La Canine impériale de
Studio Lou Petitou
Un petit cri la réveille. Marie, une des plus jeunes orphelines, une douce enfant, un ange, vient d’entailler son pouce avec un couteau en épluchant des pommes de terre.
– Petite maladroite ! la réprimande gentiment sœur Léonice.
La fillette se met à pleurer.
– Ne la grondez pas, dit la belle dame. Marie, viens me voir.
La jeune enfant tend à Ninon un petit pouce dodu d’où perlent quelques gouttes de sang. Celle-ci y porte vivement ses lèvres et suçote la blessure – plus qu’il n’est nécessaire, semble-t-il, puisque la petite Marie essaie de retirer son pouce de la bouche de son « infirmière ». Elle gigote et recommence à pleurer.
– Petite sotte ! s’impatiente sœur Léonice. Madame Ninon est bien bonne de soigner ta blessure. C’est une sainte, elle va te guérir.
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La Canine impériale de
Studio Lou Petitou
[...]de très jeunes filles, elles, disparaîtraient – on en retrouverait parfois, cousettes et lingères, au fond d’une cour ou dans un recoin d’escalier, exsangues, le visage figé dans une expression de terreur indicible. La plupart, orphelines ou abandonnées. Des malheureuses, que nul ne réclame. Des enfants aussi, des petits cadavres non pas gonflés mais vidés de tout leur sang, au fil de la Seine, qu’on repêche du côté de Suresnes.