Critiques de Stefan Zweig


Classer par:       Titrecroissant     Datecroissant     Les plus appréciéescroissant
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, hier


    La Confusion des sentiments La Confusion des sentiments de Stefan Zweig

    Qu'on me donne un Z ! Qu'on me donne un W ! Aaaah si les noms propres étaient autorisés au scrabble , sur un mot compte triple...

    Un nom qui claque , des récits à son image ! Nouvelliste par choix , Zweig excelle dans le genre . En un peu plus de cent pages , l'auteur assoit et développe son histoire avec une facilité déconcertante .

    D'une plume fine et élégante , Zweig évoque , avec la pudeur qui le caractérise , les sentiments ambivalents entre un professeur et son éleve . Alors que ce dernier n'éprouve qu'une admiration malsaine , sans bornes et sans partage pour son mentor qui désormais l'héberge , son précepteur , lui , embourbé dans un mariage qui le tue à petit feu , semble éprouver un malin plaisir à souffler le chaud et le froid au gré de ses humeurs , de ses envies , de ses secrets inavouables...Un mariage de façade , une femme dont il n'a que faire , un nouveau disciple venant attiser le feu des possible , feu qu'il s'évertue à maitriser depuis tout jeune , l'image de professeur au-dessus de tout soupçon en étant la triste et illusoire récompense . Un mari , une femme et un jeune chien fou dans un jeu de quilles . Trio ultra classique d'un sujet qui ne l'est pas moins . A une différence pres , ici , pas de femme volage ( encore que...) mais une délicate approche de l'homosexualité réfrénée , bridée par la volonté vacillante d'un etre fatigué de lutter . Des sentiments qui naissent , se développent , s'expriment tout en tact et en subtilité sans jamais en laisser supposer leur véritable teneur . Un trio atypique aux humeurs aussi changeantes que les marées océanes . Un récit à la beauté indéniable , fragile et tragique .
    Zweig est un orfevre de la plume qui cisele ses propos comme il affine ses récits . Partant d'un sujet souvent ordinaire , il épure au maximum pour en extraire la quintessence des etres et des situations .

    Un sentiment facilement identifiable prédomine à la lecture de cette nouvelle : jubilatoire !

    Critique de qualité ? (25 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par einoha, le 17/10/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Il s'agit (encore une énième fois) du premier livre de cet auteur que je lis sur les conseils de beaucoup de monde. Cela faisait longtemps que je voulais lire une des ces œuvres tant encensés par la critique, mais à l’origine je voulais les lire en allemand, j'ai quand même eu une licence d'allemand ! Mais une amie allemande m'a conseillé de le lire tout d'abord dans ma langue, au cas ou... Et maintenant, je n'ai qu'une envie c'est d'en acheter d'autres mais en allemand !!

    Mince, moi qui voulais faire une brève introduction, c'est bigrement loupé !Bref, comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce court roman, un véritable coup de cœur, une révélation littéraire... Que dire ? Une beauté, et j'en passe !

    L'histoire est pourtant assez simple : nous sommes sur un paquebot bien après la seconde guerre mondiale (environ 20 ans) et notre narrateur, dont nous ne saurons jamais rien, est un grand amateur d'échecs. Il rencontre sur le pont du bateau d'autres amateurs avec lesquels ils commencent à jouer mais il voudrait surtout se mesurer au champion en la matière qui est également sur le bateau, ô heureuse coïncidence ! Celui-ci accepte, c'est un véritable pro dans cette petite compétition amateur et personne n'est à sa hauteur. Là se présente alors un homme timide, fuyant qui donne des conseils aux amateurs pour battre le champion et cela marche !! Le narrateur va donc lui demander de jouer aux noms des non-amateurs et de battre ce champion. L'homme hésite et finit par raconter pourquoi il ne veut plus toucher à ce jeu depuis près de 20 ans...

    Et à ce moment commence un récit bouleversant raconté d'une manière sobre et pudique, qui met mal à l'aise sans pour autant faire pleurer. Je ne vais pas tout vous raconter, ça gâcherait le plaisir à lire cette merveille... Mais une question vous viendra en tête : comment tenir quand on a pour seule compagnie soi-même durant des mois, voire des années ? Quand le mobilier de votre chambre ne tient qu'au stricte minimum : table, chaise, armoire et lit ? Quand l'unique fenêtre est murée ?? Ce livre nous plonge aux tréfonds d'une âme humaine torturée par la plus profonde solitude qui soit, celle qui pousse l'homme que nous sommes dans les derniers retranchements de sa conscience pour ne pas sombrer dans la folie.

    Ce qui est sublime dans cette œuvre est la volonté de ce personnage de s'en sortir malgré tout, de se battre avec ses armes, bien qu'elles soient dérisoires. L'écriture de Zweig est juste magnifique de sobriété et de justesse.

    En un mot, lisez-le, vous en sortirez transformé et vous ne saurez être déçu !


    Lien : http://mysugartown.hautetfort.com/archive/2011/10/10/le-joueur-d-echecs.html

    Critique de qualité ? (20 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 21/05/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Stefan Zweig nous délivre ici une nouvelle posthume courte mais intense !

    Meme si les échecs prennent une place prépondérante dans ce récit ( pourquoi l'intituler ainsi sinon ? ) . Meme si l'affrontement entre Czentovic , champion du monde en titre , inculte , arrogant , imbu de sa personne et M.B. , etre refléchi et patient , est des plus intéréssant , ce qui m'a véritablement fasciné , c'est le récit de ce dernier remontant à ses vertes années et expliquant cette faculté à mettre en échec Czentovic !
    En effet , les circonstances furent tragiques car jeune adulte , à l'accession au pouvoir d'hitler , M.B. fut non pas emprisonné mais assigné à résidence dans la chambre d'un hotel qu'il lui était désormais interdit de quitter ! Les jours se suivent et se ressemblent , l'ennui gagne , la torture psychologique y est dévastatrice . La " découverte " d'un livre traitant , hélas pour lui au tout début , des échecs bouleversera à jamais son quotidien présent et futur ! Il lui sera des lors impossible de penser à autre chose qu'à cela ! Ce jeu tournant des lors à l'obsession ! D'équilibré , il deviendra monomaniaque ! Sa vie n'ayant pour seul et unique but que pratiquer tout seul encore et encore , rejouant à l'envie les parties de grand maitres...c3 , b4 , f5 tel fut son quotidien , de jour comme de nuit ! Echappatoire salvateur au harcelement nazi mais le confinant à la folie .
    Autre point fascinant , le parfait antagonisme entre Czentovic et M.B. Tout les oppose , que ce soit humainement ou intellectuellement...Czentovic est un ignare reconnu qui ne brille dans la vie que par les échecs , don qu'il a cultivé des son plus jeune age .Cet homme est vénal , associal , ignorant , laborieux ; la parfaite antithese de M.B. qui lui semble des plus civilisé ,subtil et instinctif .

    Le Joueur d'Echecs vous mettra mat en un peu moins de 100 pages !

    Critique de qualité ? (19 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par petitours, le 18/01/2012


    Fouché Fouché de Stefan Zweig

    Nietzsche disait de Stendhal qu'il était le dernier des grands psychologues français. Eût il vécu quelques années de plus qu'il aurait certainement affirmé la même chose de Zweig. La biographie de Zweig est une descente dans les tréfonds d'une âme étrange qu'il ausculte avec une acuité exceptionnelle. Je serais bien en peine de juger la qualité du travail de recherche historique, mais le personnage de Fouché ici décrit dans ses turpitudes, de sa grandeur politique à sa fourbe morale personnelle en fait un anti-héros monstrueux et fascinant à la fois. Du travail d'orfèvre

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 13/01/2012


    Légendes d'une vie Légendes d'une vie de Stefan Zweig

    Légende d'un vie , pièce de théatre écrite en 1919 , n'a pas pris une ride , l'analyse psychologique des personnages est minutieuse , les dialogues sont vifs et savoureux .
    Léonore Franck a toujours voué un culte à son mari et elle le perpétue même après sa mort .
    Mais son époux , écrivain célébre était-il aussi admirable que sa femme et son biographe nous le disent ? Où existe-t-il comme en chacun d'entre nous une face plus obscure ?
    Un coup de théatre et la vérité sera rétablie .
    Une lecture tout en finesse par ce grand écrivain qui est Stefan Zweig ;dans la préface , il dit s'être inspiré des figures de Dostoïevki et, de Richard Wagner .

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 14/11/2011


    Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    Une nouvelle nouvelle de Stefan Zweig qui confirme , si besoin était , son incroyable propension à captiver un lecteur en peu de mots !

    Le cadre de ce récit : une pension de famille renommée sur la Cote d'Azur debut XXe . Zweig focalise sa chronique sur les personnages . De la grande muraille Cannoise ou des jardins suspendus de la Roquette-sur-Siagne , merveilles emblematiques du sud de la France , pas un mot ! Dommage...

    Mrs C. , pensionnaire aristocratique Anglaise d'une distinction toute British , va profiter d'un évenement peu banal faisant écho à sa propre histoire , pour se confier , confesser ce qui lui pese depuis tant d'années , afin de ne plus en porter le fardeau . Ce n'est pas un religieux , auquel elle ne croit pas , mais un client à l'esprit ouvert qui fera office d'exutoire . Ici , point de rédemption espérée mais uniquement l'envie de dire sa blessure , de conter son tourment .

    Vingt-quatre heures comporte tres peu de dialogues mais s'assimile plus à un long monologue ou la psychologie des personnages a , de nouveau , la part belle . Le lecteur a d'ailleurs l'impression d'etre véritablement partie prenante , le narrateur intervenant assez peu . L'on découvre , avec délectation , ces aveux circonstanciés , objets de tant de remords et cependant socles fondateurs d'une vie nouvelle .
    Mrs C. , jeune veuve quarantenaire , traine alors sa monotonie au casino , sorte de pélérinage rendu à son défunt mari . Elle tombera litteralement sous le charme de mains fines et alertes avant de se prendre d'affection pour son jeune proprietaire Hongrois qui lui rend pres de vingt ans . Malheureux au jeu , ce dernier est en passe de jouer sa derniere carte . La définitive . Forte de ses sentiments naissants , Mrs C. mettra tout en oeuvre afin qu'il en réchappe , au risque de se perdre...
    Passion amoureuse dévorante versus passion du jeu . Faites les votres , rien ne va plus !

    Un récit magistral porté par une plume redoutable . Zweig excelle dans l'art de camper des personnages simples et touchants . Les histoires ne sont jamais extraordinaires mais ont le don de réveler ou de réveiller les consciences . Superbe évocation du remord tout en pudeur et en retenue . Une sensibilité de tous les instants . Zweig magnifie l'Humain . Il est évident qu'une telle histoire , de nos jours , preterait certainement à sourire , les moeurs ayant quelque peu " évolué " nous faisant prendre ainsi conscience du fossé abyssal qui s'est creusé en pres d'un siecle . Ce qui passait pour inconcevable et outrancier à l'époque est désormais devenu monnaie courante...Société de consommation poussée à l'extreme , vacuité des sentiments inclue...

    Supreme paradoxe , ces vingt-quatre heures inoubliables furent l'élément marquant d'une vie à priori toute tracée mais , au final , qui fut le rédempteur ?

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 07/09/2011


    Lettre d'une inconnue Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig

    "Lettre d'une inconnue" est un livre parfait !
    En effet, durant tout le récit (qui est en réalité une lettre), j'ai été subjuguée par la passion qu'épouvre cette inconnue pour un écrivain.
    Elle lui raconte durant la majeure partie du roman sa vie consacrée à lui, à l'aimer.
    Ainsi, le lecteur comprend la relation reliant cette femme et cet homme, pourtant si différents, mais si proches (finalement).
    J'ai ressenti beaucoup de pitié envers l'inconnue, ses dernières heures, ses habitudes mais surtout cet amour jamais éteint...
    Le destinataire de cette lettre, l'écrivain, est tout aussi surpris que nous et réalise enfin, après plusieurs idées vagues, qui est cette fameuse "inconnue"...
    Bref, un beau roman, court mais absolument envoûtant, mêlé d'espoir et de doutes jusqu'à la fin.

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 05/09/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Enfant, Czentovic est ce qu’on appelle une personne « simple d’esprit ». Il ne s’intéresse à rien, n’est doué en rien. En vérité, on ne peut même pas dire qu’il est simple d’esprit, il est plutôt inexistant. Cependant, un jour il va se retrouver face à un jeu d’échecs et son tuteur va alors se rendre compte à quel point ce jeu l’intrigue, le fascine.
    Et chose encore plus surprenante, Czentovic se trouve être très doué aux échecs.
    D’années en années, il va donc devenir le champion mondial de cette discipline. Et son ego va devenir aussi développé que sa célébrité.

    Lors d’une croisière sur un bateau de luxe, Czentovic est reconnu par un riche homme d’affaires possédant un ego aussi élevé que le sien. Ce dernier tient absolument à jouer contre le champion mondial. Cela se fera mais contre une certaine somme d’argent.
    Un tournoi est donc organisé entre ce champion et quelques passagers. Histoire de jouer presque à égalité, Czentovic jouera seul contre tous.

    Mais l’égalité est loin d’être présente puisque le champion enchaîne les parties gagnantes. Jusqu’à ce qu’un homme mystérieux, que personne ne connaît, se charge d’aider nos malheureux passagers. Et là surprise, cet homme non seulement arrive à faire gagner des parties mais en plus, il est capable d’anticiper plusieurs coups d’avance.

    Le riche homme d’affaires est fasciné et va se mettre en tête de faire jouer Czentovic contre cet homme et demande alors au narrateur de tenter de le convaincre.

    C’est à ce moment là que la véritable histoire de ce livre commence. Cet homme va alors expliquer et surtout raconter au narrateur comment lui est venue cette connaissance des échecs. Lui qui ose dire qu’il n’a jamais touché un plateau de sa vie, qu’il n’a jamais joué une seule partie contre un adversaire.

    Stefan Zweig, à travers ce court livre nous montre à quel point l’isolement absolu peut être fatal à une personne et comment cette passion des échecs a sauvé cet homme. Mais également comment elle aurait pu le tuer.
    Un roman prenant, une psychologie très travaillée. Stefan Zweig nous montre ici à travers ses personnages, les limites de l’humanité.

    Critique de qualité ? (18 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 25/12/2011


    Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    Toujours dans le cadre de mes cadeaux de Noël, j'ai dévoré ce petit livre de Stefan Zweig, happée par cette écriture merveilleuse, poétique et légére.
    Confidences ou confession d'une vieille anglaise provoquées par la fuite d'une femme, épouse et mère qui fait scandale dans un hotel de villégiature où il ne doit pas se passer grand chose.
    Ces vingt quatre heures de passion et de folie chez cette femme, racontée avec à la fois tant de pudeur et de force, sont l'événement de sa vie où elle a suivi ce que lui dictait l'impulsion de son coeur au delà du carcan de sa condition et de son éducation et faisant fi des bonnes moeurs de l'époque !
    Seul Zweig peut réussir à envouter autant de nos jours avec une histoire si courte mais si intense.


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-vingt-quatre-heures-de-la-vi...

    Critique de qualité ? (17 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 04/12/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Magnifique nouvelle d'un auteur que je découvre par ce texte!
    Il s'agit d'un récit court mais tellement riche et intense que je crois que je ne suis pas prête de l'oublier! Au-delà du jeu d'échecs qui donne son titre au livre et qui est décortiqué par l'auteur, il est surtout question d'emprise psychologique, d'affrontements humains, de comportement monomaniaque et d'évasion intellectuelle pour échapper à l'enfermement physique.
    Contrairement à mes habitudes, il me semble que je relirai ce texte avec plaisir tant il est fort et dense.
    Je me rends compte avec plaisir que Stefan Sweig fut un auteur prolifique: j'ai hâte de découvrir ses autres écrits!

    Critique de qualité ? (17 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par iarsenea, le 02/07/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    J'ai lu cette nouvelle dans un temps record, hypnotisée que j'étais à la fois par l'écriture de Zweig et par l'histoire qu'il a écrite, la dernière nouvelle qu'il ait écrite avant sa mort.
    Je ne connais pourtant absolument rien aux échecs, n'ayant joué qu'une seule et unique partie dans ma vie lors d'un cours de didactique des mathématiques. Pourtant, cette courte expérience m'a permis d'apprécier les qualités de ce jeu qui demandent une concentration extrême, mais surtout une capacité incroyable à prévoir les coups de son adversaire et de voir où le jeu sera rendu quelques coups plus loin.
    Pour cette raison et sans doute pour bien d'autres, j'ai été comme stupéfiée par le talent de ces deux admirables joueurs d'échecs qui se rencontreront lors de deux impressionnantes parties d'échecs.
    On apprendra également l'histoire de cet homme qui, à ses dires, n'a pas joué aux échecs depuis de nombreuses années, histoire qui nous fera craindre le pire pour lui.
    Bref, on ne lit pas Le joueur d'échecs sans une certaine angoisse propice à rendre cette nouvelle pourtant si courte inoubliable ! Je comprends mieux pourquoi certaines blogueuses admirent tant cet Stefan Zweig !


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2011/07/le-joueur-dechecs.html

    Critique de qualité ? (17 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 02/01/2012


    Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    je n'ajouterai qu'une modeste contribution à toutes les critiques déjà formulées sur ce livre inoubliable. La description des mains des joueurs est de la part l'auteur un morceau de bravoure comme on en trouve peu. On imagine à peine comment il a trouvé les mots, les images, la précision, l'attention, pour faire vivre ces mains, manifestation de l'addiction des joueurs, témoins contraints et acteurs impuissants de leur passion pour le jeu.

    Critique de qualité ? (15 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 01/12/2011


    Nietzsche Nietzsche de Stefan Zweig

    On ne se lassera jamais de le dire : l'écriture de Stefan Zweig est somptueuse. Cette façon qu'il a d'étudier les profils psychologiques des grands de ce monde (voir aussi : Hommes et destins) est caractéristique de sa plume à la fois poétique et incisive. Friederich Nietzsche qu'il portait apparemment en haute estime, apparait dans son analyse tel un ovni de la pensée allemande, peut-être même de la pensée universelle pourrait-on dire. Personne, excepté peut-être Heinrich von Kleist et Friedrich Hölderlin, n'aurait accepté de souffrir l'enfer volontaire que le philosophe s'est choisi pour demeure. Sa santé fébrile et sa recherche incessante de la Vérité sont à la fois, sa force et sa faiblesse. Intransigeant envers les autres, mais avant tout envers lui-même, Nietszche ne souffre pas le confort d'une notoriété acquise et reconnue. Son combat se situe ailleurs. Bien au delà de ce que l'on peut imaginer avec toute la douleur et la solitude que cela exige. Le parcours de Nietzsche est fait de mille souffrances imposées à lui-même comme autant de moteurs de réflexion de sa pensée...

    Evoluant à l'inverse de ses pairs comme par exemple Goethe, Nietzsche obtient très jeune une chaire de philosophie à l'Université de Bâle. Mais sa révélation lui vient après qu'il ait décidé de la quitter et qu'il découvre l'Italie ("C'est seulement l'apparition de la nature démoniaque, l'épanchement de la liberté primitive qui font de Nietzsche une figure prophétique et transforment son destin en mythe. Et puisque ici, j'essaie de représenter sa vie, non pas dramatiquement mais comme une pièce de théâtre, comme une oeuvre d'art et une tragédie de l'esprit, son oeuvre véritable pour moi débute seulement au moment où l'artiste commence en lui et prend conscience de sa liberté."p.99). Luttant avec une force diabolique pour atteindre Sa Vérité, Nietzsche assume un destin tragique grâce à ses éternels "accouchements". Contraint toute sa vie à dénicher l'endroit idéal où parfaire sa réflexion et où ses douleurs seraient susceptibles de le laisser en paix, le philosophe tire paradoxalement de sa faiblesse physique (il est la proie de maux de tête insupportables et perd la vue), une incroyable force de travail... Nietzsche, ce penseur nomade assassin de Dieu, est enfin prêt à livrer l'ultime combat. Ni le confort d'une oreille amie, ni la douce présence d'une femme ne l'accompagne. C'est seul que Nietzsche deviendra ce qu'il est, et seul aussi qu'il affrontera l'adversité de ses propres démons. Tel un martyr de la pensée, Nietzsche durant ses derniers mois d'existence cède à la folie créatrice...

    Ce merveilleux portrait dressé par Stefan Zweig est bouleversant tant il est bien "senti". Pendant la lecture, on le devine, l'esprit de Nietzsche est là, tout proche de nous. Et ce bel hommage rendu par Zweig, démontre bien que l'homme et son oeuvre ne font qu'un, car "seules les natures tragiques sont capables de nous faire percevoir la profondeur du sentiment et seule la démeusure permet à l'humanité de reconnaître sa mesure."p.152.


    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/nietzsche-stefan-zwei...

    Critique de qualité ? (15 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par fee-tish, le 10/11/2011


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Cette nouvelle publiée après la mort de son auteur, Stefan Zweig, est un pamphlet contre le nazisme et ses tortures psychologiques. Ecrite entre novembre 1941 et 1942, elle fut éditée en 1943 à Stockholm, soit un an après le suicide de l'auteur (février 1942).
    Ce texte est très célèbre du fait que Stefan Zweig livre son désarroi face au nazisme. Il montre derrière l'histoire de Monsieur B., l'inconnu joueur d'échecs, à quel point le nazisme l'a détruit en tant qu'homme mais aussi en tant qu'écrivain.

    Monsieur B. représente un homme d'envergure qui subit des pressions de la part de la Gestapo. Comme il le dit, les nazis n'ont pas créés que des camps de concentration où la déchéance était physique, annihilant l'être humain. Pour les hommes dont il fallait soustraire des informations, les nazis avaient prévu des prisons dorées. Monsieur B. se retrouve ainsi enfermé dans une chambre d'hôtel dont la description nous fait penser à une cellule de prison. Dans cette cellule, il n'y aucun moyen de distraction. Ni télévision, ni livre. Personne ne doit lui adresser la parole. La torture psychologique devient absolue. L'évènement majeur va être la découverte et le vol d'un petit livre, un manuel d'échecs, par lequel Monsieur B. va penser échapper à ces tortures. Au début cela se passe ainsi. L'auteur nous montre à quel point un livre, un instrument de savoir, d'évasion, de réflexion, peut être salvateur. Le problème est que ce petit objet et le savoir qu'il contient ; la pratique et la technique des échecs ; va tourner à l'obsession et à la folie. Je l'ai perçu de la façon suivante : Monsieur B. n'ayant plus que cela sur quoi se reposer, il va se laisser emporter et absorber par cette nouvelle passion. Qui le conduira à une torture mentale similaire à celle produite par la Gestapo.

    Ainsi, un être humain a besoin de liberté pour s'accomplir. Si une bride trop forte et injuste le retient, il aura beau trouver des occupations, cela n'arrangera rien à sa condition. Le travail d'écrivain de Stefan Zweig s'est trouvé annihilé par le nazisme.
    Un livre que j'aurais aimé étudier en classe tant sa portée semble universelle.

    Critique de qualité ? (14 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Elvira, le 13/11/2011


    Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    Comme toujours dans les romans ou nouvelles de Stefan Sweig, on retrouve des sentiments merveilleusement bien exprimés, qui décrivent parfaitement bien, avec une précision presque médicale, ce que nous pouvons ressentir sans pouvoir l’exprimer avec des mots justes. Et les mots de Stefan Sweig sont justement comme cela : justes et profonds. La nouvelle est plutôt courte, mais efficace ; l’auteur nous dévoile un côté féministe en défendant cette femme que les autres accusent sous couvert des conventions sociales et sous couvert de leur propre lâcheté.
    Ce livre constitue une bonne approche de l'écriture de Stefan Zweig, pour quelqu'un qui ne l'a jamais lu.


    Lien : http://metamorphoses-de-psyche.cowblog.fr

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 03/10/2011


    La Confusion des sentiments La Confusion des sentiments de Stefan Zweig

    À la fin de sa carrière, un vieux professeur revient sur son parcours, et plus précisément sur ces études. Arrivé à l'université de Berlin, il n'avait pu résister aux libertés que la ville offrait et s'était jeté à corps perdu dans les beuveries et les conquêtes, délaissant complètement les cours. Après une visite de son père, il décide de se reprendre dans une petite université plus tranquille. Il assiste au cours d'un professeur passionné par sa matière qui le subjugue complètement.

    Petit à petit va s'installer entre eux une relation très ambigüe : le jeune étudiant vénère totalement son maître, alors que ce dernier souffle le chaud et le froid : parfois très proche et complice, parfois distant et blessant.

    Zweig nous décrit avec une plume élégante la complexité des sentiments qui nous traversent, qui peuvent prendre des proportions extrêmes et nous mener au bord de la folie.

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par alicejo, le 16/02/2011


    Lettre d'une inconnue Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig

    On souffre en lisant la confession de cette femme à l'homme qu'elle aura aimé en silence dès son adolescence d'un amour exclusif, passionné proche de la folie. On enrage envers cet homme qui n'aura jamais ouvert ses yeux, son cœur pour la reconnaître et ce, même à la réception de cette lettre-testament

    L'écriture de Zweig est simple et fluide (pas de mots inutilement compliqués ni d'effets de style alambiqués) mais elle dégage une force incroyable.

    A lire et à relire!

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 20/12/2011


    La Confusion des sentiments La Confusion des sentiments de Stefan Zweig

    C'est avec plaisir que j'ai retrouvé dans La confusion des sentiments la plume précise et sensible de Stefan Zweig, qui m'avait tant plu dans Le joueur d'échecs.
    Les sentiments et états d'âme des protagonistes sont décortiqués dans toute leur complexité. J'ai trouvé extrêmement intéressante l'évolution des relations entre les personnages, de même que l'étude de leurs cheminements propres.
    Le petit bémol vient du jeune personnage principal, qui m'a semblé vraiment très naïf, ce qui est sans aucun doute à resituer dans le contexte de l'époque, où l'homosexualité était non seulement taboue mais certainement aussi très mal connue.

    Critique de qualité ? (12 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 09/05/2011


    Montaigne Montaigne de Stefan Zweig

    Voila un livre bien difficile à classer: c'est à la fois une biographie et aussi un essai. En effet, Stefan Zweig nous livre sa vision totalement personnelle et engagée de la vie de Montaigne. Il trouve dans l'auteur des Essais un frère dans l'esprit, un modèle de philosophe qui vit selon ses convictions dans une période troublée de la fin de la Renaissance. En fait, ce livre nous en apprend autant sur Montaigne que sur Zweig: c'est le dernier livre terminé de l'écrivain autrichien avant son suicide à Persepolis au Brésil, même s'il est probable qu'il ne s'agisse que d'une première mouture qui restait à peaufiner. Cependant, Zweig montre clairement ce qui le rapproche de Montaigne à tel point qu'on a bien des difficultés à voir ce qui sépare le maître du disciple et que l'on oublie que l'humaniste du XVème siècle était un bon vivant alors que l'auteur du Monde d'hier était facilement dépressif. Malgré ce travers, cette courte biographie nous fait pénétrer de façon passionnante et étonnamment pertinente dans la pensée de Montaigne dont la lecture m'a toujours parue particulièrement ingrate. Un livre donc très intéressant qui nous en apprend autant sur Zweig que sur Montaigne et qui donne envie de se replonger dans les Essais, surtout qu'il existe maintenant une version en français moderne (édition Quarto)

    Critique de qualité ? (12 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Cylhis, le 08/02/2012


    Le Joueur d'échecs Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

    Environ 90p nous conte l'histoire d'un champion d'échec qui se fait battre par un illustre inconnu. Le passé de ce dernier est la clé de cette victoire.
    Bien écrit, précis et court. Après le blabla de certains livres qui traînent en longueur sur des histoires peu intéressantes, voilà qui fait du bien de pouvoir s'enquiller en un moment de la journée cette petite histoire sans prétention et pourtant agréable.
    Pour ceux qui ne savent pas quoi faire pendant 2h, je vous le conseille chaudement. Et pour les autres qui sont souvent trop pris par leur emploi du temps, je vous le conseille également, ce livre saura se faire sa place entre deux lignes de votre agenda, vous obligeant, et vous l'en remercierez, à vous consacrer à une activité rien que pour vous !
    Quant à ceux qui l'ont déjà lu, pourquoi ne pas s'y remettre. Après tout, ce n'est qu'une centaine de pages.

    Critique de qualité ? (11 votes positifs)




Faire découvrir Stefan Zweig par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz