Critiques de Sidonie-Gabrielle Colette


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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 01/01/2012


    L'Ingénue libertine L'Ingénue libertine de Sidonie-Gabrielle Colette

    Minne est l’enfant chérie d’une veuve inquiète et très protectrice. Blonde enfant aux cheveux d’argent, Minne s’étourdit en lisant les aventures et les hauts-faits des canailles qui sévissent la nuit dans les faubourgs. « Pour Minne, tout cela est monstrueux et simple à la manière d’un roman d’autrefois. Elle sait, à n’en pas douter, que la bordure pelée des fortifications est une terre étrange, où grouille un peuple dangereux et attrayant de sauvages, une race très différente de la nôtre. » (p. 18) Dans ses rêves échevelés de petite fille, elle se voit au bras du Frisé, le célèbre coquin que les forces de l’ordre échouent à attraper, et régnant sur le monde des malfrats et des assassins parisiens. Que lui importe alors la fébrile admiration de son cousin Antoine, adolescent hésitant et maladroit ! Chipie aux idées terribles, Minne joue à la femme et essaie son pouvoir naissant sur ce pauvre cousin balbutiant et timide. « Antoine éprouve l’indigence des moyens de plaire, et qu’un amoureux ne saurait être beau, s’il n’est aimé… » (p. 51)
    Mais les rêves de Minne la conduisent une nuit hors du nid maternel. Au terme de cette équipée tiède, il ne lui reste qu’à épouser Antoine. Si le garçon est follement reconnaissant d’avoir reçu Minne pour épouse, la jeune mariée cherche dans d’autres bras la passion qui manque à son couple. Mais d’amant en amant, se donnant sans chaleur, Minne ne trouve pas le plaisir que tous les romans chantent avec ardeur. Où la trouver cette fameuse extase ? « J’ai couché avec lui et trois autres, en comptant Antoine. Et pas un, pas un, vous entendez bien, ne m’a donné de ce plaisir qui les jetait à moitié mort à côté de moi ; pas un ne m’a assez aimée pour lire dans mes yeux ma déception, la faim et la soif de ce dont, moi, je les rassasiais. » (p. 158) Peut-être lui faut-il d’abord trouver l’amour mais, là encore, où se trouve-t-il ?
    C’est avec plaisir que j’ai suivi les folles errances de Minne, enfant gâtée à l’imagination viciée. Mais bien davantage, j’ai éprouvé une tendresse agacée pour Antoine, mari amoureux disposé à tous les sacrifices tant qu’il garde auprès de lui une épouse indifférente. Colette parle avec humour de l’adultère : « Pourvu qu’une femme ait des faiblesses, la force du mari, moi, je m’en fiche ! » (p. 103) Voilà qui est dit et on se demande qui est la moins farouche, l’héroïne ou l’auteure…
    C’est avec audace que Colette aborde la question de la quête du plaisir féminin. Au lieu de le considérer comme une fin en soi, elle en fait la preuve de l’existence de l’amour selon une conception très romantique et romancée de la relation physique. L’écriture est enlevée et un brin insolente : Colette se doutait qu’un tel sujet ne laisserait personne indifférent. Aujourd’hui, un siècle plus tard, la formule fonctionne toujours !

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 05/01/2012


    La Naissance du jour La Naissance du jour de Sidonie-Gabrielle Colette

    "A l'espèce chat,je suis redevable d'une certaine sorte,honorable,de dissimulation,d'un grand empire sur moi-même,d'une aversion caractérisée par les sons brutaux,et du besoin de me taire longuement".
    Cette confidence glanée dans l'un des livres de la célèbre écrivaine française Colette (Sidonie Gabrielle Colette), qui a marqué le XX° siècle de sa plume vibrante d'une prose aux résonnances poétiques enchantées, annonce parfaitement la double facette de sa personnalité qui éclaire et porte aux nues La naissance du jour.
    Dans ce roman autobiographique, Colette, qui a osé toucher au tabou des amours adolescentes dans Le blé en herbe, s'attaque à du tout aussi subversif (mais d'actualité vu la recrudescence du phénomène des cougars): sa liaison avec un homme qui aurait largement pu être son fils.
    Elle situe la trame au coeur des paysages bucoliques de Provence dont "le sol a soif", près du golfe de Saint-Tropez qui par grand vent "ronflera tout entier comme un coquillage"", dans sa "délicieuse maison provinciale" de La Treille Muscate dont elle a souvent vanté les charmes paisibles (Lettres à sa fille, Lettre à Marguerite Moreno..).
    Frémissant pouvoir évocateur du soleil qui "ride et confit sur le cep la grappe tôt mûrie", de la "petite aile de lumière qui bat entre les deux contrevents et touche,par pulsations inégales,le mur ou la longue,lourde table à écrire,à lire,à jouer,l'interminable table qui revient de Bretagne,comme j'en reviens."
    Douceur de vivre parmi "les miens", ses chats au regard ensommeillé; "ses chiens,déjà retirés du monde; "ses jeunes mandariniers", son jardin chatoyant et cette lumière magique qui sourd et se teinte de bleu,de rose,de vert pour métamorphoser les choses et les êtres.
    Soudain,alors que tout semblait sage et paisible, arrive dans une cuisine déjà empreinte d'une forte créativité, une simple tache, mais halée en diable, qui se muscle, à pas de géant, pour basculer le lecteur vers une autre dimension,celle (bien légère pourtant car il faut fantasmer ferme sur une épaule au sel léché pour entrevoir l'indicible :)) ).
    Saint-Tropez vibre alors d'un tout autre langage,celui des intellectuels et artistes, dont certains comme Vial,"garçon ordinaire" qui se dit décorateur, ou Hélène, la peintre du dimanche, sont exclus sauf pour peut-être pour d'autres jeux manipulatoires plus cruels.
    Innocence intéressée face à perfide innocence, un chat et des souris tissent souvent de bons romans.
    Emaillé de bouts de lettres de Sido, mère phare admirée et admirable, mais étouffante et restrictive "Cassandre" à Colette son "Minet-Chéri", mère à la "cruauté céleste" (qui a éveillé cette écriture incomparable à jamais vibrante d'une enfance éblouie;marqué par le thème favori de l'auteur sur l'amour teinté de jalousie, parsemé de réflexions sur la vie et sa fatale échéance, La naissance du jour est une petite merveille à savourer sans modération.

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 16/01/2012


    Chéri Chéri de Sidonie-Gabrielle Colette

    Alors que Sigmund Freud découvre le complexe d'Oedipe fin XIX°-début XX° siècle, Colette (écrivaine française dont l'oeuvre entière n'est que prose emplie de sensibilité) plonge avec Chéri en 1920 en pleines amours subversives d'un jeune-homme Fred pour Léa l'amie vieillissante de sa mère.
    Trois portraits d'une très grande finesse psychologique.
    Celui de Fred Peloux dit Chéri, "très beau et très jeune-homme,ni grand ni petit,le cheveu teinté comme le plumage d'un merle", tour à tour dans le passé rentier-gigolo surnommé "ma gosse", "mon vice" par ses vieilles maîtresses qui, fétichiste, fantasme sur le collier de perles de Léa, griffe,se donne,se dérobe impertinent, accourt,se soumet, calcule,plaque pour se marier, cynique, avec la jeune, jolie et riche Edmée, se sent orphelin,revient vers celle dont il ne peut se passer, demande la permission de grandir.
    Celui de Léonnie Vallon, dite Léa de Vallon, 49 ans qui cache son âge, condescendante,qui materne, berce puis manipule,"Nounoune" qui désire lascive son "beau démon,ange maudit,petit serin",s'énerve de ne pas cerner,souffre,pleure,s'angoisse,s'ennuie,remplace,regrette,reprend,autorise et permet l'évasion.
    Celui d'Edmée qui enfant a "camaradé dans le jardin" avec Fred, marchandise pitoyable entre mère et belle-mère parlant gros sous, inexpérimentée en amour, jeune femme gentille qui aime Fred et jalouse l'ancienne maîtresse, rage,et pardonnera la trahison.
    Un registre émotionnel très riche et une peinture de société forte, celle d'un Paris bourgeois au coeur du Neuilly des années folles.

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par charlottelit, le 03/08/2011


    Le Blé en herbe Le Blé en herbe de Sidonie-Gabrielle Colette

    l'éveil de l'adolescence, une langue vivante et savoureuse

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par crapette, le 11/08/2011


    Claudine à l'école Claudine à l'école de Sidonie-Gabrielle Colette

    Cette Claudine, elle trouve le mot juste pour décrire la vie de son école de village, les émois des enseignantes et des filles de sa classe! Que d'insolence, de rosserie, de volupté et de vivacité. Pas de censure, quel régal de découvrir ces jeunes filles qui préparent leur brevet supérieur.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 18/06/2011


    Sido Sido de Sidonie-Gabrielle Colette

    Sido.
    Cette mère admirée, admirable, mais étouffante et restrictive, ce soleil qui éblouissait un peu trop, c'est Sido.
    Sido, titre de livre qui gomme à lui seul les deux derniers chapitres, celui du père, le capitaine effacé ne vivant que pour sa femme puis par la suite pour sa femme et à travers sa fille; et celui des sauvages :Achille, l'ainé sans rivaux donc jalousé, Juliette, l'étrangère, l'agréable laide donc détestée et Léo qui a échappé à la musique, puis à la pharmacie, puis successivement à tout donc dénigré.
    Sido qui disait:
    -Regarde !
    Regarde le jardin d'essai sous sa terre abrite un trésor, surtout, tu n'y touches pas. Evidemment la petite touchait "grattant à la dérobée le jardin d'essai pour surprendre la griffe ascendante du cotylédon, le viril surgeon que le printemps chassait de sa gaine."
    "Tu ne comprends pas" répliquait sa mère" tu n'es qu'une petite meurtrière de huit... dix... ans...Tu ne comprends rien à ce qui veut vivre."
    -"Ecoute sur Mortiers!"
    elle levait l'index et se tenait debout entre les hortensias,la pompe et le massif de rosiers.
    Et la petite tendait l'oreille vers Mortiers. Et les dernières gouttes de l'averse d'été attestaient de l'infaillibilité de la mère.
    -Sens !
    Sens "la bourrasque d'ouest ! Cours !Ferme les lucarnes du grenier ! " Et la petite "Mousse exalté du navire natal s'élançait enthousiasmée"
    -Ne touche pas!
    Elle savait pourtant que la petite ne résisterait pas à fouiller la terre pour découvrir son secret.
    -Seul le merle, bel oiseau oxydé de vert et de violet, goûte, se gave de cerises, boit le jus, déchiquette la pulpe. Au diable l'épouvantail sussure l'oeil maternel compatissant.
    Alors, bien souvent la petite Gabrielle Colette face à cette devineresse, cette prêtresse clairvoyante du jardin familial, cette piquante qui l'asticotait en la traitant de bête, de miracle de gentillesse et de fadeur, sautait le mur et filait se ressourcer chez Adrienne la voisine.
    Et pourtant, c'est cette Sido là, dont le cordon d'or s'enroulait vingt fois autour d'un rameau de géranium pour l'étayer d'une petite écluse de carton, c'est cette Sido là qui, en faisant frissonner "la petite" , a éveillé par la magie de l'or les résonnances poétiques de celle qui deviendra Colette.
    Colette, une plume qui vit et vibre, encore et toujours, doucement, dans le jardin d'une enfance éblouie.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 06/06/2011


    Le Blé en herbe Le Blé en herbe de Sidonie-Gabrielle Colette

    "L'amour cause aussi de véritables soulèvements géologiques de la pensée" affirmait Marcel Proust en 1921, date à laquelle Colette (Gabrielle Sidonie Colette élue en 1945 à l'académie Goncourt) avec pourtant beaucoup de pudeur, s'essayait elle aussi (par le biais de l'écriture) à l'initiation sexuelle entre deux adolescents. Ce sujet tabou à l'époque et décrié, car à l'encontre de la pureté juvénile, trouve sa place dans "Le blé en herbe" écrit au moment de la liaison de l'auteur avec son beau fils plus jeune de trente ans. Le thème de la séduction se retrouve d'ailleurs souvent dans ses publications vu son narcissisme. "Le blé en herbe" a été plusieurs fois adapté au cinéma.
    Sur fond de Bretagne et tout en petites touches poétiques, en bas de la plage déclive, parmi les cents petits miroirs de l'eau d'où rejaillit le soleil,Vinca a des yeux de pluie printanière et Phil dont le torse épouse l'ornière de sable frais, une fossette prometteuse, unis par leur enfance, ils se séparent peu à peu face à cause de l' incompréhension réciproque qui nimbe de non dits, de trahison et de souffrance leur passage à l'age adulte.Au sein de l' eau verte, où les confidences se chuchotent,où les corps se dévoilent, où les peaux se frolent, elle s'essaye au jeu trouble du désir. Il est sensible à sa sensualité mais, elle lui appartient depuis toujours, il la veut douce et docile,et s'essaye à du plus charnel avec la dame en blanc,celle dont il ne sait rien sinon qu'elle est plus agée et aguerrie aux plaisirs.Lorsque les fortes marées d'aout chambouleront leur corps et échauffera leur esprit, Vinca, se donnera pour affirmer son emprise. Lui se prêtera à son bon vouloir avec la maladresse de son age avant de s'esquiver vers Paris avec la nostalgie d'un adieu à l'enfance.
    Peut être plus tard...?
    Colette avec son style incomparable, sa prose poétique sensible,délicate et imagée campe là deux beaux portraits d'adolescents qui découvrent en eux des profondeurs insoupçonnées.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 27/02/2011


    L'Étoile Vesper L'Étoile Vesper de Sidonie-Gabrielle Colette

    Colette s’est refusée à écrire ses mémoires. Ces textes réunis dans «L’étoile Vesper», au départ sous-titrés souvenirs, sont parus en feuilleton dans les premiers numéros de Elle de Novembre 1945 à Janvier 1946.
    Malgré l’immobilité forcée qui la cantonne dans son appartement du Palais Royal, elle n’a pas perdu ses dons d’observatrice et sa langue acérée pour égrener ses souvenirs et tracer les portraits de ses visiteurs, décrire les changements de saisons avec en filigrane les rationnements et les peines engendrées par la guerre et son âge.

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 07/01/2012


    Colette Colette de Sidonie-Gabrielle Colette

    A l'occasion du cinquantenaire de la mort de Colette, Gabriel Lefebvre, a illustré d'aquarelles tendres, naïves, poétiques, humoristiiques et originales 55 extraits représentatifs (choisis par Irène Coran, professeur honoraire du conservatoire de Royan) de l'oeuvre de cette écrivaine du XX° siècle à la prose merveilleuse de sensibilité.
    Le papier broché du livre met en valeur la douceur des paysages qui semblent pastellisés.
    C'est un univers très onirique (style Folon) se jouant des formes, perspectives et proportions, que retranscrit ici Gabriel Lefebvre mais bien ancré sur les valeurs familiales, les lieux de vie empreints de sérénité, les animaux amis fidèles.
    C'est une Colette sensitive et sensuelle, narcissique,vagabonde et passionnée qui nait alors de la plume au pinceau.
    Un fort bel ouvrage!

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par charlottelit, le 21/10/2011


    Mes vérités Mes vérités de Sidonie-Gabrielle Colette

    lisant mes vérités il me revient que Colette a laissé sa fille Bel Gazou en nourrice jusqu'"à l'âge de huit ans puis l'a envoyée en pension jusqu'à ...?
    cela confirme qu'elle pensait davantage à sa "carrière" qu'à son enfant :
    en avance sur son temps ...
    Lisant les réponses faites à l'auteur de "mes vérités", on constate
    que Colette avait un fort et peu facile caractère.
    Pourquoi la vouloir parfaite ? parce qu'elle écrit divinement ?

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 11/09/2011


    Sido Sido de Sidonie-Gabrielle Colette

    Avec ce recueil, je découvre Colette. Belle découverte, et sacré surprise.
    Bêtement, je m'imaginais une écriture un peu datée, un ton un peu engoncé dans son époque. J'étais complètement à côté : l'écriture de Colette, ses thèmes, ses préoccupations, tout me semble étonnamment contemporain, bien que situé au début du siècle dernier.

    La première partie du recueil, "Sido", tourne autour de sa famille et m'a moins convaincu que la seconde, intitulée "Les vrilles de la vigne". Dans ce dernier, je trouve qu'elle croque la vie, ses émotions, ses angoisses, ses ressorts avec une vivacité et une poésie prégnante. La première nouvelle des Vrilles, notamment, est incroyable : le texte est en équilibre sur un accord de participe passé.
    Et puis le rapport à la nature qu'elle nous propose, une relation sensuelle et sereine, mais aussi pragmatique, a tout pour me plaire.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par charlottelit, le 03/08/2011


    La Chatte La Chatte de Sidonie-Gabrielle Colette

    l'intrigante et jalouse femme qui se venge sur la chatte : une sorte de thriller bien mené

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 09/02/2011


    La seconde La seconde de Sidonie-Gabrielle Colette

    1934 - Duo

    1939 - Le Toutounier

    Avec "Duo", nous pénétrons dans un huis-clos tourmenté et passionnel. Un homme et une femme s'affrontent. Les affres de la jalousie détruiront une confiance très ancienne et dans le sillage de l'obsession, Michel ne le supportera pas et se détruire lui-même laissant une Alice plus étonnée de la faiblesse de l'homme aimé que de son acte. Colette relate les échanges et les souffrances de chacun se débattant avec ses propres démons. Son écriture sensuelle nous place d'emblée dans le lieu (le jardin, le village où Alice "descend" s'approvisionner en crayons, le sous-main violacé qui intrigue et met l'eau à la bouche comme l'un de ces bonbons à la violette que l'on convoite enfant), la maison (ses odeurs, sa chaleur printanière, le parfum du tilleul servi après le repas du soir), les habitudes de chacun (la description de Maria, la "gouvernante" est savoureuse), les coquetteries de l'homme d'un milieu artistique des années trente, la fatalité d'Alice que nous ressentons beaucoup plus que l'exaltation d'un Michel tantôt "homme enfant" tantôt "homme martyr" qui agace un peu. Leur duel est beau jusqu'à la désespérance de l'incommunicabilité de deux êtres qui n'auraient pas dû détruire.

    Nous retrouvons Alice dans "Le Toutounier" après la seule fin que nous n'imaginions pas (je vous la laisse découvrir). Alice retrouve ses soeurs et tentera de se reconstruire au sein de la chaleur qui les unit et dont le centre n'est autre que ce "toutounier", en fait un divan, élément foetal qui les unit.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 09/02/2011


    Claudine à l'école Claudine à l'école de Sidonie-Gabrielle Colette

    En 1900, paraît "Claudine à l'école" écrit quelques mois auparavant, à l'instigation de Willy, son premier mari, dont elle deviendra un nègre parmi d'autres (Curnonsky, Debussy, Vincent d'Indy,Vuillermoz, Carco...).

    Le premier "Claudine/Colette (fiction/réalité) décrit les aventures d'une adolescente sauvageonne, impertinente, au milieu d'autres adolescentes face à un corps professoral quelque peu inhabituel. L'histoire se passe sur fond de village resserré sur lui-même, d'une nature omniprésente. La jeune Claudine vit entre Fanchette la chatte, Mélie la vieille servante et un père original, inexistant, permissif qui lui octroie une liberté peu coutumière. Claudine mène à la baguette tout ce petit monde où elle n'aurait pas dû se trouver. Quelques relations sulfureuses, des adolescentes un tantinet perverses, certains portraits et des descriptions qui ont tant choqué et blessé le Saint-Sauveur- en Puisaye de l'époque, non, Claudine à l'école n'est pas Martine à l'école. Dès ce premier livre, le style incomparable de cet écrivain est présent. Bien sûr le ton y est primesautier mais de nombreux passages sont déjà des pages d'anthologie; les portraits y sont vifs, percutants, pittoresques. Dans l'entourage du couple, nul n'est dupe de la véritable identité de l'auteur et c'est ainsi que Catulle Mendès déclara à Colette :"C'est vous, n'est-ce pas l'auteur des Claudine... Mais non, mais non, je ne vous pose pas de question, n'exagérez pas votre embarras... Dans... je ne sais pas, moi... dans vingt ans, trente ans, cela se saura. Alors vous verrez ce que c'est que d'avoir, en littérature, créé un type."

    C'est ainsi que pour beaucoup, le nom de Colette est associé à celui de Claudine sur qui elle portera d'ailleurs, un jugement sévère.

    "Je ne trouvai pas mon premier livre très bon, ni les trois suivants. Avec le temps, je n'ai guère changé d'avis, et je juge assez sévèrement toutes les Claudine. Elles font l'enfant et la follette sans discrétion... Et je m'en veux que par allusions, ces Claudine révèlent l'insouciance de nuire." (Mes Apprentissages).

    Sorte de journal intime qui se poursuivra en passant par Claudine à Paris (parution en 1901), Claudine en ménage (parution en 1902) pour aboutir à la parution en 1903 de
    Claudine/Colette s'en va. De chrysalide, Colette devient ce beau papillon qui butinera un suc de plus en plus puissant, honorant à jamais les lettres françaises.

    Rien n'oblige à lire les Claudine pour découvrir l'oeuvre de Colette mais elles font partie de son histoire et de son évolution, et ma foi, j'y ai pris du plaisir!

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 2.00/5
    Par nanet, le 12/12/2010


    La retraite sentimentale La retraite sentimentale de Sidonie-Gabrielle Colette

    Claudine vit et tente de mener son petit monde... elle souffre de l'absence de son vieux mari et se confronte à la vision de son amie, Annieur les choses de la vie. Cette dernière, divorcée mène une vie de patachon lorsqu'elle reste chez elle mais a su devenir beaucoup plus libertine dans ces ombreuses escapades. Et Marcel ! Le beau fils, jeune et un tantinet porté sur les jeux, qui débarque, acculé financièrement...
    Le trio va vivre en vase clos, et le fil des discussion amener Claudine à bien des réflexions...
    Jolie écriture de Colette, qui livre ici d'intenses pensées sur la séparation, la duperie, les sentiments.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par James, le 16/11/2010


    La Chatte La Chatte de Sidonie-Gabrielle Colette

    Une vision juste et envoûtante de l'échec d'un couple et de la jalousie. L'atmosphère d'une époque et de lieux magnifiquement rendue. Colette ne déçoit jamais.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Melisende, le 06/09/2010


    La Fin de Chéri La Fin de Chéri de Sidonie-Gabrielle Colette

    Encore une fois, je salue le style de Colette, tellement sincère, avec une pointe de poésie et de mélancolie qui amène à des réflexions et à une fin tragique absolument parfaite... C'est inimitable ! Je vais m'empresser de découvrir d'autres romans de cette charmante Dame...


    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/la-fin-de-cheri-de-colette-2903580....

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par VanessaV, le 11/03/2008


    La Chatte La Chatte de Sidonie-Gabrielle Colette

    Ce couple pris dans les filets d’une jeune liaison, d’un jeune mariage, se désintègre sous nos yeux. L’héroïne est la chatte du fiancé, Saha, petite femelle achetée par le jeune homme 3 ans plus tôt. Cette chartreuse, par sa noblesse de félin, son allure altière, semble effacer tout le charme de la fiancée. Alain, le jeune mari, est encore au début de sa vie, dans les relations sans concession, intenses, sans limite. Il n’est pas prêt à ménager une place à la nouvelle venue, sa femme.
    (...)

    (la suite ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2007/11/fline-chartreuse-saha.html )

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 2.00/5
    Par rolandm1, le 17/01/2012


    Chéri Chéri de Sidonie-Gabrielle Colette

    Beau style d'écriture, on est dans le charme de Paris en 1920. Les monde des femmes fortunées, n'ayant comme seul souci que leur apparence, leur beauté, leur charme. Ren que des futilités, un monde superficiel où l'argent coule de source, où tout est permis comme l'amour entre un garçon de 25 ans et une femme qui pourrait être sa mère.
    Pas beaucoup à retenir dans ce court roman de Colette.

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par quenlore, le 22/12/2011


    Claudine s'en va Claudine s'en va de Sidonie-Gabrielle Colette

    Comme toute la série des Claudine, j’ai lu ce livre jeune, relu plus tard, et bien m’en a pris pour apprécier toute la saveur de l’écriture de Colette, sa sensualité, sa fraicheur… Le style de Colette est savoureux, jouissif ; c’est sans aucun doute un grand écrivain féministe.

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)




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