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Par III, le 25/04/2011
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Apprendre à méditer est le plus grand don que vous puissiez vous accorder dans cette vie. En effet, seule la méditation vous permettra de partir à la découverte de votre vraie nature et de trouver ainsi la stabilité et l’assurance nécessaires pour vivre bien, et mourir bien. La méditation est la route qui mène vers l’éveil.
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Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Faites cette expérience : prenez une pièce de monnaie et imaginez que c'est l'objet que vous voulez saisir. Tenez-la bien serrée dans votre poing fermé et étendez le bras, la paume de votre main tournée vers le bas. Si maintenant vous relâchez et desserrez le poing, vous perdrez ce à quoi vous vous accrochiez. C'est la raison pour laquelle vous saisissez.
Mais il est une autre possibilité. Vous pouvez lâcher prise sans rien perdre pour autant : le bras toujours tendu, tournez la main vers le ciel. Ouvrez le poing : la pièce demeure dans votre paume ouverte. Vous lâchez prise... et la pièce est toujours vôtre, malgré tout l'espace qui l'entoure.
Ainsi, il existe une façon d'accepter l'impermanence tout en savourant la vie, sans pour autant s'attacher aux choses.
Examinons maintenant ce qui arrive fréquemment dans les relations de couple. Bien souvent, nous nous apercevons que nous aimons notre conjoint seulement quand nous réalisons que nous sommes entrain de le perdre. Nous nous accrochons alors à lui ou à elle d'autant plus fort ; mais plus nous agissons de la sorte, plus il ou elle nous échappe et plus la relation devient fragile.
Nous désirons le bonheur. Pourtant, le plus souvent, la façon même dont nous le cherchons est si maladroite et si inexperte qu'elle nous cause seulement davantage de tourment. Nous supposons généralement qu'afin de l'obtenir, nous devons saisir l'objet qui, selon nous, assurera notre bonheur. Nous nous demandons comment nous pouvons apprécier quelque si nous ne pouvons le posséder. Combien nous confondons attachement et amour ! Même dans le cadre d'une relation heureuse, l'amour est dénaturé par l'attachement, avec son cortège d'insécurité, de possession et d'orgueil. Et puis, une fois l'amour parti, il ne nous reste que les souvenirs de l'amour, les cicatrices de l'attachement.
Que pouvons-nous donc faire pour triompher de cet attachement ? Tout simplement, en réaliser la nature impermanente. Cette réalisation nous libérera peu à peu de son emprise. Nous aurons alors un aperçu de ce que les maîtres décrivent comme l'attitude juste face au changement : être semblable au ciel qui regarde passer les nuages, ou être libre comme le mercure. Quand du mercure tombe à terre, il demeure, par nature, intact : il ne se mélange jamais à la poussière.
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Par III, le 26/04/2011
Etincelles d'éveil de
Sogyal Rinpoché
Étincelle d'Éveil du 10 mai :
La vérité absolue ne peut pas être réalisée au sein de l’esprit ordinaire, et le chemin qui va au-delà de l’esprit ordinaire passe par le cœur, ainsi que nous l’ont enseigné toutes les grandes traditions de sagesse. Ce chemin du cœur est la dévotion.
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Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Qu'y a-t-il de plus imprévisible que nos pensées et nos émotions ? Avez-vous la moindre idée de ce que vous allez penser ou ressentir dans un instant ? (pour une fois je me sens normale...) Notre esprit, en réalité, est aussi vide, aussi impermanent et aussi transitoire qu'un rêve. Observez une pensée : elle vient, elle demeure et s'en va. Le passé est passé, le futur ne s'est pas encore manifesté et la pensée actuelle, au moment où nous en faisons l'expérience, se mue déjà en passé.
En réalité, seul l'instant présent, le "maintenant", nous appartient.
Parfois, lorsque j'enseigne sur ce sujet, quelqu'un vient me trouver à la fin et me dit : "Tout cela semble évident ! Je le sais depuis toujours. Dites-moi quelque chose de nouveau." Je lui réponds : "Avez-vous réellement compris, et réalisé, la vérité de l'impermanence ? L'avez-vous si parfaitement intégrée dans chacune de vos pensées, chacune de vos respirations, chacun de vos mouvements, que votre existence en a été transformée ? Posez-vous ces deux questions : est-ce que je me souviens, à chaque instant, que je suis entrain de mourir ainsi que toute personne et toute chose, et est-ce que je traite en conséquence tous les êtres, à tout moment, avec compassion ? Ma compréhension de la mort et de l'impermanence est-elle devenue si vive et si aiguë que je consacre chaque seconde de mon existence à la poursuite de l'éveil ? Si vous pouvez répondre par l'affirmative à ces deux questions, alors oui, vous avez réellement compris l'impermanence.
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Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
En l'absence de nos supports familiers, nous sommes directement confrontés à nous-mêmes, un personnage que nous ne connaissons pas, un étranger déroutant avec qui nous avons toujours vécu mais que nous n'avons jamais voulu vraiment connaître. N'est-ce pas pour cette raison que nous nous efforçons de remplir chaque instant de bruit et d'activités, même futiles et ennuyeuses, afin de nous assurer que nous ne resterons jamais seuls, en silence, en compagnie de cet étranger ?
Cela ne met-il pas le doigt sur un aspect fondamentalement tragique de notre mode de vie ? Nous vivons sous une identité d'emprunt, dans un monde névrotique de conte de fées qui n'a pas plus de réalité que la tortue fantaisie d'Alice au pays des merveilles. Grisés par l'ivresse de construire, nous avons bâti la demeure de notre existence sur du sable. Ce monde peut sembler merveilleusement convaincant jusqu'au moment où la mort fait s'écrouler l'illusion et nous expulse de notre cachette.
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Par semicolon, le 25/04/2011
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Il est important de toujours se rappeler ceci : le principe du non-ego ne signifie pas qu’un ego existait en premier lieu, et que les bouddhistes l’ont supprimé. Cela veut dire, au contraire, qu’il n’y a jamais eu d’ego à l’origine, que cet ego n’a jamais existé. Cette réalisation est appelée « le non-ego ».
page 179, nouvelle édition augmentée
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Par semicolon, le 25/04/2011
Etincelles d'éveil de
Sogyal Rinpoché
La mort est un vaste mystère, mais nous pouvons en dire deux choses : Il est absolument certain que nous mourrons, mais quand et comment est, par contre, incertain. La seule assurance que nous ayons par conséquent est cette incertitude quant à l'heure de notre mort, dont nous nous servons comme d'un alibi pour retarder le moment de l'affronter. Nous sommes semblables à des enfants qui se couvrent les yeux dans une partie de cache-cache et s'imaginent ainsi que personne ne les voit.
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Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Si vous l'observez quelques instants (notre esprit) seulement, vous constaterez qu'il ressemble à une puce, sautant sans cesse de-ci de-là. Vous remarquerez que des pensées s'élèvent sans raison, sans le moindre rapport entre elles. Emportés par le chaos de chaque instant, nous sommes victimes de l'inconstance de notre esprit. Si nous ne connaissons que cet état de conscience, nous fier à notre seul esprit au moment de la mort serait prendre un risque absurde.
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Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de
Sogyal Rinpoché
Certains maîtres contemplatifs célèbres au Tibet avaient coutume de vider leur tasse et de la poser à l'envers, à côté de leur lit, le soir quand ils se couchaient, car ils n'étaient jamais sûrs de se réveiller le lendemain matin pour s'en servir. Ils éteignaient même leur feu la nuit sans prendre la peine de garder des braises pour le jour suivant. D'instant en instant, ils vivaient dans l'éventualité d'une mort imminente.