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Critiques de Shalom Auslander


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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 02/12/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    S'il en est un qui manie l'autodérision avec brio, c'est bien Shalom Auslander ! Élevé dans une famille juive orthodoxe, il défie, depuis son plus jeune âge, Dieu et ses préceptes. Pourquoi ? Pour punir sa famille dans un premier temps. Elle qui se veut exemplaire ne l'est en rien. C'est ainsi que le jeune Shalom va se bourrer de nourriture "trief", c'est-à-dire non cachère, toucher à l'électricité le jour du Shabbat ou encore tenter d'avoir des relations sexuelles. Bref, tout ce qui est interdit. Mais dans un deuxième temps, on se rend compte que s'il se met autant à l'épreuve, c'est peut-être tout simplement parce qu'il a peur. Peur de ce Dieu présenté comme celui qui punit. Peur de ne pas pouvoir dépasser tout ceci, peur de ne pas pouvoir se débarrasser de ce patrimoine qui lui colle à la peau.

    Je vois dans ce roman bourré d'humour, où l'on rit ou sourit à chaque page, bien plus qu'une simple autobiographie. Elle pointe du doigt la lourde éducation religieuse - et imposée - inculquée dès le plus jeune âge et que l'on n'ose pas rejeter de peur d'être renié par ses proches et d'être maudit sur plusieurs générations. On pense ou pas comme l'auteur mais en tous les cas, il faut lui reconnaître le courage de coucher cela sur le papier !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si%C3%A8cle...

    Critique de qualité ? (73 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 03/12/2012


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Pourquoi ce titre ? Parce que lorsque Shalom apprend qu'il va être papa, la question de la circoncision du bébé à naître se pose. Elevé à coups de préceptes très stricts de la religion juive, Shalom a renié cette éducation, mais elle le poursuit. On ne devient pas athée comme ça, vierge de toute superstition, quand on vous a menacé du châtiment divin pendant vos vingt premières années et que vous y avez cru.

    Un régal de lecture sur les réflexions percutantes et amusantes de Shalom sur le judaïsme, et sur ses sentiments - complètement paranos - pendant la grossesse de sa femme. Si les passages sur sa jeunesse ne manquent pas d'intérêt et d'humour non plus (découverte frénétique de la sexualité "malgré tout", entachée de sentiments de culpabilité tenaces, relations familiales houleuses et délétères...), je les ai trouvés longs, vite lassants, redondants, notamment sur les comportements alimentaires - de moins en moins cachères - du garçon. Ces intermèdes aident à comprendre, ceci dit, la distance que Shalom a eu besoin de prendre vis à vis de sa famille : "une distance qui avait sauvé mon mariage, et ma vie" (p. 36).

    En résumé : un ouvrage intéressant et drôle sur les dégâts (possibles, et probablement un brin exagérés ici) d'une éducation religieuse sur un homme - religion juive en l'occurrence, mais d'autres sont aussi terrifiantes pour l'enfant, inhibitrices pour l'adulte... Intéressante également l'image de Dieu, telle qu'on la perçoit en effet dans l'Ancien Testament (un "Père" colérique, menaçant, vengeur...). Entendons-nous bien, savourer ce livre et en rire n'est pas de l'antisémitisme, mais pure jubilation face à la critique des abus religieux en général...

    --- Croyants convaincus, quelle que soit votre religion, évitez peut-être cette lecture : ouvrage religieusement incorrect "en diable" (heum) ; le blasphème à gogo risque de vous heurter.

    Critique de qualité ? (32 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 25/10/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Quelle joyeuse surprise d'automne que cette lamentation du prépuce !

    Le titre prête volontiers à sourire - ou à tourner la tête, offusqué de voir apparaître un tel mot sur une couverture de livre - et le contenu est à l'image de ce titre !

    Au début du livre, Shalom Auslander (auteur et "personnage principal" du roman) apprend qu'il va être papa, et là c'est le déluge d'images apocalyptiques de tout ce qui pourrait arriver de mal pour empêcher cet heureux évènement de le combler. La faute à qui ? A Dieu et à la relation très houleuse qu'Auslander a entretenu avec son Créateur tout au long de sa vie. (bien qu'au final, on s'aperçoit que cette relation, une fois devenu adulte, s'apparente plus à une relation de "bons potes" pleine de tendresse vache qu'à quelque chose de vindicatif )

    Et c'est là que les flashbacks commencent ...

    L'auteur évoque ainsi des souvenirs de son enfance et de son adolescence à la yeshiva (école juive ultra-orthodoxe) et dans sa famille.
    Ses réflexions d'adulte proche de la paternité mettent en lumière certains côtés absurdes de la religion juive observés à la lettre par les ultra-orthodoxe. Le moins qu'on puisse dire... c'est que les ultra-religieux en prennent plein la figure ! L'univers de la yeshiva qu'il fréquente s'apparente vite à une formidable fabrique de futurs adultes frustrés (sexuellement, mais pas que) et rongés par la culpabilité (mais pourquoi ? pour être juif et vivant ???) De même, l'auteur met à mal - car avec une grande lucidité !! - les motivations "réelles" des individus ultra-religieux dans leur rapport à la piété.
    (demande à satisfaire, tradition rassurante, recherche d'un sentiment d'appartenance,...)

    J'ai trouvé l'analyse - avec un humour à la Woody Allen ! - et la justesse avec lesquels le romancier décrit l'aspect culpabilisant du dogmatisme religieux très justes. De même, Auslander, à travers sa thérapie romancière, essaye de comprendre comment l'enseignement de la religion et l'historiographie du peuple juif ont pu développer chez lui (et d'autres de ses co-religionnaires) un sentiment de persécution.

    Il évoque entre autre, plusieurs épisodes d'horribles Shabbat avec sa famille, ou alors des scènes du quotidien qui révèlent le traumatisme et l'obsession des descendants des communautés ashkénazes post-Shoah.

    (à ce propos, j'en profite pour faire part de cette petite incompréhension : pourquoi la traduction a-t-elle gardé le terme "Holocauste", utilisé par les Américains certes, mais rejeté par les Européens????)

    Bref, pour ceux qui aiment l'humour caustico-psychanalitico juif de Woody Allen, et qui ne crient pas au blasphème à la moindre petite réflexion libre d'un écrivain au sujet de la religion : je vous conseille vivement ce livre ! En ce qui me concerne, j'ai hâte de découvrir le second roman de Shalom Auslender, Attention Dieu méchant.


    Pour le plaisir, un petit extrait où Auslander parle avec son psy (ceux qui ont vu des films de Woody Allen ne manqueront pas de se dire que ç'aurait pu être dans le scénario d'un de ses films ! ) :

    - Tu te punis tout seul, dit Ike. C'est mon psychiatre. Je réponds :
    - Je sais.
    - Tu n'as rien fait de mal, insiste-t-il.
    - Je sais.

    Critique de qualité ? (26 l'ont appréciée)


    • Livres 1.00/5
    Par finitysend, le 10/01/2013


    L'espoir, cette tragédie L'espoir, cette tragédie de Shalom Auslander

    Après avoir livré au grand public l'angoisse de la définitive carence narcissique qu'engendre la circoncision , comme en témoigne le pauvre prépuce .
    L'auteur convoque un immonde spectre dans le grenier d'une famille américaine en perdition ...
    Ce monstre persécuteur et hideux s'appellerait Anne Franck ...

    Personnellement je pensais que cette tragédie ne hantait que Amsterdam !

    Malheureusement Anne Franck est morte assassinée, sa mémoire ne hante personne sauf ses bourreaux , du moins je l'espère ...

    Pathétique et honteux rien à ajouter ..
    Si : malsain , criminel , innommable ...
    Et le pire et sans le moindre doute : indécemment opportuniste .

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 26/06/2012


    Attention Dieu méchant Attention Dieu méchant de Shalom Auslander

    Attention Dieu méchant est un recueil de 14 nouvelles, qui se moquent sans prendre de gants de Dieu et des religions.

    Dieu y est successivement représenté comme un tueur à gage qui a des contrats à remplir à temps, comme un voyeur sadique qui tourmente ses prophètes, comme un poulet géant (!) et comme un patron de grande entreprise totalement imbuvable.

    Les croyants en prennent aussi pour leur grade, et principalement les fondamentalistes qui pinaillent pendant des heures sur l'interprétation exacte de telle ou telle phrase, et du nombre de bons et mauvais points que rapporte telle action, à grands renforts de citations bibliques.

    Il ne manquait qu'une dernière nouvelle qui fait de l'Ancien Testament un roman de plage à succès pour compléter le tableau.

    Ma nouvelle préférée est la dernière, dans laquelle Epstein crée deux golems sensés l'assister dans les tâches ménagères. Pour son plus grand malheur, ces deux créatures passent tellement de temps à se disputer sur les détails des travaux à réaliser qu'Epstein doit finalement les faire à leur place, en plus d'entendre leurs discussions interminables. Les deux golems collectent avidement toute nouvelle directive. Ils consignent ainsi soigneusement les exclamations de leur créateur qui commente à grands cris un match de football américain, fascinés par la sagesse de leur dieu.

    Comme dans tout recueil, le niveau des nouvelles est inégal, mais le ton est un régal : léger, impertinent, sans limite, tout en évitant le piège de tomber dans l'outrancier.

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane, le 07/02/2012


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Ce livre va faire mal à Dieu, ce grand oppresseur. Si le peuple juif est l'élu de Dieu, au fond il l'a bien mérité et surtout que personne n'aille revendiquer la place parce que cette place semble être le pire des fléaux de la bible. Pour Shalom Auslander (né dans une famille juive ultra orthodoxe) ce sera un vrai calvaire de faire cohabiter Dieu omnipotent, omniscient, et son libre-arbitre. Dieu est partout, évidemment il voit tout, dicte toutes les conduites mais surtout juge du droit de vivre ou de mourir. Ce pauvre Shalom va passer son enfance à apprendre par cœur toute les prières pluriquotidiennes qu'il faut savoir pour éviter le courroux de Dieu, (sans comprendre pourquoi aucune ne fonctionne), son adolescence à culpabiliser face à ses pulsions et à émotions et l'âge adulte à essayer de se défaire de cette paranoïa que représente la peur de la sanction divine. Tout cela en vain, Dieu habite, surveille, martyrise, se moque de Shalom qui devenu père aimerait bien pouvoir se libérer de cette obsession maladive. La lamentation du prépuce, c'est avec humour et férocité la description de la construction, par des hommes pour eux-même, d'une prison haute sécurité avec de toutes petits trous pour voir le reste du monde, et les juifs ultra orthodoxe n'ont pas le seul privilège de ces prisons haute-sécurité. La caverne de Platon, sans la caverne et sans Platon !

    Critique de qualité ? (18 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Dosamuse, le 27/11/2012


    Attention Dieu méchant Attention Dieu méchant de Shalom Auslander

    Cet auteur est un grand malade, aucune limite, aucun tabou ; une espèce de Bukowski religieux !
    La lecture de chaque nouvelle est ponctuée (dans l'ordre) de 'Nooon!', 'Ooooooooh!', 'il ne va pas oser!', 'Oh m*rde !', 'il est complètement barré', 'ce type est un génie'.

    Passé le premier degré hautement blasphématoire, chaque nouvelle me faisait cogiter comme rarement un texte peut le faire.
    Je vis dans un pays où on a collé un procès à une chaine TV pour avoir diffusé Persepolis. Si les gens lisaient plus souvent ce genre de livre qui oblige à se poser de vraies questions sur l'interprétation qu'on fait des religions, peut être que ca ouvrirait un peu plus l'esprit de certains.

    (Mention spéciale à l'Ayatollah Khomeyni avec son mac mandarine et son fichier fatwa.doc)

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 22/03/2012


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Shalom a été élevé dans la plus pure tradition juive orthodoxe : on respecte tous les interdits alimentaires, et les prescriptions du Shabbat à la lettre. On lui apprend dès son plus jeune âge que Dieu surveille tous ses faits et gestes, et qu'il sera puni tôt ou tard pour ses transgressions. On évoque même que cela pourrait tuer ses parents, puisque les fautes des enfants retombent sur le père avant ses treize ans. Pourtant, Shalom va transgresser une à une les règles qu'on lui a si soigneusement inculquées : il va "travailler" pendant le Shabbat, regarder des magazines porno, consommer de la nourriture non-cachère, du porc et de la drogue.

    Malgré tout, l'image du Dieu vengeur et sadique est ancrée définitivement dans sa tête. À chaque transgression, Shalom est persuadé qu'il va retrouver sa maison en feu, ou ses proches morts dans un terrible accident. S'enchaînent alors les phases de défi des commandements divins, de culpabilisation et de strict respect des règles, et des tentatives de négociation. Le doute se fait de plus en plus aigü sur la question de la circoncision de son fils : faut-il sacrifier à une tradition à laquelle il ne croit plus, ou prendre le risque de déchaîner la colère divine sur sa famille ?

    À la fois drôle et terrifiant, ce livre constitue un blasphème à lui tout seul.

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 20/01/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Dans ce récit qui n'est pas un roman, lauteur juif, Américain raconte sa vie et sa vision de la judaicité tandis que sa femme attend leur premier enfant.
    Drole, touchant, corrosif, tordant, ce livre est une vraie pépite qui me penser que cet auteur peut etre un des nouveaux écrivains américains qui comptent énormément.

    Critique de qualité ? (13 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 22/04/2012


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Shalom et sa femme Orli vont être parents. Un petit garçon. Ca devrait être le bonheur. Sauf que pour Shalom se pose la terrible question de la circoncision : faut-il le faire ou non ? Et lui qui pensait avoir enfin laissé une partie de ses névroses de côté les voit revenir d’un coup. Depuis son enfance passée dans une famille juive orthodoxe où il a commencé à douter de Dieu, ne cessant de le défier en commettant des actes interdits tout en redoutant sa colère, Shalom a toujours cru que Dieu le punirait de ses mauvaises actions en tuant ses proches. Et aujourd’hui, il redoute à tout instant de voir sa femme ou son futur enfant subir Son Courroux.

    Avec beaucoup d’humour, Shalom Auslander évoque son enfance et son adolescence au sein d’une famille juive orthodoxe très pratiquante. Mais si il raconte ces anecdotes de manière drôle, on sent combien il a été marqué par cette éducation religieuse stricte. Le petit garçon a été dans une école ultra-orthodoxe où tout le monde était habillé de la même manière et portait une yarmoulka (kippa) noire. Il croit ce que les adultes lui disent : s’il allume la télé le samedi, jour du shabbat, les rangers vont perdre le match et si il ne mange pas casher, il provoquera de terribles malheurs. Mais tout se gâte à l’adolescence, quand Shalom intègre une école plus modérée, où il y a des filles et où l’habillement est plus libre. Il pose des questions auxquelles il n’obtient pas de réponses satisfaisantes et commence à commettre des actes interdits sans pouvoir s’en empêcher. Cela va de la découverte des magazines pour adultes à l’orgie de hamburgers et de saucisses de porc. Le comportement caché de Shalom, qui se rebelle contre la religion de ses parents, lui inspire en même temps de la honte et de nombreuses névroses. Il ne cesse de défier Dieu, tout en le craignant et s’attend à chaque instant à subir son courroux. Il discute souvent avec Lui, l’insultant, l’accusant d’être mesquin et de faire sans cesse des mauvais coups.

    J’ai beaucoup apprécié ce roman, très autobiographique. Il m’a bien évidemment fait rire à plusieurs occasion, car l’auteur possède un vrai sens de l’auto-dérision et a choisi la voie de l’humour pour faire sa propre thérapie. J’ai également appris beaucoup de choses sur la religion juive, dont les orthodoxes sont parmi les plus pratiquants (ce sont ceux qui ont les petites bouclettes et le chapeau) Et je peux vous dire que respecter toutes les obligations et les interdits est un véritable défi ! Par exemple, le samedi, jour du Shabbat, il est interdit de faire quoi que ce soit, y compris allumer la télévision car cela équivaut à produire de l’électricité. Il est interdit de faire quelque effort que ce soit, donc pas de vélo, interdit de cuisiner. Il est aussi interdit de marcher ou de s’asseoir dans l’herbe car si vous enlevez des brin d’herbes, cela peut être considéré comme labourer ou si vous avez des tâches vertes sur votre pantalon, ça peut équivaloir à teindre. Manger casher n’est pas aisé non plus, car sans parler de la méthode de préparation, cela implique aussi de ne pas manger de veau et de lait, si ce n’est à plusieurs heures d’intervalle. Bref, ce livre divertit et érudit à la fois !
    Il est seulement dommage que Shalom Auslander exploite parfois un événement un peu trop en long et en large, particulièrement au début.

    A conseiller à ceux qui aiment l’humour juif new-yorkais.


    Lien : http://www.chaplum.com/la-lamentation-du-prepuce-de-shalom-auslander-6327

    Critique de qualité ? (13 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par charlottelit, le 29/12/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    intéressant et effrayant de vivre les dégâts infligés à l'Ame, la vie, le corps d'un enfant par la religion poussée à l'extrême.
    l'auteur nous permet de connaître cette vie de l'intérieur et nous lui pardonnons quelques longueurs.

    Critique de qualité ? (12 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par ph_hugot, le 04/02/2013


    L'espoir, cette tragédie L'espoir, cette tragédie de Shalom Auslander

    j'attendais mon second roman de ma chronique du jour, l'espoir cette tragédie, avec énormémement impatience car je connaissais le romancier Salomon Auslander pour avoir été séduit comme tant d'autres lecteurs par ses lamentations du prépuce qui n'était pas un roman, mais un récit autobiographique de sa vision de la judaicité.

    Profondément original, déroutant et surtout presque constamment hilarant, ce livre très attachant m'avait fait entrer avec délice dans l'univers de ce juif new yorkais, à l'humour proche comme beaucoup l'avaient fait remarquer à l'époque , d'un Woody Allen, et j'attendais donc avec grande impatience ses prochains écrits.

    Deux ans aprés son carton, il revient en ce début d'année 2013 avec un livre tout aussi encensé par la critique et qui s'appelle l'espoir cette tragédie,

    Contrairement à son précédent, il ne s'agit plus d'une autobiographie mais bien d'une fiction. L’histoire, complétement farfelue, est en effet celle d’un homme obsédé par la mort et juif qui découvre, après avoir acheté une ferme où il s’est installé avec sa femme, son fils et sa mère (qui lui en font voir de toutes les couleurs), qu’Anne Franck en personne, vit dans son grenier.

    On voit bien que le propos d'Auslander est extremement ambitieux : réussir dans une fiction à portée humoristique, à parler de thèmes très profonds et très intelligents (la légitimité de l'art après l'Holocauste, le devoir de mémoire et les ravages causés dans le monde par le nazisme).

    Le livre commence d'ailleurs très fort : l'esprit du premier livre est présent, à savoir ce style corrosif, percutant et surtout vraiment drole, entre Allen donc mais également une pincée de Philip Roth, mais en plus barré, séduit toujours au départ, mais, malheureusement le charme n'opère plus passé les 100 premières pages.

    On a l'impression qu' Auslander ne sait plus par quel bout prendre son histoire et du coup verse dans le grotesque et même le ridicule et du coup, l'humour cinglant du début semble vain et artificiel.

    Dès lors, on ne croit plus vraiment à sa farce et au potentiel comique de son histoire... A force d'aborder un sujet vraiment brulant, Shalom Auslander semble s'y être un peu brulé les doigts et s'y être emmelé les pinceaux...

    Visiblement, l'autobiographie lui sied mieux que la fiction, mais on attendra peut être sa nouvelle tentative de roman, avant se prononcer totalement.


    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2013/02/04/26173392.html

    Critique de qualité ? (11 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07/09/2011


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Shalom Auslander est dans la trentaine. Sa femme est enceinte d'un petit garçon. La question est : faut-il le circoncire ? La réponse n'est pas simple pour Shalom, car il entretient un rapport très complexe avec Dieu. Élevé dans une famille orthodoxe new-yorkaise, il haït Dieu, mais on ne passe pas outre des milliers d'années de tradition aussi facilement. Malgré son mépris pour son éducation orthodoxe, il possède dans ses valeurs un drôle d'atavisme qui le pousse à bout même quand il se croit définitivement libéré du joug religieux.

    Quand Shalom Auslander raconte sa vie de gamin orthodoxe, c'est à hurler de rire. Il a non seulement un plume trempée dans l'acide mais un contexte familial et religieux en or pour faire jaillir des moments de pure cynisme. D'un côté, sa famille est très disfonctionnelle, avec un père colérique et une mère obsédée par l'avenir rabbinique de son fils. Mais il y a surtout cet héritage religieux oppressant qui l'enferme dans la folie. Un Dieu vengeur, colérique et moqueur qui exige des rites quotidiens tous plus étranges les uns que les autres. Des bénédictions à toutes les sauces, une culpabilité permanente, une volonté farouche de ne surtout pas s'intégrer au reste du monde pour ne pas perdre son identité. Il arrive à rendre tout cela comique, mais on rit jaune devant ce que l'auteur surnomme de la "maltraitance spirituelle".

    Pour contrebalancer cette vie de tabous, Shalom fait tous les excès possibles et imaginables : sexe, drogue et cheeseburger. Il pousse au bout la logique du rapport de force qui l'oppose à ce Dieu sadique. Cette transgression est jubilatoire, mais on en revient toujours à Dieu, surtout quand on essaye de le défier. Shalom a beau avoir conscience d'avoir été élevé comme un veau dans une orthodoxie qui n'est qu'un "immobilisme intellectuelle", il ne peut pas pour autant se déprogrammer. D'où la question du prépuce de son fils.

    Le livre est bien évidemment une charge contre l'orthodoxie juive, mais on peut aisément remplacer la Torah par la Bible, le Coran ou le Capital. Il ne suffit pas de dire "Dieu est mort" pour s'en débarrasser. Il y a un travail de deuil à faire. Et quand débarque la génération suivante, on se demande bien ce qu'on va pouvoir lui raconter pour en faire un être humain libre à un tel point qu'il aura le droit de renoncer à cette liberté pour la sacrifier sur l'autel de Jehovah, Ganesh ou Lady Gaga.

    Futur parent, athée curieux, apostasié militant ou simplement en quête de rire, tout le monde trouvera quelque chose qui le touche dans cette lamentation du prépuce. Parce que c'est terriblement vrai mais en plus raconté avec une férocité rare, de l'intérieur.

    À lire le samedi, en écoutant du hard rock et en mangeant des trucs pas casher. Obligé.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/12/la-lamentation-du-prepuce.html

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Ness, le 06/01/2013


    L'espoir, cette tragédie L'espoir, cette tragédie de Shalom Auslander

    La famille Kuget vient tout juste de s’installer dans une jolie ferme de la campagne new-yorkaise. Afin de rembourser une partie du crédit, ils décident de louer les chambres qui ne leur sont pas utiles dans l’immédiat. Malheureusement, la mère de Solomon à l’article de la mort vient s’installer avec eux. Fini donc la petite vie tranquille entre un locataire exigent, une mère qui se lamente sans cesse sur une Shoah qu’elle n’a pas vécu et une femme qui l’accable de reproche. Mais le comble est atteint quand suite à de drôles de bruits, il découvre Anne Franck cachée dans son grenier. Anne Franck qui tente d’écrire le roman qui fera oublier son si célèbre journal. Comment ne pas sombrer dans la folie avec tout cela !
    On retrouve ici les thèmes chers à Auslander : la religion et la famille. Mais cette fois-ci les choses sont tournées en dérision et font beaucoup moins sourire que dans ces précédents ouvrages.
    Le questionnement constant sur l’Holocauste, le devoir de mémoire, la mort et surtout sur les dernières paroles prononcées gâche un peu le coté comique qui se cache dans ce roman.

    J’ai eu beaucoup de mal au début, j’ai trouvé cela original au milieu et la fin m’a complétement déçue. Avis très mitigé donc.
    Merci toutefois à Entrée Livres pour cet envoi.

    Critique de qualité ? (8 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Charlye, le 10/09/2011


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    L’auteur qui est aussi le héros du roman, est complètement traumatisé par une éducation juive ultra orthodoxe. Comme lui dit sa femme lorsqu’il se demande ce qui ne va pas chez lui : « tu as été victime de violences théologiques. »
    Pendant toute son enfance, ses parents et ses professeurs lui ont décrit un Dieu vengeur, violent, qu’il fallait craindre à tout prix.
    Toutes les actions qu’il entreprend sont sujettes à un débat intérieur très drôle, qui lui font imaginer les pires conséquences (décès de sa femme, de son enfant... etc) et le rendent complètement paranoïaque.
    Depuis l’enfance, il se rebelle contre le Dieu de ses ancêtres en faisant toutes sortes d’expériences interdites. Il est vrai que dans son monde tout ou presque est interdit surtout le jour de sabbat qu’il déteste pardessus tout.
    C’est un livre drôle et amer en même temps. Shalom Auslander réussit à décrire des situations tragiques de façon comique. On a l’impression de se trouver la plupart du temps dans un asile psychiatrique.
    Il se pose surtout la question de savoir si l’on doit à tout prix éduquer nos enfants comme nous l’avons été nous-mêmes, leur inculquer les mêmes valeurs alors qu’on en a souffert et qu’on en souffre encore.
    Un livre intelligent, drôle mais à lire avec une boite de calmants à portée de main, ne serait-ce que pour en proposer à ce personnage qui en aurait bien besoin.

    Critique de qualité ? (8 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 11/08/2011


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Le livre le plus drôle sur la religion, le rapport peur/culpabilité envers la transgression, et l'un des livres les plus touchants sur le rapport au père...

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par solange, le 06/01/2011


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    La lamentation du prépuce ou comment en savoir un peu plus sur les traditions des juifs orthodoxes de manière humoristique...
    Un adulte qui vient d'être papa revient sur sa vie d'enfant et d'adolescent dans une famille qui ne vit qu'au travers de sa religion et se pose la question pour lui du devenir du prépuce de son fils...
    Livre à lire pour son aspect humoristique mais aussi pour les questions qu'il soulève .

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par soufernest, le 27/02/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Dans ce roman autobiographique, l'auteur qui est issu d'une famille juive orthodoxe new-yorkaise, se demande, à la veille d'être père, s'il va, comme lui ordonne la tradition, faire circoncire son fils. Derrière cette simple interrogation se cache une révolte qu'il réprime depuis longtemps. Prisonnier de son ambivalence chronique, entre crainte du châtiment divin et un irrépressible désir de se soustraire à la loi, c'est avec un humour corrosif, souvent blasphématoire, une auto dérision salvatrice, que le narrateur nous livre sa jeunesse spirituellement mouvementée.
    Dès les premières pages, ce livre étonnamment drôle et irrévérencieux, ne laisse pas de répit au lecteur. La structure répétitive du récit contribue à nous plonger dans les méandres de sa conscience. Coincé entre un père qui préfère se saouler le shabbat et une mère dont le principal centre d’intérêt n'est autre que la décoration intérieure, le jeune Shalom n'aura de cesse d'interpeller et d'invectiver son créateur. Comme il l'écrit "Je crois en Dieu, c'est un gros problème pour moi." Arrivera t-il un jour, à régler ses comptes avec lui ? A l'évidence, la partie est loin d'être finie. Pour ma part il m'a été difficile de résister à l'humour ravageur de l'auteur. Pour ce névrosé, concentré 1ère pression à froid, même l'écriture semble devenir un autre mode de dialogue avec son Dieu si envahissant soit-il. A force de négocier avec lui, il se pourrait bien que celui ci lui lâche un peu la bride, même momentanément. C'est tout le bien qu'on lui souhaite. Le mode répétitif sert peut-être aussi à cela : trouver des solutions, un espace où chacun puisse cohabiter, sans remettre en cause l'alliance.


    Lien : http://emmanuelle-souffan.blogspot.fr/2012/06/la-lamentation-du-prepuce.html

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par stefferon, le 17/08/2013


    La lamentation du prépuce La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

    Aie aie aie
    La religion juive en prend pour son grade et c'est assez drôle.
    Qu'en ont pensé les purs et durs à la sortie de ce livre ? Pas du bien je pense...

    Pauvre Shalom, quel dilemme permanent : ce n'est pas une vie ! Mais son humour est sa sauvegarde. Et on rit de sa révolte.

    Critique de qualité ? (5 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par traversay, le 05/02/2013


    L'espoir, cette tragédie L'espoir, cette tragédie de Shalom Auslander

    Issu d’une famille juive orthodoxe, Shalom Auslander pratique une littérature qui est tout, sauf …orthodoxe. Iconoclaste est le mot qui conviendrait le mieux et cela lui a plutôt réussi dans ses deux premiers ouvrages : La lamentation d’un prépuce et Attention Dieu méchant, à la drôlerie radicale. L’espoir, cette tragédie, l’éloigne de l’autobiographie pour rejoindre les rivages de la fiction pure. Et, comment dire ?, cette fois le rire se fige souvent dans la gorge et le délire du récit ne tient la route que difficilement, fortement secoué par les cahots. Auslander est-il allé trop loin en s’attaquant au symbole d’Anne Frank qu’il imagine ayant survécu aux camps, cachée dans un grenier, dégageant un odeur pestilentielle et ahanant sur un roman qu’elle n’arrive pas à terminer depuis 40 ans ? Peut-on rire de tout, y compris de la Shoah, ou, plutôt de ceux qui en perpétuent le souvenir sans l’avoir vécu ? Il y a comme un malaise dans ce roman qui finit par se perdre dans des vitupérations grotesques et redondantes que le seul alibi de l’humour ne peut justifier.

    Critique de qualité ? (5 l'ont appréciée)




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