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Par Aifelle, le 11/04/2011
La place du coeur de
Steinunn Sigurdardóttir
"Dans une existence aussi brève que la mienne, j'ai néanmoins fait l'expérience d'être mère, d'assister à la transformation de ma douce petite fille en une nouvelle catégorie que je ne saurais définir, de voir le coin de campagne de mes rêves devenir une destination que je redoute. LE COURS DES CHOSES n'épargne rien, pourvu que l'on vive. Il concasse et réduit en poussière les pierres précieuses, terrorise les gens, oppresse leur âme, foule aux pieds leur petit jardin de bonheur".
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Par Melopee, le 11/06/2011
La place du coeur de
Steinunn Sigurdardóttir
Je donnerais beaucoup pour pouvoir uriner debout, sans pour autant être un homme. [...]
Uriner en plein air n'a pas été son occupation favorite, mais il règne ici des conditions particulières, et même les gens les plus assurés pourraient se sentir attirés s'ils en faisaient l'expérience : avec l'air marin. Que cela peut être bon, charmant et merveilleux. L'air islandais qui vous fouette les fesses. "A travers les fesses" serait sans doute une expression plus poétique. [...]
Lorsque je me redresse, au terme de cette miction aussi drue qu'abondante digne d'un chameau, j'aperçois mes compagnes investies dans des occupations semblables. Edda s'accroupit derrière un roc et Heidur, derrière un agneau immobile. La scène est picturale. Toutes deux me tournent le dos et urinent en regardant l'intérieur des terres. Pour la forme, je trouve qu'il aurait été plus logique de le faire en direction de la mer.
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Par Melopee, le 11/06/2011
La place du coeur de
Steinunn Sigurdardóttir
Comme si elle était morte, comme si elle avait disparu à douze ans, lorsqu'elle était une enfant normale, une petite fille énergique qui rangeait sa chambre et faisait ses devoirs, pouvait discuter sans aucune gêne avec n'importe qui et regardait dans les yeux ses interlocuteurs, qui répondait sans ambiguïté si on lui demandait son âge et quelles étaient ses activités.
La fatalité. Avoir un enfant qui s'autodétruit.
[...] Un enfant qui s'est métamorphosé en monstre ne laisse pas de beaux souvenirs. S'il meurt, son souvenir est repoussant et quelqu'un peut être incriminé pour le tour qu'ont pris les événements. Probablement la mère qui n'a pas su l'élever. La mère qui lui a injecté du sang souillé du péché.
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Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
C'est généralement une dure épreuve pour les mères de voir leurs fils "tomber homo" comme disait Mummi: à plus forte raison quand il s'agit d'un fils unique. Les mères passent alors par une phase de déni aigu et sont même disposées à patienter jusqu'à ce que cette crise s*d*mique se dissipe. Leur fils fnirait bien, comme tout le monde, par rencontrer une femme qui fera de sa maman une mamie. Elles sont comme les autres mères qui trouvent que les petits-enfants issus de leurs filles ne comptent qu'à moitié. Leur plus cher désir est que leur fils leur donne un petit-fils.
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Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
C'est qu'ils étaient honteusement dans la lune ceux-là même qui s'intitulaient papa et maman, ceux que les enfants appelaient Haraldur et Ragnhildur ou bien les Epoux. On ne comprend pas comment ils ont pu traverser la vie- et ce, en Cadillac dont ils ignorèrent toujours le gabarit- sans y laisser leur peau. Ils brûlaient les feux rouges, fonçaient en sens interdit et cabossaient des voitures en stationnement dans toute la ville sans s'en apercevoir.
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Par Melopee, le 11/06/2011
La place du coeur de
Steinunn Sigurdardóttir
- Elle est où cette maison? demande Edda poliment.
Une fois encore, elle a tourné la page. En fait, il serait préférable qu'elle soit constamment insolente. Ce sont ses volte-face de politesse qui, en fin de compte, posent problème.
Parce qu'elles font naître un espoir stupide. Celui que les choses vont s'arranger. Un espoir aussitôt étouffé. Et cela ne se fait jamais sans douleur.
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Par pavlova, le 14/02/2010
Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
J'appliquai à Mummi son propre mot et lui dis que c'étaient des conneries - les sirènes n'avaient pas de nattes et n'habitaient pas l'Australie. Mummi dit que les sirènes avec des tresses étaient au contraire très communes et que j'en savais rien, si elles pouvaient pas tout aussi bien habiter en Australie qu'à Copenhague.
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Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
Je savais qu'elle était édentée, mais cela me fit tout de même quelques chose de voir ces quatre dents. Ce n'était pas juste non plus que les gens soient pauvres au point de n'avoir pas mêmes les moyens de se payer de fausses dents. Ragnhildur était très contre la pauvreté et je trouvais qu'elle avait raison.
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Par cc, le 20/03/2011
Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
Pour moi, Ragnhildur n'est jamais compréhensible sous l'angle de ses motivations. On peut la comprendre en revanche eu égard à ses opinions. En ce qui me concerne, elle pourrait aussi bien être la seule personne au monde à n'avoir aucune motivation.
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Par Rhl, le 10/03/2012
Le Cheval Soleil de
Steinunn Sigurdardóttir
Nous nous connaissions totalement, parfaitement, toi et moi
comme ceux seuls
qui ont cessé de se voir
des heures et des décennies durant.
Comme ceux seuls
qui n'ont pas oublié
une minute de plus
et qui n'ont rien su
des suites
de la suite.