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Par milado, le 06/11/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Je creusai moi-même une fosse, en pleine terre, que je comblai soigneusement. Je semai sur elle des glands et la recouvris de feuilles, afin que son emplacement disparût à la vue de ceux qui sur la terre étaient censés être nos semblables. Je ne pleurai pas. Je ne me suis pas consolé. D'événements aussi funestes la philosophie, telle que je la conçois, n'est pas destinée à apporter une quelconque justification : laissons les religions proposer ces mensonges infâmes. Rien ne peut ni ne doit diminuer le beau scandale de l'existence, sa grâce et son horreur absolue, et surtout pas la mort.
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Par milado, le 02/11/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Et voilà ce dont je suis le plus fier, quand je jette un regard en arrière sur ce monde où bientôt je ne serai plus : j'ai vécu ma vie. Combien d'hommes ont-ils conquis le droit d'écrire cela ?
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Par milado, le 04/11/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Je paraissais soixante ans, j'en comptais un peu plus de quatre-vingts. Je pensais ma mort prochaine, et j'espérais qu'elle me saisirait en bonne santé, n'ayant aucune appétence pour la souffrance.
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Par milado, le 30/10/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
À treize ans, et sans bien même le comprendre, Maximin de Saint-Fonds était entré dans cette confrérie secrète de ceux qui aiment trop les hommes pour ne point haïr l'Humanité.
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Par milado, le 06/11/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
La mort ne m'est rien d'autre qu'une fin absolue : je n'estime pas les plats raisonneurs qui prétendent paraître devant elle en sages. Je mettrai à la mienne les derniers feux de ma vie : cette joie que procure une existence accomplie, de la colère si j'en éprouve, de la peur s'il m'en vient.
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Par milado, le 29/10/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Maximin grandissait en fils de grand seigneur : à quatorze ans il troussa des paysannes, pour honorer l'usage. Il ne tarda pas à découvrir qu'il aimait davantage à trousser les paysans.
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Par milado, le 03/11/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Au commencement de l'année 1757 le carnaval battait son plein à Paris. J'ai toujours aimé ces réjouissances-là. Chacun s'y déguise, comme le reste de l'an, mais par exception c'est sciemment.
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Nous autres de
Stéphane Audeguy
Très loin du Kenya, en Angleterre et en Hollande, de grands groupes horticoles ont refait cent fois leur calculs, et ces calculs indiquent avec certitude qu'en raison de l'augmentation des frais de fonctionnement des serres chauffées dans toute l'Europe occidentale, laquelle est directement fonction de celle du pétrole, il est devenu rentable de s'en aller cultiver des fleurs dans des zones plus chaudes et plus ensoleillées que les banlieues holandaises ou les campagnes anglaises, et dont la main d'oeuvre, incidemment, se révèle moins couteuse.
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En 1989 une nuée de sous-traitants s'abat sur la vallée du Rift. Le site de Naivasha est assez proche de l'aéroport internationnal de Nairobi, une fleur cueillie à l'aube sur les bords du lac peut donc orner le soir même la table d'un restaurant de charme du centre d'Eindhoven. Une demi-douzaine de fermes agricoles exhalent leurs effluves de fertilisants et empestent le ciel. Leurs pompes à eau sont si puissantes que les alevins et les petits poissons, ne pouvant résister à leur aspiration, meurent asphyxiés au pied des grans rosiers. Les fermes elles-mêmes avalent goûlument, dans toutes les campanes avoisinantes, les paysans misérables qui rêvent d'un salaire; cinquante mille hommes pénêtrent dans ces serres, sans compter ceux qui viennent attendre devant les grands portails une embauche hypothétique, cinquante mille hommes, et pour les plus chanceux l'entreprise fournit logement et nourriture, c'est une économie sur la masse salariale, et parfois même le grand luxe d'une crèche qui permet aux femmes de tenter leur chance; mais les autres, infiniment plus nombreux, vivent dans des baraques sans nom, déboisent les collines environnantes pour se chauffer, chaque jour manquant d'eau potable, les fleurs mieux abreuvées que les hommes, d'autres encore n'ont pas trouvé à s'entasser dans les baraques, font chaque jour dix kilomètres à pied pour venir travailler, dix kilomètres à pied pour s'en retourner, le grand désert blanc des serres assèche non seulement le lac mais aussi la région tout entière, attire des centaines de camions, déverse dans le lac des engrais qui tuant les poissons ruinent tous les pêcheurs , et sous les bâches blanches, le bromure de méthyle qui brûle les yeux et les mains, qui s'infiltre dans les reins, et, selon les variations des marchés et des cours, laissant en mai des milliers de journaliers sans travail pour les réembaucher à la Saint-Valentin, à la Fête des mères, le Kenya produisant maintenant le tiers des fleurs européennes.
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Par orbe, le 20/01/2013
Alma (Tp) de
Stéphane Audeguy
Elle ressembla d'abord à un poisson, mais pas plus grand que la pointe toute fine d'un cheveu d'enfant. Puis elle pris la forme d'une grenouille naine, puis celle d'unminuscule serpent. On aurait dit, à un moment, une mini-crevette, mais sans les moustaches et sans la carapace. Elle grandissait lentement dans le ventre de Jamie.
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Par milado, le 30/10/2012
Fils unique de
Stéphane Audeguy
Le clitoris m'apparut comme la preuve irréfutable de l'inexistence de Dieu.