et hardemans fiers
    Seroit se ja ma pensee
    Li descovroie premiers ;
    Mais besoins et desiriers
    Et çou c'on ne puet atendre
    Fait maint hardement emprendre.

    Tant ai celé mon martire
    Tos jors a tote la gent
    Ke bien le devroie dire
    A ma dame solement,
    K'Amors ne li dist noient ;
    Neporquant s'ele m'oblie,
    Ne l'oublïerai je mie.

    Por quant, se je n'ai aïe
    De li et retenement,
    Bien fera et cortoisie
    S'aucune pitiés l'em prent.
    Au descovrir mon talent
    Se gart bien de l'escondire,
    S'ele ne me velt ochirre.

    Fols sui, ki ne li ai dite
    Ma dolors ki est si grans.
    Bien deüst estre petite
    Par droit, tant sui fins amans ;
    Mais je suis si meschaans
    Ke quanques drois m'i avance,
    Me retaut ma mescheance.

    Tous i morrai en soffrance,
    Mais sa beautés m'est garans,
    De ma dame, et la samblance
    Ki tos mes maus fait plaisans,
    Si ke je muir tous joians,
    Ke tant desir sa merite
    Ke ceste mors me delite.

    Noblet, je sui fins amans,
    Si ai la millor eslite
    Dont onques cançons fu dite.
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  • Par Orphea, le 15/05/2011

    Chansons des trouvères de Samuel N. Rosenberg

    Chanson d'amour attribuée à Gace Brulé

    Oëz por quoi plaing et sopir,
    Seignor, n'en fais pas a blasmer.
    Touz jors m'estuet ma mort servir -
    Amors ! n'en puis mon cuer oster ;
    Mais honor ai d'ensinc morir,
    Si en vuil bien les maus souffrir
    Tant qu'a plus en puisse monter.

    S'Amors me fait ses maus sentir,
    Il ne m'en doit mie peser,
    Qu'autres nou puet mais soustenir
    Une hore sanz soi reposer,
    Mais je suis amis sanz mentir.
    Ja Deus ne m'en lait repentir,
    Car en amant vuil bien finer.

    Amors, tele hore fu jadis
    Qu'estre me laissïez en pes ;
    Mair or sui je verais amis,
    N'autre riens ne m'agree mes.
    Serai je donc de vos ocis ?
    Nenil ! Trop avrïez mespris,
    Quant je tout por vos servir les.

    Cuers, qu'en puis mes se sui pensis,
    Quant tu m'as chargié si grief fes ?
    "Ha ! cors, de neant t'esbahis :
    Ja n'ama onques hom mauvais.
    Ser tant que tu aies conquis
    Ce que plus desirres toz dis."
    Voire, cuers, mes la morz m'est pres.

    Gui de Pontiaus, en fort prison
    Nos a mis Amors, sanz confort
    Vers celes qui sanz achoison
    Nos ocirront. Dont n'est ce tort ?
    Oïl, car léaument amon ;
    Ja ne nos en repentiron :
    Bon amer fait jusqu'a la mort.

    Gaçot define sa chançon.
    Ha ! fins Pyramus, que feron ?
    Vers Amors ne somes jor fort.



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