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Par anyuka, le 23/11/2010
L'indésirable de
Sarah Waters
Si Hundreds Halls est hanté, son fantôme ne se montre pas à moi. Car si je me détourne alors, c'est pour être déçu, en me rendant compte que ce que j'ai là, devant les yeux, n'est rien d'autre qu'une vitre fêlée, et que le visage déformé qui me fixe, l'air perplexe, en attente, est le mien.
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Par Elianthe, le 15/10/2010
L'indésirable de
Sarah Waters
Je me souviens beaucoup mieux de la maison elle-même, qui m'apparut comme un véritable manoir. Je revois les détails architecturaux portant la trace du temps : la brique rouge patinée, les vitres inégales des fenêtres, les pierres d'angle de grès usé. Ils concouraient à rendre le bâtiment presque flou, vaguement irréel - comme une glace qui commence à fondre au soleil, me dis-je.
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Ronde de nuit de
Sarah Waters
Elle sortit son poudrier et son tube de rouge, se pencha sur le miroir.
"Autant rafraîchir les peintures de guerre, hein?" fit-elle.
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Ronde de nuit de
Sarah Waters
"Comment va votre père, Vivien ? s'enquit poliment Mr Mundy. Et votre sœur ? Et le gros bonhomme ? " Il voulait parler de Graham, le bébé de Pamela. "Quel gros poupon, n'est-ce pas ? Un vrai bébé Candum ! "
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Par line70, le 29/03/2011
Ronde de nuit de
Sarah Waters
[...] quand on était en bonne santé, on n'y pensait jamais ; il fallait cesser d'être malade pour, l'espace d'une minute, se rendre compte de ce que c'était. Et être malade faisait de vous un autre, un étranger dans son propre pays. Tout ce qui paraissait simple et ordinaire à tout un chacun devenait hostile. Votre propre corps devenait votre ennemi, avec ses calculs et ses complots, ses pièges tendus...
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L'indésirable de
Sarah Waters
On dirait un peu qu'ils s'enorgueillissent de vivre à la manière des Bontë, fiers et isolés, préférant cautériser eux-mêmes leurs plaies, etc.
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Par caro64, le 28/11/2010
L'indésirable de
Sarah Waters
C'était en juillet que Mrs Ayres m'avait offert cette photo et nous étions maintenant en décembre. Comment était-il possible, me demandais-je, qu'en quelques mois à peine ma vie soit ainsi devenue mêlée à celle de cette famille, au point de me retrouver si déstabilisé, si bouleversé.
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L'indésirable de
Sarah Waters
-Une illusion ? C'est cela que vous pensez ?
- ... une illusion qui se nourrit de votre fatigue. Je pense que vous devriez quitter le Hall un certain temps. Et tout de suite. Prendre des vacances, quelque chose comme ça.
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Par helaia, le 24/01/2012
Affinités de
Sarah Waters
Ses yeux braqués sur moi me posaient la question, mais je ne savais plus. Je me détournai sans parvenir à faire abstraction de ce regard. Elle dit enfin elle-même, d'une voix monocorde : "Vous êtes venue à Millbank pour voir des femmes plus malheureuses encore que vous, vous espérez que cela vous rendra la santé" - Je garde un souvenir très net des mots, tellement énormes et tout ensemble si près de la vérité que je ne pus les entendre sans rougir. Elle parlait toujours : "Allez-y, regardez-moi, je suis bien assez malheureuse. Le monde entier peut me regarder, ça fait partie de ma punition".
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L'indésirable de
Sarah Waters
J'allai de nouveau observer les trois marques de brûlures : je me rendis soudain compte qu'elles étaient semblables aux cicatrices que Rod portait au visage et aux mains. Comme si la maison se couvrait de ses propres cicatrices, peut-être en réponse à sa tristesse et à sa colère - ou bien à celles de Caroline ou de sa mère -, en réponse aux chagrins et désillusions de toutes la famille. Cette pensée était horrible. Je compris soudain ce que Caroline voulait exprimer quand elle disait que les marques sur les murs et les meubles lui faisaient froid dans le dos