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Par Guylaine, le 28/06/2010
Le Blé en herbe de
Sidonie-Gabrielle Colette
Sur ce roc incliné, il rêva de possession comme en peut rêver un adolescent timide, mais aussi comme un homme exigeant, un héritier âprement résolu à jouir des biens que lui destinent le temps et les lois humaines. Il fut, pour la première fois, seul à décider du sort de leur couple, maître de l'abandonner au flot ou de l'agripper à la saillie du rocher, comme la graine têtue qui, nourrie de peu, y fleurissait...
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Le Blé en herbe de
Sidonie-Gabrielle Colette
Derrière la fenêtre, les yeux de la Pervenche le suivaient, et les gouttes glissantes le long de la vitre semblaient ruisseler de ces yeux anxieux, d’un bleu qui ne dépendait ni de l’étain jaspé du ciel ni du plomb verdi de la mer.
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Par VanessaV, le 11/03/2008
La Chatte de
Sidonie-Gabrielle Colette
Il parlait à la chatte qui, l’œil vide et doré, atteint par l’odeur démesurée des héliotropes, entrouvrait la bouche, et manifestait la nauséeuse extase du fauve soumis aux parfums outranciers..
Elle goûta une herbe pour se remettre, écouta les voix, se frotta le museau aux dures brindilles des troènes taillés. Mais elle ne se livra à aucune exubérance, nulle gaité irresponsable, et elle marche noblement sous le petit nimbe d’argent qui l’enserrait de toutes parts.
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L'Ingénue libertine de
Sidonie-Gabrielle Colette
« J’ai couché avec lui et trois autres, en comptant Antoine. Et pas un, pas un, vous entendez bien, ne m’a donné de ce plaisir qui les jetait à moitié mort à côté de moi ; pas un ne m’a assez aimée pour lire dans mes yeux ma déception, la faim et la soif de ce dont, moi, je les rassasiais. » (p. 158)
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Par annie, le 01/04/2009
Claudine à l'école de
Sidonie-Gabrielle Colette
"C'était une pauvre vieille école, délabrée, malsaine, mais si amusante!...Le rez-de chaussée, nos deux classes l'occupaient, la grande et la petite, deux salles incroyables de laideur et de saleté, avec des tables comme je n'en vis jamais, diminuées de moitié par l'usure, et sur lesquelles nous aurions dû, raisonnablement devenir bossues au bout de six mois.
L'odeur de ces classes, après trois heures d'études du matin et de l'après-midi, était littéralement à renverser."
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Par Louise, le 16/03/2008
La Vagabonde de
Sidonie-Gabrielle Colette
Colette évoquant la tentation des sens : "Mais il y a des jours lucides, où je raisonne durement contre moi-même :"prends garde ! veille à toute heure ! Tous ceux qui t'approchent sont suspects , mais tu n'as pas de pire ennemi que toi-même ! Ne chante pas que tu es morte, inhabitée, légère : la bête que tu oublies hiverne, et se fortifie d'un long sommeil..."
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L'Entrave de
Sidonie-Gabrielle Colette
Si tu t'en vas, je peux mourir. Crois-moi, il se peut que je cesse d'exister à cause de ton absence, puisque je t'aime. Il n'y a pas de plus grand désastre que celui que tu causes, rien qu'en détournant de moi tes pas.
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Par Kyzinoff, le 11/11/2009
Le Pur et l'Impur de
Sidonie-Gabrielle Colette
Qu'il s'agisse d'une bête ou d'un enfant, convaincre, c'est affaiblir
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Par Louise, le 15/03/2008
La Vagabonde de
Sidonie-Gabrielle Colette
La tête me tourne un peu, depuis Avignon. Les pays de brume ont fondu là-bas, derrière les rideaux de cyprès que le mistral penche. Le soyeux bruissement des longs roseaux est entré, ce jour-là, par la glace baissée du wagon, en même temps qu'une odeur de miel, de sapin, de bourgeon vernis, de lilas en bouton, ce parfun amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l'amande. L'ombre des cerisiers est violette sur la terre rougeâtre, qui déjà se fendille de soif. Sur les routes blanches que le train coupe ou longe, une poussière crayeuse roule en tourbillons bas et poudre les buissons...Le murmure d'une fièvre agréable bourdonne sans cesse à mes oreilles, comme celui d'un essaim lointain...
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Bella Vista de
Sidonie-Gabrielle Colette
J'aimai toujours les visages nouveaux, à ce prix que je les contemple d'un peu loin, ou à travers une vitre épaisse. Pendant les années les plus solitaires de ma vie, j'habitais des rez-de-chaussée. Par-delà le rideau de tulle et la vitre passaient mes chers êtres humains, auxquels pour rien au monde je n'eusse, la première, adressé la parole ou tendu la main. Je leur dédiais mon insociabilité passionnée, l'inexpérience que j'avais de la créature humaine, et ma timidité, foncière mais sans rapport avec la poltronnerie.
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Par x-Kah-mi, le 25/02/2011
Le Blé en herbe de
Sidonie-Gabrielle Colette
Toute leur enfance les a unis, l'adolescence les sépare.
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Par lisette, le 08/03/2008
La Vagabonde de
Sidonie-Gabrielle Colette
Cette humeur protectrice, cette adresse à soigner, cette maternité délicate dans le geste - apanage des femmes
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Le Blé en herbe de
Sidonie-Gabrielle Colette
« -Une aventure... répéta Philippe, blessé et flatté. Eh dame! tous les garçons de mon âge...
– Il faudra donc que je m'habitue, interrompit Vinca, à ce que tu ne sois, en effet, que « tous les garçons » de ton âge.
– Vinca chérie, je te jure qu'une jeune fille ne peut pas parler, ne doit pas entendre... il baissa les yeux, se mordit la lèvre avec suffisance, et ajouta: –Tu peux me croire. »
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Par Bibalice, le 03/08/2011
Les Vrilles de la vigne de
Sidonie-Gabrielle Colette
Suis le chemin, et ne t'y couche que pour mourir.
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Le Pur et l'Impur de
Sidonie-Gabrielle Colette
Cent fois j'ai soutenu devant moi-même que rien de lui ne me troublait, pour reconnaître cent fois que ce n'était qu'une partie, la petite partie claire et courte, la partie inutile de la vérité.
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Colette de
Sidonie-Gabrielle Colette
Ecrire!pouvoir écrire!Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche,le griffonnage inconscient,les jeux de la plume qui tourne en rond autour d'une tache d'encre,qui mordille le mot imparfait,le griffe,le hérisse de fléchettes,l'orne d'antennes,de pattes,jusqu'à ce qu'il perde sa figure lisible de mot,mué en insecte fantastique,envolé en papillon fée...
(Colette,La vagabonde)
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Duo de
Sidonie-Gabrielle Colette
[ Incipit ]
Il ouvrit la porte rudement, et se tint un moment debout sur le seuil. Il soupira : « Oh ! mes enfants ! », se jeta sur le divan à tâtons et s’abandonna au bain de l’ombre fraîche. Mais il préféra les récriminations au repos, et se redressa d’un coup de reins.
– On ne m’a fait grâce de rien ! Chevestre m’a traîné partout, regarde mes chaussures... Et l’étable qui tombe sur les bœufs, et les oseraies inondées, et le riverain d’en face qui pêche à la cartouche... Il m’a fallu, entends-moi bien, il m’a fallu...
Il s’interrompit.
– Tu es bien jolie, ici. Ceci mérite considération, évidemment...
Sa femme avait disposé le bureau, ancien et sans beauté, dans la profonde embrasure de la fenêtre, sous le rayon de midi étoilé de poussière suspendue. Devant elle, un bouquet d’orchis pourprés trempait dans une petite auge de verre épais, et témoignait qu’Alice remontait des prés les plus humides, feutrés de racines de vernes et d’osiers. Sous sa main, un buvard de cuir répétait la couleur des fleurs, et son reflet, frappant le visage d’Alice, troublait le gris verdissant de ses yeux, que Michel comparait à la feuille des saules.
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Le Blé en herbe de
Sidonie-Gabrielle Colette
Il éprouva,en le serrant contre lui,la réalité bien vivante, élastique, la vigoureuse perfection de ce corps,de jeune fille prêt à lui obéir dans la vie, prêt à l'entrainer dans la mort.
Mourir? A quoi bon? ....Pas encore.Faut il partir vers l'autre monde sans avoir véritablement possédé tout celà,qui naquit pour moi?
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Par line70, le 19/03/2011
La Vagabonde de
Sidonie-Gabrielle Colette
Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l'eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle... Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d'un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l'oiseau, la voile, le vent et la vague. Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau... Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moi, jusqu'au jour où mes pas s'arrêteront et où s'envolera de moi une dernière petite ombre... qui sait où?
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Par Lune, le 13/03/2011
Une amitié inattendue : Correspondance de Colette et de Francis Jammes. Introduction et notes de Robert Mallet de
Sidonie-Gabrielle Colette
Que nos destinées sont différentes, bien que nos coeurs aient des rapports d'abeille à printemps!
Francis Jammes à Colette