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Par Luniver, le 12/04/2013
Caresser le velours de
Sarah Waters
Je savais que je ne remballerais pas mes affaires, que je ne dirais pas adieu à Kitty dès le lendemain matin. Je m'étais trop avancée, je ne pouvais plus revenir en arrière. Je resterais avec elle, mais il faudrait que notre vie commune s'ordonne comme elle le voulait. Il faudrait ravaler les drôles de désirs qui me mettaient sur des charbons ardents, la regarder simplement comme une « sœur ». Être une sœur pour Kitty, ce serait toujours mieux que d'être rien, de ne pas exister pour elle. Si ma tête et mon cœur et la flamme qui se tordait au plus intime de moi-même, si tout mon être protestait et criait au scandale, tant pis. Il me faudrait apprendre à me taire. J'avais le choix ou d'aimer Kitty comme elle m'aimait, moi, ou de renoncer à jamais pouvoir lui donner mon amour.
Or, je le savais. Ne pas pouvoir l'aimer, ce serait terrible.
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Par anyuka, le 23/11/2010
L'indésirable de
Sarah Waters
Si Hundreds Halls est hanté, son fantôme ne se montre pas à moi. Car si je me détourne alors, c'est pour être déçu, en me rendant compte que ce que j'ai là, devant les yeux, n'est rien d'autre qu'une vitre fêlée, et que le visage déformé qui me fixe, l'air perplexe, en attente, est le mien.
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Du bout des doigts de
Sarah Waters
Je connais le monde et ses plaisirs aussi bien que les pires débauchés de l'univers romanesque; pourtant je n'ai pas une seule fois franchi les murs du parc de mon oncle depuis qu'il m'a recueillie. Je sais tout sans rien savoir. Ceci sera essentiel pour la suite. Il ne faudra pas oublier tout ce que je ne sais pas faire, tout ce que je n'ai pas vu. Je ne sais ni monter à cheval ni danser. Je n'ai jamais eu entre les mains de l'argent à dépenser. Je n'ai jamais mis les pieds dans un train ou un théâtre, jamais vu ni la mer ni la montagne;Je n'ai jamais vu Londres mais j'ai l'impression de connaître la ville. Elle m'est familière grâce aux livres de mon oncle.
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Ronde de nuit de
Sarah Waters
Elle sortit son poudrier et son tube de rouge, se pencha sur le miroir.
"Autant rafraîchir les peintures de guerre, hein?" fit-elle.
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Ronde de nuit de
Sarah Waters
"Comment va votre père, Vivien ? s'enquit poliment Mr Mundy. Et votre sœur ? Et le gros bonhomme ? " Il voulait parler de Graham, le bébé de Pamela. "Quel gros poupon, n'est-ce pas ? Un vrai bébé Candum ! "
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Par pittocha, le 17/12/2012
Caresser le velours de
Sarah Waters
Je l'avais regardée dans le temps comme une prude, sage comme une image, au physique ingrat. Mais elle n'avait rien d'une prude maintenant- elle était merveilleusement provocante et impulsive et prête à tout, et sa liberté la rendait belle, donnait du brillant à tout ce qu'elle était. Je ne pouvais plus la regarder sans avoir envie de la caresser. Je ne pouvais plus voir l'éclat de se lèvres vermeilles sans avoir envie d'approcher et de les baiser.
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Par Rebus, le 02/05/2013
Du bout des doigts de
Sarah Waters
Je place le livre sur un lutrin et assujettis soigneusement les pages. Je tourne une lampe de façon à éclairer vivement les lignes imprimées.
- Pendant combien de temps voulez-vous que je lise, mon oncle ?
Il consulte sa montre et répond :
- Jusqu'à l'heure. Maintenant ouvrez bien vos oreilles, Rivers, et dites s'il y a à votre avis un autre salon dans tout le royaume où vous pourriez trouver quelque chose qui ressemble à ceci.
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Par Sand94, le 18/10/2012
Du bout des doigts de
Sarah Waters
Trop encourager chez les jeunes filles la pratique de la littérature, voire proposer aux femmes des études universitaires [...] Nous élevons une nation de femmes cérébrales. Hélas ! Le malheur de votre épouse relève d’un malaise plus vaste. (p.411)
Vous vous êtes trop occupée de littérature (p.590)
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Par caro64, le 28/11/2010
L'indésirable de
Sarah Waters
C'était en juillet que Mrs Ayres m'avait offert cette photo et nous étions maintenant en décembre. Comment était-il possible, me demandais-je, qu'en quelques mois à peine ma vie soit ainsi devenue mêlée à celle de cette famille, au point de me retrouver si déstabilisé, si bouleversé.
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Par Taraxacum, le 05/01/2013
L'indésirable de
Sarah Waters
Nous sommes là devant une situation encore plus étrange que l'hystérie. C'est comme si...ma foi, c'est comme si quelque chose aspirait lentement la vie de cette famille.
-Sans aucun doute! fit-il avec un nouvel aboiement de rire. Et cette chose s'appelle Gouvernement Travailliste. Le problème des Ayres -ne croyez-vous pas - c'est qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas s'adapter. Comprenez-moi bien: j'ai beaucoup de compassion pour eux. Mais que reste-il pour une famille comme la leur dans l'Angleterre d'aujourd'hui? Du point de vue social, ils sont fichus. Et d'un point de vue nerveux, ils sont peut-être en bout de course.
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