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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
Les habitudes sont vraiment une sale affaire. On n'arrive pas à se libérer de certaines, et il y en a d'autres que l'on ne peut traîner partout avec soi. Trop coûteuses. Les habitudes de travail mises à part, bien sûr. On peut travailler n'importe où, si on est obligé, ou si on le veut. Moi, je n'ai pas ce problème-là. Je peux ne rien faire du tout. Peu importe où je suis. Si j'ai un problème avec certaines mauvaises habitudes, celle-ci ne concernent sûrement pas le travail. C'est dans ma nature, je pouvais me sentir chez moi à Bellagio parce que, de toute façon, je me sens chez moi absolument partout.
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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
... j'ai pris un des livres que j'avais apporté de Belgrade, de courtes nouvelles de Robert Walser. Le livre se trouvait sur ma table de chevet, dans mon appartement de Belgrade, lorsque, à la hâte, j'avais fait mes bagages. Je l'ai ajouté aux autres affaires sans réfléchir. J'ai ouvert grande la fenêtre de ma chambre et la longue branche d'un châtaigner est presque entrée, disposée à me tenir compagnie. Je ne saurais dire combien de fois j'avais déjà lu ces nouvelles. Je ne me lasse pas de les relire, en fait. Je me suis contenté de survoler les phrases de Walser, de m'y promener un peu puis, je ne sais exactement à quel moment, je me suis endormi.
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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
J'avais de la chance avec le temps, l'air était limpide, il faisait clair et ensoleillé. Je me régalais de ce que je mangeais. Je regardais les Alpes, mais de tout près, à présent. Des lieux pas encore dégradés, qui n'ont aucune utilité et qu'on ne sait pas par conséquent comment corrompre. Devant un tel spectacle, j'étais moi aussi incapable de mesquineries.
.... C'était comme si jamais je n'avais été nulle part auparavant. Ça valait largement la peine de monter. C'était comme si je n'avais jamais rien fait auparavant, ni de bon ni de mauvais. J'ai ressenti, tout le temps que j'ai passé là-haut, une fatigue et une sérénité pures. Rien d'autre, sur ce sommet.
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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
Mme Milita m'a envoyé un regard plein de méfiance.(...) elle observait sans cesse comment les autres étaient habillés, comment ils mangeaient ou comment ils se comportaient.
--- Et quels sont les auteurs qui t'intéressent ?
--- Robert Walser, Thomas Bernhard, Walter Benjamin, Robert Musil, Mlos Crnjanski... j'ai cité les noms en faisant très attention de choisir des écrivains que j'aimais vraiment, mais dont elle n'avait, à mon avis, jamais entendu parler.
Elle m'a regardé déconcertée. J'avais réussi mon coup. Elle croyait sans aucun doute que je venais d'inventer tous ces noms. J'étais certain que nous n'allions plus jamais nous parler.
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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
J'ai passé tout l'après-midi seul dans mon bureau.
Je n'avais aucun projet.
Je n'avais aucun désir.
Je me sentais bien.
Je regardais par la fenêtre.
Je lisais.
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Côme de
Srdjan Valjarevic
Ce n'est pas si mal d'être riche,me suis-je-dit,d'avoir un yacht,une maison sur ce lac,de s'acheter tous ces manteaux,chemises,vestes,chaussures et pulls pour plusieurs centaines de milliers d'euros.Mais ce n'est pas mal non plus de ne pas être riche et de n'avoir rien de tout ça,parce que tout ça n'a absolument rien à voir avec la vraie vie.
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Côme de
Srdjan Valjarevic
Dans la vie,je suppose qu'on connait de bons et de mauvais moments.La vie est ainsi faite.On essaie de compenser,de devenir meilleur.On fait de son mieux . Puis on fait tout foirer,et tout est à recommencer.A moins de trouver ce à quoi on accorde de l'importance.Parfois on y arrive,parfois il est difficile de s'en sortir.
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Par nadejda, le 04/06/2011
Côme de
Srdjan Valjarevic
... j'ai observé deux corbeaux qui survolaient le parc, puis des collines basses parsemées d'oliviers et de haut cyprès et, en bas de ma fenêtre, un oranger. Ses branches vertes portaient des fruits, d'un jaune tirant vers le rouge. Je me sentais très loin de tout.
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Côme de
Srdjan Valjarevic
J'ai demandé s'il allait falloir abattre celui-ci et ils m'ont dit qu'ils n'en étaient pas sûrs, peut-être pas encore. Alors, le châtaignier va d'abord se faire soigner, me suis-je dit. Puis les médecins sont montés dans leur camionnette et sont repartis. Sur la portière du véhicule, on pouvait voir une grande image d'un arbre et une inscription en petites lettres, en italien. C'était une sorte d'ambulance forestière. Je suis resté un moment à côté de cet arbre, ce n'est jamais facile quand on est malade de se retrouver seul. On aurait dû planter un autre arbre à côté de celui-ci, pour lui tenir compagnie. Une petite mésange s'est posée sur une branche, je pouvais partir.
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Côme de
Srdjan Valjarevic
J'ai passé tout l'après-midi seul dans mon bureau.
Je n'avais aucun projet.
Je n'avais pas de désir.
Je me sentais bien.
Je regardais par la fenêtre.
Je lisais.