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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
La vie n'a ni queue ni tête. Tu crois savoir de quoi demain sera fait, tu as dressé des plans, tout est en place, et voilà que l'impensable a lieu. La vie te prend toujours par surprise. Mais les bonnes choses sont indissociables des mauvaises. Elles sont là. Il faut simplement arriver à les reconnaître.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
Je suis allée chercher de la lecture dans la chambre de maman. J'ai si souvent lu les livres qui sont dans la mienne que je pourrais les ouvrir à n'importe quelle page et en réciter un passage, les yeux fermés.
En tout cas c'est l'impression que j'ai.
Maman aime les biographies - or, déjà qu'elles me soûlaient autrefois, les évènements de l'année passée ne les ont pas rendues plus palpitantes à mes yeux. Marie reine d'Écosse a beau avoir passé l'essentiel de son temps en prison avant qu'on lui coupe la tête, comparé à moi, sa vie, c'était du gâteau.
Combien de cendres volcaniques a-t-elle été forcée de respirer, d'abord ?
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
Je sais que j'ai gagné beaucoup de choses au cours de l'année passée, mais quand je me suis réveillée ce matin, je ne pouvais penser qu'à celles que j'avais perdues. Non, ce n'est pas ça, pas les "choses" : les "personnes". Les choses n'ont pas vraiment d'importance. Au bout d'un moment on s'habitue au froid, à la faim, à l'obscurité.
Mais on ne s'habitue pas à la perte des êtres chers. Du moins si on y arrive, c'est sans le vouloir. L'an dernier, tant de personnes que j'aimais ont disparu de ma vie. Certaines sont mortes, d'autres ont déménagés. Quelle différence ça fait, puisqu'elles ne sont plus là ?
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
- On était tous un peu soûls ce soir-là, et ils ont commencé à se vanter sur le nombre de personnes qu'ils avaient tuées. Puis ils se sont mis à parler de la première fois qu'ils avaient tué quelqu'un. L'un des gars a raconté que pour lui, c'était quand on lui avait ordonné de faire évacuer une université destinée à devenir une ville-asile. Il avait trouvé ça drôle, parce que c'était Sexton University, qui avait refusé sa candidature autrefois, et que soudain il se retrouvait là à tirer sur les profs qui résistaient.
J'ai dit que j'espérais qu'il avait eu le responsable des admissions, et il a ri.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 2 : L'exil de
Susan Beth Pfeffer
Presque malgré lui, il prit un morceau de papier et un stylo et se mit à dresser une liste. Les listes ne le réconfortaient plus, mais il en faisait quand même lorsqu'il n'arrivait pas à dormir. Il était inutile d'inventorier ce qu'ils avaient, puisqu'ils n'avaient rien. Inutile aussi de noter ce qui leur manquait, parce qu'ils manquaient de tout. Inutile, certes, mais il fit quand même une liste.
"Disparus", écrivit-il en haut de la feuille.
Papa
Maman
Carlos
Oncle Jimmy et tante Lorraine, et leurs enfants
Chris Flynn
Tony
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
— Un jour vous aurez des enfants, m'a prédit papa. Toi, Julie et Syl.
J'espère que j'aurai la chance d'être encore là pour voir ça.
— Un jour peut-être, ai-je répondu.
Mais la vérité, c'est que lorsque vous passez votre temps à penser au repas suivant, à vouloir que votre père vous aime autant que deux inconnus et à essayer d'aimer votre petit frère malgré le fait qu'il ne fasse rien d'autre que brailler, c'est difficile d'avoir envie de faire un enfant.
Un jour peut-être.
Ou peut-être pas.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
Alex est comme Syl, comme Charlie. Ils ne parlent pas de leur passé, de leur famille. Je sais qu'il a un frère aîné et une soeur cadette, mais il ne m'a jamais raconté ce qui était arrivé à ses parents. Je ne veux même pas imaginer ce qu'il a traversé pour qu'il soit si certain que la mort est parfois préférable à la vie.
J'ai des cicatrices. Comme tous ceux qui sont encore en vie aujourd'hui. Mais les cicatrices d'Alex doivent être beaucoup plus profondes que les miennes.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
— À quelque chose malheur est bon, a déclaré Syl.
Devant nos regards ébahis, elle a ajouté :
— C'est ce que ma grand-mère disait toujours.
Ça nous a rappelé ces phrases toutes faites qui avaient du sens autrefois. « L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. » « Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. » La meilleur de toutes : « Mieux vaut quelques miettes que pas de pain du tout. » J'ai cru qu'on allait s'étouffer de rire quand papa nous a sorti celle-ci.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 2 : L'exil de
Susan Beth Pfeffer
Que Dieu sauve leur âme. Que Dieu sauve les nôtres. C'était la seule prière qu'Alex pouvait se rappeler. Elle ne lui apportait aucun réconfort, mais il continuait de se la répéter. Tant qu'il priait il n'aurait pas à penser, il n'aurait pas à se souvenir, il n'aurait pas à trancher. Il n'aurait pas à admettre qu'il était entré dans un monde où personne ne lui avait expliqué les règles à suivre, un monde où il pourrait bien ne plus y avoir aucune règle.
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Chroniques de la fin du monde, Tome 3 : Chroniques de la fin du monde de
Susan Beth Pfeffer
— La situation va s'arranger, je te le promets.
J'avais envie de lui demander en quoi. L'électricité marcherait-elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Le soleil brillerait-il assez pour que nous ayons notre jardin potager ? Matt et Jon reviendraient-ils avec tellement de poissons que nous en mangerions à vie ? A moins que nous déménagions dans un lieu où nous aurions trois repas par jour, l'eau courante et des bals de promo...
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