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Par caro64, le 24/09/2010
Purge de
Sofi Oksanen
L’herbe qui chatouillait le pied de Zara était la caresse de sa grand-mère, le vent dans les pommiers était le chuchotement de sa grand-mère, et Zara avait l’impression de regarder les étoiles par les yeux de sa grand-mère, et quand elle rabaissa le visage, il lui semblait que le jeune corps de sa grand-mère se tenait à l’intérieur du sien, en quête d’une histoire qu’on ne lui avait pas racontée.
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Par luocine, le 13/09/2010
Purge de
Sofi Oksanen
Mais la terreur de la fille était tellement vive qu’Aliide la ressentit soudain en elle-même…Mais maintenant qu’il y avait dans sa cuisine une fille qui dégoulinait de peur par tous les pores sur sa toile cirée … . La peur s’installait là, en faisant comme chez soi. Comme si elle ne s’était jamais absentée. Comme si elle ne s’était absentée. Comme si elle était juste allée se promener quelque part et que, le soir venu, elle rentrait à la maison.
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Par rolandm1, le 03/02/2012
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Sofi Oksanen
A quelle distance se trouvait-elle de Tallinn ? Elle avait perdu la notion temps à l'arrière de la forgonnette. L'humidité froide de la nuit rendait ses membres insensibles et elle se frottait les mains et les jambes, remuait ses orteils et tournait ses chevilles alternativement. Pour rester assise il faisait trop froid, se tenir debout elle ne le pouvait pas non plus. Avant que le jour ne se lève, elle devait entrer quelque part afin qu'on ne la repère pas. Le mieux serait d'arriver dans ce village de sa grand-mère avant le lever du jour.
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Par litolff, le 03/09/2010
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Sofi Oksanen
Bien qu’Aliide tentât depuis une bonne heure de lui régler son compte, la mouche était sortie victorieuse de chaque round, et elle voletait maintenant au ras du plafond en bourdonnant grassement. Une mouche à viande dégueulasse, élevée dans une fosse à ordures. Elle finirait quand même par l’avoir. Elle allait se reposer un peu, la liquider, et puis se consacrer à écouter la radio et faire des conserves. Les framboises l’attendaient, et les tomates, les tomates mûres et juteuses.
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Par caro64, le 24/09/2010
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Sofi Oksanen
Si elle recevait, en se mariant avec Martin, une sorte de sécurité, il y avait une autre chose importante qu’elle obtenait par le mariage. Elle devenait tout à fait comme n’importe quelle femme, ordinaire. Les femmes ordinaires se mariaient et faisaient des enfants. Elle en était devenu une.
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Par luocine, le 13/09/2010
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Sofi Oksanen
Pour le studio de tatouage, Pacha se faisait la main sur des filles hors d’usage. Comme avec Katia. … Il avait piqué sur les seins de Katia : une femme à forte poitrine qui taillait une pipe à un diable… il avait orné le bras de Katia d’une deuxième image du diable. Ce dernier avait une grosse bite velue.
« Aussi grosse que la mienne ! » avait rigolé Pacha.
Après cela, Katia disparu.
Zara ouvrit un flacon de poppers et renifla. Quand Pacha la prendrait pour se faire la main, elle saurait que son heure était venue.
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Par litolff, le 03/09/2010
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Sofi Oksanen
Zara se réveilla dans un arôme familier d'oreilles de cochon bouillies qui émanait de la cuisine.
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Par caro64, le 25/09/2010
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Sofi Oksanen
Aliide connaissait les types avec ce genre de maintien, qui savent comment on punit une femme et qui sont venus chercher une femme à punir. Le maintien de ce genre de type qui portent ce genre de bottes avec lesquelles on peut écraser n'importe quoi.
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Par caro64, le 24/09/2010
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Sofi Oksanen
L’homme s’étonna de ce printemps particulier.
" Il est très précoce. Allez comprendre."
(...) Un printemps particulier. Les printemps particuliers et les hivers particuliers, elle en avait eu toujours peur. 1941 avait été un hiver particulier, il avait fait très froid. Et 1939, et 1940. Des années particulières, des saisons particulières. Sa tête bourdonnait. Il y en avait encore une, maintenant. Une saison particulière. La répétition des années particulières. Son père avait raison, les saisons particulières présageaient des événements particuliers. Elle aurait dû savoir.
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Sofi Oksanen
Un abribus surgit de l'obscurité si rapidement qu'elle n'eut pas le temps de réfléchir à le contourner ou à changer de direction, mais fut projetée au milieu du groupe qui attendait à l'arrêt, au milieu des minijupes et des bas blancs des filles de bonne famille qui dégageaient à la fois une odeur d'innocence et d'avortement, leurs ongles rouges griffaient familièrement l'obscurité et l'avenir.