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Par Sergi, le 04/02/2011
Les îles du santal de
Serge Legrand-Vall
Un vent frais soufflait de l’aval de la rivière, agitant les larges feuilles des figuiers dont les fruits bleuissaient. Il arriva sous les arcades de la grande place et s’engagea sous un porche ouvert alors que les premières étoiles piquaient le voile sombre qui descendait sur le village. Il avait vu, là-haut, de la lumière à la fenêtre de la mansarde d’Émeline. Elle était déjà rentrée de son service. Il s’engageait, euphorique, dans l’escalier du deuxième étage encombré de vieux ustensiles de cuisine quand il ralentit, l’oreille blessée par les sons qu’il percevait. Il monta encore deux marches et s’arrêta tout à fait, le cœur battant trop vite. De la porte en bois ciré qui fermait le haut de l’escalier, lui arrivaient des bruits qu’il n’identifiait que trop bien. De petits gémissements, des ahanements plus graves et les grincements du lit. Ainsi, il n’y avait plus de doute à avoir. Elle s’était bien pressée de l’oublier, de se donner toute à l’autre. Il ne verrait plus ses yeux verts fixés dans les siens. Il ne toucherait plus ce corps à la peau pâle dont l’absence l’obsédait. Une vague de rage l’emporta, le libérant de sa stupeur immobile. Attrapant une casserole de fonte ébréchée posée au coin d’une marche, il la lança à toute volée contre la porte du repaire ennemi. Dans un bruit de tonnerre, l’objet se cassa, brisant dans le choc les planches de la frêle porte et déclenchant un cri strident bientôt suivi d’exclamations dans toute la maison. Il redescendit sourd et aveugle, si vite que les habitants alarmés sortis sur le palier du premier étage eurent du mal à le reconnaître.
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Par Sergi, le 27/09/2010
Les îles du santal de
Serge Legrand-Vall
Les ombres lui firent signe de les suivre et il leur emboîta le pas. Une sorte de fièvre semblait habiter les silhouettes nombreuses qui se pressaient sur l’étroit chemin. Les torches de coco éclairaient fugitivement une branche, une chevelure, un visage strié de tatouages, le tressage d’une vannerie. Au loin, résonnaient les battements graves des tambours, comme ceux d’un cœur exhumé des profondeurs du corps de l’île, dans des éclaboussements de terre noire et des craquements de racines.
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Par BettyP, le 21/02/2011
Les îles du santal de
Serge Legrand-Vall
Un mouvement à la surface d'une vague attira son attention. Elle fronça les sourcils et fixa l'objet qui se déplaçait, tout près de la langue rocheuse qui longeait l'embouchure de la rivière. Une tortue marine honu ! Elle connaissait ces cousines de la mer qu'elle avait parfois rencontrées en nageant vers les eaux profondes. Elle en avait vu pondre dans le sable, avec des larmes de douleur. Cette tortue-là nageait mollement et s'arrêta tout à fait. Vaiana se sentit invitée à la rejoindre, non pour plonger à ses côtés, mais parce que honu était là pour une raison précise. Elle descendit de l'arbre aussi vite qu'elle y était montée, posa son panier d'œufs et courut nue vers la rivière froide qu'elle traversa suffisamment en amont pour ne pas effrayer la visiteuse. Puis, elle longea la rive ombrageuse jusqu'aux galets. A l'endroit où les vagues alanguies finissaient leur course sur le sable gris, honu restait immobile sous la surface, agitant à peine ses nageoires. Elle attend que je la prenne, pensa Vaiana. Elle guetta la vague qui apporterait la bête vers le bord et avança lentement dans l'eau. Puis, dans un élan, elle s'en saisit à deux mains de part et d'autre de la carapace, la souleva et tomba à la renverse avec elle sur les cailloux.
(P61)
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Toulouse Bordeaux l'un dans l'autre de
Serge Legrand-Vall
"jolie musique des mots, propre à l'auteur...
un survol de l'Histoire de Toulouse, Bordeaux et d'un plus large Sud-Ouest, au travers de thèmes choisis, divers et variés... une jolie poésie à découvrir...
un manque d'illustration pour appuyer les idées et asseoir les images décrites, pour comprendre et défendre les réflexions émises..."